IV. MINÉRAUX PRODUITS DANS DES INCENDIES
En différentes circonstances les incendies ont provoqué la synthèse accidentelle de minéraux définis.
C'est ainsi que Noggerath a décrit * des prismes noirs d'augite dans les scories provenant du grand incendie de Hambourg.
De même Fikentscher ^ a observé des cristaux d'oligiste produits par Fincendie d'un boisage dans les mines de Wieliczka, en Galicie, à la surface d'une argile salifère.
* Comptes rendus t t. X, p. 897.
• Jahrhuch fUr Minéralogie, p. 324, 1844.
Il existe dans les collections du Muséum un fragment de bouteille provenant du grand incendie qui s est allumé à la Guadeloupe, en 4 848, à la suite de l'un de ces tremblements de terre qui désolent si fréquemment le pays. Cette bouteille est entièrement dévitrifiée et on y détermine très aisément le pyroxène.
A la surface d'objets de cuivre métallique chauffés accidentellement à Tair, il se développe parfois de la cuprite en cristaux plus ou moins nets : j'ai vu le cas parmi les débris provenant de rincendie du palais des Tuileries en 1871. D'après Leonhard *, le grand incendie de Hambourg a donné lieu à des échantillons mesurables.
Au palais de Saint-CIoud des octaèdres de magnétite ont été recueillis.
Après rincendie des meules ou des magasins de fourrages, on recueille souvent des masses d'apparence vitreuse désignées parfois, dans certains départements du nord de la France, sous le nom de pierre de foudre. On les regarde, dans le peuple des campagnes, comme étant la substance môme du tonnerre et on les accuse d'avoir déterminé le désastre, dont en réalité elles ne sont qu'un produit.
Ces verres, qui résultent de la fusion des cendres végétales, sont toujours huileux et même spongieux. Ils sont en général très colorés avec une faible transparence et ils semblent complètement amorphes.
Cependant en les examinant en tranches minces au microscope, M. Ch. Velain * a reconnu qu'ils présentent par places un grand nombre de productions cristallines. Môme, l'abondance des cristaux est telle en certaines parliesque le tout rappelle l'apparence de diverses laves vitreuses ; d'autant plus que les cristaux appartiennent aux mômes espèces que les minéraux des laves.
Dans le nombre, on peut citer le pyroxène en cristaux bien définis, très limpides, d'un vert pâle, non dichroïques, s'éteignant sous l'angle de 39^. L'anorthite l'accompagne et la wollastonite ou bisilicatc de chaux se signale dans le voisinage par la vivacité
* Hiltten Erzeugnisse, p. 36.J.
■ BulL Soc, Miner,, l. I, p. 113, 1878.