C. Bird reef io mètres (sans valeur
D. Battery reef 2»,60
Parmi ces reefs, l'un, le Bird reef, est formé de petits galets gros comme des œufs d'oiseau (d'où son nom) ; c'est un reef très caractéristique et que l'on retrouve, toujours semblable, d'un bout à l'autre du Rand, jusqu'à Modderfontein (à l'extrémité est).
Les autres (et notamment le Battery reef, qui est le plus riche) sont, au contraire, formés de galets, parfois tellement gros qu'il ne reste plus de place entre eux pour le ciment aurifère *. Il est remarquable que, dans ces reefs à galets énormes (jusqu'à 10 centimètres de diamètre), comme le reef de la vallée de Geldenhuis
1 II résulte môuie, de la presque horizontalité des couches, que leur direction et le sens de leur plongeaient semblent, en certains points, très différents de ceux des couches plus redressées du Chanip d'or.
* Quand nous étudierons la structure niinéralogiquc des minerais en détail, nous insisterons sur ce fait essentiel que l'or est toujours dans le ciment qui relie les galets entre eux, jamais dans ces galets mêmes.
au Nord du Main-Reef, ou celui-ci au Sud, on trouve souvent des galets de quartzite blanc analogue à celui qui forme les épontes des conglomérats, tandis qu'il n'en existe pas dans les conglomérats aurifères de la série du Main-Reef.
Le Battery reef contient des délits micacés, dus sans doute au métamorphisme, nombreux et bien marqués ^ On a trouvé, dans cette épaisseur de conglomérats, des veines irrégulièrement disposées au milieu de la masse et fort difficiles à suivre, si ce n'est par tâtonnements, qui donnent localement aux essais de bonnes teneurs en or. Les tentatives d'exploitation, qui sont faites en ce moment sur cette série du Battery reef ou Kimberley reef, en quelques points du Rand, comme à Rip, à Marie-Louise, etc., pourront avoir un certain intérêt pour Tavenir du pays ; car ces reefs à gros galets, qu'on a toujours considérés, jusqu'ici, à la suite de divers essais infructueux, comme sans aucune valeur réelle, se prolongent sur de très grandes étendues.
On songe, d ailleurs, à utiliser, au Rip, les conditions spéciales d'horizontalité du reef pour étudier un projet d'exploitation à ciel ouvert, et Ton va commencer un broyage à sec qui, avec ces minerais d'affleurement à gros galets très distincts de leur gangue, paraît, au moins comme principe, assez rationnel.
Dans ce groupe du Champ d'or, du French Rand et de Rip, il existe d'assez nombreuses failles transversales Nord-Est, parfois accompagnées de dykes, et quelques accidents longitudinaux.
Au delà du French Rand et de Greys Mynpacht, on rencontre, dans les exploitations, comme nous l'avons dit déjà, une lacune importante, correspondant à peu près certainement à l'existence d'une grande faille, qui rejette les couches vers le Sud d'environ 4 kilomètres ; après quoi, l'on entre, avec la région de Roodepoort, dans la grande zone d'affleurements à peu près continue, que nous allons pouvoir suivre désormais presque sans interruption, jusqu'à Bocksburg, et même jusqu'à Modderfontein.
1 En des points assez nombreux du Rand (district d'Heidelberg, etc.), il s'est déve* loppé ainsi, évidemment par métamorphisme, du mica blanc secondaire assez abondant, dont on constate au microscope la présence relalivement fréquente dans tous les minerais de la région (voir notamment l'échantillon 1492-4 provenant de la Uobinsou, où un galet de quartz est ainsi enveloppé du mica).
luoojaaoou A3iu3awtx ll'l
oill
Cette rcîgion de Roodepoort comprend, comme mines en activité, de rOuest à TEst, Princess Estate, Durban Roodepoort, Roodepoort United Main-Reef, Kimberley Roodepoort et Vogelstruis*. Laissant de côté Princess Estate et Kimberley Roodepoort, que nous n'avons pas visités, nous allons indiquer l'allure des terrains dans les autres mines.
