R RE
si ce n’est an cancer du sein droit, qui remonte à 17 ans et pour lequel elle n’a jamais accepté d'intervention.
Elle se plaint d’être très gênée pour respirer depuis quelque temps ; elle ne peut dire, à peu près, de quelle époque dateraient ces troubles, mais il semble cependant qu'ils doivent remonter à peu de temps. ette difficulté de respirer se serait installée progressivement et aurait augmenté ces derniers jours, devenant de plus en plus pénible. En dehors de cette dyspnée, la malade ne se plaint d’aucun autre trouble. Pas de point de côté, pas de loux ni d’expectoration.
Pas de palpitations de cœur ni de douleurs précordiales.
Pas de troubles digestifs.
Rien de particulier du côté de l'appareil génito-urinaire ni du système nerveux.
À l'examen, on voit qu'il s’agit d’une femme dont le facies, le thorax, l’abdomen et les membres sont considérablement amaigris. Elle est très dyspnéique et présente du tirage sus-sternal et abdoimipal. Il n’y a pas de modification de la voix.
L'examen des poumons ne révèle rien de particulier : à la percussion, sonorité ; les vibrations ne sont ni diminuées ni augmentées à l’auscultation, la respiration est normale ; il n'y à ni souffles ni bruits adventices. Dans la région hilaire, pas de souffle non plus.
Examen du cœur : pas de lésions.
Examen des organes de l’abdomen : rien de particulier.
Au niveau du sein droit on constate une tumeur du volume d’une mandarine, irrégulière, dure, adhérente aux plans profonds ; cette tumeur est ulcérée et laisse échapper quelques gouttes de liquide jaunâtre, en très petite quantité, Son apparition remonterait à 17 ans. Il existe un ganglion dans le creux axillaire du côté droit et un
autre dans la fosse sus-claviculaire, du côté gauche.
D'autre part, on trouve dispersés dans les téguments de la paroi thoracique et de la paroi abdominale, en avant, et surtout en arrière,
un nombre considérable de nodules sous-cutanés ; quelques-uns
siègent également à la base du cou : la tête et les membres seuls
sont indemnes. Ces nodules, au nombre de 116 environ, sont abso-
lument indolores la malade prétend même ne les avoir jamais
Dr.
remarqués. Ils sont arrondis, réguliers, très durs, de contour net et bien limité. La plupart d’entre eux roulent sous le doigt ; ils sont mobiles sous la peau et sur les plans profonds ; quelques-uns, cependant, peu nombreux, adhèrent aux téguments. La peau qui les recouvre, n'a pas changé d'aspect. Leur grosseur varie du volume d’un pois à celui d'une noisette. Une seule nodosité atteint le volume d’une noix ; elle siège à droite de la colonne vertébrale, au niveau des dernières vertèbres lombaires ; de contour arrondi, elle est aplatie d'avant en arrière et immobile sur les plans profonds. La peau qui la recouvre est rouge au centre et adhérente à ce niveau.
Les jours suivants, la malade est de plus en plus dyspnéique et, le 21 juillet 1913, elle succombe.
Pendant son séjour à l'hôpital, la température est restée constam-
MÉNTALSTN OUT
L'autopsie ne peut être pratiquée, la famille s’y opposant, mais on fait l’examen histologique de la tumeur siégeant au niveau de la colonne lombaire : on trouve dans l’hypoderme des traïnées minces et allongées parallèlement à la surface de la peau. Les cellules, colorées très vivement par le réactif, sont régulières et se rapprochent en majorité du type cubique. Par places, elles semblent circonscrire des cavités allongées donnant l'impression de boyaux glandulaires. 1 semble que les propagations aient eu lieu le long des fentes Iymphatiques. Boyaux de traïînées cellulaires allongées. L'une de ces
traîinées pénètre dans le derme.
Observation V (SAeNGER. — Neurologisches Centralblall, 1901, p. 1089.)
