Pline, Hist. liât., XXXVII, 3i [Schneider, fragm
du domaine merveilleux, où il va glanant sur les pas des maîtres ; elle aussi, elle a ses métamorphoses.
Il nous faut maintenant franchir un espace d'un siècle environ, pour retrouver dans la littérature grecque un recueil poétique, qui puisse être mis à côté de celui de Nicandre ; il était l'œuvre de Parthénius de Nicée^ Amené à Rome en 78 comme prisonnier de guerre, après la prise de sa ville natale par l'armée de Lucullus, Parthénius fut affranchi et se fixa en Italie ; nous savons qu'il y eut pour élèves Cornélius Gallus et Tibère; il est probable aussi que Virgile le connut personnellement ; il dut mourir sous Auguste, avant le commencement de notre ère. Ses Métamorphoses étaient écrites en distiques élégiaques ; par conséquent elles avaient avec les Causes de Callimaque un rapport de plus que celles de Nicandre. Libéralis ne leur a rien emprunté. Mais on peut aflSrmer qu'elles présentaient tous les caractères des productions de l'école alexandrine : comme dans ses contes en prose et comme dans la plupart de ses ouvrages, Parthénius y avait prodigué l'érudition et la galanterie. Il rapportait, par exemple, l'aventure de Scylla, qui, par amour pour Minos, lui avait livré son père Nisus et la ville de Mégare, sa patrie : Nisus portait sur sa tête une boucle de cheveux merveilleux ; tant qu'il la conserverait, ni lui ni son royaume n'avaient rien à craindre des ennemis ; Scylla la coupa et la donna h Minos ; celui-ci, plein d'horreur pour cette trahison, fit attacher là perfide au gouvernail de son navire, afin qu'elle y fût le jouet des vagues ; mais elle lui échappa sous la forme d'un oiseau de mer^. Il faut rapporter au mênje original quelques vers élégiaques, où il est question des amours du fleuve Gydnus avec la fille d'un roi de Cilicie : « Elle était mûre pour l'hyménée, lorsqu'elle s'éprit du pur Cydnus, après avoir allumé un flambeau dans le sanctuaire de Cypris ; enfin Cypris la changea en source, et, grâce à elle, l'amour confondit, en les mariant, les eaux de Cydnus et de la nymphe^. » Ce fragment était peut-être intercalé, à titre de souvenir ou d'exemple, dans un récit de plus longue étendue ; c'est