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L'ÉVOLUTION SIDÉRALE

La théorie cosmogonique de Laplace repose sur l'unité des forces mécani(|ues qui régnent sur les globes et en règlent les rapports mutuels; la théorie de l'évolution sidérale, ou, en d'autres termes, la théorie des translbrmations successives des globes, s'appuie sur l'unité de constitution de ceux-ci et sur l'unité des phénomènes géologiques qu'ils présentent.

Toutes choses égales d'ailleurs, les globes se refroidissent d'autant plus vite qu'ils sont plus petits. On peut donc, en les prenant su(u;essivement de volumes moindres, les étudier pour ainsi dire à des Ages diflerents. Pour imiter une célèbre comparaison d'Herschel : de même que, dans une forêt do chênes, on sait, en examinant un certain nombre d'arbres, ce qu'était tel arbre en particulier, et ce qu'il deviendra; de même on peut, par une simple comparaison entre les planètes, connaître les phases qu'un globe a traversées et celles qu'il lui reste à parcourir.

D'ailleurs, l'âge réel des globes se compose à la fois de Tàge absolu, c'est-à-dire du temps écoulé depuis leur séparation primitive du résidu central, et de l'Age relatifs qui dépend surtout du volume et des variations de la constitution chimique, causes évidemment déterminantes de la plus ou moins grande vitesse du refroidissement.

Dans le système solaire, l'astre le plus jeune est évidemment le Soleil. Certes, il ne représente plus exactement la masse primitive, mais c'est le corps sidéral qui s'en rapproche le plus.

Deux caractères surtout distinguent le Soleil des nébuleuses : i'* la séparation plus complète, en zones successives, des vapeurs de densités diverses qu'il renferme; 2** sa luminosité, qui résulte du refroidissement de sa région externe.

H est facile de trouver des étoiles plus jeunes encore que le Soleil, c'est-A-dire moins refroidies que lui. On les reconnaît au moyen du spectroscope, à leur moindre éclat et surtout à la plus forte épaisseur de leur atmosphère absorbante.

L'étude des diverses phases par lesquelles passe une étoile sous Tinfluence du refroidissement est extrêmement intéressante. Parmi ces phases, dedx sont tout \i fait principales: elles sont caractérisées, la première par une luminosité très faible, révélant une constitution toute gazeuse ; cette faiblesse d'éclat est le cas de beaucoup d'étoilee, comme aussi celui des nébuleuses dont nous avons constaté l'état gazeux; la seconde phase est caractérisée, à l'inverse de la première, par la

vivacité de la lumière résultant de la condensation des éléments gaienx périphériques sous la forme d*une poussière solide ou liquide, ce qui est le cas du Sdieil. Cette poussière joue le rôle du carbone, de la chaux ou de la magnésie dans nos flammes artificielles ; elle rayonne énergiquement.

Or, entre ces deux phases s'établit une lutte de longue dorée qui modifie sans cesse i*état de la surface de Tastre. La substance gazeuse du Soleil partit aire, jusqu'aux plus grandes profondeurs, dans un mouvement continu, et les immenaei remous qui y prennent naissance sont vraisemblablement causés par les réactioni diverses et par le triage des matières d'après leurs densités.

Ces mouvements, essentiellement tourbillonnaires, à la manière de ceux qui animent nos cyclones terrestres, précipitent vers les régions centrales certaines portions périphériques déjà condensées en givre irradiant et l'échaufiement qui en résulte, en volatilisant ce givre et en lui faisant perdre son éclat, dcmnent lien n phénomène des taches. Le ciel nous offre au complet toute la série des termes qu'oi peut concevoir entre les étoiles nébuleuses et les astres complètement brillanU; c'est-à-dire dépourvus de taches.

C'est à des réchauffements du genre de ceux qui viennent d'être cités qoe ii rapportent les disparitions d'étoiles signalées bien des fois, ainsi que les intermil tences que présentent d'autres astres ; c'est au contraire par des refroidissements qui s'expliquent les apparitions subites qui ont été constatées.

H. Paye a émis l'idée * que les étoiles disparues, les étoiles variables et le étoiles nouvelles représentent les diverses phases d'un même refroidissement ; idA bien différente, comme on va le voir, de celles que les astronomes des siècles pcé cédents se faisaient de ces phénomènes.

La première étoile périodique dont les variations aient frappé les observateur est 0 de la Baleine (Mira Ceti). Elle fut signalée par Fabricius, l'un des auteurs d la découverte des taches solaires, et Bouillaud essaya d'en donner la théorie. Il sop posa que l'étoile, possédant une face obscure et une face brillante, tournait su elle-même, de façon à nous présenter successivement et périodiquement des disque différemment brillants.

A partir de cette époque le nombre des étoiles variables observées s'accrut rapi dément, et la connaissance plus approfondie des faits fit justice des opinions d Bouillaud : les irrégularités des périodes de Mira Cetiy qui varient de 300 567 jours quand elles ne sont pas, c^mme cela s'est présenté une fois, d'une duré de quatre années, suffirent à en montrer le peu de réalité.

En même temps, ces opinions furent contredites non moins formellement pa l'élude du phénomène des apparitions d'étoiles, phénomène dont on ne put méeoi uailre longtemps le lien avec les variations des astres périodiques, auxquelles le rattachent des transitions insensibles. Du même coup, il fallut renoncer aux idée de Tycho et de Kepler, pour qui les étoiles nouvelles étaient dues à l'agglomératio subite de matière cosmique, jusque-là éparpillée dans l'espace, et à l'idée i Newton, qui voyait dans ces étoiles des soleils éteints, rallumés tout à coup par I choc d'une comète.

La question s'est considérablement simplifiée quand on eut reconnu, à la suil

li Revue dcè court icientifique$, t. 111, p. 617.

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des découvertes de H. Schwnbc, que le Soleil, dont i*ëtude est comparativement si facile, rentre dans la catégorie des étoiles variables. Ses variations sont faibles, il est vrai, mais M. WolfT (de Zurich) a pu néanmoins en déterminer la période, comprise entre 8 et 15 ans.

Nous avons insisté sur ce point que les changements d*éclat du Soleil sont dus, sans aucune espèce de doute, à des particularités de sa constitution physique, et spécialement à la quantité plus ou moins grande de ses taches : cette explication s'applique à toutes les étoiles variables.

De plus, maintenant qu*on a fait du ciel un catalogue si complet, on trouve que les prétendues étoiles nouvelles ne sont que Texaltation d'étoiles Vciriablcs, dont les éclats extrêmes sont très dilTérents Tun de l'autre, et qui atteignent rapidement leur maximum. Ainsi, pour ne citer qu'un seul exemple, l'étoile de Jansscn, qui apparut en 1600 avec un éclat correspondant à la troisième grandeur, et qu'on crut de nouvelle formation, disparut en 1621 après avoir subi des variations successives. Elle reparut en 1655, époque où Cassini la suivit, puis en 1665, d'après les observations d'ilévélius. Elle est maintenant connue comme étoile permanente et portée dans les catalogues sous la lettre P du Cygne.

