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A) LE DÉSÉQUILIBRE AQUEUX

L'aspect des opérés dans les heures qui suivent linter- .vention, le cerne des yeux, le pli gardé par la peau, les sueurs froides, la soif vive sont autant de témoins fidèles du bouleversement aqueux dont l’organisme est le siège. L'état de deshydratation aigüe qui en résulte n’est point étonnant si l’on établit le bilan hydrique de lopéré.

1° BILAN AQUEUX e Celui-ci apparait franchement négatif: en regard d’apports réduits chez un malade soumis à une diète sévère, Les pertes aqueuses sont au contraire très importantes,

Parmi ces pertes, les unes sont très directement liées à l'intervention. L’hémorragie péropératnise est évidente, son abondance paraît plus grande qu’on ne pense au premier abord, GOssET et LERICHE ont apporté sur ce point des notions précises: des pertes sanguines de 500 em° sont habituelles, elles sont très fréquemment plus grandes, même pour des interventions courantes. La moyenne des évaluations pratiquées par divers auteurs (BOTTIN, WITHE, SWEET et : HurwirTr) oscille entre 300 et 500 centimètres cubes.

Indépendamment de l’hémorragie d’autres déperditions bien qu'échappant à tout contrôle clinique n’en sont pas moins notables: l’évaporation par la plaie opératoire, est à retenir selon les données expérimentales de FisHER. Il en est de même des suintements post-opératoires, en particulier en cas de large drainage.

En second en d’autres pertes aqueuses sont indirectement la conséquence de Pacte chirurgical. Ce sont avant tout les déperditions par voies cutanée et pulmonaire que SOUPAULT et WINTREBERT qualifient de « pertes insensibles » et qui prennent ici une ampleur inhabituelle. Selon ces auteurs, elles se chiffrent à environ 1.500 cm° par jour. Chez 12 sujets étudiés, les chiffres moyens sont 584 cm’ avant l’intervention, 1.415 em pendant celle-ci, et 1.018 em° dans les heures suivantes. Les mesures de FUGE et Hocc, de COLLER et MADppoCcKk concordent avec ces résultats.

Les éliminations rénales s’en trouvent d’autant diminuées, Cependant, une diurèse suffisante est nécessaire pour assurer l’élimination des déchets et l’on conçoit le danger de l’intervention en cas de fonctionnement anormal du rein. Si l’on ajoute à ces diverses pertes, celles qui peuvent résulter de vomissements du réveil ou du type même de l'opération (gastrostomie, drainage biliaire), il n’y a pas lieu de s'étonner que les besoins de organisme atteignent quotidiennement 3.000 à 3. 500 em’, d’autant que la méthode des bilans aqueux laisse dans l’ombre certaines « spoliations exclues » non extériorisées, telles que celles résultant

d’une stagnation liquidienne dans des anses intestinales dilatées,

La thérapeutique post-opératoire doit tenir compte de

ces faits chez des sujets généralement soumis à la diète et

à qui sont temporairement supprimées les boissons.

2° MOUVEMENTS LIQUIDIENS

Le processus de deshydratation s’accompagne, au cours des suites opératoires de migrations internes de l’eau dont la connaissance s’est précisée dans les dernières années.

a) Diminution de la masse sanguine.

. C’est un fait incontestable que le volume du sang circulant est notablement diminué. De nombreux auteurs ont confirmé cette notion à la suite des travaux de CANNON, de Kerr. Cette baisse peut être considérable (10 % - CoNrapr) après une intervention simple, et atteindre 50 % en cas de choc grave. Elle atteint son niveau le plus bas au troisième jour pour revenir ensuite peu à peu à la normale, LAMBRET DRIESSENS et BiZARD ont noté les variations parallèles du du volume de la masse sanguine et de la tension artérielle. La diminution du volume plasmatique est marquée par une hémoconcentration (CANNON, Hopper, FRASER, Moon) la densité sanguine augmente (JEANNENEY et RINGENBACH) de même que la viscosité du sang et le taux de l’hémoglobine (TopA et DINISCHIOTU). | Nous verrons ultérieurement que la chute du volume sanguin dépend non seulement de la quantité de sang per-

du, mais de la stagnation de sang immobilisé dans le terri-

ioire splanchnique et d’un processus d’exhémie plasmatique.

b) Liquides interstitiels.

