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PROPOSITIONS CONCERNANT

XIV. Certaines productions naturelles, certains tissus dans les organismes, ne sont formés que de microzymas.

XV. Un organisme,, un tissu, une cellule, un vibrionien peuvent, par régression physiologique, être réduits en microzymas.

XVI. De la totale destruction physiologique d’un organisme, il reste les microzymas.

XVII. Ce que l’on appelle germes de l’air, des eaux, de la terre, ne sont essentiellement que les microzymas issus des organes disparus.

XVIII. Les microzymas, dans leur milieu normal, restent identiques à eux-mêmes.

XIX. Les microzymas changent de fonction pendant le développement de l’organisme : ils sont fonctionnellement différents dans les différents centres d’activité, et ils conservent la fonction acquise, quand on les sépare de leur centre.

XX. On ne dit pas, et on ne peut pas dire, qu’un composé chimique, ou un mélange de tels composés, devient malade et meurt.

XXI. N’est susceptible de maladie et de mort que ce qui est organisé et doué de vie.

XXII. Les microzymas étant ce qui est primitivement vivant dans l’être organisé, ce en quoi la vie persiste après la mort, ce sont eux qui peuvent devenir le point de départ de la maladie. Primitivement, des germes de maladie ne peuvent donc pas exister dans l’atmosphère.

XXIII. Les microzymas pouvant changer fonctionnellement, peuvent devenir morbides et transmettre la morbidité acquise; un microzyma morbide peut redevenir sain.

XXIV. La thérapeutique est la science qui recherche les moyens capables de ramener les microzymas morbides au mode fonctionnel normal.

Il importe de retenir que le fait est certain, démontré, vérifié : des bactéries peuvent apparaître, se multiplier, dans une partie détachée d’un animal, sans que l’on puisse invoquer l’intervention d’un germe extérieur pour expliquer leur apparition. C’est là l’expérionce fondamentale qu’il ne faut pas perdre de vue et'dont dérivent la plupart des pro-

LA THÉORIE DU MICROZYMA

positions que je viens de formuler. Si dès le début de cette Confèrence, je vous la rappelle, c’est que, malgré les confirmations de tant de savants, de MM. Servel, Nencki et Tiegel, entre autres, on a intérêt, ailleurs, à n’en pas tenir compte. Vous savez que M. Pasteur admet, sans preuves, que, dans l'état normal, les liquides et les tissus des animaux ne renferment jamais ni germes, ni organismes microscopiques ; ce qui veut dire qu’il n’y existe ni microzymas, ni germes cle bactéries. Cette négation persévérante a été, cette année même (1882), reproduite par un élève et collaborateur de M. Pasteur, non pas timidement, mais hardiment, comme s’il avait réduit à néant toutes les propositions que je viens de formuler.

Vous savez que mon savant contradicteur est placé très haut dans l’estime publique ; je dis que c’est très justement, à beaucoup d’égards. Ce m’est un motif pour bien exactement peser ce qu’il dit, ce qu’il pense, ce qu’il croit. Il se pourrait qu’aux yeux de plusieurs il ait des motifs sérieux, qu’il ait découvert quelque principe nouveau, pour soutenir avec tant de persistance, depuis quinze ans, que les microzymas sont le fruit de mon imagination, une pure chimère.

Il importe donc grandement, à cause de sa situation éminente, dans l’intérêt même du sujet, de rechercher en quoi M. Pasteur se trompe et si, par hasard, il ne se serait pas laissé abuser par les mots.

Il y a dans les sciences expérimentales, comme en politique, en philosophie et en religion, des objets et des questions auxquelles les hommes sages ne touchent qu’avec la plus grande circonspection et après s’y être longuement préparés par une étude approfondie de tout ce qui peut y . avoir rapport. Pour moi, qui ne veux pas même écrire un simple chapitre d’un Traité de pathologie, tant la chose me paraît exiger des études d’un ordre très spécial, je ne me suis décidé qu’en tremblant à aborder un sujet aussi difficile que celui qui consiste h rechercher la cause intime de nos maladies. Pourtant j’avais consacré la plus grande partie de ma carrière, non seulement à l’étude des microzymas et de la structure intime de notre organisme, mais aussi à celle

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