LES MINÉRAUX DE VOIE SECHE DES HOUILLERES EMBRASÉES
vitrifiés et prismatisés, les schistes ont pris l'aspect spécial des thermanlides, des porcelanites et môme des verres naturels. Dans ces masses se montrent diverses cristallisations intéressantes.
Ainsi, d'après M. Mayençon, la galène a cristallisé parfois à Saint-Etienne. Le fer natif s est aussi isolé, sans doute par réduction de la sidérose et longtemps, c'est-à-dire jusqu'à la découverte de gisements d'Ovifak ce métal accidentel a seul représenté le fer natif terrestre en face du fer météorique. Un des premiers exemples a été cité par Mossier au village de Labouiche, près de Néris, dans TAllier. Le fer y était en petits globules à surface finement striée au milieu de roches altérées par la combustion de la houille.
M. Mallard» a trouvé la rhabdite, ou phosphure de fer quadratique, dans les produits de Commeutry où elle forme des nodules cristallins atteignant parfois la grosseur du poing. Ce minéral dont la densité est égale à 6,7 renferme 84,28 de fer et 42,10 de phosphore.
La vivianite ou phosphate de fer, qu'on voit former des taches Lieues au voisinage, résulte sans doute de Toxydation lente du phosphure.
La gangue qui empâte la rhabdite et la vivianite est elle-même riche en cristallisations développées aux dépens des roches stratifiées par la haute température de l'incendie. En beaucoup de points elle consiste en un mélange grenu d'anorthite et de pyroxène et se rapproche beaucoup ainsi de diverses roches volcaniques.
II semble d'ailleurs que ces cristaux résultent à Commentry d'une véritable dévitrifîcation de la matière amorphe formée d'abord par la fusion de certains schistes houillers. C'est un point qui ressort d'une manière très nette des observations de M. Stanislas Meunier*.
L'auteur signale certains échantillons qui, vitreux à l'œil nu, de façon à reproduire l'aspect des obsidiennes et des pertites, montrent au microscope des éléments cristallisés. Dans un verre brunâtre à peu près inactif sur la lumière polarisée et tout traversé de fissures en sens divers, se présentent des microlithes assez variés.
On mentionnera d'abord des amas plus ou moins globulaires de
• BhIL Soc, Miner., t. IV, p. 230, 1880.
• Etude sur le terrain houitter de Commentry, t. IV, p. 62C.
couleur sombre, qui, sous de forts grossissements, se montrent riches en filaments analogues à ceux des dendrites profondes comme on en voit dans les agates mousseuses. D*autres microlithes sont pourvus de formes cristallines. Il faut décrire rapidement les principaux.
Le minéral le plus apparent et le plus répandu se présente en grains brunâtres plus foncés que la nuance générale du verre qui les empâte et dont la dimension moyenne est de 0™",07 à 0™°,08. Leur absence de dichroïsme, la forme très caractéristique de leur contour et les angles d'extinction de quelques-uns d'entre eux permettent de rattacher ces grains au pyroxène. Au grossissement de 180 diamètres, on trouve dans leur masse un grand nombre de points noirs opaques sans forme définie et qu'on peut croire charbonneux. Ces grains sont parfois disposés en auréoles parallèles au contour du cristal qui les contient. Une autre particularité très remarquable, visible aux mômes grossissements, concerne la forme des contours cristallins qui, au lieu d'être composés de lignes droites, se montrent. modifiés par des séries de dents de scie plus ou moins irrégulières donnant aux grains un aspect déchiqueté tout à fait spécial.
Un second minéral extrêmement visible se présente en prismes maclés d'une longueur tout à fait uniforme et voisine de 0™™,06. Ces cristaux de nuance plus claire que les précédents exercent une action très nette sur la lumière polarisée. Dans la zone de l'allongement, ils s'éteignent parallèlement à la manière de l'enstatite. En divers points, ce minéral est intimement associé aux lamelles augitiques ; il semblerait môme qu'il ait servi de centre d'attraction à la substance de celle-ci. Souvent la double aiguille paraît être parallèle aux côtés ou aux diagonales de lamelles rhombiques.
On doit noter la présence de cristaux beaucoup plus rares que les précédents, limpides et prismatiques, appartenant encore très certainement au groupe pyroxénique ; ils sont tantôt isolés, tantôt groupés entre eux.
Un minéral feldspathique moins abondant que Taugite se rencontre dans le verre de Commentry, en cristaux aciculaires atteignant 0™",25 de longueur, maclés et très actifs sur la lumière