XIX. — Lafayk. — Ovide. i
l'est moins, et tantôt il reproduit d'autres versions \ Il n'y a absolument rien dans ces opuscules qui se rapporte au fleuve des Cicones et à la fontaine de Salmacis. Donc les Paradoxa qu'Ovide a consultés ne sont pas ceux que nous avons. Le plus probable c'est qu'il a connu ces sortes de recueils^ par un intermédiaire, qui lui-même avait mêlé leur témoignage à celui de Posidonius. A la fin du chapitre où il a traité des merveilles des eaux, Vitruve a eu soin d'indiquer la liste de ses auteurs ; les paraidoxographes en sont absents ; elle ne comprend que des historiens, des géographes et des philosophes ; il y en a sept et Posidonius est le troisième ^. Qu'il ait servi de modèle principal à Sénèque et à Pline, c'est ce que M. Rusch a établi avec une parfaite clarté*. On peut aussi, ou nous nous trompons fort, reconnaître sa marque dans le tableau d'Ovide : en dehors des Métamorphoses, la légende du fleuve des Cicones ne se rencontre que chez Pline. Celle de Salmacis, assez rare et nouvelle, apparaît en même temps chez Vitruve et chez Strabon, qui précisément dérivent tous deux de Posidonius''. M. Rusch suppose que Sénèque a connu la doctrine de ce philosophe par les livres d'Asclépiodote, son élève"; il répugne h admettre qu'Ovide ait puisé à la même source, toujours par la raison qu'il est moins complet que Sénèque. Cette raison, comme précédemment, nous paraît des plus fragiles; mais si M. Rusch veut dire que l'enseignement de Posidonius a été transmis à Ovide par un intermédiaire autre qu'Asclépiodote, nous souscrivons très volontiers à ce jugement.
1. Appendice F., vers Sog, 3ii, 3i3, 3i5, 322 ; voyez la comparaison dans Graf, p. 38. Les différences portent principalement sur les vers 3 lo, 3i2, 3i3, 32i, 333. 334-
2. Il y on avait une quantité d'autres, ceux de Nymphodore, de Philon, de Théopompe... etc. Voyez Susemihl, ouvrage cité, chap. xvii, Die Wunderbucher .
3. Vitruve, VIII, 3, 27 : « Qui magna vigilantia et infinito studio. . . aquarum virtutes ab inclinatione caeli ila distributas esse scriptis declaraverunt. » Les rapports de Vitruve avec Posidonius dans les « Paradoxa aquarum » ont été étudiés par Thiel, Philologisch-hisiovische Beitrdge Wachsinuth ûbevreicht, 1897, p. 92, et par Oder, Philologus, Supplem. Band VII (1899), p. 229, et plus spécialement p. 3o4 et 337.