II
<t Après lu'avoir informe de ces choses , ils m'emmenèrent avec eux clans leur navire , dont le capitaine se fit un plaisir de me recevoir lorsqu'il apprit tout ce qui m'était arrivé. Il remit à la voile; et, après quelques jours de navigation , nous abordâmes au port d'une grande ville dont les maisons étaient bâties de bonnes pierres.
« Un des marchands du vaisseau , qui m'avait pris en amitié , m'obligea de raccompagner , et me conduisit dans un logement destiné pour servir de retraite aux marchands étrangers. Il me donna un grand sac ; ensuite , m'ayant recommandé à quelques gens de la viUe qui avaient un sac comme mai , et les ayant priés de me mener avec eux amasser du coco : « Allez , me ditil, suivez -les ; faites comme vous les verrez faUe , et ne vous écartez pas d'eux , car vous mettriez votre vie en danger. » Il me donna des vivres pour la journée , et je partis avec ces gens.
« Nous arrivâmes à une grande foret d'ai'bres extrêmement hauts et fort droits , et dont le tronc était si lisse , qu'il n'était pas possible de s'y prendre pour monter jusques
CONTES ArxABES. 20"^
aux branches où étaient les fruits. Tous ces arbres étaient des cocotiers dont nous voulions abattre le fruit et en remplir nos sacs. En entrant dans la forêt , nous vîmes un grand nombre de gros et de petits singes , qui prirent la fuite devant nous dès qu'ils nous aperçurent , et qui montèrent jusqu'au haut des arbres avec ime agihté surprenante »
Scheherazade voulait poursuivre ; mais le jour, qui paraissait, l'en empêcha. La nuit suivante elle reprit son discours de cette sorte :
2o8 lES MILIE ET CNE NDITS ,