‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 3 sur 251 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

II n'est point de peuple dans le monde, chez qui la croyance aux métamorphoses ne soit encore vivante aujourd'hui même ; elle est générale partout où subsiste la barbarie primitive ; dans les pays civilisés elle se cache au fond des campagnes, où elle inspire de naïfs récits, que les savants se hâtent d'enregistrer, de comparer et de classer*. Chez les Grecs elle fut, dès l'origine, un aliment tout prêt pour la poésie; Homère considère déjà comme très ancienne la tradition qui faisait naître les premiers hommes des arbres et des rochers*. Anciennes ou récentes, les légendes créées par l'imagination populaire rencontrent de son temps la même créance; le poète les recueille et il use, comme tout le monde, du droit de les transformer et d'y ajouter. Toutes les variétés du genre se retrouvent dans les histoires de métamorphoses qu'il raconte : tantôt c'est un dieu qui emprunte la figure d'un homme ; tantôt c'est une mortelle qui est élevée au

1. Il ne se passe point d'année où la Bévue des traditions populaires n'en signale de nouveaux. V. aussi Andrew Lang, La mythologie, irad. Parmeniier, p. 80, i53, 169, etc.

2. Hom., Od.f XIX, i63 : « ou yàp Âko 8puoç laTt ^laXaicpà-ou où8*à::6 Tzhprii. » Cf. Hésiode, Théog., 35 ; Œuvres et jours, i45.

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