Un ouvrier de 35 ans entre à l'hôpital le 17 juin 1889, atleint
de diplopie, suivie bientôt d’amaurose du côté droit. Les ganglions
IG
cervicaux et inguinaux sont augmentés de volume et infiltrés. À la partie inférieure du sternum, existe une grosse circulation collatérale. On trouve des métastases nodulaires dans les muscles du dos, du cou et de l’avant-bras à droite. On en trouve également dans la peau de la tête. Le malade meurt au bout de 15 jours après élévation
de température et délire pendant 3 jours.
À l’autopsie, on trouve dans le médiastin antérieur une tumeur
careinomateuse, de la grosseur d’un poing d’enfant.
Observation VI (Scaminr. — Archiv für Derm. u. Syphil., 1904, v. 70, p. 321.)
Bertha C..., âgée de 62 ans, est amenée à l’hôpital le r9 mai 1908.
Antécédents : pas de maladies dans l’enfance ; 4 enfants bien portants.
Depuis > ans, petits ganglions dans les fosses sus-claviculaires.
Depuis 1 an, amaigrissement et asthénie. Essoufflement.
Etat actuel. — Taille moyenne. Femme maigre d’aspect non cachectique. Pas de fièvre. Pas d’œdème des membres inférieurs. Légère cyanose. Un peu de dyspnée. Veines très saillantes sur la partie antérieure de la poitrine. Au-dessus de chaque clavicule, il y a de gros ganglions. Il existe de la matité au niveau du manubrium du sternum.
À l’examen radioscopique, on trouve au-dessous du manubrium et s'étendant sur une longueur de deux travers de doigts, de chaque côté, une ombre très épaisse.
Cœur et appareil circulatoire : légère artériosclérose.
Sang : hémoglobine : go %. Hématies : 4,000,000. Leucocytes 5,400.
Léger météorisme. Appétit modéré. Urines et selles normales.
Diagnostic : tumeur maligne du médiastin antérieur.
Le 28 juin. — Herpès zoster lypique sur le trajet du nerf radial
gauche.
Le 3 juillet. — Eruption herpétique an niveau de la région mammaire droite et au niveau du cou. Peu douloureuse.
Le 25 juillet. — Au niveau de la mamelle droite et du cou, apparaissent des petites tumeurs sous-cutanées envahissant toute la mamelle droite et tout le cou. ;
Le 5 octobre. — La malade meurt de cachexie.
L'examen histologique des tumeurs révèle leur nature épithéliale.
Observation VII (ReozicH. — Zeitschrift f. Krebsforschung, 1907, v. 5, p. 26r.)
Malade atteint de cancer de la bronche droite. On trouve des métastases dans les ganglions lympathiques, le foie, les reins, les surrénales, trois vertèbres dorsales, {a peau et les muscles, le myc-
carde, le péricarde, la plèvre, le péritoine, la rate et le corps thyroïde.
Observation VIII (Srropenr. — Boll. d. Soc. med. chir. di Pavia, 1909, v. 23.)
M... V.., âgée de 35 ans, ménagère, mariée, de Zinasco, entre le ro décembre 1908 dans la clinique.
Aucun souvenir relatif aux grands-parents. Le père est mort à l’âge de 75 ans, la mère à 42 à la suite d’une grossesse gémellaire. La malade est la plus jeune de cinq enfants, dont une sœur morte de tuberculose pulmonaire et trois frères actuellement vivants et bien portants. Dans son enfance elle a eu la rougeole ; à 5 ans, elle a eu la diphtérie. Réglée à 12 ans. Se marie à 20 ans avec un homme sain dont elle a quatre enfants actuellement en bonne santé. A
25 ans, abcès du pharynx qui s'ouvre spontanément el guérit en
— hB\— i
14 jours. En octobre 1907, dyspnée, point de côté à gauche, fièvre, toux sèche ; guérison en 14 jours par teinture d’iode.
