‹ Les méthodes de synthèse en minéralogie: cours professé au MuséumChapitre 77 sur 85 · INTERVENTION DE L'ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

INTERVENTION DE L'ÉLECTRICITÉ

de manganèse (acerdëse) et de fer (limonite). Pour ce dernier corps, on fait usage d'une dissolution ammoniacale de protoxyde de fer, le peroxyde formé ne pouvant être mis en présence d'une dissolution acide sans se combiner avec Tacide.

Lorsqu'on plonge dans de Tacide chlorhydrique et hors du contact de Tair, une lame d'ai^ent, le métal n*est pas sensiblement attaqué; mais, si Ton vient à mettre la lame d aident en contact avec un corps bon conducteur, tel que le charbon, le courant électrique très faible qui prend naissance, détermine Tattaque du métal et la cristallisation d'octaèdres de chlorure d'argent ou kérargyre.

En essayant d'obtenir électrolytiquement la silice. Becquerel a formé des hydrophanes artificielles dont les propriétés sont intéressantes. On obtient des hydrates de silice de la manière suivante : on prend une dissolution parfaitement saturée de silice dans la potasse, exempte de sesquicarbonates et marquant 30^ à Taréomètre. Cette dissolution peut être soumise directement aux opérations électro-chimiques ou être préalablement étendue d'eau ; les produits obtenus présentent un état moléculaire variable avec la concentration des dissolutions. On décompose ces dissolutions avec une pile à sulfate de cuivre ; l'électrode négative est formée d'une lame de platine plongeant dans un vase poreux plein de la dissolution à étudier. Ce vase plonge luimême dans un autre contenant la même dissolution et où vient aboutir un fil de platine qui forme l'électrode positive. Le vase poreux a pour but de retenir la potasse qui se rend au pôle négatif et de l'empêcher d'attaquer la silice qui se dépose au pôle positif. Avec dix couples à sulfate de cuivre, la silice se dépose lentement sur le fil positif en couches concentriques translucides. Si l'on prend une dissolution marquant 12'' aérométriques, l'action est rapide ; en deux heures le nodule de silice peut atteindre un centimètre de diamètre, c'est une masse transparente et opaline. En deux jours on a obtenu des nodules de la grosseur d'un œuf de poule. Avec quarante couples, la silice est plus compacte et moins transparente. En soumettant à l'expérience des dissolutions d'un degré supérieur à 30% la décomposition est plus lente, la silice devient plus dense et perd l'aspect opalin.

En prenant pour électrode positive un fil d^aluminium, et pour électrode négative une lame de platine, la décomposition du sili cate de potasse a donné un hydrate d'alumine mélangé de silice. Cet hydrate raye le quartz ; sa composition se rapproche de celle du diaspore, AP 0% HO, mais il n'est pas cristallisé.

Le soufre cristallisé, semblable au soufre natif a été obtenu par Becquerel dans des appareils formés suivant les mêmes principes que les précédents. On remplit deux bocaux l'un d'une dissolution de sulfate de cuivre, l'autre d'une solution alcoolique de sulfo-carbonate de potasse, puis on établit la communication entre les deux liquides, d'une part avec un tube de verre rempli d'argile humectée d'une solution de nitrate de potasse, et de Tautre avec un arc métallique composé de deux lames, l'une de cuivre plongeant dans le sulfate de cuivre, l'autre de plomb dans le sulfocarbonate. Le sulfate de cuivre est décomposé, il se forme divers produits, entre autres du soufre, qui cristallise en octaèdres sur la lame de plomb.

RÉSUMÉ ET CONCLUSION

Si l'on rapproche les faits exposés dans le troisième Livre de cet ouvrage, on reconnaît que le nombre des espèces minérales dès aujourd'hui reproduites est extrêmement considérable et que les synthèses réalisées concernent les catégories les plus diverses de minéraux. S'il y a encore, et en grand nombre, des lacunes dans la longue série de nos conquêtes, il faut citer, en compensation, le fait très fréquent de succès multiples à Tégard d'une même espèce. Parmi ceux-ci beaucoup procurent le résultat recherché dans des conditions que la nature ne semble pas avoir réalisées et si la géologie n'y trouve pas de profit direct, nous savons déjà que la minéralogie en retire des bénéfices considérables en même temps que la chimie.