On a donc le droit de dire que les étoiles nouvelles et les étoiles variables sont (kux formes du même phénomène. Des études récentes ont fait connaître de chacune de ces formes un nombre infini de variétés.

Certaines étoiles variables, comme Algol et P de Céphée, offrent des périodes presque constantes, tandis que d'autres, par exemple U de TÉcu de Sobiesky et le Soleil, sont excessivement irrégulières. La durée des variations va de trois jours à dix ans et plus. L'état maximum est pour les uns considérable (de troisième grandeur par exemple), et très faible pour les autres (de septième, de huitième et même de neuvième grandeur)^ Enfin, la marche des variations est différente suivant l'astre dans lequel on l'étudié : tantôt les oscillations sont si irrégulières qu'on est inhabile à dire quelle loi les régit; tantôt, au contraire, un ou même deux maxima apparaissent avec la plus grande netteté.

D'ailleurs, il ne faut pas croire qu'aucun caractère commun ne relie entre eux les astres périodiques : la rapidité avec laquelle leur éclat augmente et la lenteur avec laquelle il diminue après le maximum, la longue durée du minimum ou de l'invisibilité, comparée à la soudaineté de l'exaltation lumineuse, sont des traits de famille bien évidents.

• Les analogies entre ces deux catégories d'étoiles, dit M. Faye dans le travail auquel nous venons de renvoyer, sont non moins frappantes que les différences ; on passe des unes aux autres par des gradations presque insensibles, en sorte que les faits nombreux que nous possédons aujourd'hui nous conduisent à examiner si les étoiles variables et les étoiles nouvelles ne seraient pas autre chose que les états successifs d'un même phénomène dont le ciel nous offrait à la fois toutes les phases : les étoiles à état constant, les étoiles à faibles variations périodiques, les étoiles à périodes irrégulières, celles qui s'éteignent presque dans leurs miuinia, celles qui cessent de varier pendant un temps plus ou moins long, mais qui reprennent de l'éclat et subissent alors des variations considérables pour s'affaiblir de nouveau pendant un long laps de temps.

oc Ne dirait^n pas que ce sont là les phases successives et de plus en plus dégra-

dées de la yied*une même étoile?' phases qui, pour cette étoile nniqae» embnsie» ndeot des myriades de siècles, mais que le ciel nous oflre simaltanément quand od considère à la fois tous les astres qui y brillent. » Toutefois, il faut bien remarqœr, comme nous Favons dit, que la période du plus grand éclat occupe le milien entre deux périodes relativement sombres, la nébulosité totale et le passage à VéM planétaire.

En môme temps que ces phénomènes se produisent, Tastre se contracte et se rapetisse : nous devons, à ce propos, rappeler que, pour rendre compte de la puissance et des caractères généraux de la végétation à d'anciennes périodes du globe, H. Lecoq suppose que le Soleil était alors bien plus volumineux qu*aujonrd*hai et qu'il répandait bien plus de chaleur. Cette supposition a été reprise par différents auteurs.

A la suite des phases qui viennent d*étre décrites, un phénomène tout différent prend naissance : la croûte condensée, depuis longtemps trop épaisse pour que les taches puissent encore se produire, commence à se refroidir assez au dehors pour s'assombrir peu à peu. Elle finit à la longue par perdre toute lumière propre : de soleil qu'il était par rapport au corps circulant autour de lui, Tastre devient planète pour le centre autour duquel il gravite.

La croûte condensée n*est pas Tépiderme du globe. C'est une cloison ëtabUe entre le noyau interne toujours lumineux et les matières moins denses qui, gazéifiées par une énorme chaleur, forment ce qu'on appelle l'atmosphère. Elle est le point de départ d'une double formation : à l'intérieur elle s'accroît sans cesse en épatssenr, par suite de la solidification successive de ses paities sous-jacentes ; à l'exIériMir» elle reçoit les uns après les autres, dans un ordre déterminé par leur degré de volatilité, les produits condensables que renferme l'océan gazeux. Soumise à des eflbrts variés, elle se rompt souvent, et la matière fluide interne s'échappe par des fissures, en éruptions plus ou moins importantes, dont les chaînes de montagnes et les volcans actuels de la Terre nous oiTrent la représentation bien affaiblie.

La planète Jupiter paraît être à l'époque actuelle le théâtre de phénomènes de ce genre. Pendant les mois d'octobre et de novembre 1869, elle a présenté en effet un spectacle d'une beauté singulière. Les bandes de la planète, plus nombreuses que d'ordinaire, présenUiient une plus grande variété de couleurs que jamais. La bande équatoriale, qui depuis des années était la partie la plus brillante de la planète, fut dépassée en éclat par les bandes du nord et du sud. D'habitude rien ne faisait tache sur le fond lumineux de cette bande ; à de fréquentes reprises on y vit se produire rapparcnee de nuages accumulés. Elle était généralement incolore, brillant d'un gris d'argent ou d'un gris perlé; elle devint d'un jaune profond, ressemblant beaucoup à la couleur de l'or déposé par la pile.

H. John Brownings a qui Ion doit ces importantes observations, a donné de la planète une description complète. « Les pôles sont bleus, écrit-il, et les bandes qui en sont le plus raprochées présentent une teinte foncée de la même couleur. Les bandes brillantes voisines sont d*un blanc perlé, et leur éclat l'emporte sur celui de toute autre partie de l'astre. Les bandes sont d'un rouge de cuivre, elles sont séparées par la ceinture équatoriale, qui est d'un jaune d'or. »

1 . Mouthfy notices of the royal astronowical Society, t. XX\, p. 30, 75, 153 et 330 ; t. XXXI, page 33.

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Ces changements, aujourd'hui remplacés par d'autres, coïncident avec la présence dans Tatmosphère de Jupiter de vapeurs inconnues dans la nôtre; ils eonduisent à faire admettre que la plus grosse des planètes de notre système n*a pas encore perdu la faculté de luire quelque peu par elle-même. On a vu d'ailleurs {nrëoédemment qne Neptune et Uranus ont une lumière propre.

En même temps que la croûte se consolide, elle subit extérieurement la double action d'une très forte chaleur et d'une énorme pression : la pression de l'épaisse atmosphère qui la recouvre. Ainsi les masses qui constituent cette croûte prennentelles des caractères que la fusion simple ne saurait leur donner : le granit et le gneiss sont les représentants lithologiques les plus importants de cette nouvelle période. Pendant la formation de ces roches, l'épaississement ininterrompu de la paroi qui les sépare du foyer incandescent fait que la température externe s'abaisse progressivement. Il vient un moment où l'atmosphère, débarrassée de ses parties les plus denses, laisse déposer, à l'état liquide, les eaux qu'elle retenait eu vapeur. Ainsi se fait la première mer, dont les eaux, saturées de toutes les matières solubles et portées à une température considérable, réalisent des réactions chimiques variées, aux dépens des masses qui constituent le fond de son bassin.

