‹ Les Méthodes de Culture du Bacille de Koch appliquées au Diagnostic de la TuberculoseChapitre 35 sur 41 · PUR TE · texte numérisé non relu

PUR TE

Les milieux étaient examinés régulièrement, un premier râclage était opéré le sixième ou le huitième jour, puis répété de deux en deux jours en opérant chaque fois sur un tube différent pour éviter de souiller les cultures par des ouvertures trop fréquentes. Nous n’avons pas cru devoir faire, pour chaque série de cinq tubes, plus de deux à trois râclages. Deux tubes au moins pouvaient ainsi donner des colonies macroscopiques sans avoir été touchés, le nombre des colonies visibles présentait alors un intérêt véritable quant à la richesse en bacilles des produits ensemencés.

Pour les autres tubes, les râclages ayant été réalisés, un repiquage, le nombre des colonies (quand il y en avait), toujours très élevé, ne présentait plus aucune signification.

Nous avons préparé nous-même les milieux dont nous nous sommes servis. Il y a peu à dire sur leur prépara. tion. Les quelques points qui peuvent être précisés à ce sujet sont les suivants: le lait doit être frais, non écrèmé, et non bouilli. Il y a intérêt à préparer à l’avance une solution d’asparagine dans de l’eau. Ce produit n’est, en effet, pas extrêmement soluble et son incorporation à la purée de lait et de fécule se réalise ainsi beaucoup mieux. I] convient d’agiter le flacon placé au bain-marie le plus souvent possible, surtout pendant le premier quart d’heure, où l’agitation doit être, pour ainsi dire, ininterrompue.

Les œufs, avant d’être cassés, seront soigneusement brossés à l’eau savonneuse, puis immergés dans un bain d’aleool pendant 1/4 d'heure. L'opérateur prendra également soin de se passer les mains à l’alcool. Après avoir brisé la coque, les œufs sont versés dans une bouteille de limonade stérile, garnie de billes de verre pour faire un mélange homogène entre le blane et le jaune. Nous croyous devoir recommander cette pratique qui permet de faire le mélange à l’abri de l'air, d'éviter ainsi de nombreuses souillures et le mélange obtenu est extrêmement homogène, d’où obtention de milieux lisses sans

aucune irrégularité de forme ou de composition. Une seule difficulté est l'introduction des œufs dans les bouteilles, il faut utiliser un entonnoir stérile à tige large et écraser les jaunes dans l’entonnoir avec un agitateur stérile.

Pour toutes les manipulations qui nécessitent un passage à l’air, ouverture des œufs, filtrage de l’omelette sur gaze, 1l est prudent d’opérer entre deux becs Bunsen allumés ; le passage dans le coagulateur ne réalisant, en effet, qu’une stérilisation très relative des milieux et il est toujours décevant de voir des milieux fraîchement préparés se couvrir de moisissures qui trouvent là un terrain d'élection.

Après coagulation, on sera quelquefois surpris de voir que la teinte finale peut être assez variable, suivant que les milieux-sont plus ou moins acides, la teinte varie de vert franc au jaune à peine teinté de vert. Ce n’est là qu’un détail sans trop grande importance, il ne nous a pas paru que les cultures présentent, dans les divers cas, des différences sensibles, D'autre part, la correction du pH de ces milieux serait assez difficile à réaliser.

Nous croyons utile de recommander de râcler quelques tubes après avoir contrôlé la stérilité par le passage à l’étuve. Les bacilles acido-alcoolo-résistants ne sont pas si rares et leur présence lors du râclage ultérieur pourrait donner lieu à la rencontre de ces micro-colonies non repiquables ; ce qui ne représente pas une cause d’erreur pour un observateur averti et prudent, mais au sujet desquelles l’esprit doit toujours être mis en garde.

OBSERVATION I PE (Inédite, due à M. le Professeur JEANBPAU)

Tuberculose urinaire avec pyurie bacillaire

Ensemencement positif Le neuvième jour

Gir… Augustin, 38 ans, entre dans le service d’Urologie le 26 janvier 1937, pour tuberculose rénale contrôlée au Val-de-Grâce.

À l'examen: Urines purulentes avec bacilles de Koch. Les examens pratiqués les jours suivants permettent de conclure à une tuberculose rénale gauche.

Néphrectomie par M. Jeanbrau, le 12 février 1937

Examen de la pièce: Tuberculose uleéro-caséeuse qui a détruit le rein presque complètement.

Le 6 février 1937, nous ensemencons sur milieu de Pétragnani à l’asparagine le eulot de centrifugation de cette urine, préalablement traité par l’aide sulfurique à 15 % et neutralisé à la soude en présence de tournesol. Un examen direct préalable avait montré la présence de pus, et de quelques baeilles de Koch.

Le 14 février, sans avoir pratiqué de râclage du milieu, on voit apparaître à sa surface de nombreuses petites colonies punetiformes, sèches et blanches. L'’examen direct, après coloration de ces colonies, montre qu’il s’agit bien de bacilles de Koch typiques. Par la suite, les colonies. se développent abondamment et recouvrent toute la surface du milieu.

