CHARBON SYMPTOMATIQUE
de voies, comme vous l’avez vu pour la clavelée. « Le type de ces maladies , dit M. Chauveau , c’est la peste bovine. Chez les animaux qui en sont atteints , toutes les surfaces tégumentaires fournissent le virus, et toutes les excrétions constituent matière à inoculation : les larmes , la salive , les divers mucus de l’appareil respiratoire, l’urine , les matières diarrhéiques , le lait lui-même , insérés dans le tissu conjonctif sous-cutané , donnent presque infailliblement la maladie. »
C’est donc chose démontrée : dans quelques maladies, ce sont des groupes déterminés de cellules, dont les microzymas subissentl’évolution morbide; dans d’autres, plusieurs groupes analogues, comme dans la clavelée , ou le plus grand nombre , comme dans la peste bovine.
Je vais, par quelques exemples, donner plus de force à cette démonstration.
Charbon symptomatique . Cette maladie paraît être particulière aux bêtes à laine et à cornes. Elle est contagieuse et inoculable; de plus elle ne récidive pas, et on n’est pas parvenu à l’inoculer à l’âne, au cheval, au chien, ni à la poule. MM. Arloing, Gornevin et Thomas ont trouvé dans la pulpe de la tumeur crépitante qu’elle produit , dans le tissu conjonctif , dans les ganglions lymphatiques, les reins , la rate et le poumon, des corpuscules ovoïdes brillants et des bâtonnets mobiles. Ils sont moins abondants dans la tumeur que dans les autres lieux indiqués. Le sang ne paraît pas en contenir. C’est donc une maladie dans laquelle les microzymas de plusieurs centres peuvent devenir morbides et y subir l'évolution bactérienne ; et si l’on examinait à temps les phases de l’évolution, on y découvrirait le microzyma associé à deux grains ; le corpuscule ovoïde observé par MM. Arloing, Gornevin et Thomas est certainement un microzyma dont la forme a déjà été modifiée. Mais il n’y a là rien que de très ordinaire selon la théorie du microzyma. Ce qui intéresse le plus dans les recherches de ces savants, c’est une expérience qu’il importe de mettre en lumière. Elle avait déjà été faite par M. Chauveau avec le virus vaccin, à l’époque où il expliquait encore la virulence par une sorte de catalyse chimique.