Schneider, Nicandrea, fragm
Il se range de son côté par exemple lorsqu'il se décide à donner une autre version de la fable des alcyons *, et celle-là il la traite dans un morceau de plus de trois cents vers ^. Cette préférence serait fort naturelle ; Nicandre fait dans l'histoire littéraire une autre figure que Théodore et que le pseudo-Boéus ; son mérite n'est peut-être pas aussi apprécié aujourd'hui qu'il le fut chez les anciens; maison ne peut contester qu'il ait laissé une trace durable dans la poésie didactique. Il avait été un des écrivains les plus honorés et les plus féconds de la cour de Pergame; après sa mort on parle encore de ses ouvrages avec estime et on l'imite ; Cicéron lui reconnaît un talent distingué^; iEmilius Macer, l'ami d'Ovide, traduit en vers latins un de ses poèmes : il est vrai qu'il traduit aussi Boéus, Mais Nicandre a eu un autre disciple plus illustre, qui manque à Boéus : Virgile a imité ses Géorgiqûes; comme le remarque Quintilien *, c'est là un titre qui le rend digne d'attention parmi les poètes secondaires. Enfin Lucain le mettra à contribution ^ N'est-il pas très vraisemblable qu'Ovide a dû être attiré vers un auteur que recommandait le suffrage de Virgile, et consulter ses Métamorphoses, que personne chez les Latins n'avait encore songé à égaler ?
Il y a en effet chez Ovide un certain nombre de fables" qui lui sont communes avec Nicandre et qui ne se retrouvent nulle part ailleurs. Affirmer, comme M. Knaack", qu'il les a prises chez Nicandre lui-même, c'est peut-être aller un peu loin. Il s'est écoulé près d'un siècle entre les deux auteurs, et il faut tenir compte notamment de la part qui peut revenir, dans les imitations d'Ovide, à l'ouvrage plus récent de Parthénius, dont nous ignorons à peu près tout: on se persuadera malaisément que le poète latin ne lui doive rien. Cependant il faut avouer que dans les passages allégués par M. Knaack le rapport avec Nicandre est frappant, et la présomption très forte. Nous ne connaissons personne avant Ovide, si ce n'est Nicandre, qui ait présenté sous le même jour que lui l'histoire d'Ascalabus changé en lézard pour s'être moqué de l'avidité de Cérès''; il y a aussi une