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LA FIBRINE I)U SANG ET SES VARIÉTÉS

figures de Cl. Bernard touchant l’état histologique du foie dans l’état d’abstinence et dans l’état de digestion de féculents. « Quand, dit-il, on examine au microscope le foie d’un animal en digestion de substances féculentes, on voit dans les cellules hépatiques une infinité de petits globules de graisse ; autour de ces cellules sont répandues des myriades de petites molécules , qui offrent également l’aspect de la matière graisseuse , et qui sont animées d’un mouvement brownien excessivement rapide (t). »Nous savons que ces granulations moléculaires, que Cl. Bernard prenait pour de la graisse , sont les microzymas du foie. Or, dans l’état d’abstinence on ne retrouve plus , ou l’on retrouve moins de ces microzymas. Que sont-ils devenus? Les auteurs ne s’en préoccupent pas!

Et le cas du foie n’est pas isolé. Simon (de Berlin), ayant cherché, par le battage, la fibrine dans le sang de l’aorte et dans celui de la veine rénale, pour en comparer la quantité, en obtint du sang de l’aorte et n’en trouva point dans le sang de la veine rénale.

Citons encore pour vous bien faire comprendre l’immense rôle des glandes, que , d’après M. Malassez, le nombre des | globules rouges du sang artériel, chez le chien, est à celui du sang veineux splénique : : 100: 111 sur l’animal à jeun et : : 100 : 121 sur l’animal en digestion. La rate a donc aussi : son genre d’influence.

Eh bien ! le sang des veines sushépatiques et rénale, d’après Cl. Bernard, bien que ne donnant pas de fibrine par le battage, ne fournissent pas moins un caillot. Seulement ce caillot redevient liquide si on le bat de nouveau (2).

Cl. Bernard rapporte une expérience de Magendie qui consistait à saigner un chien aussi abondamment qu’on pouvait le faire sans le tuer ; à battre le sang pour le défibriner et à réinjecter le sang défibriné qu’on avait passé par un linge.

Le chien ne paraissait pas affecté par cette opération, et le lendemain, on répétait l’expérience pour recommencer tous les jours jusqu’à la mort de l’animal.

(1) Leçous de physiologie expérimentale, t. I, p. 163.

(2) Cl. Bernard. Liquides de l’organisme, t. I, p. 457.

LA FIBRINE DU SANG ET SES VARIÉTÉS 2-ih

Or, savez-vous ce qui arriva à la fibrine de la pauvre bête ? La quantité de l’opération du lendemain était aussi abondante que le premier jour et aussi le surlendemain. Les jours suivants, la quantité de fibrine allait même en augmentant. Mais était-ce la même fibrine? Vous en allez juger :

« La fibrine, dit Cl. Bernard, d’abord filamenteuse, élastique et résistante, devenait moins élastique et prenait une consistance molle, analogue à celle du papier mâché. » Vous le savez, la fibrine peut être conservée très longtemps dans l’eau sans se dissoudre; eh bien! M. Fremy, qui examina les divers échantillons de l’expérience de Magendie, ayant abandonné de la fibrine des derniers jours dans l’eau sur le poêle du laboratoire, la trouva dissoute le lendemain ; dans les mêmes conditions les échantillons des opérations des premiers jours se conservaient sans se dissoudre dans l’eau tiède. Voici comment Cl. Bernard interprète ces observations :

« La fibrine soluble dans l’eau chaude était une fibrine jeune, n’ayant pas encore acquis les propriétés physiques de son état d’organisation parfaite (1). »

Mais qu’est-ce que la fibrine jeune ? Qu’est-ce que l’organisation parfaite de la fibrine ?

Les auteurs, à la suite de Denis (de Commercy), ont noté qu’il y a des fibrines capables de se dissoudre dans les solutions de certains sels. Par exemple, Denis avait trouvé que la fibrine se dissout dans le nitrate de potasse rendu légèrement alcalin par un alcali caustique. Mais on a remarqué que 1 expérience ne réussit pas avec la fibrine de sang artériel et qu il faut nécessairement se servir de la fibrine de sang veineux. Et en rapportant ces expériences , je disais autrefois : « Il y a donc une différence entre la fibrine de ces deux origines. M. Denis trouve que la solution de fibrine ainsi obtenue se coagule par la chaleur, comme l’albumine. Cette intéressante expérience ne prouve qu’une chose : c est que la solution de fibrine du sang veineux dans le nitre possède la propriété de se coaguler par la chaleur ! On connaît beaucoup de substances, même en chimie minérale,

(1) CI. Bernard. Liquides de l'organisme, t. I. p.M54 (1859).

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