‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 154 sur 256 · Pacuvius, vers ai à 42 ; Accius, vers i45 à i · texte numérisé non relu

Pacuvius, vers ai à 42 ; Accius, vers i45 à i

LA. THAGÉDIE ET LA RHETORIQtJË l6l

haine du vaincu, confie aux chefs de l'armée le soin de trancher le<lébat. Déjà dans ce passage on peut noter des différences assez sensibles avec les poètes antérieurs ; chez eux la pièce ne débutait pas aussi simplement ; Pacuvius parlait d'abord des jeux funèbres organisés en l'honneur d'Achille ; Accius faisait paraître un personnage qui expliquait comment s'était allumé dans le cœur d'Ajax le désir furieux de posséder l'armure d'Achille*. Si nous considérons la partie de l'action qui suit les deux discours, nous voyons de même que Pacuvius et Accius avaient singulièrement étendu la matière ; Ajax vaincu et désespéré se jetait sur son épée ; Ulysse, trouvé près du cadavre, était accusé de meurtre ; il se défendait et on le renvoyait absous. Par conséquent les deux Romains avaient encore imité dans leur pièce plusieurs autres modèles grecs, au moins les Femmes ihraces, les Salaminiennes d'Eschyle et VAjax àe Sophocle". Dans un ensemble aussi vaste il est bien difficile que les discours d'Ajax et d'Ulysse eussent reçu le même développement que chez Ovide. Si maintenant nous examinons les fragments des deux tragédies latines qui proviennent de ces discours, nous voyons qu'ils présentent, pour la pensée, des analogies assez notables avec le texte des Métamorphoses', mais en somme l'analogie n'est pas moindre entre ce même texte et les fragments de la pièce d'Eschyle^, et comme celle-ci était renfermée dans un cadre beaucoup plus étroit que celles de Pacuvius et d'Accius, il y a bien des chances pour qu'elle ait séduit davantage l'auteur des Métamorphoses.

Pourtant cette dispute, cette sorte de procès, où chacune des parties plaide sa cause dans un monologue, rappelle surtout l'art d'Euripide; il est peu probable que l'Ajax et l'Ulysse d'Eschyle aient tenu chacun un seul et long discours ; Quintus de Smyrne, qui imite, en les résumant, des poètes plus anciens, fait parler deux fois chacun des adversaires*. S'il y a dans les Métamorphoses un morceau qui offre des ressemblances avec les duels oratoires ^ chers h Euripide, c'est assurément celui-ci. Aussi

Pacuvius

Accius

Ovide

fr. I, II, III

fr. I

XII, 607 à 623

Pacuvius

Accius

Ovide

fr. VII, XVI

fr. IV, XV

XIII, 382 à 392

3. Voyez la reconstitution de Ribbeck, Die rumische Tragodie, p. 218 et 368 et le tableau de concordance ici à l'Appendice G.

4. Quintus de Smyrne, V, 181 à 236 et 293 à 3o5 (Ajax) ; 239 à 290 et 307 à 3i6 (Ulysse).

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