Anton. Liber
4. ïbid., 22. On a bien prétendu reconnaître des interpolations en plusieurs endroits. Voyez dans 17 le passage (§ 4-5) que Martini met entre crochets, et sa préface, p. Lxv. Mais ces altérations ne paraissent pas suffisammentdémontrées : Knaack, Berlin, philolog. Wochensckrift, 1900, p. 712; Bethe, ffevmes, XXXVIII (1908), p. 608; XXXIX (1904), p. 4-
d'élégies que Nicandre avait dû en demander le modèle ; cette hypothèse, déjà appuyée par tant de raisons et de si fortes, prend encore plus de vraisemblance quand on considère l'importance qu'il avait donnée à l'élément erotique ^ Les aventures d'amour remplissent près de la moitié des extraits ou fragments qui nous sont parvenus^. Nous y trouvons toutes les variétés de la passion ; la première place revient naturellement aux entreprises galantes d'un personnage que pousse uniquement le désir le plus brutal et le plus coupable, sans que rien y corresponde chez l'objet aimé^; Nicandre ne recule même pas devant la peinture de l'inceste, s'il peut y trouver matière à des efifets inattendus*; à plus forte raison l'adultère n'est pas pour l'arrêter ^. En véritable Grec il ne songe pas un instant que la différence des sexes soit une condition essentielle de l'amour''. Tout lui est bon, l'amour heureux ^ et l'amour malheureux ^ et même (car il n'a pas de préjugés) l'amour conjugal". De son tjiioisième livre provient un morceau, où se manifeste jusqu'à l'évidence l'influence de Callimaque : c'est, cette fois, par exception, une idylle touchante et gracieuse. Une jeune fille de Céos, nommée Ctésylla, est venue à Delphes, pour assister aux fêtes d'Apollon; en la voyant danser, un jeune Athénien, Hermocharès, se prend de passion pour elle ; il écrit sur une pomme une formule de serment, par laquelle elle s'engage à l'épouser; il lance la pomme dans le temple de Diane; Ctésylla la ramasse, puis la rejette, courroucée de se voir liée par un serment qu'elle n'a pas prêté elle-même. Cependant, après diverses péripéties, elle paie de retour la passion d'Hermocharès et devient sa femme *°. Cette histoire est fort connue; c'était le plus beau morceau des Causes de Callimaque ; seulement chez lui le jeune homme s'appelait Acontius et la jeune fille Cydippé *\ Nicandre
1. Sur le caractère des Causes de Callimaque voyez Gouat, Poésie alexandriiie, p. il\o et suiv.
2. Exactement i4 sur 3i, en attribuant à Nicandre les extraits donnés sans nom d'auteur par Libéralis, comme le veut avec raison Oder, p. 52.