‹ Les microbes de la boucheChapitre 18 sur 85 · PROCÉDÉS POUR RECHERCHER LES MICROBES · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS POUR RECHERCHER LES MICROBES

qui ne séjournent pas d'ordinaire dans la bouche, conseille les précautions suivantes.

La veille du jour où Ton veut faire la cueillette, il faut avant de se coucher se laver la bouche à plusieurs reprises avec de Teau stérilisée, et se brosser les dents avec une brosse également stérilisée. Le lendemain , avant de manger, on se lave encore la bouche avec de l'eau stérilisée, et alors seulement on enlève, à l'aide d'un fil de platine flambé, uo peu de tartre dentaire ou d'enduit lingual. Cette petite quantité de matière ainsi enlevée est délayée dans un tube contenant du bouillon, et c'est ce bouillon qui est ensuite ensemencé sur le milieu que l'on veut observer.

Si l'on n'a pas pris soin de délayer au préalable un peu de tartre dentaire ou d'enduit lingual dans du bouillon neutralisé, on risque fort, comme l'a constaté M. Cornil, de ne rencontrer que fort peu de colonies, parce que les seuls germes qui se développent sont ceux qui entourent la petite masse de tartre; ceux du centre n'arrivent pas à coloniser, réunis qu'ils sont par une masse visqueuse.

Les plaques de gélatine doivent être placées dans une étuve chaufifée de 20 à 22 degrés, température plus favorable au développement des colonies.

3* Inoculation directe. — Ce procédé consiste à injecter à un animal, lapin, souris, cobaye, parfois un chien, une certaine quantité de salive dans le tissu cellulaire et à essayer de déterminer ainsi des septicémies expérimentales. On peut arriver à isoler de la sorte un seul microbe, celui qui est pathogène pour l'animal inoculé. C'est ainsi que M. Pasteur découvrit le pneumocoque, en injectant à un lapin la salive d'un enfant mort de la rage. Le pneumocoque^ seul parmi le

nombreux microbes de la bouche, avait produit une septicémie, et le micro-organisme se trouvait à Tétat de pureté dans le sang de l'animal. C'est par ce procédé que Netter a isolé le pneumocoque de la salive, ainsi que le streptocoque dans la bouche des sujets saîns.

Biondi, nous le verrons, a pu par cette méthode isoler cinq espèces différentes de micro-organismes dans la bouche.

Chacun des trois procédés que nous venons de décrire peut isolément rendre de grands services ; mais, pour faire un examen microbiologique sérieux, il ne faut jamais négliger de les employer simultanément.

Préparations microscopiques.

Nous donnerons un résumé rapide des procédés employés vulgairement en microbiologie pour examiner au microscope les formes, le mode de reproduction, les mouvements des micro-organismes recueillis directement dans les liquides et tissus de l'économie, ou dans les milieux de culture solides ou liquides.

Les instruments indispensables sont des lames, des lamelles, un microscope. On se procurera un microscope pourvu d'un objectif à immersion homogène, d'un éclairage Abbé, d'un revolver porte-objectif à plusieurs branches et d'une vaste platine permettant l'examen facile des cultures sur plaques.

L'examen direct des microbes au microscope doit être fait avec ou sans coloration.

L — La recherche sans coloration est très importante; elle permet d'observer les micro-organismes dans toute leur intégrité, sans qu'ils aient été troublés dans leur mobilité ou déformés par les matières colorantes.

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