CHAISES-LONGUES ET DUCHESSES
La bergère devient chaise-longue quand le siège présente assez de profondeur pour que les jambes de la personne assise y reposent entièrement, c'est-à-dire quand il atteint imi5 et jusqu'à im6o. Vers 1750, on donne à la chaise-longue le nom de duchesse ou «duchesse à bateau», quand le siège dépasse im6o et qu'on y fait à l'autre extrémité un petit dossier de om325 à om405 de hauteur.
La bergère peut également servir de duchesse si on y ajoute un ou deux bouts. On dit alors que la duchesse est « brisée » en deux ou trois. Le siège de tête est coupé carrément sur le devant pour se raccorder avec le bout. Le dossier est généralement en gondole. Quant au bout, dont la longueur ordinaire est de im30, il se termine par un dossier plus petit mais de même forme.
Le prix de la menuiserie d'une duchesse ordinaire est de 30 à 36 livres, d'une duchesse à bateau : 40 à 50 livres, d'une duchesse en deux : 40 à 60 livres.
CANAPES
Toutes ces variétés de grands sièges sont des modifications du fauteuil par l'allongement du siège en profondeur.
Lorsqu'au contraire le siège s'étend sur les côtés et devient plus large du double au moins que de coutume, on obtient les canapés, les sophas, les ottomanes, les veilleuses, etc.
Les canapés sont les plus anciens de ces sièges où plusieurs personnes peuvent s'asseoir à la fois et qui sont capables de servir au besoin de lit de repos. Mais au xvme siècle, ils ont perdu leurs dimensions démesurées du Grand Siècle. On leur donne de im625 à 2mio de largeur, om65o de profondeur, om325 de hauteur de siège. Le dossier est d'environ om485. Les bras ou accotoirs ont la hauteur de ceux des fauteuils et ne sont pas garnis. Le nombre des pieds est d'ordinaire de quatre sur le devant.
Au point de vue des formes, les canapés subissent les mêmes modifications que les fauteuils. Jusque vers 1735, le dossier reste droit et élevé, les pieds sont à peine cambrés sur le devant. De 1735 à 1775 environ, toutes les lignes sont chantournées : le cintre du dossier, les accotoirs, la ceinture du siège, les pieds de biche prennent les contours les plus fantaisistes, sous un revêtement de sculpture rocaille parfois exubérant. A partir de 1770, le meuble revient aux formes droites, aux dossiers carrés ou régulièrement cintrés ou arrondis, aux pieds droits et cannelés, à la sobre décoration des motifs Louis XVI, mais l'imagination des ornemanistes ne s'arrête pas toujours aux modèles les plus simples. On connaît des canapés où le dossier est fait de deux médaillons accolés, comme si on avait réuni deux fauteuils. A la même époque, on fait des petits canapés à deux places (largeur im2o) qu'on appelle « marquises » ou « causeuses ».
LES GRANDS SIÈGES ET LES LITS
Vers 1730, on donne à certains canapés un siège à angles arrondis et on y élève une séparation ou joue à la hauteur du premier pied. Ce panneau chantourné est à peu près semblable aux joues du fauteuil confessionnal et se raccorde à angle droit avec le dossier. Le canapé « à joue » ou « confident » présente donc de chaque côté du siège principal un petit compartiment où peut s'asseoir une personne. Il prend aussi le nom de « duchesse avec encoignure ». Vers 1785, le confident a conservé les mêmes dispositions, avec les formes droites du jour. On lui donne 2m95o de longueur, la partie du milieu mesurant im65o; la profondeur du siège est de ora750 ; hauteur totale imi35 (Lalonde).