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LA RAGE

pas à riiisloirc encore trop obscure de celle maladie.

Disons d'abord qu'il ne faut pas confondre avec le microbe hypothétique de la rage (que personne n'a encore vu), le microbe de la salive de l'homme dont nous dirons quelques mots dans le chapitre suivant, et qui se trouve dans la bouche même des personnes en bonne santé.

Voici les conclusions auxquelles M. Pasteur est arrivé à la suite de ses recherches sur le virus rabique :

Dans la salive des animaux et des hommes atteints de la rage, le virus rabique se trouvant associé à des microbes divers, l'inoculation de celte salive peut donner lieu à trois genres de mort : la mort par le microbe de la, salive ;\->xmovi par développement exagéré du pus; enfin la mort par la rage.

Le cerveau et, plus particulièrement, le bulbe rachidien des personnes et des animaux morts de la rage est toujours virulent jusqu'à ce que la putréfaction l'ait envahi. Il en est de même de la moelle épinière. Le virus se localise donc essentiellement sur les centres nerveux.

On développe la rage rapidement et sûrement en inoculant de la salive ou du sang rabiques à la surface du cerveau, dans la cavité arachnoïdienne, au moyen d'une trépanation des os du crâne. On supprime ainsi la longue incubation qui suit la simple inoculation dans le sang d'un point quelconque du corps par une morsure ou par injection intra-veineuse. Il est probable que dans ce cas c'est la moelle qui est la première atteinte par le virus introduit dans le sang, qui se fixe et se multiplie dans ses tissus.

En règle générale, l'inoculation non suivie de mort ne préserve pas d'une nouvelle atteinte. Cependant un chien, inoculé en 1881, après avoir eu les premiers symptômes

do la maladie dont tous les autres sont morts, non seulement a guéri, mais encore, réinoculé en 1882, à deux reprises, par trépanation, n'a pu prendre la rage. Actuellement M. Pasteur possède quatre chiens qui sont tout à fait garantis contre la rage, quel que soit le mode d'inoculation et l'intensité de la virulence de la matière rabique. Tous les chiens témoins, inoculés en même temps, meurent au contraire de la rage. Plus récemment (1884), M. Pasteur a trouvé le moyen d'atténuer ce virus. Pour cela, il inocule un fragment de cervelle d'un chien enragé dans le cerveau d'un lapin, fait passer le virus provenant du lapin par l'organisme du singe où il s'atténue et devient un vaccin pour le chien qui est préservé. H y a donc là déjà un premier pas dans la voie de l'extinction de cette cruelle maladie.

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