Malgré leur extrême diversité , les méthodes de synthèse obéissent à des lois qui peuvent facilement ressortir de Tordre même que nous avons adopté pour les décrire, et il parait inté^ ressaut de donner à leur classification une forme synoptique qui permette toutes les comparaisons et qui fasse même espérer de mettre le doigt sur des directions de recherches qui n'ont pas suffisamment fixé l'attention.

Dans l'essai dont il s'agit, nous représenterons le corps désiré, c'est-à-dire le minéral qu'on cherche à reproduire par un signe conventionnel qui, ayant le faciès algébrique, sera commode pour le raisonnement. En somme c'est bien Yx ou l'inconnu du problème.

Toutefois ce n'est pas par x que nous le représenterons. Il peut suivant les cas être simple ou composé et nous exprimerons cette condition par un signe unique mais dédoublable, par exemple par la lettre composée ^E, dans laquelle les deux éléments peuvent être identiques entre eux ou différents.

338 RÉSUMÉ ET CONCLUSION

Ceci posé voyons les conditions principales dans lesquelles M peut être obtenu : ce sera la justification des divisions en chapitres adoptées dans les pages qui précèdent.

1° L'espèce minérale étant aussi bien définie par sa forme cristalline que par sa composition chimique, on pourra avoir simplement à transformer le corps M amorphe en substance cristalline. Les méthodes propres à fournir ce résultat ont été désignées sous le nom de simple cristallisation. Parfois un minéralisateur interviendra utilement, mais sans persister dans le produit obtenu.

2* Dans bien des circonstances, le corps à produire est engagé dans une combinaison plus ou moins complexe iEB qui pourra être défaite en ses éléments. Ainsi, sous l'action de la chaleur seule, la pyrite de fer Fe S* (ou Fe' S**) deviendra de la pyrrhotine Fe'' S* avec élimination de 6 équivalents de soufre. De même, sous rinQuence du courant électrique, l'or quittera le chlore du chlorure d*or et apparaîtra avec tous ses caractères minéralogiques.

Nous pouvons symboliser ce groupe de réactions par cette équation :

iEB=iE + B.

M pouvant être simple (or) ou composé (pyrrhotine) et B représentant le chlore ou l'excès de soufre éliminés. C'est la méthode que nous avons désignée sous le nom de simple décomposition.

3® Pour les minéraux composés, ils peuvent résulter, par une circonstance inverse de la précédente, de la combinaison pure et simple de leurs éléments. Ainsi nous faisons fondre de la silice (A) avec de la magnésie (E) et nous obtenons immédiatement du péridot ou du pyroxène {M) :

C'est ce type de réactions qui a été décrit dans les différentes méthodes de conjugaison.

Remarquons que les cas 2"" et 3*" ont ceci de commun : qu'ils sont relatifs à des réactions binaires et à ce titre font ensemble un seul et même tout. C'est un point utile à noter pour bien comprendre la caractéristique essentielle du groupe auquel nous arrivons.

RÉSUMÉ ET CONCLUSION

4** Nous avons donné à celui-ci le nom de méthode de précipitation; il comprend toutes les réactions ternaires et concerne, sans qu'il soit utile de les séparer strictement, deux cas qui correspondent (avec une circonstance nouvelle) aux 2® et 3"* indiqués toutàTheure. Tantôt il s'agira, à l'aide d'un réactif C, d'extraire M (simple ou composé) d'une combinaison iEB où il est engagé, — tantôt de le former par l'union de A et de E dont l'un des deux sera préalablement combiné avec un autre corps B.

Dans un cas, nous aurons les trois corps iE, B et G à considérer; dans l'autre cas, les trois corps À, E et B. Des exemples ici sont utiles :

a. Faisons dissoudre du gypse (CaOSO", 2H0) dans l'acide sulfurique chaud (SOH*), il se déposera de l'anhydrite (CaO,SO») et le liquide sera constitué par de l'acide sulfurique hydraté (S0*H,2H0), M représentant l'anhydrite, B représentant l'eau et G l'acide sulfurique, nous avons :

iEB + C = iE +

GypM.

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