Ibid., fragm. 3oo
l88 LES MÉTAMORPHOSES d'oVIDE
ceau des Métamorphoses * ? A Sophocle ou h Callimaque ? Ici point d'amour, point de peintures passionnées, qui trahissent l'influence particulière de l'élégie. Et cependant nous devons encore pencher pour Callimaque^.
D'abord il est facile de reconnaître dans les vers d'Ovide le procédé habituel de la poésie « aetiologique ». Icare, en tombant du haut des airs, a donné son nom à la mer Icarienne, c'est-àdire h cette portion de la mer Egée qui s'étend entre Samos et Chios : •
Oraque caerulea, patrium clamantia nomen, Excipiuntur aqua> quae nomen traxît ab illo ^
On pourrait se contenter de cette « cause »; mais il y en a encore une autre quelques vers plus loin. Dédale a recueilli les restes de son fils et les a ensevelis dans l'île la plus proche, depuis appelée Icaria,
tellus a nomine dicta sepulti *. ,
Voilà deux motifs pour un, qui permettent de rattacher ce morceau aux Aeda, plutôt qu'à la tragédie de Sophocle. <Ovide suit la trace d'un poète érudit, qui explique par la fable les noms géographiques et qui a souci de ne rien négliger. Gomment Callimaque avait-il trouvé le moyen d'introduire la légende d'Icare dans son recueil d'élégies? Nous n'en savons rien, et il est inutile de le rechercher^. Peut-être son élève Philostéphanos de Cyrène, qui avait traité le même sujet ^, a-t-il en partie inspiré le poète latin. Le maître et l'élève semblent avoir rapporté une version un peu différente de celle que nous lisons dans les Métamorphoses : Dédale n'assistait pas à la chute de son fils ; il s'était séparé de lui, et arrivé en Sicile, il l'attendait encore.