Sans cesse, ce puissant mécanisme fonctionne : les fonds de mer se soulèvent et deviennent des continents; les continents s'affaissent et deviennent des fonds de mer : mouvements alternatifs qui rappellent ceux d'une poitrine gigantesque. Et la formation de nouvelles couches stratifiées, la désagrégation partielle des couches d'ancienne formation, suivent leur cours, toujours déplacé mais ininterrompu.

C*est ainsi que peu à peu les conditions de la surface se modifient, s'adoucissent. IjCS eaux de la mer, qui étaient bouillantes, deviennent tièdes; et l'air, maintenant transparent, laisse arriver jusque dans ses profondeurs la lumière d'un soleil colossal. Un phénomène nouveau se déclare : l'apparition de la vie organique, sous toutes ses formes, depuis les algues élémentaires jusqu'à l'homme. Arrivé à ce point, le globe est parvenu à la plénitude de la vie. Par cela même que la forme planétaire constitue l'état adulte des astres, la réalisation de cette forme est nécessairement suivie de phases dont ce qui se passe «hes les êtres vivants fait pressentir le caractère. Ce sont des phases de déclin, nttacbées par des intermédiaires insensibles à la période d'apogée.

Le refroidissement continuant toujours, la croûte épaissit de la circonférence vers le centre, et en même temps un fait qui s'était produit dès le début, mais qui n'airait eu jusqu'alors que des conséquences négligeables, devient considérable ; ce fait, c*est l'absorption centripète des eaux et de l'atmosphère.

Les eaux pénètrent de proche en proche dans l'épaisseur des roches. Il est de connaissance vulgaire que les pierres qu'on extrait des carrières et des mines sont saturées d'humidité. Il résulte de là que la formation des terrains stratifiés qui, sur certains points, ont des épaisseurs si considérables, a fixé des quantités énormes d*eau auparavant liquides et faisant alors partie de l'océan. Ce que l'on sait moins géoëralement, c'est que les mêmes terrains qui supportent les couches de sédiment et constituent à proprement parler Vasstse du globe, absorbent aussi beaucoup d'eau. Dans un travail spécial S Durocher a déterminé la proportion centésimale d'eau que

1. IMieiin de la Société géologique de France, S« série, t. X, p. 431.

renferment normalement les éléments des roches cristallines, et il a trouvé pour la moyenne le nombre 0,0127.

Or, l'épaisseur de Tassise cristalline allant constamment en augmentant, par suite du refroidissement intérieur, et, d*un autre côté, de nouvelles couches sédimentaires s'ajoutant sans cesse aux précédentes, la quantité d'eau que la croûte peut absorber s^accroît elle-même à chaque instant. L'eau de la surface ainsi aspirée, imprègne donc une épaisseur de plus en plus grande de matériaux solides, et l'océan actuel, si considérable que soit son volume, n'est évidenmient qu*un résidu de la mer, bien plus vaste, des époques primitives.

On peut répéter pour l'air ce qui vient d'être dit pour l'eau : notre atmosphère et notre océan sont simultanément bu9 par la partie solide de notre globe, et Ton peut assurer que plus la Terre vieillira, plus l'océan restreindra ses limites, plus Tatmosphère diminuera d'épaisseur.

Un coup d'oeil jeté sur les planètes qui gravitent avec nous fera ressortir la justesse de cette prédiction.

Relativement à l'époque de leur séparation, les planètes sont d'autant plus âgées qu'elles sont plus distantes du Soleil. Et si en même temps elles sont de volume et de constitutions comparables, leur âge réel croît régulièrement avec leur distauce. C'est ce qui a lieu très nettement pour les quatre planètes dites inférieur» : Mercure, Vénus, la Terre et Mars.

Halgrô les variations, en apparence un peu irrégulières, de leurs densités et qui sont dues au degré inégal de leur développement, on reconnaît aisément que, ramenés aux mêmes conditions, et par exemple au refroidissement total, ces astres |)à««rai(Mit d'autant plus qu'ils sont plus voisins du Soleil. Déjà Mercure, qui est la plus joune dos planètes que nous puissions observer, est en même temps la plus dense ; et In Terre et Mars vont, sous ce rapport, en décroissant régulièrement. Quant h Venus, sa densité, plus faible que celle de notre globe, montre qu'elle est UKuni rulVoidie ({uc lui, ce qui tient, avant tout, à sa position centrale et peut-être aUMiti II 8a constitution cliiniiquc.

liU même fait d'une (évolution progressive ressort nettement de la comparaison di^K atni()splii:rcs des quatre planètes. Mercure est enveloppé d'une couche aériforniu é))uissc et très dense, qui reproduit sans doute dans ses traits essentiels celle f|ui entourait la Terre primitive ; Tatmosphère de Vénus, déjà considérablemen f^pnn^e, est encore très élevée, comme le prouve Tintensité du crépuscule qu'elle produit; et notre enveloppe aérienne transparente et pure sert de transition enti la préct^h^nU! et celle (|ui entoure Mars d'une couche relativement très mince.

On retrouve la même série, quant à la grandeur de la mer dans ces divers astres, au nioinii dans ceux oh la mer peut être observée. Ainsi, comme on l'a déjà dit, tandis (|ue sur la Terre l'eau couvre les trois quarts de la surface du globe, MfirM, qui est bi(;n plus Agé, elle n'en baigne que la moitié.

(wi hauteur comparée des montagnes donnerait sans doute un résultat concordani ni (il le avilit pu être l'objet de mesures suHisamment précises. Sur Mercure, oii rcilmervution est difficile, on n'a étudié (et encore indirectement) qu'une seule montagne qui atteint 20 000 mètres ; et rien ne donne à croire qu'il n'y en ait pas di lieanr/iui) plus hautes. Sur Vénus, qui a été beaucoup mieux observée, on a évalu< à 44 000 mètres l'élévation des plus grands pics. Sur la Terre, les montagnes les plu

plus hautes n*ont pas 9000 nièli'es. Mars continue sans doute cette marche décroissante.

Mais, après ce dernier, la série est brusquement interrompue. Sans parler des astéroïdes, on trouve que Mars et Jupiter difli^rent profondément l'un de Tautre.

