‹ Les mines d'or du TransvaalChapitre 41 sur 80 · POIDS · texte numérisé non relu

POIDS

en

kilogram.

3iO

BROYAGE par jour et pilon

en août 1893 Tonnes métriques

* Les poids des pilons sont exprimés en livres anglaises de 453 grammes. 730 Ibs =s 340 kilogr.; 80O « 362 kilogr. ; 850 » 385 kilogr. ; 950 ^ 430 kilogr.; 1 050 « 470 kilogr.

Il est bien probable que, dans Tinégalité tout à fait anormale de ces rendements, intervient une influence, déjà signalée plus haut, celle des erreurs commises dans Tévaluation du nombre de tonnes broyées, et que les mines, où Ton semble broyer une quantité trop forte de minerai, sont, en partie, celles où la quantité de minerai passé aux pilons s'est trouvée elle-môme majorée, de manière à obtenir un prix de revient apparent plus économique.

E. Chloruration (Procédé Plattner). — Le traitement par broyage et amalgamation, que nous venons de décrire, a été, pendant quelque temps, jusque vers 1890 environ, le seul auquel on ait soumis les minerais du Transvaal; mais, surtout quand on s'est enfoncé à une certaine profondeur dans les couches et que Ton est sorti de la zone oxydée superficielle, la proportion de l'or ainsi directement amalgamé (free milling gold) est devenue trop faible pour qu'on n'ait pas cherché à extraire des résidus les 40 ou 50 p. 100 de métal précieux qu'ils pouvaient contenir encore. Les procédés employés alors ont été de deux sortes : préparation mécanique et réaction chimique ; dans une première période, on a surtout adopté la préparation par les fme vanners et la chloruration, que nous allons décrire ; mais, depuis 1891, la méthode de cyanuration s'est rapidement développée et la chloruration parait actuellement un procédé condamné; en môme temps, on substitue, de plus en plus, aux frue vanners les Spitzkasten, Spitzluten, cribles à secousses (jigs, etc.), dont nous parlerons dans un chapitre ultérieur.

"L^ frue vanner^ qui a joué longtemps partout et joue encore, en beaucoup de mines du Witwatcrsrand, le rôle essentiel pour la concentration des résidus aurifères, est un appareil bien connu, d'origine américaine, très préconisé par la maison de construction Fraser et Chalmers. Sa partie essentielle est, comme l'indique la figure 63 ci-jointe, une courroie inclinée sans fin en caoutchouc passant sur des rouleaux à ses extrémités et formant une surface plane de 1™,20 sur 3°*, 60, garnie, sur les bords, de bourrelets. Le minerai, broyé et mélangé d'eau, est amené à environ 1 mètre de la tète de la courroie et coule lentement, entraîné par des filets d'eau sur ce plan incliné, qui, en plus de son mouvement

TllAlTEHENT MÊIALLURGIQUË 433

de df^placemcnt longitudinal (en sens inverse de la pente), reçoit l'égulij^rcment des secousses transversales (200 par minute). 11 se fait ainsi une si^paration entre les parties nn^talliques plus denses, plus adhérentes à la courroie, qui remontent contrairement au courant d'eau et les parties quartzeuscs légères, qu'entraîne celui-ci, de sorte qu'on finit par obtenir, à un bout, les concentrés (pyrite et or), tandis que, de l'autre côté, s'écoulent des résidus sableux {laUin^s) et des boues fmes {siimes).

Blg. 63, — Frue Tanner (type Fraser el Chaluiers).

On met généralement deux vannoirs semblables, passant 5 à 12 tonnes par jour, pour chaque batterie de cinq bocards '.

La proportion pour 100 des concentrés au minerai broyé varie de 0,65 p. 100 à Langlaagte Estate, ou 1 ,07 à Cbimes, jusqu'à 2,80 à Robinson et 3,71 à Ferreira. Ces concentrés étaient, jusqu'à ces derniers temps, traités uniquement par la chloruration; aujourd'hui, on emploie aussi, comme nous l'indiquons plus haut, la cyanuration, avec certaines précautions un peu spéciales.

Ce traitement des concentrés par chloruration se fait dans un certain nombre d'usines spécialement oi^anisées à cet effet, notamment dans celles de la Rand Central Ore Réduction C', qui achètent, en conséquence, les concentrés aux diverses mines, ou encore dans celles de la Robinson et de la Simmer and Jack '.

' Le prix de Tappareil avec bâti complet, sans les cuves, est d'environ 3000 franc», son poids de 9b0 kilos : un ouvrier peut conduire, à, la Tois, huit appareils.

' La RobiDsoQ a trois fours de chloruration, la Simmer and Jack, une. La Transvaal Chemical Ct, dont l'objet easenUel est la fabricoUon de l'acide sulfurique, traite aussi ces coDcentrés.

TRAII8VUL. S8

Il ne se fait jamais sur des minerais tenant moins de 85 grammes d'or à la tonne et, généralement, la teneur des concentrés à traiter est de 125 à 150.

Les conditions, que la société acquérante cherche à obtenir, sont les suivantes : en supposant que les concentrés tiennent 100 grammes d'or à la tonne (environ 3 onces par tonne du Transvaal de 907 kilogrammes), on n'en paye que 92 ou 94 p. 100 (le reste étant supposé perdu) et l'on déduit, pour les frais, environ 80 francs, tandis qu'en réalité, on arrive, paraît-il, à extraire 98 p. 100, avec seulement 75 francs de frais; la différence, sur laquelle porte le marchandage, constitue le bénéfice plus ou moins grand de la société, qui opère ce traitement chimique.

