XXXI. Histoire de Sind-bad le marin .p
Hind-bad le porteur compare sa vie pénible à la vie heureuse et oisive de son voisin l'opulent Sind-bad. Celui-ci, pour lui prouver par combien de peines il a acheté sa fortune, lui raconte ses aventures. (74 e Nuit.) -
Premier voyage de Sind-bad le marin à Sumatra. (75 e et
76 e Nuit.) ' p. 6
Second voyage à Ceylan. ( 77 e à 78 e Nuit.). ...... p. *i6
Troisième voyage à Selahath. (79* à 82 e Nuit.). . . p. 26 , Quatrième voyage aux ttes de la Sonde* (83 e à 86 e Nuit.)
Cinquième aux mêmes (les, (87 e à 89 e Nuit.) p. 56
Sixième voyage à Ceylan. (89 e à 92 e Nuit.) p. 65
Septième voyage de Sind-bad à Ceylan. ( 93 e à 94 e Nuit.)
P- 79 * Les voyages de Sind-bad tiennent une des premières places
parmi les voyages imaginaires, dont l'Odyssée est le premier et le plus parfait modèle , et où Lucien , Swift, Cyrano de Bergerac, et divers autres auteurs ont entassé une foule d'aventures merveilleuses. Sind-bad prend une baleine pour une île. Enlevé sur des montagnes par d'énornies oiseaux ; enfermé
* comme Ulysse, dans une caverne , près d'être dévoré par un cyclope; lui enfonçant un fer rouge dans l'œil; s'échappant malgré les rochers que lui jettent les géans, et qui sont près de submerger son radeau; reçu à la cour d'un nouvel Alcinoûs; enterré avec une princesse qu'il avait épousée, et se sauvant, comme *Aristomène, en s'attachantà un animal qui était entré dans les tombeaux ; saisi ensuite par une espèce de magicien , qui s'en sert comme de monture , et dont il se défait en l'enivrant; se laissant, comme Candide, transporter sur une rivière souterraine qui le conduit à un véritable * Eldorado; enfin fait esclave, gagnant, * ainsi que Zadig, la confiance de son maître ; lui amassant de grandes richesses dans une aventure où se trouve surpassé tout ce qu'on a pu dire sur l'intelligence des éléphants, et enfin recouvrant lui-même une. immense fortune, dont il fait part au malheureux qui faisait entendre ses plaintes: tel est le résumé de ce conte , qui , outre l'intérêt qu'il présente , renferme encore des notions curieuses sur la géographie, l'histoire naturelle et les mœurs de diverses contrées de l'Orient. Une pièce tirée du conte de Sind-bad a pour titre la Feuve du Malabar , par M. St-Amand (Pseudonyme), représentée sur le théâtre du Gymnase, à la fin de i8aa (1).
XXXII. Les trois Pommes : Histoire d'une jeune dame massacrée par son mari p. 90
Ce conte renferme l'histoire des Barmécides tous condamnés à mort dans un accès de colère du khalyfe , et qui ont servi de sujet à un roman de madame de Genlis * , et à une tragédie de La Harpe. Giafar se sauve néanmoins en découvrant un homme meurtrier par jalousie , et un esclave qui avait donné lieu à ce meurtre en volant trois pommes que le mari avait données à sa femme. (95 e à 97 e Nuit.)
(1) Cette histoire ne fait pas, du reste , partie des Mille et une Nuits , quoiqu'elle 7 ait été comprise par Galland. Elle a été publiée avec le texte arabe par M. Langlès, et a servi de sujet à un commentaire fort étendu de M. Hole sarant anglais , imprimé à Londres sous le titre de on Arabimn Nights.
XXXIIL Histoire de Noureddyn-Ali et de Bedreddyn- H as-
san. • p. 106
Deux fils d'un vézyr d'Egypte se disputent sur le mariage de leurs enfans qui ne sont pas encore nés. * Cette querelle a pu fournir le sujet d'une des plus piquantes anecdotes contenues dans la Galerie morale et politique de M. de Ségur. C'est encore, à quelque chose près, celle de Chapelle et du Grand Condé formant le projet d'aller convertir les Musulmans , et se battant presque pour décider lequel des deux aurait l'honneur du martyre. Les deux frères se séparent : l'aîné reste en Egypte vézyr; l'autre le devient à Balsora. Tous deux se marient et ont, le premier une fille, l'autre un fils. Ce dernier est disgracié après la* mort de son père ; un génie l'enlève jusqu'au Caire, où le sulthan, irrité contre son vézyr qui le refusait pour gendre, avait ordonné d'unir sa fille à un palefrenier bossu. Le jeune Bedreddyn prend la place du bossu, que le génie effraie et force à passer la nuit la tête en bas contre un mur. Le lendemain matin Bedreddyn est enlevé jusqu'à Damas, el laisse la princesse enceinte. Il se fait pâtissier pour vivre, et huit ans après, son fils Agib vient dans cette ville avec sa mère et son oncle. Il mange des tartes chez son père, que le vézyr d'Egypte reconnaît. Il s'irrite contre lui, le condamne à mort parce que, dit-il, il n'a pas mis de poivre dans une tarte à la crème, et le conduit jusqu'au Caire, où il lui fait retrouver à la fois sa mère, sa femme et son fils. (98 e à 126 e Nuit.)