C*e5t ici le lieu de rappeler la distinction fuite entre les trois groupes de planètes qu*il convient de distinguer et dont chacun correspond jusqu'à un certain point à l'une des trois enveloppes, gazeuse, liquide et solide, du globe terrestre : le Soleil représentant le noyau encore à Tétat de fluidité ignée que renferme notre planète, Neptune et Uranus répondent à Tatmosphère, Saturne et Jupiter à la masse liquide, et le reste aux roches solides. Nous pouvons chercher comment on doit expliquer cette constitution reroarquajjle du système solaire, et les observations spectrales dont le Soleil a été récemment l'objet viennent vivement éclairer la question.

En effet, dans le Soleil, les vapeurs, malgré la diffusion dont elles sont le siège, et qu'on ne saurait nier, sont rangées, au moins dans la partie visible, suivant un ordre conforme à celui de leurs densités. Les plus légères forment les couches les plus extérieures, et dans le fond des taches on trouve des gaz relativement très lourds. Le même fait s'est nécessairement produit dans la grosse nébuleuse originelle dont le Soleil représente le résidu. De façon que, malgré l'unité qui les relie, les diverses planètes sont formées de matériaux différents provenant de couches diverses de la nébuleuse.

Considérées à ce point de vue, les planètes supérieures corres[)ondent, dans la série astrale, aux êtres atteints d'mrêt de développement dans la série organique. Formées d'éléments qui, par leur nature même, sont incapables de recevoir, par le fait du refroidissement, les caractères que nous ofTrent les matériaux de l'écorce solide du globe, elles ne peuvent traverser (fuc les premières phases de l'évolution sidérale, et s'arrêtent, si Ton nous permet l'expression, à l'état embryonnaire des giobes plus complets.

Donc, la Lune est de tous les globes connus le plus avancé en développement; il s'en faut néanmoins de beaucoup qu'elle représente le dernier terme de l'évolution sidérale.

Sous l'efiet du refroidissement qui la gagne, clic continuera évidemment de se contracter, et la question se pose de savoir si le retrait ainsi produit n'aura pas pour résultat de la fendre et de la réduire en morceaux.

Qr, il est impossible de ne pas reconnaître chez les astres une tendance a la rupture spontanée.

La Terre nous montre de toutes parts des fêlures en sens divers. Ces fêlures, connues sous le nom de failles^ ne sont point dues à des causes locales, mais à une action générale, qui produit dans l'écorce terrestre ces mouvements désignés par filie de Beaumont sous le nom de bossellemenls généraux, action liée à la diminution progressive de volume du noyau interne, au fur et à mesure du refroidissement.

En effet, le premier revêtement solide de notre globe s'est nécessairement concrète sur un sphéroïde fluide beaucoup plus gros que n'est aujourd'hui la Terre, et i moins de supposer, contre toute vraisemblance, que ce revêtement ne repose plus sur la matière fondue interne, il faut admettre qu'au fur et à mesure de la contraction de celle*ci il a cédé, par places, de façon à la suivre dans son mouvement

4m ENaCLOPÉDIE GHIMIQUB.

centripète. 11 n*a pu le faire qu'en se fendillant, et les Toussoirs» ainsi délimités, ont glissé les uns sur les autres, en déterminant du même coup les grandes lignei du relief du sol. En même temps une portion du magma fluide s*ii\jectait dans le fissures et Tenait, en les remplissant, former les filons, les dykes, les typhons» la culots que Ton rencontre de tous côtés.

A Tépoque actuelle, la Terre étant encore fort loin d'être refroidie jnsqa'ai centre, cet ensemble de phénomènes se poursuit dans la profondeur, sans que h surface en éprouve autre chose que des mouvements lents. Mais on jieat m demander si dans la suite les velléités de rupture, toiyours contrariées par im dmentation profonde, ne feront pas place à une rupture véritable.

Si cette supposition est fondée, la Lune étant plus avancée que la Terre en déve loppement, doit manifester cette tendance à la rupture avec une accentuation pin nuut|uée.

Or, justement tout le monde connaît dans la Lune Texistence de ramtcres, c'està-dire de ces crevasses à la fois si étroites et si longues qui, avec une profiModeoi inconnue, traversent, sans s'infléchir, des plaines, des cratères et des mootagnes Ces crevasses n'ont nulle part leurs analogues sur la Terre : elles sont le eommen cément, déjà très caractérisé, de la rupture de l'astre mort.

La Terre aura un jour des rainures, et dans des proportions bien plus considêFBbles

Les petits astéroïdes situés entre les orbites de Mars et de Jupiter, nous montren des eflets encore plus nets de rupture spontanée.

La petitesse de leur masse totale, renchevétrement de leurs orbites, la fom» polyédrique qu'on leur a reconnue, l'absence de toute atmosphère, enfin la grand distance qui les sépare du Soleil, sont autant de raisons pour voir dans ces planètes à peu près comme le voulait Olbers, les fragments séparés d'un astre jadis nniqae

A p^u près, dis- je, car Thypothèse si simple de la rupture spontanée, substitué à ridée peu naturelle d'un choc ou d'une explosion, semble faciliter beaucoup 1; solution de certaines objections qui ont eu raison des idées de l'astronome d Brème. Du nombre serait peut-être cette circonstance que les orbites, extrêmemen enchevêtrées, sont loin de se couper toutes au même point comme cela devrait ètr dans l'hypothèse d'Oibers. Il n'y a en eflet aucune raison de supposer que la désa grégation sponUinée se soit faite tout d'un coup. L'astre, sous l'influence longtemp continuée des actions déjà si fortement empreintes sur la Lune, a pu se réduir d'abord en un très petit nombre de fragments (2, par exemple), inégaux, de den sites diverses, et dont les centres de gravité étaient éloignés du Soleil de quantité diflérentes. Ces fragment ont pu se séparer progressivement, et il suffirait, pou justifier l'hypothèse, de retrouver un seul point d'intersection de leurs orbites.

Les météorites représentent un terme encore bien plus avancé de la dcsagrégatioi spontanée, et leur étude devient ici particulièrement riche en enseignements positifs

A côté du globe lunaire, qui se fend de lui-même, elles nous montrent, en effet les fragments d'un astre déjà brisé. Ne faudrait- il pas être aveugle |K>ur mécon naître la nature du procède par suite duquel elles ont acquis leur caractère frag mentaire ? N' est-il pas aussi évident que peut l'être un fait de cette naturo que le crevasses de la Lune, successivement prolongées et approfondies, finiront pa résoudre l'astre aujourd'hui unique en blocs distincts, et n'ayant d'autre lien qa leur mouvement orbitaire simultané'?