Les deux Compagnies de Durban Roodepoort et de Roodepoort United Hain-Reef sont très enchevêtrées Tune dans l'autre. Le long de l'affleurement, on a, de TOuest à l'Est (voir fig. 18) : d'abord TUnited M.-R. avec son bloc 3 et un bloc Evelyn' ; puis la Durban Roodepoort avec son bloc 2; l'United avec ses blocs 1, 2 et Evelyn ; enfin la Durban Roodepoort avec un bloc 1.
Dans tout ce dislrict, le reef principal, et que l'on a presque exclusivement exploité jusqu'ici, est le South-Reef, qui se pré sente avec des caractères ti^ès particuliers, sous forme d'une veine extrêmement mince, mais aussi fort riche ; en môme temps, le gisement est souvent d'une plateur extrême, parfois presque horizontal. Le Main-Reef n'a commencé à être exploité que tout à fait dans ces derniers temps.
La coupe complète présente à Durban Roodepoort (de bas en haut) :
Main-Beef. i"',60 à 2™,30
Bancs do gri's quartzile avoc plusieurs petits
bancs do conglomérat sans valeur .... 30 à 50 mètres.
South'Beef , . 0»,05à0«,15
Quarlzite stérile 4 à 2o mètres.
Conglomérat pauvre inexploité 0",10àO",30
Commençons par le mur du gisement, c'est-à-dire par le Main- /ï^e/et suivons-le d'un bout à l'autre de ce groupe d'exploitations :
A l'Ouest, dans le bloc n® 3 de l'United, ce banc n'a été atteint qu'au septième niveau et on l'a exploité seulement depuis le début de 1893. Il a, là, environ 1",20 d'épaisseur, y compris un banc de grès stérile au milieu. C'est un poudingue à gros galets
* 11 existe, en outre, la Roodepoort central fondée en 1863 et la Durban Roodepoort deep, qui n'en sont encore qu'à la période préparatoire.
* L'Evelyn est une concession, autrefois distincte, qui a été englobée récemment dans la Roodepoort United Main-Reef.
réguliers, où, par un fait très exceptionnel dans le Main-Recf, nous avons pu'constater la présence d'énormes galets de quartzite blanc ^ D'après un essai qui a été fait sur 20 000 tonnes de ce minerai, le rendement en or serait de 9 grammes sur les plaques d'amalgamation, 12 à 14 en tout '.
Dans le bloc n'' 2 de Durban, le Main-Reef a été seulement reconnu par un court traçage au sixième niveau. Dans les blocs 2 et 1 de l'United, il n'a môme pas encore été recoupé. Mais, dans le bloc 1 de Durban Roodepoort (dont le bloc 1 de r United est, en partie, le deep Icvel), le Main-Reef devient, au contraire, très riche, et est l'élément principal de l'exploitation.
Ce Main-Reef, dont la pente est là, beaucoup plus forte que dans l'Ouest (jusqu'à 45**), présente une épaisseur de l'",60 à 2", 30, très homogène, sans grès intermédiaire, avec de gros galets ronds ayant parfois 2 à 3 centimètres de diamètre. Contrairement à ce que nous verrons un peu plus loin, à Vogelstruis, la partie la plus riche est à la base. Le Main-Reef présente, dans ce quartier de la mine, de nombreuses et grosses veines de quartz stérile, qui semblent coupées au mur. La teneur pratique est de 13 grammes aux plaques, et 5 à la cyanuration, soit 18 en tout.
Enfin, à Vogelstruis, les travaux sérieux ne datent que d'un an ; l'affleurement du Main-Reef est reconnu sur une grande longueur; le reef a 1",20 à 1™,50; il est assez homogène et à gros galets, avec une veine particulièrement riche au toit, veine de O^jlS, parfois séparée du reste par un peu de grès et jouant, en conséquence, le rôle du Main-Reef Leader dans le centre du Rand. On annonce, d'après les essais, un rendement total de 12 à 15 grammes.
Du Main-Reef au South-Reef, la distance horizontale est de
'Echantillon 1454-10.
* On sait que, pour extraire Tor des minerais du Witwatersrand, on commence par les broyer sous des pilons et les faire passer sur des plaques de cuivre amalgamé, qui retiennent une certaine proportion de Tor : le reste (résidus ou tailings), après ou sans concentration, est traité par le cyanure de potassium, qui dissout une partie de For restant. En moyenne, l'amalgamation retire 60 p. 100 de Tor contenu dans le minerai ; c'est ce qu'on appelle le rendement aux plaques (ou mill yield) ; la cyanuration en extrait, de plus, 20 p. 100 et, jusqu'ici, on n'arrive pas encore à obtenir le reste.