De novembre 1907 à mars 1908, elle se porte bien. À ceite époque la malade se plaint de douleurs thoraciques à gauche, envahissant le côté, l'épaule, puis le dos, exagérées par la respiration et la toux. La malade cesse son travail ; puis l’anorexie, la fièvre, la céphalée, lui font prendre le lit pendant 15 jours. Durant le printemps et l'été, alternatives de bien et de mal. Au début d'octobre, douleurs thoraciques, céphalée, fièvre, légère dyspnée ; toutefois, ni toux, ni expectoration. Au bout de deux semaines, la malade est améliorée et quitte le lit. Mais bientôt les mêmes douleurs reprennent la malade du côté droit, s’accompagnant de température élevée, de céphalée et de dyspnée. La douleur, localisée au niveau de la dixième côte, est exaspérée par la respiration, apaisée en se couchant sur le côté douloureux. La malade ne constatant aucune amélioration se rend, le 10 décembre, à la clinique.
Elat actuel. — Faiblesse générale, anorexie, dyspnée, douleur en arrière el à droite à la base du thorax, le long de la dixième côte. La malade à sa pleine connaissance, le facies souffrant Pas d’œdème appréciable, ni de ganglions palpables.
Température : 38. Respiration : 44. Pouls : 98.
Cou et tête : rien de particulier.
Thorax : complètement asymétrique. La percussion à gauche révèle une matilé remontant à l’épine de l’omoplate. Au-dessus, tympanisme.
Auscultation : à droite, quelques râles disséminés ; à gauche, respiration affaiblie partout ; souffle dans la région axillaire et râles sous-crépilants ; en arrière, respiration affaiblie jusqu’à l’épine de l'omoplate ; silence à la base. Ponction exploratrice à gauche, au niveau de la pointe de l’omoplate : on retire 2 centimètres cubes de liquide jaune citrin. Réaction de Rivalta négative.
Ponction dans le huitième espace droit : négative.
Abdomen : rien à la percussion ni à la palpation.
Poids : 44,500.
RE DA TIRE ES OR Et . RTE e À UrINeS : COUieur: Jaune, quantité : 500, densité 1,020 ; ne con-
tiennent ni albumine, ni sucre, ni sang. Sédiments : quelques cellules épithéliales, quelques leucocytes.
Fèces : jaunes brunes ; rien de particulier au microscope.
Sang : hématies : 4,000,000 ; leucocytes : 7,000.
Crachats : pas de bacilles de Koch. Présence d'éléments néoplasiques.
La malade se cachectise peu à peu. La température, normale le matin, monte, le soir, à 38°, 39°. L'appétit disparaît complètement. Dans la seconde quinzaine de novembre, on trouve des signes d’épanchement péricardique qui disparaissent en dix jours.
Vers la fin de l’année, ponction du côté gauche : on retire 2 centimètres cubes de liquide jaune ; réaction de Rivalta : positive.
Le 31 janvier, on remarque, au bras gauche, au-dessus de l’épitrochlée, une petile tumeur du volume d’une noisette, dure, non douloureuse ni sensible à la pression. On trouve des petits ganglions axillaires, sus et sous-claviculaires et cervicaux. Le 2 février, pendant sa toilette, dans son lit, la malade ressent tout à coup, dans la cuisse gauche, une douleur très vive. On constate la présence d’une fracture de cuisse.
Le 26 février, on remarque, sur le bord inférieur du grand pectoral, une deuxième petite tumeur semblable à celle du bras. Une tumeur du volume d'une noix existe également au niveau de la région ombilicale,
Le 15 mars, à 8 heures du matin : exitus.
L'examen histologique de la tumeur du bras montre Ia nature épithéliale de cette tumeur. À la suite de cet examen histologique et de l’examen clinique, on porte le diagnostic de cancer de la bronche gauche, envahissant tout le poumon correspondant ; ramollissement, cavernes et réaction pleurale ; métastases à la peau, aux
ganglions lymphatiques, aux os avec fracture du fémur gauche,
L'autopsie confirme en tous points le diagnostic clinique.
LEBOSSÉ.
ne ee
Observation IX (Javra. — Inaug. Dissert. Berlin, p. 23.)
Malade atteint d’un cancer du lobe supérieur du poumon droit. Présente deux nodules sous-culanés métastaliques. L'un siège à la paroi antérieure de l’abdomen, à gauche de l’ombilic. L'autre est situé dans la paroi thoracique gauche, au niveau de la huitième
côLe (1892).
