CHAPITRE VII
POLYCHROlSME
L application aux plaques minces des méthodes, qui permettent de constater le polychroïsme des cristaux colorés, se fait avec la plus grande simplicité et, dès 1869, M. Tschermak * en a signalé Futilité pratique.
On enlève l'analyseur, et Ton conserve le polariseur dont nous supposerons le plan de vibration N.-S.. Le problème est, comme on le sait, entièrement résolu, quand on a pu constater la couleur que conserve le minéral, lorsque les rayons polarisés le traversent en vibrant suivant les directions des trois indices principaux w,, n», rip. On cherche la section la plus biréfringente qui contient sensiblement n, et n^ et, après avoir supprimé l'analyseur, on fait coïncider successivement n^ et n^ avec le fil N.-S. du réticule ; les couleurs constatées correspondent aux vibrations traversant le cristal suivant cette direction.. Il suffit alors de chercher une des sections de la zone parallèle à n„ ; les plans perpendiculaires aux bissectrices et aux axes optiques en font partie. Elles présentent suivant leurs extinctions la couleur propre à la vibration suivant n^, et une combinaison dés deux couleurs précédentes.
En général, dans les plaques très minces, raffaiblissement de la teinte est tellement prononcé qu'il est parfois difficile de recon-
* Tschermak, SiUungsber. der K. K. Akad. d. W., LX, mai 1869.
naître, au premier coup d'œil, un minéral que Ton n'a jusqu'alors observé qu'en échantillons volumineux. Il en résulte que certains minéraux colorés et polychroïques perdent entièrement ces propriétés dans les plaques minces ; d'autres au contraire conservent un polychroïsme extrêmement intense ; en un mot la sensibilité du procédé, employé comme caractère distinctif, s'exagère et donne une échelle plus étendue qu'avec des lames épaisses.
Le mica noir, la tourmaline, les amphiboles, Thypersthène, les chloritoïdes conservent leur polychoïsme en plaque mince. Le pyroxène, le péridot, la cordiérite, l'andalousite, le disthèùe s'en montrent à peu près dépourvus. L'épidote offre à ce point de vue des caractères très variables, le plus grand nombre de ses variétés est très peu polychroïque.
Un des faits les plus curieux que l'étude des plaques minces ait mis à jour au point de vue du polychroïsme, consiste dans l'existence d'auréoles très polychroïques* se développant autour de certaines inclusions, au sein des minéraux plus ou moins colorés.
C'est en général autour des petits cristaux de zircon *, si abondamment répartis dans la plupart des roches cristallines, que se produisent les plus intenses de ces auréoles ; elles sont notamment caractéristiques dans Tandalousite, la cordiérite et le mica noir ; on lès rencontre moins marquées dans la tourmaline et les amphiboles. Les teintes de polychroïsme sont en relation avec la position des indices principaux du minéral englobant. L'allanite développe dans le mica noir des auréoles aussi intenses que le zircon.
L'apatite jouit, à un degré moindre, des mêmes propriétés que le zircon ; ses petits cristaux sont parfois entourés de bordures un peu plus polychroïques que le reste du minéral encaissant.
Voici la liste des principaux minéraux polychroïques en plaques minces avec mention de leui^s couleurs principales suivant Tig, n., et Up.
* RosENBUscH. Die Steigerschiefer, Strasbourg, 1877. ■ Michel LÉVY, C. R. 24 avril 1882.
POLYGHROISME
— Allanite (orthite). • .
— Amphiboles.
Actinote
Hornblende • • • • .
Hornblende ferrifcre.
Pargasite
AriVedsonite,
Glaucophane
Grunérite
Richtérite
Andalousite (auréoles autour des zircons) .
+ Ardennite. • I Garpholite .
X Chlorites . .
+ OChloritoïdes .
O Gordiérite.
{Auréoles autour des zirc) .
O Gorindon