40 mètres dans le bloc ouest de TUnited, de 53 mètres dans le bloc 2 de Durban.
Le South'Reef présente, dans cette région, des caractères assez constants d'une mine à Tautre.
Il est, presque toujours, extrêmement mince : 0"*,04 à 0'",06 d'épaisseur (bien que, dans l'exploitation, on soit amené à prendre au moins 0",70) et arrive parfois à former un simple
Fig. 19. — Minerai du Soulh-Reefà la Roodepoort United Main-Reef(6' puits vertical), montrant la disposition des galets de quartz (représentés en grisé) par rapport aux délits et plans de joints, au milieu d'un ciment siliceux à grains plus ou moins fins. Pyrite figurée en noir. (Ecli. 1454-6. — Epaisseur totale du reef. Grandeur nature.)
cordon de galets, ce qui est considéré comme un indice de richesse. La figure 19 montre, par exemple, la structure intime de ce reef et la façon dont les galets assez petits s'y disposent le long de plans de joints souvent suivis par des veines pyriteuses. On admet, généralement, qu'il est d'autant plus pauvre (môme comme teneur absolue) qu'il s'élargit davantage. D'autre part, on préfère les points où le cordon des galets du South-Reef est nettement distinct des grès encaissants (qui sont les mômes au toit et au mur), plutôt que ceux où il semble se fondre progressivement avec eux. On regarde enfin, comme un bon indice, la présence d'un joint savonneux avec taches de rouille sous le reef. En ce qui concerne les taches de rouille, l'explication en
est bien simple, puisqu'elles correspondent à Tabondance des pyrites, qui elles-mêmes englobent Tor ; quant au joint savonneux, qui joue le rôle d'une salbande et résulte, sans doute, d'une friction mécanique, son action enrichissante, si elle est réelle, peut être du môme ordre que celle que nous attribuerons au contact d'une couche schisteuse, c'est-à-dire correspondre à un plan naturel de circulation des eaux.
La minceur du reef et l'existence, à son mur, d'une série de petits reefs analogues, mais pauvres, entraînent des confusions fréquentes dans les travaux. Ce minerai est tellement difficile à reconnaître dans la mine de la roche encaissante que Ton est amené à sortir au dehors, pour la trier seulement à la clarté du jour, toute la roche abattue sur 0",70 de haut dans les chantiers.
La coupe du South-Reef est, par exemple, la suivante, de haut en bas, au cinquième niveau Est du bloc 2 de Durban Roodepoort, c'est-à-dire dans TOuest de Tenscmblc de concession que nous étudions :
I)(Hit scliisif'iix niiciicé non constant.
(iWs O^fiQ
\Ai à galfts aplatis se fondant av(>c le ^its du di'ssus, tfMKint jimTois jns({u*à 300 grammes d'(»r à la tonne sur 3 à 4 cenlimètres d'épaisseur 0",04
Banc de grès tenant parfois un peu d'or . . . 0",05 à 0",20
Joint argileux discontinu.
Dans quelques cas, les galets, qui définissent le South-Reef, au lieu de se localiser en un simple cordon, se disséminent sur 0"*,10 à 0'",12 d'épaisseur (tout Tor étant en bas); ailleurs encore, on a, au-dessus du reef riche, un lit de conglomérat semblable, mais pauvre, de 0™,08 d'épaisseur, séparé par 0™,10 de grès du Ut riche.
On trouve, en certains points de la mine, notamment au septième niveau ouest, des veines de quartz à éponte micacée, qu'il faut sans doute considérer comme des veines de sécrétion.
Plus à l'Est, dans la mine Est de l' United Main-Reef (blocs 1 et 2), on exploite également comme South-Reef, sur 0",60 à 0™,80 de haut, un grès avec quelques galets disséminés, à la base duquel se trouve un lit mince de conglomérat (footwall
TRAN&VAAI.. <fi
leader) à petits galets de 2 à 3 centimètres très rapprochés, sans beaucoup de pyrite. La plus grande partie du grès passe, avec le conglomérat, aux pilons ; car elle contient aussi un peu d'or ; mais on estime que 70 p. 100 de Tor, au moins, viennent du conglomérat de la base.