RelatiTement à cette question, je ne m*en dissimule pas rexirême difficulté : je pourrais, la laissant de côté, m*en rapporter au témoignage de H. Paye, constatant» dans le Rapport cite plus haut, que nous « avons vu plusieui's fois dans le ciel 9 le phénomène de désagrégation dont il s*agit. Hais je crois devoir faire remarquer qu'il est légitime de rapprocher ce phénomène de Tégrènement évident des eomètes le long de leurs orbites, d oi!k résultent les étoiles filantes, radicalement difffrentes des météorites, bien que présentant quelque ressemblance avec les bolides dont la chute de celle-ci est précédée. D*ailleurs, Tacquisition d* orbites différentes les unes des autres par les fragments d*un même tout, pourrait peut-être provenir aussi, au moins pour une part, de la circonstance suivante : déjà nous avons vu les failles résulter de la contraction du noyau interne ; mais il est évident que sa solidification complète doit avoir pour conséquence inévitable la production, dans les régions souterraines, d*un immense vide correspondant, sur une échelle cosmique, à la chambre des anciens boulets d*artillerie. En d*autres termes, les fragments séparés par les crevasses finales ne constituent pas, par leur ensemble, une sphère pleine, mais simplement une coque crevassée quoique plus ou moins ipaisse. Dès lors, les glissements vers le centre de gravité commun de tout le système peuvent déterminer entre ses parties des déplacements plus ou moins grands et, une fois la séparation commencée, elle doit tendre à s'accentuer de plus en plus.

Quoi qu'il en soit et quelles que puissent être les particularités intimes de ces transformations, nous voyons les météorites venir tout naturellement compléter cette série d*états sidéraux représentés par le Soleil, Vénus, la Terre, Mars, la Lune, et les planètes télescopiques.

Pour qui admet les faits précédents, la chute des météorites, loin d*étre un accilient, représente le mécanisme même par lequel la matière des globes morts retourne à ceux qui continuent de vivre et complète par un dernier chapitre la merleilleuse histoire dont Laplace n*a raconté que les débuts.

Il est possible encore qu*elle ait un autre rôle et que, fournissant à Tesprit l'exemple le plus grandiose qu'il puisse concevoir d'harmonies naturelles, des pluies de météorites, poussière de cadavre, en tombant sur le Soleil, restituent à chaque instant, sous forme mécanique, à notre astre central, la colossale quantité d'énergia calorifique et lumineuse qu'il irradie sans cesse vers tous les points de l'espace et qui est la vie même du monde.

LES CONDITIONS ASTRONOMIQUES DU PHÉNOMÈNE MrrÉORITIQUE

Diitribution topographique de» météorites d'une même chute. — Lorsque les pierres d'une même chute sont nombreuses, comme il est arrivé à l'Aigle, I Orgueil, à Knyahinya, à Pultusk, à Hessie, etc., la distribution des pierres sur le terrain tenant avant tout à l'allure des masses dans l'Espace cosmique, est fort intéressante à étudier.

1. Il me sera permis de noter en passant que les idées générales dont on Tient de lire un rétamé et qui ont été soumises i l'Académie des sciences ont été adoptées par beaucoup de personnes ; parfois m£me par des auteurs qui let ont exposées à nouveau au public en négligeant de citer la source où ils les avaient puisées. Par exemple un volume intituli^ le Commencement et la fin des mondes selon la tcience, par Henry Vivarès, ancien élève de l'École polytechnique (1878).

491 ENCVCLOPfiOIE CHlIiQDE.

Onnii louR let cas, les pierres sont dUbiboées sur nne ellipse allongée répond h la pn^ection de la trajestoîre et dam laquelle elles mil pour trîto par ordre de grossear. Los pin* voluminenses sont k an bout, It Ttutro, et le« moyenim eotre cet deut sitoatioas.

h||. lin, — lilvirihution

pivrivs niÉtroriliquet de l'Aigle. D'ipril

jbi jihrK, il pornll, d'après les documenis réunis jusqu'ici, que lef irioi'iK* Miiit lntijuum situées â l'arrière de l'ellipse. Alit«i, Itiiil. dnnH son Kapport sur In diute de l'Aigle (Orne)', après

hf. ril., |i. 4^1 'f *n\r.

HËTÉORITES.

rÏTé il II conclusion que le bolide progressait du S.-E. au N.-O., aveu une déclinuuD d'annroii 2S degrés, conatato que les plus grosses pierres sont tombées à l'extrânité sud-est du grand axe de l'ellipse, lei plus petites à l'autre extrémité et les moyennes entre ces deux points. Les plus grosses seraient donc tombées les premières :

. t L'amadiBsemenl, dit-il, dans lequel ces masses ont été lancées (fig. 1 1 6} a pour limites le château de Footenil, le btmeaii de la Vassolerie et le* villages de Sainl-

7 î jj K ment Fig. 117. — Dialribution tur le terrain dei mjtâorilei de Pultutk.

Piore-de-Sommaire, Glass, Gouvain, Gouville et Saial-Hichel-de-Sommaire. C'est une étendue elliptique d'environ deux lieues et demie de long sur i peu pr&s une de large, U plus grande dimension étant dirigée du sud-est au nord-ouest.

C Les plus grosses pierres sont tombées k l'extrémité sud-esl du grand axe de l'ellipse, du cdté de Fontenil et de la Vassolerie; les plus petites sont tombées à l'autre extrémité, et les moyennes, entre ces deux points.... les plus grosses paralbnient être tombées les premières. »

a pK Iw «clals 4e b néiéohle de Paltiuk (Gg. 117) est de . Elu nnuBenee «a fillage d'ÛbryUe (7 kilomètret de Pultosk,

. b dûtance rebtÎTe de> pierrei tombées en ■ ÇMxt ie b ririère Narew était de SO i 50 inèti» enTiroa. ; fK'«a loyait autour des pierre* aur b gbce une pondre B par Teaa.

■ tombées augmentait dans b direction N.-E. Les piorra 1 100 grammes en moyenDe, ■ Ciolkow 300 gnmmei, à : tUN 1 4lW Eiammes, à Siele de 1,2 kilogramme, 1 1,6 kilf^ramme. re '. '-?• --^iéienle b distribotion topograpiiiqiie des pierres tombéei le "' 1 AfOD-Hesale, en Suède; et la figure 119, d'après H. Hinrichs*. h ' SKitet d'Iowa Township (12 février 1875). e genre oat été observés i Bulsura, daus les Iodes. ' K M^ -mtme à propos de b chute de Kofahinja, en Hongrie, Haidinger anÎTe

Ifb <t\*' — DwrilMtMa sur le temin des mftéoi'ilei d'Ioni Townibip. — D'iprèi H. Hinrichs.

ai uim oumHUMMi iMle semblable : là encore les plus grosses pierres sont tombées ■ïJ':u»!ià»i Ju Mlipse dans laquelle les fragments sont compris.

IfMr^lntàiM mtMSMelle de* chutes de météoritei. — On s'est demandé si les iIdUk. dw >i)*i^r^=^ t-hutes sont liées d'une manière quelconque avec les diiTérentes idMHtP- é) l'aattM-. ot quelques niétéorilologistes on! fondé des théories sur b VM(yi«l)i)ltH 'Ju u>.>tiibrt' des cliules selon les mois.