Observation X (HermanN. — Archiv für klinische Chirurgie, 1898, v. 57, p. gx1.)
Malade atteint de cancer du poumon ; on trouve des métastases dans le cerveau, le foie, la colonne vertébrale, avec compression de la
moeile et dans la peau.
Observation XI (Hermann. — Archiv für klinische Chirurgie, 1899, v. 58, p. 37.)
On trouve chez un malade présentant un cancer du poumon, d'autres organes atlleints de cancer : ce sont l'intestin, les reins, le
cœur, les ganglions cervicaux et la peau.
Observation XII
(KRaASTING. — Zeilschrifl f. Krebsforschung, 1906, p. 315, 1% cas.)
Chez un malade présentant un cancer primitif du poumon, on trouve des métastases dans le système nerveux central, dans les os
les muscles et la peau.
De —
Observation XIII (KRASrTING. — Zeitschrift f. Krebsforschung, 1906, p. 315, 2° cas.)
Dans un cas de cancer du poumon, il existe des métastases au niveau des ganglions lymphatiques, des plèvres, du foie, du péritoine, du péricarde, de la rate, de la peau et du corps thyroïde.
Observation XIV
(Haxprorn. — Pathol. Transact., 39, p. 48.)
Malade présentant un cancer au niveau du hile du poumon droit ; on trouve des métastases particulièrement dans la peau.
Observation XV (Boner et OLMEr. — Revue de Médecine, 1903, p. 717.)
A... (Charles), 53 ans, journalier, dont les antécédents sont sans intérêt, est malade depuis plus de six mois. Son affection a débuté par de la toux, de la dyspnée et de l’amaigrissement. Il entre une première fois à l’hôpital le 21 août 1902 ; il est très affaibli et a un aspect assez cachectique. On constate, de plus, tous les signes d’un épanchement dans la plèvre gauche. Les autres organes ne sont pas altérés ; l’appétit est assez bon ; le malade n’a ni vomissements, ni diarrhée, ni constipation. Le foie n’est pas augmenté de volume. La température est normale, le pouls régulier à go.
Le diagnostic de pleurésie est encore confirmé par l’examen radioscopique.
Le 27 août. — Thoracentèse : 250 grammes de liquide rouge vif,
hémorragique.
Le 31 août, le malade amélioré quitte l’hôpital. Il rentre le 5 septembre avec les mêmes symptômes que la pre-
mière fois. Le diagnostic de cancer de la plèvre fut bientôt confirmé
par la présence dans la région sous-claviculaire gauche de ganglions durs, indolents, roulant sous le doigt. En fin septembre, on est
frappé par l’abattement et l’asthénie du malade. En outre, les tégu-.
ments prennent une coloration bronzée et l'examen de la muqueuse buccale montre, sur la face interne des joues, la présence de placards pigmentaires brunâtres ; des taches analogues existent sur le gland.
Le 12 octobre, crise d'épilepsie jacksonienne, limitée au membre supérieur droit. Le malade, interrogé, se rappelle que, depuis un an, il a eu, à quatre reprises, des crises analogues. :
Le 16 novembre, nouvelle attaque d’épilepsie jacksonienne.
Le »5 novembre, inégalité pupillaire.
Le 4 décembre, crise d’épilepsie.
Le 5 janvier, la cachexie à fait des progrès rapides ; on remarque à la région antérieure du thorax la présence de plusieurs nodosités cancéreuses, faisant saillie sous la peau. Les unes adhèrent au sternum, les autres aux côtes ; d’autres siègent dans l’épaisseur du muscle grand pectoral. Les ganglions lymphaliques des régions sous-claviculaire et axillaire gauches sont durs et augmentés de volume.
Le 9 janvier, le malade expectore pour la première fois quelques crachats sanguinolents, comparables à de la gelée de groseille, provenant, ainsi que nous ie montre l’autopsie, de l'apparition tardive de nodules cancéreux dans le poumon, du côté opposé à la pleurésie.
Les 14 et 28 janvier, crises épileptiformes.