On observe parfois, au toit de ce conglomérat, une veine quartzeuse avec de la chlorite verte.
Il est à noter qu'à 3 mètres environ de part et d'autre de ce reef, il existe deux autres reefs, presque identiques d'aspect, mais pauvres, avec lesquels il est facile de le confondre. Peut-être ces trois reefs minces correspondent-ils aux trois veines dans lesquelles se divise habituellement, comme nous le verrons, le South-Reef dans le centre du Rand et surtout dans TEst, par exemple à Modderfontein.
Quand on arrive vers l'Est, au bloc 1 de Durban Roodepoort, le South-Reef, en conservant les mômes caractères, mais avec une certaine tendance à s'élargir, s'appauvrit.
Enfin, à Vogelstruis, le South-Reef repose, comme à Durban Roodepoort, sur un délit argileux, véritable salbande, au-dessus de laquelle est le cordon de galets (d'autant plus riche qu'il est plus mince et les galets plus gros), qui parfois disparait, tandis que ce délit subsiste comme fil conducteur.
Quelques chiffres donneront une idée de la façon dont la pente des couches varie dans le groupe de concessions que nous venons d'examiner.
Dans le bloc Ouest de TUnited, la pente est ordinairement de 23'', sans vraie plateur de ce côté, mais très accidentée et coupée par de petites failles.
Dans le bloc 2 de Durban, la pente est de 2i« à l'Ouest, de 33^ à l'Est, avec des plateurs absolues et des gondolements.
Dans le bloc Est de l'United, de môme, le reef affecte la forme d'une surface gondolée presque horizontale avec des sortes de vagues et parfois de brisures, arrivant par endroits à une inclinaison de 30°, et ailleurs descendant à zéro.
Le bloc Est de Durban Roodepoort présente une inclinaison assez forte, d'environ 45'', avec une certaine complication de failles dans l'Ouest.
ÉTUDE SPÉCIALE DES GITES AURIFÈUES DU WITWATKRSUAND 243
Plus à TEst, sur la concession Vogelstruis, la pente est, à rOuest, à Taffleurement, de TO"" sur Thorizontale ; au centre, elle se réduit à 43° jusqu'à 100 mètres de profondeur, où elle tombe à environ 30*^ (plus faible qu'à Durban Roodcpoort) ; enfin, vers TEst, elle continue à s*aplatir. La région de Kimberley Roodcpoort est assez fortement faillée ; vers Vogelstruis, la régularité paraît, au contraire, assez grande, sauf un gros dyke et quelques petites failles à TEsl.
Au delà de Vogelstruis, la série du Main-Reef se continue par Bantjes, Aurora, Main-Reef, Nabob, Anglo Tharsis, Langlaagte Star, Crœsus, Langlaagte Block B, United Langlaagte, Paarl Central, Langlaagte Royal, jusqu'à Langlaagte Estate, en traversant une zone que tous les travaux faits jusqu'ici ont conduit à considérer comme pauvre et où, par suite, des exploitations restreintes, telles qu on les a organisées dans les premiers temps de l'industrie du Transvaal, n'ont donné que de très médiocres résultats. Les seules chances éventuelles de succès avec les minerais pauvres sont, en effet, dans une exploitation intensive faite sur de grandes étendues avec de fortes batteries et des frais généraux réduits. Les mines que nous avons visitées dans cette zone sont celles de Main-Reef, Crœsus et Langlaagte Royal.
D'une façon générale, on peut dire que, dans cette région, le Main-Reef et le Main-Reef Leader paraissent à peu près inexploitables ; seul le South-Reef peut donner certains résultats.
Si Ton commence par l'Ouest, la concession de Hain-Reef est divisée en deux parties : l'une à l'Ouest, sur laquelle portent des travaux peu fructueux; l'autre, à l'Est, où le South-Reef était plus riche, mais s'est trouvé rejeté en profondeur par tout un système de failles Nord-Est.
