DÉCOUVERTS A RENNES
Au point de vue chronologique, les inscriptions qui ont été récemment découvertes à Rennes peuvent être groupées de la façon que voici :
Une est relative à l'empereur Septime Sévère et à ses deux fils, Caracalla et Geta;
Deux sont communes à l'empereur Maximin et au césar Maxime;
Trois sont relatives à Postume;
Quatre donnent le nom de Victorin;
Trois mentionnent enfin Tetricus le père.
Il existe, de plus, cinq ou six fragments qui ne peuvent pas être restitués d'une façon certaine.
I. — Milliaire relatif à Séptime Sévère et a ses deux fils. (Pl. VIII.)
imp. caes.
divi m. aur. antonini pii germa1 ni CI SARMaHci f. divi commodi /VATRE Divi antonini pii n.
5 diVl HADRiaru pron. I. sept.
sEVERO PIo pert. aug. arabico iDIABENico parthico p. m. trib.
POTES VI... et imp. caes. I. de 198 à 201.
SEPTIMI severi pii pertinacis 10 AVG FIL m. aur. antonino auG TRIB potes... et getae CAESAri aug. n. fil.
aVGG. nn
[Imp(eratori) Caes{ari) divi M(arci) Aur(elii) Antonini pii Germanïjci Sarm[atici fiilio), divi Commodi fr]atre, di[vi Antonini Pii n(epoti), di]vi Hadr[iani pron(epoti), L(ucio) Sept(imio) S]everoy pi[o, Pert(inaci), Augiusto), Arabico], Adiaben[ico, Parthico, p(ontifici) m(aximo), trib(unicia) ]potes{tate) VI[... et imp(eratori) Caes(ari) L(ucii) ]Septimi(i) [Severi, pii, Pertinacis], Aug(ustï) fil{io), [M(arco) Aur(elio) Antonino, Au]g(usto), trib(unicia) [potes(tate)..., et Getae] Caesa[ri, Aug(usti) n(ostri) f{ilio)2. A]ugustis) [n{ostris) (duobus.)
1. II reste de cette seconde ligne quelques traces de lettres qui sont trop peu nettes pour que je puisse en donner une lecture certaine. Je crois qu'il faut y reconnaître un A et un V.
2. Après avoir fait périr Geta, peu de temps après la mort de Septime Sévère, Caracalla obtint du Sénat l'abolition de la mémoire de son frère. Les
A l'empereur César Lucius Septime Sévère, pieux, Pertinax, Auguste, Arabique, Adiabénique, Parthique *, Souverain pontife, revêtu de la puissance tribunice pour la fois, fils du divin Marc Aurèle Antonin, pieux, Germanique, Sarmatique, frère du divin Commode, petit-fils du divin Antonin le Pieux, arrière -petit -fils du divin Hadrien; à Fempereur Marc Aurèle Antonin (Caracalla), Auguste, fils de Lucius Septime Sévère, pieux, Auguste, revêtu de la puissance tribunice pour la ...e fois, et à Geta César, fils de notre Auguste. A nos deux Augustes2.
Une indication de distance devait être gravée sur le socle du milliaire.
Comme Septime Sévère avait pris le surnom de Pertinax clés Tannée 193, à son arrivée au pouvoir, on doit supposer que ce mot se trouvait exprimé aux sixième et neuvième lignes de l'inscription, bien qu'il ne paraisse pas cependant qu'il y ait eu sur la pierre toute la place suffisante pour qu'il y figurât en toutes lettres.
noms et les titres du jeune prince furent alors effacés sur tous les monuments avec une telle rigueur que ceux de P. Septimius Geta, frère de Septime Sévère, durent à cela d'être martelés sans aucune raison et seulement parce qu'ils les rappelaient. Le milliaire de Rennes échappa à cette mutilation. D'une façon générale, d'ailleurs, les décrets du Sénat ne paraissent pas avoir été suivis bien rigoureusement dans les provinces extrêmes de l'empire. En Gaule surtout, et en dehors de la Narbonaise, les martelages d'inscriptions sont des plus rares. Il faut y voir peut-être le résultat d'une soumission plus apparente que réelle qui explique avec quelle facilité les différentes provinces se séparèrent de l'empire.
1. C'est-à-dire : Vainqueur des Arabes, vainqueur de l'Àdiabène (province d'Assyrie) et vainqueur des Parthes. Ces titres furent pris en 195. On sait que c'est l'année suivante que Septime Sévère se fabriqua la généalogie qui le faisait descendre d'Hadrien, et qu'il donna à son fils aîné, Bassianus, les noms de Marc Aurèle Antonin. Caracalla n'est qu'un sobriquet.
2. On pourrait aussi traduire : A nos Augustes, et appliquer cette formule aux trois princes, bien que Geta n'ait ici que le titre de César.
A la huitième ligne, le nombre des puissances tribunices de Septime Sévère reste incertain et peut être compris entre vi et vi[m], ce qui a pour effet de faire varier la date du texte de Tannée 198 à Fannée 201.
On sait que ce fut en 198, et avant le 3 mai !, que Caracalla fut associé à l'empire. Geta reçut alors le titre de César.
II. — Milliaires relatifs à l'empereur Maximin et au césar Maxime (Pl. IX).
2 (fig. 1).
IMP CAES GIVL ^ERO MAXIMINO PIO FEL AVG GER M.XIMO
TR P CONS ÏÏÏ • PROCONS P. chr. 236?
5 PP OPTIMO MAXIMOQ PRINC'P, NOSTRO ET G IVL.VERO ]V\XIMO GER MlXIMO NOBILISS (LES • AVG NOSTRI FILIO
Imp(eratori) Caesiarï) G(aio) Juliio) Vero Maximino, pio, feliici), Aug(usto), Ger(manico) maximo, tr(ibunicia) p(otestate), cons(uli) III, procons(uli) , piatrï) p(atriae), optimo maximoq{ue) principi nostro; et