Corpus inscriptionum latinarinn. P ÇiSq^), f. i83 à
3. Schenkl (K;), Ovidius und Livius, dans la Zeitschrift fiir die Oesterreich. Gymnasien, 1860, p. 4oi ; Zingerle, ouvrage cité (1869-71); Hûlsen (Christ.), Varronianae doctrinae quaenani in Ovidii Fastis vestigia extent, Berlin, Weidmann, 18S0, traite des Mclain,, XIV et XV, dans les p. 82 à 87.
LES LÉGENDES ET l'hISTOIRE DE l'iTALIE 225
aussi cru bon quelquefois de glaner dans le champ du vieil Ennius^. Dès lors, il paraît légitime de se demander si les Grecs eux-mêmes n'ont pas ici quelque chose à revendiquer. Naturellement, nous ne nous occuperons plus des tableaux qu'Ovide a empruntés à Homère en racontant les fables de Polyphème et de Circé"; mais il nous reste encore un sujet digne d'attention et la question est plus complexe qu'il ne semblerait au premier aspect.
Notons d'abord que les légendes de l'Italie Méridionale occupaient une place dans les Métamorphoses publiées par les Alexandrins ; ainsi Ovide raconte comment les compagnons de Diomède, qui étaient venus chercher un asile en Apulie, après l'expédition de Troie, furent changés en oiseaux de mer; Nicandre avait déjà traité la même fable dans ses Métamorphoses'^ ; il avait aussi retracé la triste aventure des bergers Apuliens, changés en arbres pour avoir critiqué la danse des Nymphes*; c'est du côté de Tarente qu'il faut chercher l'origine de ces traditions. Crotone a vu naître celle qui rapportait sa fondation à Myscélus; Rhégium fut le séjour supposé de la monstrueuse Scylla ; les Cercopes avaient habité les îles Pithécuses, aujourd'hui Procida et Ischia en face de Naples; Cumes rappelait avec orgueil le souvenir de la Sibylle". Il est à présumer que Parthénius, qui vécut à Rome, avait, comme Nicandre, recueilli dans ses Métamorphoses au moins une partie des légendes italiques^; en tout cas, Ovide pouvait les rencontrer aussi bien chez les paradoxographes^, chez les poètes^, et même chez les géographes et les historiens grecs des derniers siècles^. L'écrivain avec lequel il s'accorde le mieux
1. Fastes, II, 487 et Métain., XIV, 8i4 ; Ovide cite textuellement le vers d'Ennius 69 (L. MûUer). Voyez aussi Zingerle, II, p. i à ii ; Ehwald, dans le progr. de Gotha, 1892, p. 11 à i4.