Sur la New-Crœsus, où les travaux ont pris récemment un grand développement, en môme temps qu'on installait une batterie considérable (60 pilons prêts, 60 devant fonctionner en mars 1896), on peut mieux étudier le caractère des reefs et nous avons été très frappé, le hasard nous ayant conduit le môme jour dans cette mine et dans une autre située à l'autre extrémité du Rand, la Henry Nourse, de voir combien, richesse à part, les caractères minéralogiques étaient comparables dans les deux
mines : ce qui est conforme avec l'idée émise plus haut qu'il était peut-être possible de suivre le faisceau des couches d'un bout à l'autre du Rand.
A la New-Crœsus, la série des reefs comprend, du Nord au Sud : Main-Reef et Main-Reef Leader juxtaposés, comme cela leur arrive souvent; Middle Reef, sans valeur, à 5 mètres du Main- Reef et South-Reef. La pente moyenne est, dans les niveaux supérieurs, de SO"*.
Le Main-Reef, formé, comme toujours, de galets assez réguliers, gros comme des noix, a de 1™,50 à 2", 50 d'épaisseur, y compris quelques bancs de grès intercalés et est séparé seulement du Main- Reef Leader par un très mince joint gréseux de 0™,15 à 0"*,20 d'épaisseur, qui parfois disparait ; ce leader, à galets plus gros et plus irréguliers, a lui-même une épaisseur de 0™,10 à 0",30. La teneur des Main-Reef et Main-Reef Leader confondus est très variable ; sur de longues zones, la teneur aux essais est de moins de 9 grammes, et, par suite, le minerai est inexploitable ; mais il y a également des massifs où elle se maintient à 23 grammes. La partie riche se trouve souvent au mur.
Le South-Reef se divise volontiers en trois veines, réparties sur 1 mètre de large, en sorte qu'on abat le tout pour faire seulement, à la surface, un triage sommaire.
La veine du toit, ou Main-Body, a environ 0™,25 d'épaisseur, parfois 0'",30 à 0™,oO.
La veine du milieu est presque toujours pauvre.
Enfin la veine riche est celle du bas, qui a une épaisseur de 0",02 à 0*°,18. Ce dernier leader ne contient parfois que de très rares galets et tend à se confondre alors avec les grès encaissants, comme cela arrive également à l'extrémité Est du Rand, à Modderfontein. Il est d'une teinte particulièrement foncée et contient souvent des galets de quartzite fin d'un noir mat, fréquemment anguleux.
La teneur y est extrêmement irrégulière ; elle peut s'élever à 300 grammes sur une épaisseur de 0",07 h 0",i2 et il arrive qu'on y constate la présence de l'or visible; mais, en moyenne, la teneur des minerais de Crœsus est pauvre et ne doit pas dépasser, comme rendement industriel, 12 à 14 grammes.
Les couches, dans celte mine, sont généralement régulières et peu disloquées ; il existe toutefois, dans TEst, un gros dyke de porphyrite de 25 à 30 mètres de large, ne rejetant pas les couches, avec un petit dyke qui s'en détache latéralement à TOuest.
A Langlaagte Royal, les reefs sont les mômes et également pauvres, mais, en outre, très disloqués. La pente est d'environ 42** dans les niveaux supérieurs. Le Main-Reef, avec Main-Reef Leader associé, a de 1 mètre à 5 mètres d'épaisseur; dans les premiers niveaux, l'or s'y trouvait surtout au toit, dans le Leader, comme c'est l'habitude au centre du Rand ; dans les niveaux inférieurs, il se trouverait plutôt à la base. En raison de cette irrégularité dans la distribution de l'or, on est amené à faire, en chaque point, des essais pour déterminer où se trouve la partie la plus riche du reef et à prendre, sur cette partie, environ 1 mètre d'épaisseur, hauteur nécessaire pour les travaux.
Ce Main-Reef a, tantôt, son aspect habituel, avec galets de môme grosseur moyenne, régulièrement distribués ; tantôt, au contraire, les galets sont irréguliers, gros par endroits et assez disséminés. En le suivant, par exemple, au septième niveau ouest, on le trouvera, à un endroit, large de 0™,33 avec une mince veine riche de teinte sombre à la base, un peu plus loin atteignant 2", 30 d'épaisseur, puis réduit à zéro.
