CHAPITRE XI LES LÉGENDES ET L'HISTOIRE DE L'ITALIE
Lorsqu'Ovide conçut le projet de célébrer dans les Fastes et dans les deux derniers chants des Métamorphoses les plus anciennes traditions de Thistoire nationale, Varron, Virgile et Properce étaient déjà morts depuis assez longtemps, Tite Live avait publié une grande partie de ses Annales, Verrius Flaccus, ses Fastes et Hygin, plusieurs de ses traités sur les antiquités de ritalie*. En Tan 2 av. J.-C, Auguste avait fait dresser sur son Forum les statues des Latins illustres, depuis Énée et les rois d'Albe ; une longue série d'inscriptions, gravées au-dessous, résumait la biographie de chacun d'eux; les villes italiennes s'étaient bientôt empressées de suivre ce salutaire exemple ; rien qu'en se promenant sur les places publiques les moins lettrés voyaient reproduits de tous côtés ces glorieux témoignages de la grandeur romaine^. Ovide n'avait donc pas à aller bien loin pour trouver les matériaux des chants qu'il méditait: la littérature la plus récente les avait tous rassemblés et classés avec un soin pieux. Et en effet on découvre, en étudiant de près la fin des Métamorphosesy qu'il a largement profité des ouvrages de ses contemporains^. Cependant, il n'a pas été ^\ exclusif qu'il n'ait
I . Peut-être tous ; la chronologie en est mal fixée ; mais Hygin était déjà célèbre en l'an 9 avant J.-G.