L'état des liquides lacunaires a fait l’objet de recherches

récentes. Après, les premiers travaux de STEWART et

RourkE, SouPAULT, CACHERA et Mile WiniK ont appliqué l'épreuve du rhodanate de potassium et bleu Chicago au cours des suites opératoires. WINTREBERT expose ces résul-

tats-dans sa thèse,

ae

Il résulte de ce travail la notion d’une inflation des liquides interstitiels dans ces circonstances. Pour une perte de 2.800 cm’ en 24 heures, le plasma perd 1.000 cm’ tandis que les liquides interstitiels augmentent de 3.300 em. Il parait se faire.dans les espaces lacunaires une immobilisation importante d’eau. Comme d’autre part le plasma perd moins d’eau que n’en gagnent les liquides interstitiels, c’est au total une augmentation des volumes liquidiens extracellulaires qui a lieu. |

d) Liquides cellulaires. -

Si l’on se rapporte aux déterminations volumétriques de WiNTREBERT, pratiquées chez des sujets en dehors de toute rehydratation, il semble que la deshydratation soit essentiellement supportée par le compartiment intracellulaire au cours des suites opératoires.

Les migrations aqueuses se caractériseraient donc par un double mouvement hydrique à partir du plasma et des cellules vers les espaces lacunaires. |

Il convient peut-être d’apporter quelques réserves à la rigueur d’une telle interprétation des faits. Il est possible, et CACHERA le remarque lui-même, que les conditions de la période post-opératoire augmentent la rapidité de diffusion du rhodanate de potassium. Les épreuves se trouveraient alors faussées et l’espace de diffusion du produit mesurerait non seulement les liquides lacunaires mais également toute l’eau mobile du compartiment cellulaire,

Aussi semble-t-il difficile d'affirmer une déflation des liquides intracellulaires chez les opérés, en particulier chez ceux soumis à une hydratation massive. Nous verrons ultérieurement les mécanismes susceptibles d'intervenir. D’ores 1 déjà remarquons qu’ARCHIBALD et LEAN avaient admis un mouvement d’eau vers les espaces cellulaires. Il faut de même noter l'impression de tissu « imbibé » que donne

chez les choqués la palpation cutanée en dehors de tout æœdème vrai,

D Ph EU

Voici maintenant les résultats de la mesure des index d'hydratation des hématies notés au cours des suites opératoires, chez des malades dont les conditions de réhydratation n’ont pas été modifiées.

Nous n'avons pratiqué ces mesures qu’à l’occasion d'interventions importantes abdomino-pelviennes ou thoraciques. À chaque fois des déterminations simultanées du volume plasmatique par la méthode au bleu 536 ont vérifié la diminution de celui-ci.

Ces résultats sont répartis en deux groupes suivant qu’il s’est agit de suites opératoires simples ou d'états de choc.

1° Suites opératoires simples.

En ces circonstances les variations observées n’ont permis de constater qu’une légère hausse des chiffres d’eau globulaire totale, parfois même aucune modification de celle-ci. Le déséquilibre se marque surtout à l’intérieur des cellules par une chute toujours notable de l’index d’eau liée aux protéines et une augmentation de leau libre.

OBS. I. —— Mme C... Ablation d'un volumineux Kyste ovarien.

Avant toute intervention. (N° 97.) Volume plasmatique: 3 litres 080.

Volume globüulaire moyen: 89 Index d’hydratation globulaire:

Eau totale”. -. + © 702 Eau libre Rire ee 523 BASÉE Ter 179

Une heure après intervention. (N° 98.)

Volume plasmatique: 2 litres 700.

Volume globulaire moyen: 90 & Index d’hydratation globulaire:

PAR TOTAIE TERRES 728 PAU Nbre Arr 590 aueliée ter Pet 138

48 heures après intervention, (N° 99.) Volume plasmatique: 3 litres 150.

Volume globulaire moyen: 86 y?

Index d’hydratation globulaire:

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