‹ Les microbes de la bouche (volume 2)Chapitre 4 sur 37 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il est impossible actuellement de se livrer à l'étude d'une partie quelconque de la pathologie sans s'apercevoir de la place importante que les microbes y occupent. C'est en vain que l'on voudrait se confiner dans une spécialité, il faut tout d'abord, ou concurremment avec ses études spéciales, acquérir des notions suffisantes en microbie. Aucune spécialité n'en a peut-être plus besoin que celle qui concerne l'art dentaire.

En effet, à ne considérer même que les affections isolées de la dent, on voit, étant données les notions actuelles sur leur nature microbienne, qu'il est impossible de s'expliquer leur marche, leurs complications, l'efficacité ou l'impuissance du traitement si l'on ne tient pas compte de ces notions.

Prenons, par exemple, la plus commune de ces affections, la carie. Une cavité abandonnée à elle-même s'étend de proche en proche, sous l'action destructive des microbes, jusqu'à atteindre la pulpe; celle-ci, sous l'influence septique de ces microbes ou d'autres qui s'y sont joints, s'enflamme à son tour, et l'affection gagnant de proche en proche, arrive jusqu'à l'alvéole et provoque

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ces abcès, ces fistules qui surviennent si fréquemment dans les caries compliquées. Au contraire, traitez dès le début de la carie la cavité par la résection des parties mortifiées et l'application de substances antiseptiques, puis fermez la porte aux microbes par une obturation bien faite, la carie sera guérie et les complications ultérieures seront évitées.

Cet exemple suffirait à lui seul pour montrer combien il est nécessaire que les dentistes tiennent compte dans leur pratique des données fournies par la microbie ; mais il en est bien d'autres. L'ostéo-périostite alvéolodentaire, sur la nature de laquelle on a tant disserté, ce qui a donné tant d'indécision et si peu de bons résultats à son traitement, n'est probablement aussi qu'une affection microbienne; quoiqu'il existe encore bien des obscurités à cet égard, et que son étude ne soit pas encore terminée, on a cependant admis que certains microbes, évoluant sur un terrain prédisposé, contribuaient pour une grande part à l'extension de la maladie, et le traitement antiseptique de celle-ci est encore celui qui a donné le plus de succès.

Mais ce n'est pas tout. Les affections dentaires s'accompagnent souvent de complications siégeant soit sur la muqueuse buccale, soit dans les espaces celluleux de la face, soit dans les ganglions du cou; ces complications sont d'origine microbienne, et il faut le savoir non seulement pour les guérir, mais, ce qui est plus important, pour les prévenir.

Et la fétidité de l'haleine ! au sujet de laquelle nous

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sommes journellement consultés! Nombreuses sont les causes qui la déterminent, par suite de l'association des microbes saprogènes à la plupart des microbes pathogènes, devenus actifs, des affections buccales, pharyngées, laryngées, pulmonaires et même stomacales.

Ainsi Ton se trouve entraîné à rechercher : 1*" quels sont les microbes qui occupent la cavité buccale, et 2** si, indépendamment de ceux qui concernent les dentistes, il n'en est pas d'autres qui intéressent aussi les médecins.

L'indécision n'est pas longue ; il suffit de lire ce qui a été écrit récemment sur les angines, les amygdalites, les stomatites, les otites, sur la diphtérie, sur les ulcérations buccales, sur l'érysipèle de la face, pour voir que toutes ces maladies sont d'origine microbienne, que leurs microbes séjournent dans la bouche, qu'ils y sont le plus souvent inoffensifs, et qu'ils ne deviennent nuisibles que lorsque certaines conditions nécessaires à leur développement se trouvent réalisées. On apprend encore bientôt que la salive normale contient des microbes qui, arrivant dans le poumon, y provoquent la pneumonie; c'est par la bouche encore que pénètrent dans le tube digestif, avec les aliments et les boissons, les microbes de la fièvre typhoïde, du choléra, etc., c'est par elle que sortent les bacilles de la tuberculose laryngée ou pulmonaire; et ainsi l'on arrive à cette conclusion que presque tous les microbes de la pathologie humaine séjournent dans la bouche, que c la bouche est le réceptacle des microbes 3^.

Le titre de notre livre aurait donc pu être aussi bien

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