^tk wwlwr oitT d'une manière absolue que le pbénomène qui nous occupe ne iMWtxmto*'* p^^ utli'rtt'urenient des maiiima et des minima annoeU, il faut cepen- ,iuif, vvu^vMir que. s'ils eiislent, ceux-ci sont bien peu sensibles. C'est ce dont nn :MOU«*iW»'*« I**"" '" '"bleau suivant, qui comprend, réparties entre les 12 mois, Vt^ cJiuti" 'Iv HiôiiViiilos repi-ésentées au Muséum : l ft^if S.-W*.* wolUg. ipptembre 1875 (New-ïorli).

Fig. 11g. — Dïalribution lopagrBphic|ue des méléoriles Ae lleiilc. D'uprùs H. Nordenikiôld.

Janvier :

Belaja Zerkwa, 1796 Renazzo, 1824 LoBbau, 1835 Mascombes, 1835 Kaee, 1838 Louans, 1845 Nellore, 1852 Khelree, 1857 Pultusk, 1868 Bubbuowly, 1805 Hossle, 1869 Nedagolla, 1870 Cyntbiana, 1877 Warrenton, 1877 La Bécasse, 1879

Avril :

L'Aigle, 1803 HighPossil, 1804 Parme, 1808 Toulouse, 1812 Ërxleben, 1812 Akburpur, 1858 Kirghis, 1840 Milena, 1842 Killcter, 1844 Gutersioh, 1851 Nerft, 1854 Heredia, 1857 Kaba, 1857 Udipi, 1866

Février :

Eichtadt, 1785 Bacbmut, 1814 Doralla, 1815 Nanjemoy, 1825 Mhow, 1827 Liitle Piney, 1839 lowa, 1847 Girgcnti, 1853 Parnallee, 1857 Alexandrie, 1860 Casale, 1868 lowa Township, 1875 Mocs, 1882

Mai:

Agram, 1751

Staniiern, 1808

Paulograd, 1826

Drak Creek, 1877

Forsyth, 1829

Vouillé, 1831

Monte Milone, 1846

Castine, 1848

Bremei'wôrdc, 1855

Moustel Pank, 1855

Igast, 1855

Kakova, 1858

New Concord, 1860

Butsura, 1861

Ganellas, 1861 Orgueil, 1857 Gopaipur, 1865 Saint-Mesmin, 1866 Mouza Koorna, 1 865 Khetree, 1867 Slavetic, 1868 Kernouve, 1869 Krahenberg, 1869 Searsnionl, 1871 Nash C°, 1874 Virba, 1874 Koursk, 1874 Hungen,7 187 Estherville, 1879

Mars :

Salles, 1803 Doroninsk, 1805 Alais, 1806 Timochin, 1807 Kuleschowka, 1811 Zaborzika, 1818 Grûneberg, 1841 Bishopville, 1845 Seegowlee, 1853.

StawfopoU 1857 Harrison, 1859 Rutiam, 1863 Glaywater, 1865 Daniel Kuill, 1868 Sithatali, 1875 Szadany, 1875 Middiesborough, 1881

Juin :

Vérone, 1668

Siène, 1794

Seres, 1818

Jonfac, 1819.

Juvinas, 1821

Angers, 1822

Richmoud, 1828

Ghandakapur, 1838

Uden, 1840

Ghâleau-Renard, 1841

Aumières, 1842

Ulrecht, 1845

Saint-Denis, 1855

Grosnjà, 1861 Bushof, 1863 Dolgowala, 1864 Knyahinya, 1866 Tadjéra, Sélif, 1867 Pnompehn, 1868 Tennasilm, 1872 Stalldalen, 1876 Yavilovka, 1876

NÊTÊORITES.

Jaillet :

Tabor, 1755 Aiboreto, 1766 Barbotan, 1790 Berlanguillas, 1811 LixDa, 1820 Gross Dima, 1857 Hontlivault, 1858 Cereseto, 1840 Le Teilleul. 1845 Barea, 1842 Rraanau, 1847 Dhunnsalla, 1860 OmaDs, 1868 Authon, 1872 Tiechilz, 1878

Août:

Hooresfort, 1810 Chanlonnay, 1812 Sheigotly, 1825 Slobodka, 1818 Agra, 1822 Aldworth, 1855 Dickson, 1855 Petersbiirgli, 1855 Ovicdo, 1856 Shytal, 1865 Piliitsfer, 1865 Aumale, 1864 Murcio, 1870 Foid Chair. 1876

Septembre :

Luponnas, 1755 Lucë, 1768 Lissa, 1808 Limerick, 1815 Agen, 1814 Epinal, 1822 Hoiiolulu, 1825 Mczo Hadaras, 1852 Muddoor, 1865 Sau^uis. 1868 Tjabc, 186)

Octolire :

Charkow, 1787 Api, 1805 Chassigny, 1815 PoliU, 1819 Zebrak, 1826 Bialystock, 1827 CoIdBokkeweid, 1858 Favars, 1844 Cabarras, 1849 Ohaba, 1857 Les Ormes, 1857 Klein Menow, 1862 Lodran, 1868 Orvinio, 1872 Soko Banja, 1872

Novembre :

Ensisheim, 1492 Nauerskirchcn, 1768 Sigena, 1775 Charsonviilo, 1810 Futtehpore, 1822 Riansko, 1855 Macao, 1856 Shalka, 1850 Trenzano, 1850 Nulles, 1851 Séville, 1862 DanviUc, 1865 Kerilis, 1874 Kakovka, 1878 rirossiiebenthnl, 1881

Dércmbre :

Woldcoltage, 1795 Bénarès, 1798 Mnssing, 1805 Weston, 1807 Luotalaks, 1815 Pegu, 1827 Ski, 1848 Busti, 1852 Borkut, 1852 Murcie, 1858 Montréjeau, 1858 Tourinnes, 1865 Manbboom, 1865 Canga:) de Onis, 1868 Motecka Nugla, 1868 Franckfort, 1868 Bandong, 1871 Hochester, 1876

Ce tableau donne les nombres mensuels suivants :

Janvier 15

Février 15

Mai*s • 17

Avril 14

Mai 29

Juin 25

m SIIGTCLOPÊDIE GHDUQDB.

Juillet 15

Août 14

Septembre 11

Octobre 15

Novembre 15

Décembre 18

U est, ooDime on rat, bien ditBeile de tirer aucune conclusion un peu probable de œs nombres ; ik indqneraient pent-éire un maximum en mai et juin et un minimum en septembre.

