‹ Les mille et une nuits: contes arabes (volume 3)Chapitre 32 sur 35 · CCLXXX' NUIT · texte numérisé non relu

CCLXXX' NUIT

ce Mon fils, répliqua la reine Gulnare, s'il n'y a que la princesse Giauhare au monde capable de vous rendre heureux , ce n'est pas mon intention de m'op-

poser à votre union , s'il çst possible qu'elle se fasse. Le roi votre oncle n'a qu'à faire venir le roi de Samandal , et nous aurons bientôt appris s'il est toujours aussi peu traitable qu'il l'a été. »

Quelqu'étroitement que le roi de Samandal eût été gardé jusqu'alors depuis sa captivité par les ordres du roi Saleh , il avait toujours été traité néanmoins avec beaucoup d'égards , et il s'était humanisé avec les oiBciers qui le gardaient. Le roi Saleh se fit apporter un réchaud avec du feu , et il y jeta une certaine composition en prononçant des paroles mystérieuses. Dès que la fumée commença à s'élever , le palais s'ébranla , et l'on vit bientôt paraître le roi de Samandal avec les officiers du roi Saleh qui l'accompagnaient. Le roi de Perse se jeta aussitôt à ses pieds, et en demeurant le genou en terre : » Sire, dit-il , ce n'est plus le roi Saleh qui demande à votre majesté l'honneur de son alliance pour le roi de Perse ; c'est le roi de Perse lui-même qui la supplie de lui faire cette grâce. Je ne puis me persuader qu'elle veuille être la cause de la mort d'un roi qui ne peut plus vivre , s'il ne vit avec l'aimable princesse Giauhare. »

Le roi de Samandal ne souffrit pas plus long-temps que le roi de Perse demeurât à ses pieds. 11 l'embrassa, et eu l'obligeant de se relever : « Sire, repartit-il , je serais bien fâché d'avoir contribué en rien à la mort d'un monarque si digne de vivrp. S^il est vrai qu'une vie si précieuse, ne puisse se conserver sans la possession de ma fille , vivez , sire , elle est à vous. Elle a toujours été très-soumise à ma volonté; je ne crois

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pas qu'elle s'y oppose. » £n achevant ces paroles , il chargea un de ses officiers , que le roi Saleh avait ^bien voulu qu'il eût auprès de lui, d'aller chercher la princesse Giauhare, et de l'amener incessamment.

La princesse Gîauhare était toujours restée où le roi de Perse l'avait rencontrée. L'officier l'y trouva , et on le vit bientôt de retoitr arree elle et avec ses femmes. Le roi de Samandal embrassa la princesse : « Ma fille 9 lui dit-il, je vous ai donné un époux: c'est le roi de Perse que voilà, le monat*queleplHS accotnpli qu'il y aitaujourd'hui dans tout l'univers.La préférence qu'il vous a donnée par^iessus touftes les autres princesses , vous oblige vous et moi de lov en marquer notre reoonnaksance. »

« Sire , reprit la princesse Giauliare , votre majesté sait bie» que n^ai jamais manqué à la déférence que je devans à to«it ce qu'elle a esigé de mon obéissance* Je suis encore prête à obéir ; et j'espère que le roi de Perse voudra bien oublier le ntanfvais traitement que je lui at Élit: yt le cixms assez équitable powr ne l'imputer qu'à la nécessité de mon devoir. »

Les noces finrent célébrées dans le pulai&de k ville des EnchafAtemens., avec une solenmié ^àuilalit f^us grande, que tous les amans de la rekie magicienne, qtid aveient repris leur première ferme a» moment qu'elle avait cessé de vivre , et qui* e» étaient venus faive leurs remereîmens au roi ds^ Perse, a la reincf Gnlnare el au rbi Salek, y^ assistèrent. Ik^ étaient toAs-fils de roi, ou> princes, ou d'une qualité très* distinguée.

COUTES AllABES. 4^3

Le roi Saieh , enfin , conduisit le roi de Samandal dans son royaume , et le remit en possession de ses Etats. Le roi de Perse au comble de ses désirs, partit et retourna à la capitale de Perse avec la reine Gulnare ; la reine Farache et les princesses y demeurèrent jusqu'à ce que le roi Saleh vint les prendre, et les ratnenàt en son royaume sous les flots de la mer.

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