Conclusion. — Résultats macroscopiquement Y ‘sibles le neuvième jour.

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OBSERvATION II DE A (Inédite, recueillie dans le service de M. le Professeur JRANBRAU)

Tuberculose urinaire avec pyurie bacillaire

Ensemencement positif le onzième jour À

B... Em., 32 ans, entre le 17 février 1937, à la Clinique urologique de Montpellier pour eystite spontanée remontant à trois mois.

A l’examen: 1° Urines troubles purulentes, contenant des bacilles de Koch;

2° Les examens urologiques permettent de conclure à une tuberculose rénale gauche avec altération considérable du rein qui concentre l’urée à 4 gr. 50 pour 1000, tandis que le rein droit la concentre à 29 gr. 20 p. 1000.

Néphrectomie gauche par E. True, le 12 mars 1937. L'examen de la pièce montre l’existence de trois caver. nes dans le rein, chacune du volume d’une grosse noix verte.

Le 18 février 1937, nous ensemençons sur milieu de Pétragnani à l’asparagine le culot de centrifugation de cette urine, préalablement traité par l’acide sulfurique à 15 % et neutralisé à la soude en présence de tour: nesol.

Le 26 février, recherche des micro-ceultures par râclage du milieu: présence de quelques éléments acidoalcoolo-résistants.

Le 1” mars, apparition des premières colonies nettement visibles.

Conclusion. — Présence de micro-colonies dès le sixiè-

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me jour. Résultats macroscopiquement visibles le onzième jour.

OBsERvVATION JIIL (Inédite,

recueillie dans le service de M. le Professeur JEANBRAU)

Tuberculose urinaire

confirmée par l’ensemencement et l’inoculation

B... Jules, 37 ans, entre le 19 avril 1937 à la (Clinique urologique de Montpellier pour cvstite spontanée.

À l'examen: 1° Urines purulentes à bacilles de Koch; 2° Analyse d achats: bacilles de Kocl 2° Analvse des crachats: bacilles de Koch.

Un ensemencement antérieur de cette urine sur bouillon gélosé ayant montré qu'il n’y avait pas de germes d'infection secondaire, à côté des bacilles de Koch, nettement visibles à l’examen direct, le culot de centrifugation est directement ensemencé sur mieu de Pétragnani à l’asparagine, le 20 avril 1937.

Le 5 mai, apparition de colonies à la surface du milieu.

Une inoculation par voie intra-ganglionnaire avant été réalisée au même moment que l’ensemencement, l’animal est sacrifié dès l’apparition des colonies.

On note: très gros ganglion cervical avec caséum,

le foie et la rate hypertrophiés présentent de nombreuses lésions tuberculeuses.

Conclusion. — Résultats concordants pour la culture et le cobave le quatorzième jour.

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OBSERVATION IV (Inédite, due à M. le Professeur JEANBRAU)

Tuberculose urinaire sans bacillurie Ensemencement positif

B... Pierre, 28 ans, entre à la Clinique urologique de Montpellier le 9 février 1937, pour cystite spontanée.

A l’examen: Urines purulentes sans microbes à l’examen direct. Epididymite gauche avant les caractères d’une localisation tuberculeuse. :

Le 12 février 1937, nous ensemencons sur milieu de Pétragnani à l’asparagine le culot de centrifugation de

Le) le D cette urine préalablement traité par l’acide sulfurique à 15 % et neutralisé ensuite à la soude en présence de tournesol.

Une partie du produit traité est examinée après coloration de Ziehl et il n’est pas possible de mettre en évidence des bacilles de Koch, même après un examen prolongé.

Le 20 février, la recherche des micro-cultures par râclage des milieux permet de voir quelques bacilles acido-alcoolo- résistants groupés par petits amas, et d” aspect typique.

Les premières colonies macroscopiquement visibles apparaissent le 26 février.

Un deuxième ensemencement le 18 mai après examen direct à nouveau négatif est suivi de micro-colonies le 27 et de colonies macroscopiquement visibles le 31 mar.

Une inoculation par voie intra-ganglionnaire selon la technique de Ninni est pratiquée simultanément au deuxième ensemencement. L'animal, sacrifié le 16 juin, en bonne santé apparente, présente un ganglion cervical légèrement hypertrophié avec caséum et quelques lésions de la rate et du foie.

Les résultats ont donc été obtenus dès le huitième

jour, par la recherche des micro-cultures; le quatorzième, par l'apparition des macro-colonies, celles-ci au nombre de deux et de quatre pour les deux tubes de milieux qui n'avaient pas été raclés. Ce n’est qu'au bout d’un mois, et alors que le cobaye était en bonne santé apparente que l’on a pu déceler les lésions par le sacrifice anticipé de 'l’animal.

OBSERVATION V (Inédite, recueillie par le Docteur HÉ£rax)

Orchi-épididymite bacillaire sans pyurie ni bacillurie Ensemencement positif

A... consulte le Docteur Héran en février 1927 pour orchi-épididymite tuberculeuse droite avec prostatite et vésiculite et signes associés de eystite.

Après castration, qui confirme la nature tuberculeuse des lésions, disparition des lésions prostatiques ainsi que la pollakiurie et des douleurs à la miction.

