‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 143 sur 256 · Eurip., fragm. 778 = 0\'., I, 768 à · texte numérisé non relu

Eurip., fragm. 778 = 0\'., I, 768 à

5. Knaack. (Georg), Quaestiones Phaethonteae, dans Kiessling et Wilamovvitz- MôUehdorff, PhÛologische Untersuchungen, VIII (1886), Berlin, notamment p. 28 et 67.

lA8 , LES MÉTAMORPHOSES d'oVIDE

montre les Héliades, sœurs de Phàéthon, pleurant sur son cadavre et changées en peupliers; on ne voit pas qu'il en fût question chez Euripide. Le Soleil, dans la tragédie, accompagnait son fils pour diriger la course du jeune imprudent'; malgré ce secours, Phaéthon n'allait pas bien loin ; il était aussitôt foudroyé par Jupiter et son- corps tombait en Ethiopie même, dans le palais de Mérops, d'où il était parti ^. Ovide suppose que livré à luimême il cause un embrasement général et qu'à la fin, après avoir parcouru une longue carrière, il est précipité dans l'Éridan. Sa mort tragique plonge dans le désespoir son parent Cycnus, qui est changé en cygne. Pour ce dernier trait, étranger à la pièce d'Euripide, nous savons d'où il vient: Ovide l'a emprunté aux Amours de Phanoclès ^. Mais alors où a-t-il pris ce qu'il ne doit ni à Euripide, ni à Phanoclès ? M. Knaack a répondu à cette question en montrant qu'il a dû exister un poème de l'époque alexandrine sur la fable de Phaéthon, qu'Ovide a associé aux deux autres: cet ouvrage rentrerait dans la catégorie des poèmes astronomiques inspirés des Phénomènes d'Aratus. L'hypothèse de M. Knaack s'appuie sur des rapprochements ingénieux qu'il a établis entre le texte d'Ovide et celui des écrivains postérieurs. Elle est très plausible et elle a l'avantage de rendre compte de certaines contradictions qui surprennent dans la version des Métamorphoses. On peut donc y distinguer trois éléments : i° la tragédie d'Euripide ; 2° le récit de l'anonyme alexandrin ; 3° l'élégie de Phanoclès.

Mais qui a fait le mélange ? C'est, dit M. Knaack*, l'obscur auteur d'un manuel mythologique qu'Ovide avait sous les yeux; le poète des Métamorphoses n'a lu ni Euripide, ni Phanoclès ; pour l'anonyme alexandrin il lui a fait plus d'honneur; il s'est reporté de temps en temps à l'original, lorsqu'il a eu envie d'orner sa matière. M. Ehvs^ald ne partage pas cette opinion^. Il fait remarquer que le lien qui unit l'histoire de Cycnus à celle de Phaéthon est absolument artificiel, qu'il est impossible de ne pas

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