‹ Les mille et une nuit,: contes arabesChapitre 3 sur 59 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

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L n'eft pas befoin de prévenir le Le&eur fur le mérite & la beauté

des Contes qui font renfermés dans cet Ouvrage- Ils portent leur recommandation avec eux :

Il ne faut que les lire , pour demeurer d'accord , qu'en ce genre on n'a rien vu de fi beau jufqu'à préfent dans aucune langue.

En effet , qu'y a-t-il de plus ingénieux , que d'avoir fait un corps d'une quantité prodigieufè de Contes , dont la variété eft furprenante > & l'enchaînement

x AVERTISSEMENT.

fï admirable f qu'ils femblent avoir été faits pour compofer l'ample Recueil dont ceux-ci ont été tirés Je dis l'ample Recueil^ car l'Original Arabe f qui eft intitulé Les mille t! une Nuit , a trente- fix parties; & ce n'eft que la traduction de la première qu'on donne aujourd'hui au Public. Onjgnore le nom de l'Auteur d'un fî grand Ouvrage ; mais vraifemblablement , il n'eft pas tout d'une main : car comment pourra-t-on croire y qu'un fcul homme ait eu l'imagination aflez fertile pour fuffire à tant de fi&ions ?

Si les Contes de cette efpece font agréables & divertiflans par le merveilleux qui y règne d'ordinaire, ceux-ci doivent Tçm-

AœRTlSSEMENT. xj porter en cela fur tous ceux qui ont paru jpuifqu'ils font remplis d'événemens qui furprennent & attachent Tefprit > & qui font voir de combien les Arabes furpaffent les autres Nations en cette forte de compofition.

Us doivent plaire encore par tes coutumes & les mœurs des Orientaux , par les cérémonies de leur Religion tant^Païenne que Mahométane ; & ces chofes Y fctnt mieux marquées que dans ks Auteurs qui en ont écrit > & que dans les relations des Voyageurs. Tous les Orientaux , Perfans, Tartares & Indiens , s'y font diftinguer, & paroiflent tels qu'ils font, depuis les Souverains jufqu'aux perfonnes de la plus baffe condition. Ainfi, fans avok

xïj AVERTISSEMENT.

efluyé la fatigue d'aller chercher ces Peuples dans leurs j Pays , le Lecteur aura ici le plaifir de les voir agir , Si de les entendre parler. On a pris foin de conferver leurs caraôeres , de ne pas s'éloigner de leurs expreflîons & de leurs fentimens ; & l'on ne s'eft écarté du Texte y qye quand la bienféance n'a pas permis de s'y attacher. Le Traducteur fe flotte que les perfonnes qui entendent, l'Arabe , £t qui voudront prendre la peine de confronter l'original avec la copie , conviendront qu'il a fait voir les Arabes aux François , avec toute la circonfpe&ion que d^mandoit la délicateffe de notre Langue & de notre tems. Pour peu même que

'AVERTISSEMENT, xïi} ceux qui liront ces Contes , foient 4irpofés à. profiter des exemples de vertus & de vices qu'ils y trouveront , ils en pourront tirer un avantage qu'on ne tire point de la ledlure des autres Contes , qui font plus propres à corrompre les mœurs qu à Tes corriger»

Jnr.

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