‹ Les microbes de la boucheChapitre 10 sur 85 · GÉNÉRAUTÉS SUR LES MICROBES · texte numérisé non relu

GÉNÉRAUTÉS SUR LES MICROBES

Tiegliem (1), de Marchand (2), de Zopf (3) et de Bâillon (4).

La plupart des microbes de la bouche appartiennent à 1^ classe des Schizomycètes, Quelques auteurs réunissent à tort les Schizomycèles aux Champignons et aux Algues, que J. Sachs classe dans un seul groupe, celui des Thallophytes. Les Algues contiennent de la chlorophylle, que Ton ne trouve jamais dans les Schizomycètes.

L'histoire des Schizomycètes, surtout au point de vue spér cial qui nous occupe, a été fort bien résumée par MM. Cornil et Babes dans les quelques lignes qui suivent (5) :

€ Les Schizomycètes, qui doivent leur nom à leur mode de reproduction générale par scissiparité, sont des parasites des substances organiques déjà constituées. Ils les absorbent et les décomposent en déterminant leur putréfaction ou des fermentations spéciales, tandis que les Algues ont la faculté de fabriquer elles-mêmes la substance nécessaire à leur nutrition. Ce sont les parasites végétaux des matières organiques du règne animal ou végétal. Leur nombre, la facilité extraordinaire de leur multiplication, achètent leur extrême petitesse. Leur développement si rapide par segmentation et formation de spores n*est, en effet, arrêté que par rinsufQsance du milieu nutritif qui les entoure, par la présence des produits chimiques propres à le détruire. Aussi les rencontre-t-on partout dans la nature et a-t-on pu dire qu'ils étaient les maîtres du monde. Ils vivent dans les flaques d'eau, dans les mares stagnantes, les étangs qui renferment des matières organiques, dans les fleuves qui traversent les villes, dans les ports, sur le

(1) Van Tieghem, Traité de botanique, Paris, 1880.

(2) Marchand, Traité de botanique cryptogamiquey Paris, 1883.

(3) Zopf, DU SpaUpilze, 3« édit., 1885.

(4) Bâillon, Traité de botanique médicale cryptogamiquey Paris, 1889.

(5) Coroil et Babes, Les bactéries^ ^ édil., Paris, 1886, p. 19.

littoral, et même dans les profondeurs de la mer. Ils se trouvent aussi suspendus accidentellement dans Tair, de telle sorte qu'ils ensemencent les infusions de foin, de légumineuses, le jus de raisin, la bière, les bouillons de viande, la viande abandonnée à l'air, les cadavres, où ils se développent très rapidement après la mort. Ils se trouvent à Vétat normal en grande quantité dans la bouche et dans les matières fécales des animaux et de Thomme. Us existent en masses énormes dans le terreau, l'humus, la terre végétale, à la surface du sol, surtout s'il est humide et s'il a reçu des matières organiques. »

Duclaux a montré que la germination des plantes était impossible dans un sol complètement stérilisé, privé de microorganismes. D'après cet auteur, les plantes ne peuvent utiliser les substances organiques qu'après avoir été modifiées par les microbes.

Ceux-ci entrent dans l'organisme humain par la respiration et par le tube digestif. Ils pénètrent dans les voies aériennes avec l'air qui en contient et dans le canal intestinal, de la bouche à l'anus, avec les aliments, qui en renferment un nombre plus ou moins grand. Le fromage et le lait fermenté, etc., sont des aliments farcis de Schizomycètes. Plusieurs espèces vivent tout particulièrement dans différentes sections du tube digestif; ainsi que nous le verrons bientôt, l'acidité du suc gastrique arrête leur développement. Ils interviennent probablement dans les fonctions de la digestion (1). M. Pasteur doute que la digestion, et par suite les

(1) Doclaux, Ferments et maladies^ Paris, 1882. — Mémoire sur le lait {Ann. de l'Institut agronomique, 1882). — Le microbe et la maladie, Paris, 1886. — Chimie biologique, dans l'Encyclopédie chimique de Fremy, i883.

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