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iSa LES MÉTAMORPHOSES d'ovIDE
seulement à cause de l'aisance de ses vers ; c'est aussi parce qu'il exige moins de réflexion et parce que son esprit à lui-même est resté jeune jusqu'au bout, vibrant avec une extrême vivacité sous les impressions du moment, se plaisant à la réalité immédiate, capable de vivre dans le présent beaucoup plus que dans le passé et ne s'inquiétant guère du lendemain.
Si nous nous étions proposé de définir le talent d'Ovide et, pour ainsi dire, d'en faire entièrement le tour, ce serait ici le lieu de montrer par l'analyse de quelques autres morceaux que la fantaisie la plus brillante s'allie à l'observation dans ses récits épiques et que ceci est encore chez lui un effet de l'inaltérable jeunesse de son esprit. Mais c'est peut-être aussi ce qui a le moins besoin de commentaire; on le sent de soi-même en lisant par exemple les passages où il raconte le déluge et l'incendie allumé par Phaéthon^. "Les modèles de ces épisodes célèbres sont perdus; M. Knaack a établi par d'ingénieuses déductions qu'il a existé un épyllion alexandrin isur la légende de Phaéthon et qu'Ovide s'en est inspiré^. Mais nous devons nous borner aux rapprochements certains ; les textes conservés nous fournissent encore une matière assez riche. Jusqu'ici nous avons comparé les Métamorphoses à VIliade et à V Odyssée -, .no\x% avons vu. qu'Ovide, lorsqu'il imite Homère, le rajeunit en se conformant aux habitudes de l'art alexandrin. Il nous faut examiner maintenant comment il s'y prend lorsqu'il imite les Alexandrins eux-mêmes. Nous en avons un exemple dans la fable d'Erysichthon ; on n'en saurait trouver un meilleur : avant Ovide Callimaque avait raconté dans un de ses Hymnes comment ce personnage, ayant abattu un arbre dans un bois consacré à Gérés, avait été affligé par la déesse, en punition de son crime, d'une faim maladive que rien ne pouvait assouvir'*. L'original a près d'une centaine de vers ; il nous est parvenu sans lacunes graves ; enfin il est très probable que la littérature grecque ne pouvait pas offrir à Ovide un modèle plus ancien ; la légende d'Erysichthon, originaire de la Thessalie, avait déjà été recueillie