Théocr., X\V, 160-186; Callimaque, Hymnes, V, 55-i
4. Théod. Reinach dans la Revue des études grecques, 1893, p. 268; Wilamowitz-Môllendorfr, Ueber die Hekale des Kallimachos, dans les Nachrichten der Gôttingischen Gesellschaft der Wissenschaften, 1893, p. 731. La meilleure édition est celle de Gomperz, Miitheilungen aus der Sammlung der Papyrus Erzherzog Rainer, tome VI, Vienne, 1897, p. i, qui donne une bibliographie complète.
Nous avons donc là deux légendes qui n'ont avec le sujet principal qu'un rapport très lointain, mais qui en revanche ont entre elles un air de famille ; Callimaque les insère Tune dans Tautre et les traite toutes deux sous la forme d'un discours, qu'il rattache tant bien que mal au séjour de Thésée dans la cabane de son hôtesse*. Reportons-nous au texte d'Ovide*; il détache les deux légendes du cadre où Callimaque les avait enfermées, et il les adapte au sien ; mais il lui emprunte et l'idée de les grouper et l'idée de faire parler la corneille ; seulement chez le poète grec c'est l'histoire de la corneille qui amène celle du corbeau ; c'est l'inverse chez le poète latin. Et Ovide ne s'arrête pas la ; il a encore quelque chose à dire sur un troisième oiseau, la chouette ; qu'à cela ne tienne, il enfermera la légende de Nyctimène au milieu des deux précédentes^. Qu'il fût ou non question de Nyctimène chez Callimaque*, peu importe ; une fois le procédé donné, on peut à son gré en restreindre et en étendre l'emploi ; c'est affaire de goût et de mesure.
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Ovide obtient la variété d'abord en combinant avec art les divers genres de métamorphoses qui étaient disséminés au hasard ou classés suivant un ordre trop didactique dans les traités de mythologie et dans les poèmes de ses prédécesseurs. Il est vrai que ces aventures ne sont pour lui que l'élément secondaire du récit ; elles n'en forment pas moins le dénouement nécessaire de chaque scène ; il sait que de place en place il lui faudra, malgré toute la fécondité de son imagination, disposer des tableaux, où il court grand risque de se répéter ; le seul moyen de ne pas ennuyer le lecteur, c'est d'espacer ceux qui se ressemblent trop et d'entremêler les sujets dans un savant désordre. Il raconte plus de trente changements en oiseaux; il lui est même arrivé de raconter jusqu'à trois fois le changement d'un héros en cygne ^;
1 . On n*6st pas d'accord sur la question de savoir à qui s'adresse le discours de la corneille ; Gomperz pense qu'il est rapporté par Hécalé ou par une de ses voisines. Dans cette hypothèse, ce serait un discours dans un discours.