‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 79 sur 251 · Au livre \V, entre 621 et · texte numérisé non relu

Au livre \V, entre 621 et

fils*. Ailleurs les métamorphoses sont groupées dans Tordre géographique^. Ou bien Ovide imagine une assemblée, où les personnes présentes se racontent des histoires merveilleuses ; un souvenir en amène un autre,

Utque fit, a facto propiore priera renarrant ^.

Les métamorphoses sont souvent une leçon que les dieux donnent aux hommes, une punition infligée à Timpiété et à Torgueil ; donc certaines fables comportent une morale, qui permet de les rapprocher aisément les unes des autres ; telles sont dans le sixième livre celles d'Arachné, de Niobé, des paysans Lyciens et de Marsyas*.

Ceci revient à dire que, tout en adoptant Tordre historique, Ovide ne s'est pas fait faute d'emprunter parfois les avantages qu'on pouvait trouver dans les autres plans ; là où il n^y a aucun rapport entre les temps, il y supplée par les rapports qui unissent les lieux, les personnes ou les idées. On ne saurait nier que l'ingéniosité d'Ovide dans ce genre va jusqu'à l'abus; ce qui nous fatigue surtout c'est la répétition incessante du même procédé '^. Mais ceux qui critiquent trop durement ce défaut devraient bien dire comment il pouvait l'éviter. Écoutons l'arrêt de Quintilien : n'imitez pas « cette froide et puérile affectation des écoles, où la recherche de la transition amène toujours quelque trait, qu'on applaudit comme un tour d^adresse ; c'est un jeu auquel Ovide se plaît dans ses Métamorphoses, mais il a la nécessité pour excuse ; car il fallait qu'il donnât l'apparence d'un tout à un assemblage de matériaux très divers *. » Ainsi aux yeux du critique latin ces transitions sont des tours d'adresse, praestigiae, mais ici des tours nécessaires, et par conséquent on ne peut blâmer les applaudissements qu'ils ont valus au poète dans les écoles de son

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