Le South-Reef se compose, en général, d'un mince lit de galets de 8 centimètres, correspondant à la veine du mur de la Crœsus et surmonté de quartzite noir, dans lequel on retrouve un cordon discontinu (Stringer) de galets disséminés. Après avoir donné de bons résultats jusqu'au cinquième niveau, ce South-Reef s'est fort appauvri et le manque de travaux de traçage préalables n'ayant pas permis d'augmenter sa teneur par mélange avec des minerais riches provenant d'autres chantiers, on a dû arrêter la batterie.
Après la Langlaagte Estate, nous entrons dans la zane riche du centre du Rand : Crown-Reef, Johannesburg Pioneer et Ronanza, Robinson, Worcester, Ferreira, Wemmer, Salisbury, Jubilee, Village Main-Reef, City and Suburban, Meyer and Charlton, Wolhuter, Spes-Bona, George Goch et Metropolitan, Henri Xourse, New- Heriot, Jumpers, Treasury, Geldenhuis Estate, Simmer and Jack, etc. Nous avons visité toutes ces mines, à l'exception de la
Worcester, de la Meyer and Charlton, de la Spes-Bona et de la Treasiiry qui, encadrées entre des mines bien connues, n'auraient rien eu de plus à nous apprendre sur Tallure générale des gisements, et nous allons les décrire, de TOuest à TEst, dans Tordre où nous venons de les énumérer, en passant parfois rapidement sur certaines des plus fameuses, Crown-Reef, Robinson, Ferreira, etc., que tous les visiteurs successifs s'accordent généralement à décrire et qui, par suite, ont déjà été ailleurs suffisamment étudiées.
A la Crown-Reef, le Main-Recf, d'une épaisseur de 3 à 4 mètres, est encore, comme àLanglaagte, contiguauMain-Reef Leader, qui parfois n'en est même pas séparé par un nerf de grès ; mais, au point de vue industriel et pratique, on l'en distingue soigneusement ; car ce leader, qui peut avoir environ 0™,40 d'épaisseur, tient 30 grammes d'or aux essais, tandis que le Main-Reef, dans les nombreux points où l'on a atteint, semble si pauvre (6 à 7 grammes en général), qu'on ne l'exploite presque jamais.
Entre le Main-Reef et le South-Reef, un Middle Reef, donnant S à 6 grammes, est inexploité.
Le South-Rcef, séparé du Main-Reef Leader par 30 mètres de quartzite, est divisé en plusieurs cordons de galets, remarquables par leur aplatissement et répartis sur une hauteur totale de 2 mètres. La partie la plus riche est, comme toujours, à la base. Par un phénomène que nous retrouverons fréquemment, il existe, au mur de ce reef, sur 60 mètres de long, une veine de quartz de 0",15 de large.
Au point de vue de l'allure des couches, cette mine présente deux faits très caractéristiques ; un grand dyke longitudinal, comme nous en rencontrerons plusieurs autres exemples dans le Rand (Ferreira, East Rand, etc.), traversé par les travaux au cinquième niveau, et un bloc central compris entre deux failles, rabaissé par rapport au reste.
Les caractères des reefs semblent, en partie, se prolonger, au Sud, sur la Crown-Deep, où ils participent peut-être égalenaent de ceux que nous trouverons plus loin dans la Robinson.
A la Bonanza (mine toute nouvelle, commencée seulement en mai 1894), le Main-Reef, dont l'épaisseur va de 0™,60 à 5 mètres, — souvent avec banc de grès intermédiaire — ne paraît, comme
dans la plupart des mines, exploitable que par tronçons. Il n'est quelquefois qu'à 0",70 du Main-Reef Leader, dont ailleurs il s'éloigne à 1",50.
Le Main-Reef Leader, encore peu mis à découvert par les traçages, est parfois très riche : ainsi, au troisième niveau ouest, 43 grammes sur i mètre d'épaisseur.