Le 14 février, nous avons ensemencé le eulot de eentrifugation de cette urine, directement sur mijieu. de Pétragnani. Noter que ce culot particulièrement minime ne présentait ni pus ni germes à l’examen direct.

Le 12 mars, la recherche des micro-cultures montre, par râclage du milieu, la présence de quelques bacilles de Koch.

Le 25 mars, apparition des macro-colonies au-nombre total de 6 pour trois tubes qui n'avaient pas subi de raclage.

Conclusion. — Diagnostic positif au bout de dix-huit Jours par la recherche des micro-cultures, et de trenteet-un jours par les macro-cultures.

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OBSERVATION VI (Inédite, recueillie dans le service de M. le Professeur MarGaror)

Epanchement tuberculeux de la plèvre sans bacilles de Koch à l'examen direct

Ensemencement positif

M... Isabelle, 40 ans, soignée dans le service pour cirrhose spécifique, avec ascite, pleurésie et péritonite tuberculeuse. Mauvais état général.

Plusieurs ponctions de la plèvre et de l’ascite, pratiquées entre le 25 janvier 1937 et le 1” juin, ramènent un liquide ecitrin. L'examen de ces hquides montre une réaction lymphocytaire de 90 à 96 %. La recherche directe du bacille de Koch est négative ainsi que l’inoculation. L'examen des crachats est également négatif.

Le 27 avril, ensemencement sur milieu de Pétragnani à l’asparagine du culot de centrifugation du liquide de ponction de la plèvre, après traitement à l’acide sulfurique à 10 % suivi de neutralisation à la soude.

. Le 31 mai, apparition de deux colonies sur un seul tube de milieu. | à

Un-cobave, qui avait été inoculé le 10 avril est sacrifié le 31 mai. Il présente des ganglions inguinaux et lombaires hypertrophiés, avec caséum, un seul nodule tuberculeux sur la rate. Il n’y a pas de lésions du foie et des poumons. Un autre: cobaye qui avait été inoculé le 13 mars, était mort le 10 avril sans présenter de lésions.

Conclusions. — Positives au. bout de 34 jours,

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OBSERvVATION VIT (Inédite, - . . LA E L\ recueillie dans le service de M. le Professeur JEANBRAU)

Tuberculose génitale et prostatique chez un tuberculeux pulmonaire sans pyurie, ni bacillurie

Ensemencement positif

C... Louis, 22 ans, entre à la Clinique urologique de Montpellier le 3 février 1937 pour épididymite droite torpide. Il est envoyé du sanatorium de Bellevue où il est en traitement pour tuberculose pulmonaire.

À l’examen: 1° Urines limpides, dans lesquelles l’analyse eyto-bactériologique n’a décélé mi pus ni microbes, ni bacilles de Koch. L’ensement sur les milieux habituels st resté stérile ;

2° KEpididymite droite suppurée et fistulisée, présentant tous les caractères d’une localisation tuberculeuse ;

3° Prostate infiltrée à droite;

4 Reins non perceptibles;

5° Absence de phénomènes de eystite.

La patient a été épididymectomisé dans la suite et. l’opération a confirmé la nature tuberculeuse des lésions.

Le 2 juin, ensemencement sur milieu de Pétragnani à l’asparagine, du culot de centrifugation des urines préalablement traité par l’acide sulfurique à 15 %, suivi de neutralisation à la soude en présence de tournesol.

La recherche des micro-colonies par râclage des milieux montre quelques bacilles le 19 juin.

Le 27, apparition de macro-colonies.

Conclusion. — Lie diagnostic positif est établi le dixseptième jour par recherche des micro-cultures et le vingt-eimquième par apparition des macro-colonies,

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Ogsservarion VIII Rs (Inédite, dûe à l’obligeance de M. le Professeur JEANBRAU)

Pyurie sans bacilles de Koch.

Ensemencement suivi de micro-colonies non repiquables.

FAT ROENE de tuberculose écarté

“P.: André, D ans, entre le 13 janvier 1937 à la Clinique d urologie de Montpellier pour séquelle de cystite survenue einq mois après une blennoragie.

A l'examen: 1° Urines purulentes, sans bacilles de Koch, contenant quelques cocei à Gram positif; 2° L’examen éstoséopique décèle au sommet de la vessie une petite ulcération blanchâtre, suspecte de tuberculose.

L’ensemencement du culot de centrifugation, le 2 février 1937, sur milieu de Patragnani à l’asparagine, donne, le 10 février, par la recherche des micro-cultures, quelques bacilles acido-alcoolo-résistants.

Le 16 février suivant, nouvelle recherche des microcultures : on trouve encore des bacilles acido-résistants.

Le 25 février suivant, nouvelle recherche des microcultures; présence de très rares bacilles acido-alcoolorésistants, ressemblant morphologiquement au bacille de Koch, à Gram positif. Les macro-colonies n “ont Jamais apparu.

Conclusion. — Etant donné que l’on se trouve en présence de micro-colonies non repiquables, il n’y a pas lieu de conclure à l’existence d’une bacillose.

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