‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 49 sur 256 · XIX. — Lafaye. — Ovide · texte numérisé non relu

XIX. — Lafaye. — Ovide

5o LES MÉTAMORPHOSES d'oVIDE

son poème comme une traduction ou une adaptation plus on moins libre d'un seul texte, où la matière eût été toute préparée ; pour que ses imitations pussent provoquer l'attention, comme il le désirait, elles devaient être disséminées dans ses vers et porter sur des passages célèbres, tirés de difiPérents ouvrages. Le lecteur n'aurait pas eu grand mérite à les reconnaître, ni l'auteur à les avouer, si dès le début il avait été évident pour tout le monde qu'il avait suivi un modèle unique. Dans l'antiquité même on a reproché à Ovide de s'être trop abandonné à sa fantaisie, d'avoir eu trop de complaisance pour les inventions de son esprit^; Quintilien critique, dans les Métamorphoses, Vahus des transitions trop faciles, qui rattachent entre eux des morceaux disparates^. Ces jugements, aussi bien que le poème lui-même, protestent hautement contre l'idée qu'Ovide ait eu assez de modestie et de patience pour se traîner, pendant six années de sa vie, dans un ouvrage en quinze livres, sur les pas d'un Nicandre, d'un Parthénius ou d'un Théodore.

Il faut donc poser la question autrement. Pèut-on constater qu'Ovide a lu les poèmes grecs qui traitaient des métamorphoses ? Et quels sont ceux qui lui ont plu ? Quels changements leur fait-il subir en les imitant? Y en a-t-il un, dans le nombre, pour lequel il manifeste une sympathie particulière ? Le problème ainsi restreint semble ne pas être au-dessus de nos efforts, et cependant nous sommes hors d'état de le résoudre entièrement; car ce que nous savons des deux ouvrages de Parthénius et de Théodore se réduit h fort peu de chose. Nous connaissons mieux ceux de Bpéus et de Nicandre grâce à Antoninus Libéralis ; mais sans aucun doute ses extraits n'en reproduisent qu'une faible partie, et par conséquent il peut y avoir chez Ovide des morceaux qui a notre insu viennent de cette source. Cependant, malgré l'insuffisance des renseignements dont nous disposons, il n'est pas sans intérêt d'examiner ici quel parti on en peut tirer.

1. Sén., Controv., Il, 2 (lo), 12; IX, 5 (28), 17; Sén., Qiiést. nat., III, 27, i3; Quintil. Inst. or., X. i, 88 et 98.

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