Mais» atant de spéculer sur des résultats aussi vagues, il importe de remarquer 4|tte la position de ces maxima et de ces minima varie avec le nombre d'observations que Ton oûiisid^. Ainsi. Arsgo, groupant 206 observations qui ne sont peut-être pas toutes parfaitement authentiques, a trouve les nombres mensuels suivants* :

Janvier 14

Février 10

Mars 28

Avril 15

Mai 20

Juin 18

Juillet 25

Août 16

Septembre 17

Octobre 18

Novembre 20

Décembre 13

^ |\mi w^ rt^tniuve plus du tout les mêmes rapports.

^U4lV (Htiiolusion est, en définitive, qu*à supposer qu'une loi de périodicité r^isse - W i^H^iHMiuNiie» le nombre actuel des observations bien constatées est trop faible kH^Hv la hiro découvrir.

IHêlnbifUf»^ horaire (les chute». — Certaines hypothèses relatives à Torigineiâ d«M iiMMi^nriluH sont fondées sur Theure à laquelle elles nous arrivent. Il est donc^ hul iiiK^ruMSant de faire à ce sujet un relevé aussi complet que possible. Haidingera ^VmI <NWMi|)é de cette question '.

|,(ipi nîNiillatK auxquels il est arrivé sont fort peu certains encore, vu le petir noiiiliro iU^n chiiles catalogues; toutefois nous les résumons dans le tableau suivant. i|iil itsmlt ifiontnT que le nombre des météorites est plus grand le jour que la nuit.. lifiiHthiMiofi qui intéresse les hypothèses auxquelles nous venons de faire allusion mih)* dont ofi hVsI peut-être trop hâté de faire usage.

f. Atlrontmtiti populaire^ t. lY, p. !225.

V tu** Ttiçriieittin der Meteoritenfalle verglichen; dans Stitsongsberichte der Kaiieriiclien ftfifftiH 'If^f WiRM^ndiarirn lu Wien, f. LY, p. 151 et 135, 1867. — Quételtet a publié auati (rirfiMtflA tfiMrmMnt intitulé : Sur Cheure de$ chuUt ttaérolilheê.

Voici les nombres publiés par Haidinger :

De minuit à 1 heure zëro

de i»» à 2 i

de S»» à 5 4

de 3»» à 4 i

de 4»» à 5 4

de 5»» à 6 1

de 6»» à 7 li

de 7»» à 8 7

de 8»» à 9 2

de 9»»à JO 5

de 10* à il 5

de il à midi 12

De midi h 1 lieuro 8

de 1* îi 2 9

de 2»» à 5 7

de minuit à midi : 53.

de 3»» à 4 . .

de 4»» à 5 . . .

de 9 ^ 10 . . .

de 10 à 11. . .

de 11 à minuit.

de midi à minuit : 73.

Les météorites paraissent donc être beaucoup plus fréquentes pendant le jour que pendant la nuit.

Ce même fait avait déjà fiié Tattention de quelques observateurs et en particulier celle de M. Alexandre Herschel, qui en 1868 écrivait dans un travail sur les étoiles filantes : « Il semble que sur 72 météorites dont la chute nous est entièrement connue, le plus grand nombre («58) sont tombées après midiy de midi à 9 heures du soir i^ On voit toutefois que le fait n*a plus lieu dans les mêmes limites pour la table ci-dessus, qui donnerait 66 météorites de midi à 9 heures, c*est-à-dire à peine la moitié du nombre total, 126, de chutes observées.

Dès qu'on entre dans lëtude des météorites, la question des rapports qu'elles présentent avec les étoiles filantes s'offre comme d'elle-même à l'esprit; et il y a en eflet lieu de se demander si ces deux ordres de phénomènes n*ont pas une origine commune.

Les étoiles filantes sont reliées aux météorites par les bolides muets et par les bolides bruyants.

1. Sur le$ étoile» filanteê de r année 4865-66 et la probablité d*une origine eoêmtque de leur 9xi*tence, résumé d'une conférence faile à Royal Institution le 25 mai 1866. — Le$ Mondei, S* série, t. XII, p. 200.

430 EKGYCLOPiDIE GfllHIQUE.

Dans beiuooup de droonsUoces en effet on Toit airifer dans l'atnioapiière des globes de fea tuai pareib à ceux qui précèdent la chute des mAdorites, mais qui s'éteignent sans explosion on bien dont Texplosion bruyante n*est suivie d*aucane chute de matière solide. De même, certaines étoiles filantes se séparent en écUts annt do s*éteindre, mais toujours sans bruit. Enfin, dans les grandes plaies d'étoiles filantes on voit toujours beaucoup de bolides sillonner le ciel.

On a cherché à plusieurs reprises à rendre compte des relations existant entre les deux phénomènes. Par exemple, on a mis en avant l'hypothèse suivante :

La matière cosmique qui, par hypothèse, donne naissance à la fois aax étoiles filantes, avec bolides non bruyants et aux météorites, est répartie autour du Soleil, do façon que chaque couche concentrique offre partout la même densité. Les couches les plus voisines de l'astre central sont formées de masses pesantes, les oouclics les plus éloignées résultent de la réunion de bulles presque impondérables. Les premières constituent les météorites ; les auti*es sont les étoiles filantes. Il se trouve que Torbite de la Terre est à peu près sur la jonction de la sphère des météorites et de la sphère des éloih^s filantes, de façon qu'elle reçoit les unes d'un cdtô de sa surface et les autres du côté opposé. De plus, on voit que le maximum des météorites doit avoir lieu pendant le jour et le maximum des étoiles filantes pendant la nuit, ce qui est assez conforme à l'observation.

Cette hyptithèse est assez ingénieuse, mais elle est absolument gratuite, et entraîne un certain nombre de difficultés'.

Bien plus récemment ^ M. William Huggiiis a de nouveau développé des oonsidt^rations tirées des résultats de l'analyse spectrale, en faveur de la oommunaulé d'origine et de constitution des étoiles filantes et des météorites. Mais son mémoire se borne à confirmer une fois de plus le grand principe de l'unité chimique de tout lo ayHlème solaire, et nous n'avons pas à nous y arrêter davantage.

ils qui parait bien certain, c'est qu'il existe de très grandes différences dans les loin suivioM par les deux phénomènes qui nous occupent. 11 semble démontré que li^ii phiifM d'étoiles (liantes sont soumises à une certaine périodicité, tandis qu'on ne voit rien d'analogue pour les météorites. Rclativemcnt'à celles-ci, on a cru recon- UHttrf^ phiflieurs maxima annuels, mais ces maxima, d'ailleurs peu sensibles, ne (MMTDNpondent pas du tout aux maxima des étoiles filantes.

Quoi qu'il en soit, un certain nombre de savants sont portés à rapprocher les deux phi^fioniAncs surtout au point de vue de l'origine, et c*est à ce titre que nous devons dirit M «pielques mots d'une très belle hy[Jothèse indiquée par Chladni dès 1819', ^lré^'^nAi^ par M. Schiaparelli^ et développée par Le Verrier'.

