‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 173 sur 256 · Catulle, XXV, i à · texte numérisé non relu

Catulle, XXV, i à

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mulées devaient être un jeu populaire ; il y fallait de la verve et de la souplesse ; le prix devait être à celui qui savait trouver les associations d'idées les plus imprévues. Il n'y a rien dans cette gageure qui dépare la déclaration d'un berger accoutumé aux joutes des chants amébées. Polyphème énumère ensuite, comme dans Théocrite, les biens rustiques dont il est possesseur ; Ovide amplifie encore; en regard des dix-sept vers de son modèle* il en met vingt-neuf ^ Non seulement il développe les idées, mais il grossit les choses : « Je fais paître mille brebis, » disait Polyphème dans le. texte grec ; chez Ovide il s'écrie : « Toutes ces brebis sont à moi ; beaucoup d'autres errent dans les vallées, d'autres encore sous les ombrages des forêts ; d'autres sont parquées dans mes antres. Si tu m'en demandais le nombre, je ne pourrais te le dire; il n'y a que le pauvre qui compte ses brebis. » Ici Quintilien aurait protesté; Polyphème n'est plus un berger; c'est un très riche propriétaire ; il oublie que pour se faire aimer d'une femme qui n'est point sotte il ne faut pas trop vanter sa fortune. Enfin le pauvre amoureux déclare dans Théocrite qu'après tout il n'est pas si laid^; Ovide reprend ce thème avec une abondance qui dépasse un peu la mesure du comique que comportait la tradition ''. Ainsi il n'est pas douteux qu'il a emprunté son personnage à la poésie pastorale, en surchargeant les traits dessinés par la main légère de Théocrite.

Pourtant il n'a pas voulu sacrifier non plus le Polyphème farouche de l'épopée; il n'a pas reculé, comme Théocrite, devant la difficulté de combiner les deux figures. Son Cyclope a déjà donné de nombreuses preuves de ses instincts abominables ; c'est déjà le monstre altéré de sang que l'on connaît". A ses mœurs odieuses il joint l'impiété; il se rit des dieux avec une insolence révoltante^;; peut être Ovide, comme le suppose M. Holland ^, a-t-il mêlé aux souvenirs de VOdfssée ceux que lui avait laissés le Cyclope d'Euripide. De tout cela résulte un ensemble, qui au premier aspect paraît incohérent. Mais c'est qu'Ovide a un autre dessein que Théocrite : Galatée vient de donner son cœur à un

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