Le 8 février, mort au milieu de phénomènes asphyxiques.
Autopsie. — Après incision de la paroi thoracique, on constate, dans le tissu conjonctif sous-cutané qui recouvre les muscles pectoraux gauches, la présence de nombreux amas cancéreux, du volume d’un pois. On trouve des nodules analogues dans l'épaisseur du grand pectoral ; un noyau gros comme une amande siège dans le petit pectoral et adhère à la deuxième côte. Un noyau aussi volumi-
neux, mais ramolli au centre est appliqué au niveau de la partie
CN
antérieure du troisième espace intercostal, au voisinage du cartilage costal correspondant. Des ganglions envahis par des nodules cancéreux, assez durs, blancs jaunâtres, pauvres en suc, emplissent l’espace sous-claviculaire et le creux axillaire gauches. Dans la cavité thoracique on trouve un litre de liquide brunâtre, chocolat. La plèvre est épaissie, indurée, infiltrée en plusieurs points de noyaux cancéreux qui font saillie à sa surface.
Grand sympathique : englobé dans du tissu népplasique,
Poumon droit : quelques noyaux cancéreux.
Estomac : induralion pylorique.
Foie : quelques noyaux cancéreux.
Capsule surrénale droite : noyaux cancéreux.
Cerveau : à la partie moyenne des circonvolutions rolandiques
gauches, existe un noyau cancéreux de la grosseur d’une cerise.
Examen histologique : plèvre : carcinome,
Observation XVI (Krasrinc. — Zeitschrift f. Krebsforschung, 1906, p. 315.)
Homme de 52 ans, journalier, atteint de cancer du pharynx. Il y a des métastases au niveau de la peau, de la dure-mère et du corps
thyroïde.
Observation XVII (KrasTiNG. — Zeitschrift f. Krebsforschung, 1906, p. 315.)
Homime de 62 ans, présente cancer du pharynx.
Métastases : ganglions trachéo-bronchiques et cervicaux, corps thyroïde, amygdales, poumons, rate, reins, surrénales, pancréas, épididyme droite, ganglions inguinaux, peau de la paroi abdominale,
vertèbres dorsales, cerveau.
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Observation XVIII (Levi. — Bulletin de la Société anatomique, juillet 1897, p. 7or.)
D... (Félix), âgé de 48 ans, entre le 9 janvier 1897, salle Grisolles, à l'hôpital Laënnec, dans le service de M. le professeur Landouzy, pour des troubles digestifs caractérisés surtout par des vomissements. Ces vomissements se produisent peu après l’ingestion des aliments ;. il n’a jamais eu d’hématémèses.
On arrive à passer le cathéter œsophagien, qui, cependant, est arrêté près du cardia par un spasme à ce niveau.
Par le régime lacté et le repos, on note une amélioration sensible ; le malade engraisse ; il demande à sortir de l'hôpital à la fin de février.
A ce moment, les aliments solides mêmes passent bien. Quelques jours après, il rentre à l'hôpital, vomissant tout ce qu'il prend, amaigri, la voix éteinte. Pas de néoplasme perceptible, pas d’adénopathies.
Malgré le régime, l’état du malade ne s'améliore pas et il continue à vomir, par petites quantités, de temps en temps. Les vomissements se produisent en général peu après l’ingestion du lait.
L'amaigrissement et la cachexie vont en augmentant.
Dans le mois de mai, le malade à eu une fois un vomissement assez abondant, marc de café.
Depuis la fin d’avril, on note des douleurs vives dans la jambe gauche ; il n’y à pas d'œdème. On sent un petit cordon dur, peutêtre un lymphatique.
Quelque temps après ces douleurs, apparaît, à la partie inférieure et postérieur de la jambe gauche, une tumeur sous-cutanée, mollasse. Cette tumeur augmente et, peu à peu, la peau s’amincit et prend à
ce niveau une coloration noirâtre.
0) Au moment de la mort, survenue le 2 juin, la tumeur a la grosseur d’un œuf de poule.
Elle est superficielle au-dessus de l’aponévrose et commence à
peine à s’ulcérer.