La périodicité des grandes pluies d'étoiles filantes a conduit à admettre que i'^|l(tfi*ci ri)nstituent des sortes d'anneaux que l'orbite de la Terre coupe en certains points dét^Tminés ; l'étude du phénomène a montré que si les choses sont i*éelleiiwui conformes à cette hypothèse, la matière cosmique rendue visible par les

i , l,')iy|Mi(tiAfM* flonl il it'ngit est clévclopi>éc dans le Volume que M. le docteur Plilpaon fl publié »îil \t4 lNiii(tri« \îi» «étoiles lilniites, clc. y. Aunnh» tli' rhimir. ride phliuique^ â* série, t. XXYII, pi iOHi 1882. '.*t. I.iu. Nt.

i f.ttmfttfi» ttindu»t rlc I. iXVif \i* 508. ., IhuI , l. I.XIV. p. 94.

plaies d*afltéroides de novembre se meut autour de la Terre dans le sens inverse du mouvement des planètes, qui marchent, comme on sait, d'Occident en Orient. Cette matière est donc douée d'un mouvement rétrograde.

Or les corps célestes de notre système étant tous animés de mouvements directs, il y a lieu de penser que la substance des étoiles filantes de novembre est étrangère à ce système et est venue du dehors. Ainsi, nous connaissons les comètes dont le mouvement est rétrograde, mais nous savons qu'elles viennent de points excessivement éloignés dans l'espace.

Ceci posé. Le Verrier est allé plus loin, et non content d'avoir reconnu que Tessaim de matière cosmique est entré dans le système solaire après la constitution de celui-ci, il cherche encore à préciser l'époque de son introduction.

Voici par quels ingénieux raisonnements l'auteur a poursuivi la solution de cette belle question.

Aux diverses époques des apparitions constatées d'étoiles filantes, In Terre n'était pas rigoureusement à la même distance du Soleil, le rayon de l'orbite terrestre éprouvait des variations, notamment en raison de l'action de la Lune et du mouvement progressif du périhélie de la Terre. 11 en résulte que l'essaim de matière cosmique est fort large ; et comme ses particules sont indépendantes les unes des aatrcs, il n'est pas douteux que leurs diverses vitesses ne tendent à le répandre peu à peu le long de l'anneau dont elles n'occupent encore qu'un nombre très limité.de degrés. Pour peu donc que le phénomène fût ancien, cosmiquement parlant, l'essaim se serait complètement ré])andu en un anneau continu, et s'il n'en est pas ainsi, il faut que le travail de la dislocation n'ait commencé qu'il y a peu de siècles.

De plus, l'essaim n'a pu être introduit dans le système solaire et jeté dans son orbite actuelle que par une cause perturbatrice énergique, ainsi que cela a eu lieu pour les comètes périodi({ues, notamment pour celle de 1770. D'un autre côté, les comètes ainsi troublées jusqu'au point d'acquérir une petite distance périhélie, retournent nécessairement jusqu'à l'astre dont elles ont subi l'action; ainsi la comète que nous venons de citer est retournée jnsqu'ù Jupiter.

Sous tous ces rapports on ne peut qu'être frappé de cette circonstance que l'essaim de novembre s'étend jusqu'à (Jranus et fort peu au delà, d'autant plus que ces orbites se coupent, à fort peu près, en un point situé, après le passage de l'essaim, à son aphélie et au-dessus du plan de l'écliptique. Nous sommes donc engagés à rechercher si Uranus et l'eseaim ont pu se trouver simultanément en ce point, c'està-dire dans le voisinage du nœud de l'orbite. Et, sans entrer dans le détail de la démons* tration de Le Verrier, nous dirons, d'après lui, que rien de pareil n'a pu avoir lieu avant Tan 126 de notre ère, et qu'au commencement de cette année l'essaim a dû s'approcher d'Uranus. C'est donc de cette époque que daterait le phénomène de novembre.

En admettant cette manière de voir, il faut donc reconnaître en résumé que Tessaim des astéroïdes de novembre nous est venu des profondeurs de Tespace et que dans l'intervalle de chacune des périodes il retourne vers les planètes supé* rieures. Gela posé, M. Le Verrier montre par le calcul que, la période des retours étant de 55 { ans, comme on l'a déterminé à l'aide des observations, et la distance périhélie étant de 0,989 du rayon de l'orbite terrestre, on trouve pour les éléments de l'orbite des astéroïdes de novembre :

m ENCTCIOPÉDIE GHIIIQDE.

Darée de la rëfolutîon SS^^^SS

Demi grand axe 10 34

Excentricité 0 904

Distance périhélie 0 984

Inclinaison de l'orbite 14* M'

Longitude du nœud descendant 51 i8

Sens du mouvement rétrograde

Or, comme l'a reconnu M. PetersS ces éléments sont très voisins de cens de la première comète de 1866 découverte à Marseille par M. Tempel. En efiett les éléments de cette comète sont :

Durée de la révolution 33"",18

Demi grand axe 10 32

Excentricité 0 905

Distance périhélie 0 977

Inclinaison de l'orbite 17* 18'

Longitude du nœud descendant 51 S6

Sens du mouvement rétrograde

Comme on voit, la ressemblance est frappante. Faut-il en conclure à TidentitéT C'est l'avis de plusieurs astronomes des plus autorisés, tels que MM. Le Verrier, Schiaparelli, Peters, John Herschel, etc.

D'ailleurs, l'analogie que nous venons de signaler n'est pas unique. Dans le mémoire cité plus haut, M. Scbiaparelli montre que l'essaim d'astéroïdes du mois d'août, dont la période est de 108 ans, est de même identique à la grande eomète de 1862. H est très probable qu'on retrouvera des faits de même genre pour les autres essaims d'étoiles filantes.

Tout le monde sera d'accord pour reconnaître Timmense importance de ces faits, n en résulte, relativement à l'origine des étoiles filantes, une très grande simplification, puisque la question, au lieu de constituer un problème spécial, se confond dans celle qui a trait à l'origine des comètes.

Malheureusement pour les météorites, l'élément principal d'identification manqne absolument; le phénomène ne laissant, au moins jusqu'ici, pressentir aucune périodicité dans ses manifestations.

Pour de savants physiciens, parmi lesquels il faut citer le docteur HayerS M. Waterston et M. William Thomson, la lumière zodiacale est due à un courant très serré de météorites, décrivant autour du Soleil soit une trajectoire rectiligne, soit une hélice qui s'arrête au moment de leur chute à la surface de l'astre.

Cette manière de voir, qui a été défendue avec le plus grand talent, ne parait pas toutefois devoir être adoptée sans une discussion complète.

Comme le fait très justement remarquer un de nos plus savants astronomes, M. Paye, on a négligé de soumettre cette ingénieuse hypothèse au contrôle de nos sens. Or, les données de l'observation paraissent en contradiction avec les exi-

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