ASSOCIATION SCIENTIFIQUE
SiuieuTs du meilleur travail sur les mouvements généraux de l'atmosphère^ — des meilleures observations faites à la mer^ — et des meilleures séries d'observations faites en des lieux du globe peu connus. Depuis, deux nouveaux prix ont été institués, pour être décernés aux deux rneilleurs mémoires relatifs à rapplication de la météo^ rologie aux questions agricoles.
Une carte résumant le service de la météorologie nautique, dont le centre est à Paris, a été distribuée aux membres de l'association. Ce service s'étend aujourd'hui à toutes les côtes de la mer Baltique, à celles de la mer du Nord, aux côtes françaises de la Manche et de rOcéan, aux côtes du Portugal et de l'Espagne, aux côtes françaises de la Méditerranée, à celles de ritalie, de la Sicile , de l'Adriatique , aux côtes russes de la mer Noire, enfin , par le télégraphe transatlantique, jusqu'à Terre-Neuve.
Sous les auspices de l'Association scientifique, l'Observatoire de Paris a publié successivement jusqu'aujourd'hui (fin 1869) cinq atlas exécutés à Taide des données fournies par les observateurs du continent européen et de l'océan Atlantique : 1° l'Atlas des mouvements généraux de l'atmosphère se compose des cartes où les courbes isobarométriques permettent de suivre, pour l'année 1864 et la moitié de 1865, une grande partie des tempêtes tournantes depuis les côtes d'Amérique jusqu'aux régions orientales de l'Europe; 2" les atlas météorologiques de 1865, 1866, 1867 et 1868 renferment aussi des tracés du parcours de tempêtes remarquables, et l'ensemble des faits météorologiques qui concernent les parcours des orages en France. Pour beaucoup de cartes, les documents ont été discutés par les commissions départementales. Ou
y a mis en usage des signes conventionnels qui indiquent les localités visitées par l'orage, différents selon qu*ii a ou non produit des dégâts, les averses de pluie ou de grêle, les chutes de foudre. En traçant des lignes de distance en distance pour les points frappés à la même heure, on a donné le moyen d'évaluer la vitesse de translation.
De l'étude de ces cartes ressortent d'intéressantes considérations que nous résumons d'après M. Marié- Davy : « Les orages, dit-il, ne sont point des phénomènes localisés comme on Tavait admis jusqu'à présent. Ils s'étendent toujours à une partie considérable de la France et quelquefois la traversent dans toute son étendue, sur une ligne plus ou moins large, mais dépassant deux ou trois cents lieues en longueur. Ils exigent, pour se former, une certaine préparation de l'atmosphère, ce qui permet de prévoir leur arrivée. Ils accompagnent constamment les mouvements tournants de l'air; mais, pour provoquer l'orage, ces mouvements ont d'autant moins besoin d'être fortement caractérisés que la température est plus élevée et l'air plus chargé de vapeurs. 5>
a .... Dans les temps ordinaires, l'atmosphère de l'Europe n'est pas assez abondamment fournie en électricité et en vapeur d'eau, les mouvements de l'air dans le sens de la verticale n'y sont pas assez actifs pour que les orages s'y forment d'eux-mêmes comme dans la zone équatoriale ; mais qu'un mouvement tournant s'y produise, l'air des hautes régions se trouve abaissé vers la terre dans l'axe du tourbillon : il y apporte sa basse température d'où résultent les nuages ; il y apporte son électricité que les nuages recueillent. Les éléments de l'orage se trouvent ainsi réunis à un degré