‹ Les MiettesChapitre 14 sur 14 · LETTRE DE HENRI V · texte numérisé non relu

LETTRE DE HENRI V

Frohsdorf. le lu juin 1864.

Je me souviens, Mademoiselle, d'avoir lu avec beaucoup d'intérêt, il y a quelques années, de remarquables extraits des œuvres de M. Maurice de Guérin, jeune écrivain moissonné dans la fleur de l'âge et du talent. Je ne pouvais donc manquer d'accueillir avec une satisfaction particulière le livre de mademoiselle Euaénie de Guérin, miroir fidèle où se réfléchit constamment la double affection qui a rempli sa vie, l'amour de Dieu et la tendresse pour son frère, douce leçon et touchant exemple de cette foi vive, ardente, résignée, qui, au milieu des tristesses de ce monde, ne trouve de consolation qu'en tournant ses regards vers

le ciel, où ceux qui se sont aimés ici-bas, séparés un instant par la mort, se rejoindront pour ne plus se quitter. Aussi n'ai-je pas voulu dittérer davantage à vous dire combien j'ai été sensible à cet envoi, et surtout au pieux motif qui vous en a inspiré la pensée, ainsi qu'aux expressions de dévouement dont vous l'avez accompagné tant eu voti-e nom qu'au nom de votre belle-sœur, de sa fille et de M. Trébutien, auprès desquels je vous prie d'être l'interprète de ma gratitude. Recevez vous-même avec tous mes remercîments l'assurance de mes sentiments bien sincères.

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