Entre le Main-Reef Leader et le South-Reef, qui constitue la principale richesse de la mine, la distance est d'environ 50 mètres. On attribue à ce dernier banc de conglomérat une épaisseur de 1",20, mais en y comprenant, en réalité, des bancs de grès intermédiaires; ainsi, au troisième niveau, qui est de beaucoup le plus riche et, par suite, celui où les chantiers d'abatage ont été le plus activement poussés, on a :
Conglomérat 0«,60
Grès 0 ,20
Conglomérat riche, tenant 60 grammes d'or .... 0 ,06
(Ms, 0 ,10
Conglomérat aurifère à 10 grammes ' 0 ,06
Ce sont là, sans doute, les trois veines de conglomérat aurifère, que nous retrouvons un peu partout dans le South-Reef. Par un phénomène beaucoup plus général qu'on ne le croit, mais intéressant à noter de temps à autre, on voit, sur un intervalle assez restreint, l'épaisseur des bancs de grès intermédiaires augmenter ou diminuer dans des proportions considérables ; il arrive aussi que, ces grès disparaissant presque, on ait un conglomérat aurifère sur près de 2",S0.
En outre de ces reefs utilisables on rencontre des reefs secondaires sans valeur, dits bastard reefs, au toit et au mur du South- Reef.
Les dykes et failles sont assez nombreux ici comme dans toute la partie centrale du Rand.
La Robinson est la mine du Rand la plus anciennement connue pour la richesse de ces minerais et, point intéressant, les niveaux les plus profonds, auxquels on est arrivé aujourd'hui, semblent avoir atteint une zone particulièrement riche ; ce dont il ne faudrait pas conclure, bien entendu, qu'il existe une loi d'enrichisse-
Ils
SI 1
ment en profondeur, mais ce qui prouve, tout au moins, qu'il n'en existe pas une d'appauvrissement.
C est une des mines où le Main-Reef est le plus activement exploite^. On le prend généralement en môme temps que le Main- Reef Leader, qui en est éloigné de 1 à 2 mètres. Au-dessous de ce Leader se trouve une salbande argileuse, séparée de lui par un peu de grès. Le Leader lui-môme a jusqu'à 1™,20 d'épaisseur.
Le South-Reef a une largeur qui peut varier dans un même niveau (au huitième) de 0°,12 à 0™,20.
A la Ferreira (fig. 20), pendant longtemps, on n'a exploité uniquement que le South-Reef, couche la plus riche dans toute cette partie centrale ; mais, depuis quelque temps, on a attaqué activement le Main-Reef Leader, et, peu à peu, on se met aussi au Main-Reef.
Le Main-Reef Leader et le Main-Reef, parfois séparés par un simple joint, le sont ailleurs par un intervalle stérile de 0",30 à 0",60.
Le South-Reef est formé de deux bancs de conglomérat, dont le plus riche est à la base, séparés par un grès qu'on avait toujours trié et rejeté comme stérile, jusqu'au jour assez récent où l'on s'est aperçu qu'il pouvait contenir parfois jusqu'à 25 grammes d'or.
Quand on étudie les variations des teneurs moyennes à divers niveaux, calculées d'après les résultats de l'exploitation en ces dernières années, on obtient le tableau ci-après (p. 230), où, comme on le voit, il n'apparaît aucune loi ni d'appauvrissement ni d'enrichissement progressif en profondeur; notamment le dixième niveau du South-Reef a été, jusqu'ici, le plus riche de tous.
A la Wemmer, l'intervalle entre le Main-Reef Leader et le Main- Reef qui, en somme, était presque toujours insignifiant dans les mines situées plus à l'Ouest, tend à s'accroître fortement ; le changement se produit assez brusquement suivant une grande faille située à l'Est de la Ferreira *.
1 La distance du Main-Reef Leader au South-Reef à angle droit sur les couches est, d'après MM. Ilatch et Chaliners, la suivante : à la Banket, 21 mètres; à Vogelstruis, 2i mètres; à VAurora, 33 mètres; à Main-Reef, 30 mètres; à Star, 30 mètres; à Crœsus, 27 mèires; à Langlaagte Estate, 16 mètres; à Ilobinson, 15 mètres; à Jubilee, lô-,60; à Ferreira, 19'",50; à Wemmer, 24,60; à Salisbury, i6",20: à City and Suburban, 19-,50;à Wolhuter, 15 mètres.
ce
oc u.
flC UJ
z liJ
liJ
NOMBRE
do
mètres de galeries
en traçage
oc4ifî«r»î5t-roor' ^ ^ c^i e^ <M ^
TENEUR MOYENNE
de la
couche aurifère
par tonne métrique
eu grammes
r« af) ^ w^i m4i .<) r^ Mt« .o
PUISSANCE MOYENNE
delà couche aurifère
en centimètres