LA GUÉRISON
no sont nuisibles que s’ils arrivent dans le sang : peut-on dire qu’ils sont morbides dans le sens propre du mot? Certainement la cause de leur nocivité est matérielle et acquise pendant le développement de l’organisme physiologiquement sain. Cet exemple, jusqu’ici unique, aide à comprendre comment les microzymas d’un centre organique d’activité donné, sous l’influence des causes énumérées, peuvent acquérir la fonction morbide corrélative à une maladie donnée.
Mais le microzyma pancréatique, vous vous en souvenez, peut perdre ce que l’on peut appeler sa septicité : il suffit qu’il ait fait putréfier les matériaux de la fibrine qu’il a digérée ; et cela nous fait comprendre que, dans certaines conditions physiologiques, un microzyma morbide peut cesser de l’être. Mais laissons là le système parasitaire avec son hypothèse de la lutte pour l’existence ! J’avais déjà entendu un médecin parlant de la lutte pour l’existence des cellules et des tissus de l’organisme. Voyez-vous d’ici le foie, la rate et le pancréas luttant à qui l’emportera? Tout cela est roman pur.
Le système des parasitistes, la guérison et les inoculations préventives. Tout à l’heure je posais cette question : que devient la bactéridie qui envahit l’animal malade par milliards, quand la maladie se termine par la guérison ? J’ajoute : que devient le parasite dans les inoculations destinées à procurer l’immunité ?
A l’égard de toutes les maladies réputées parasitaires, on peut toujours demander ce que devient le microbe pendant et après la guérison? Bien mieux, on peut demander comment il est possible que le malade puisse revenir à la santé; car, enfin, le microbe est dans la place!
Mais, parmi les maladies qui affligent notre espèce, il y en a qui sont à la fois contagieuses et héréditaires, d’une hérédité quelquefois discontinue. Là aussi que devient le parasite ?
La phthisie, par exemple, étant, par hypothèse, le résultat de la pullulation du parasite spécifique qui vit en colon aux dépens de la substance du malade, son incurabilité se conçoit, car rien n’oblige ce parasite à quitter la place.