Autopsie. — Aux poumons, on note en un point un petit infarctus qui n'a pas l'aspect néoplasique ; il y a quelques tubercules aux sommets.
Le péricarde, près de la pointe du cœur, présente deux noyaux cancéreux blanchâtres ; rien au myocarde.
Aorte : athéromateuse.
Larynx : simplement congestionné.
Trachée : petits nodules cancéreux, sur la face postérieure, au contact de l’æsophage.
OEsophage : à sa partie moyenne se trouve une tumeur néoplasique occupant tout le tiers inférieur, mais n'’arrivant pas jusqu'au cardia dont elle reste distante de deux travers de doigts. C’est surtout une infiltration cancéreuse en surface, plus qu'une vraie tumeur, resserrant beaucoup le calibre du conduit.
Estomac : suffusions hémorragiques, pas de néoplasme.
Foie et rate : pas de généralisation néoplasique.
Reins : le droit présente une tumeur cancéreuse, ramollie, de la grosseur d’un œuf de pigeon, située à la périphérie et de forme conique. Rien à gauche.
Intestin : normal.
Ganglions inguinaux : ramollis et suppurés, peut-être par infection secondaire. Les ganglions sus-claviculaires née semblent pas envahis.
Tumeur cutanée : présente à la coupe un aspect blanchâtre et ferme ; on y voit des travées conjonctives et des points hémorragiques.
Pas d’induration des lymphatiques voisins.
Examen histologique. — La tumeur a la structure d’un épithéliome pavimenteux. On voit dans la partie profonde de la peau de nombreux boyaux épithéliaux qui, en quelques points, ont même
détruit le derme et arrivent à la surface.
Set Le
Observation XIX (Piecer. — Inaug. Dissert. Goettingen.)
Malade atteint de cancer de l'œsophage. Il y a des métastases au niveau de la partie antérieure du thorax, des deux côlés, sous forme
de petits nodules sous-culanés.
Observation XX (Goucrr. — Leçons de clinique médicale, 1gog-1910, p. 359.)
Malade atteint d’épithéliome de l’æsophage, présente à la partie inférieure de la région dorsale, immédiatement à gauche du rachis, un noyau un peu oblong et irrégulier, du volume d’une petite noix, ferme, indolent, mobile sur les parties profondes, mais faisant corps
avec la peau, qui offre, à son niveau, une teinte rouge brun.
Examen histologique de la tumeur : épithéliome pavimenteux.
Observation XXI (LABOULAIS. — In Thèse de BourRQuELOT, Paris, 1910.)
M. X.. présente, depuis le mois d'août 1905, de la dysphagie d’abord transitoire, pour laquelle un examen œsophagoscopique est pratiqué en Allemagne où le malade séjournait à cette époque. Le diagnostic d’ulcère de l’œsophage fut porté à la suite d’un vomissement de sang constaté au même moment.
Le malade est vu pour la première fois par M. Mathieu, en novembre 1904.
La dysphagie s'est accentuée. I peut encore cependant déglutir
avec précaution des aliments solides.
L'examen radioscopique est pratiqué : tandis que le lait de bismuth passe facilement, il y à arrêt net du cachet de bismuth à la partie inférieure de l’œsophage dont les mouvements oscillatoires font conclure à une sténose organique possible avec spasme prédominant.
Le malade, ancien syphilitique, a suivi un traitement de plusieurs années. Néanmoins, il est soumis à un traitement spécifique intensif
sous forme d'’injections de biiodure.
Simultanément le cathétérisme est pratiqué chaque jour à l’aide de
sondes molles.
Sous cette influence on constate au bout d’une vingtaine de jours qu'il est possible de faire pénétrer dans l’estomac une sonde de ro millimètres, alors qu'au début un cathéter de moindre dimension était arrêté au niveau du cardia.
Le malade quitte Paris et continue son traitement.
