Les livres X à XIII
2l/l LES MÉTAMORPHOSES d'ovIDE
éditeur des fragments de cet ouvrage ' ; mais il est permis de ne point partager son opinion^. Ce qui augmente notre embarras, c'est que parmi ces merveilles un certain nombre ont pu en effet être rapportées h la fois dans deux ouvrages de Varron ; il est probable qu'il ne perdait pas son temps à relire, les mêmes auteurs chaque fois qu'il composait un ouvrage nouveau ; mais il avait dû une fois pour toutes dépouiller chaque auteur en vue des ouvrages qu'il préparait, et ainsi le même fait pouvait lui servir pour plusieurs démonstrations différentes^. Ce sera affaire au futur éditeur du Gallus de se prononcer sur ces questions délicates ; mais il suit de là d'abord que le classement des fragments relatifs à notre sujet a été établi jusqu'ici d'une façon arbitraire et provisoire, et en second lieu qu'un fait, mentionné par Varron dans un quelconque de ses ouvrages, a fort bien pu l'être aussi dans le Gallus.
Avec Westermann * et Ritschl ^ il faut d'abord lui restituer plusieurs citations de Pline, où il est question de phénomènes prodigieux" ; nous aurons ainsi une conception plus nette de l'ouvrage et il apparaîtra alors clairement que beaucoup de passages de VHistoire naturelle, relatifs aux eaux du globe, doivent aussi provenir de cette source, même quand Varron n'y est pas mentionné^. On ne peut pas expliquer d'une manière plus plausible les rapports signalés entre les vers d'Ovide et certains chapitres de Pline; plusieurs des exemples énumérés par le poète ont été connus de Varron et insérés en divers endroits de ses
1. Mirsch (Paul), De M. Terentii Varronis Antiquitatiun rerum human'arum libris XXV, dans les Leipziger Studien fur class. Philologie, V (1882), p. I.
2. Voyez le compte rendu de 0. Gruppe, dans la Philolog. Wochenschrift, i883, p. 464.
3. 0. Gruppe, Die Ueherlieferiing der Bruchstûcke von Varros Antiq. rer. huvian., dans les Commentationes in honorem Mommseni {^^Tf), p. 54o. Voyez p. 55o à 55i et Mirsch, ouvrage cité, p. 54.