Horace, Art poét
3. 'ÀvTtcOévou; AVaç xa\ 'OSuaasùç, publié en dernier lieu par Blass à la suite d'Antiphon, dans son édition, Leipzig, Teubner, 1871.
LA TRAGÉDIE ET LA RHÉTORIQUE / i63
Antisthène. Nous connaissons un Antisthène qui a vécu à Athènes au v° siècle avant notre ère ; après avoir étudié la rhétorique sous Gorgias, il suivit l'enseignement de Socrate et finit par adopter les principes et le genre de vie de l'école cynique. Justement Diogène de Laërte nous dit, d'après le catalogue de la bibliothèque d'Alexandrie, que ce personnage avait composé deux ouvrages de rhétorique intitulés Ajax et Ulysse^. Sont-ils identiques aux déclamations que nous possédons ? M. Blass, qui a fait une étude approfondie de l'éloquence attique, l'a soutenu contre plusieurs philologues". Son opinion est bien difficile h admettre. On a cherché plus récemment h établir que ces déclamations contenaient un assez grand nombre de vers disloqués, qui proviendraient de la tragédie de Théodecte ; elles seraient l'œuvre d'un rhéteur ou d'un grammairien de l'époque alexandrine^. Sur le premier point il est impossible de faire la preuve, mais la plupart des suffrages sont d'accord sur le second. Les anciens représentent le philosophe Antisthène comme un homme d'un esprit , aiguisé et comme un maître d'atticisme ; or ce qui éclate à tous les yeux dans VAjax et dans V Ulysse, c'est la sottise de l'auteur*; on ferait presque injure à Ovide en le comparant à un aussi pauvre écrivain, si cette comparaison n'avait pour utilité de montrer avec quel art le poète, quoique imbu des leçons de l'école, a su choisir entre les bons et les mauvais modèles qu'elle liii offrait. Ce n'est pas qu'il y ait chez le faux Antisthène cette pompe et cette surabondance d'ornements qui caractérisent en général les déclamateurs ; M. Blass a tiré de là son principal argument pour défendre l'authenticité; mais on ne saurait prêter aux héros de la fable un langage plus maladroit et moins héroïque. Au contraire les deux discours d'Ovide sont des chefs-d'œuvre d'habileté; Quintilien cite la première phrase du discours d'Ajax comme un exemple des sources d'arguments qu'il recommande ; on pourrait poursuivre sa démonstration par une analyse détaillée des deux morceaux et prouver qu'ils ne contiennent presque pas un vers, oii quelqu'un des principes de la rhétorique ancienne ne soit appliqué sous une forme heureuse. Contentons-nous d'indiquer en quoi Ovide est supérieur au faux