Lorsqu'il revient en avril 1905, il déclare que le cathétérisme est devenu de plus en plus difficile et a plusieurs fois ramené un peu de sang. En même temps, la dysphagie s’est accentuée. À ce moment, l'examen radioscopique dénote un arrêt, même du lait de bismuth, qui fait conclure à une sténose organique. Pour cette raison et aussi parce que l’état général devient mauvais, on lui propose une gastrostomie. Elle est pratiquée le 8 mai, par le docteur Souligoux. L'alimentation devenue possible, le malade reprend du poids et des forces.
Au début de juillet, il commence à être incommodé par l’accumurlation de salive dans l’œsophage. Celle-ci est rejetée sous forme de vomissement pituiteux se répétant plusieurs fois dans la journée.
Vers le milieu d'octobre, apparaissent deux petits nodules, l’un situé au niveau de l’épine, l’autre au niveau de l'angle de l’omoplate. Ils sont indurés, douloureux à la pression et donnent, sous les doigts, la sensation de petits kystes. La peau n'a subi aucune modification à leur niveau. Peu à peu, ils s’élargissent, atteignent les dimensions d'une pièce de 5o centimes, font une légère saillie en
goutte de suif. La peau rougit ; il existe des peliles veines bleuâtres
ane
à sa surface. Le malade fait à leur niveau des applications répétées de Vigo.
M. Mathieu, consulté à nouveau, affirme leur nature néoplasique malgré les antécédents spécifiques du malade, qui pouvaient faire penser à des gommes. Il meurt en pleine cachexie à la fin de dé-
cembre 1905.
Observation XXII (Vipaz. — Bull. de la Soc. anat. de Paris, 1853).
Homme de 50 ans, vomissant depuis quatre ans, à teinte ictérique, très amaigri.
Trois Lubercules cancéreux existaient sous la peau de l’épigastre el
deux autres sous la mâchoire.
Autopsie. — Infiltration cancéreuse très étendue de la petile courbure de l'estomac. Infiltration des ganglions mésentériques, des deux muscles psoas et des deux muscles iliaques. Foie sain. Veines iliaque
et crurale du côté gauche, oblitérées par des caïllots.
Observation XXIII
(MicrarD. — Bull. de la Soc. anat. de Paris, 1859).
Homme âgé de {2 ans, adonné aux liqueurs fortes, entre à l'Hôtel- Dieu le 7 janvier 1859. Il éprouvait depuis environ 9 mois, des pesanteurs d'estomac très pénibles, qu'il calmait en se faisant vomir. Une seule fois, il eut une hémorragie intestinale, suivie le lendemain d'une hématémèse assez abondante. Il avait de l’ascite et de l’œdème des membres inférieurs, contrastant avec la maigreur extrême de la
face et des membres supérieurs. À la palpation, on trouve un foie
petit, sans bosselures, mais aucune tumeur en aucun point de l’abdomen.
Aucune douleur, appétit conservé.
12 janvier. — On sent pour la première fois, sur les limites de l’hypocondre droit et de l'épigastre, deux petites tumeurs superficielles ayant le volume et la forme d'une amande et qui s'étaient développées très rapidement à la face profonde de la paroi abdominale. Le lendemain, une troisième tumeur plus étendue et également superficielle est facilement sentie plus en arrière le long du rebord
des fausses côtes droites.
Mort le 17 janvier.
Autopsie. — Vaste ulcération néoplasique au niveau de la petite courbure et de la paroi postérieure de l'estomac. Envahissement du corps et de la queue du pancréas. Orifice pylorique sain.
Nombreux noyaux secondaires dans le foie, le grand et le petit épiploon et dans le mésentère.
Envahissement de la face profonde des parois antérieure et latérale de l’abdomen sous forme de plaques de tissu cancéreux faisant
relief sous le péritoine.
Observation XXIV (Serrz. — Deutsche Klinik, 1866).
Femme de 28 ans, dont la maiadie a duré huit mois.
La peau était de couleur pâle, parsemée de petites tumeurs brunes, arrondies et saillantes, saignant au moindre contact. Elle présentait les symptômes suivants : toux, hémoptisies, œdème du côté gauche du corps, vomissements, délire.
Autopsie. — Cancer de l'estomac avec propagation aux capsules surrénales et aux reins.
Tumeurs de la peau étaient cancéreuses.