Pour déterminer la teneur, on fait trois essais, l'un à la mine, l'autre à l'usine de la Rand Central C^ que nous prendrons pour type, le troisième à la Bank of South Africa et l'on prend la moyenne; à moins qu'il n'y ait plus de 1^,5 de différence entre les analyses, dans lequel cas on recommence.

Ces concentrés, très purs, renferment seulement du fer, des traces de nickel, rarement du cuivre, un peu d'argent (représentant environ 10 p. 100 de l'or en poids), qu'on laisse perdre à l'état de chlorure et jamais de plomb ni de zinc.

On commence par les sécher en utilisant la chaleur perdue des fours de chloruration ; puis on les grille dans un long réverbère de 15 mètres de long, au bout duquel se trouve une sole tournante (type Butters), de 6™,70 de diamètre extérieur, tenant environ 10 tonnes de minerai.

Cette sole tournante est une chose essentielle pour le succès de l'opération, parce qu'il faut absolument que le grillage soit complet et égal. Elle tourne, au moyen d'un engrenage latéral, à raison de 9 tours par heure. Le minerai, étalé sur 0",12 d'épaisseur, subit un rablage ; on le décharge toutes les huit heures : ce qui représente 3 charges par jour. L'appareil exige 6. noirs et 2 blancs et consomme 3 tonnes de charbon par vingt-quatre heures. Le résultat de l'opération est d'éliminer complètement le soufre, ainsi que les traces d'arsenic ou d'antimoine, qui pourraient exister et de transformer tous les métaux, à l'exception de l'or, en oxydes.

Puis vient un criblage dans un cylindre tournant pour retirer les noyaux de concentrés agglomérés, qu'on pulvérise ; et aussi les débris de fer, clous, etc., qui, s'ils arrivaient dans les cuves de chloruration, y précipiteraient Tor par réduction et amèneraient sa perte *. Quand cette opération est finie, on mouille un peu cette poussière, qui a pris une teinte rougeâtre, afin de faciliter plus tard la chloruration.

D'autre part, on prépare le chlore dans un appareil composé d'une petite cuve doublée de plomb, où Ton charge d'abord 67 kilogrammes de bioxyde de manganèse et 80 kilogrammes de sel marin, avec un peu d'eau; puis, après avoir abaissé audessus un couvercle, on fait arriver 125 kilogrammes d'acide sulfuriquc ; on donne un certain mouvement de rotation et l'on introduit, de temps à autre, de la vapeur d'eau*.

Le chlore, qui se dégage, vient alors réagir sur les concentrés grillés, c'est-à-dire transformés en oxyde de fer et or libre, dans 3 grandes cuves en bois D doublées de plomb (fig. 64).

Chacune de ces cuves tient 63 tonnes de concentrés, que l'on charge, sur une hauteur de 2™, 60, au-dessus d'un filtre en pierres couvert par des nattes de coco, à 0™,20 de fond, et Ton y ajoute, en plusieurs fois, 72 tonnes d'eau. La chloruration dure deux jours. Quand le chargement est terminé, on recouvre la cuve d'un couvercle à contrepoids, venant s'emboiter dans une rainure circulaire à fermeture hydraulique ; puis on fait arriver le courant de chlore, qui traverse successivement les 3 cuves, en commençant par celle où le minerai a séjourné le plus longtemps et finissant par celle où il n'a pas encore été soumis à la réaction.

Il se produit ainsi du chlorure d'or et du chlorure d'argent : ce deniier, insoluble, restant, avec l'oxyde de fer, sur le filtre, tandis que la liqueur jaune de chlorure d'or s'écoule au travers.

Celle-ci subit alors un traitement réducteur et précipitant au sulfate de protoxyde de fer, en présence d'un courant d'air, dans 3 cuves de mômes dimensions (fig. 65), situées à un niveau un

< Pour la môme raison, il est essentiel que le grillage ait été complet et n'ait pas laissé de sulfate de protoxyde de fer, qui amènerait une précipitation de Tor dans les cuves de chloruration.

' Il faut deux appareils semblables pour trois cuves de chloruration.

peu plus bas : c'est-à-dire que Ton fait arriver une dissolution de sulfate de fer (obtenue en E par Faction directe de lacide sulfurique sur de vieux fers) *, dans la cuve, où arrive, d'autre part, la liqueur aurifère.

Par l'action réductrice du sulfate de fer, l'or est précipité ;

Fig. 64.

Coupe verticale d'une usine de chloruralion.

A, réverbères de grillaf^ à sole elliptique. — B. appareils à chlore. — D, cuves de chloruralion, dont les couvercles peuveol être soulev<!^9 et abaissés au moyen d'une moufle mobile. Dans la cuve au-dessous se fait la précipitation de l'or. — E, cuve de régénération du sulfate ferreux.

on en fait écouler la plus grande partie par le robinet 0, et tous les mois, on vient racler le reste du dépôt aurifère, qui s'est formé au fond des cuves. La réaction chimique, qui produit la précipitation, dure vingt-quatre heures et le dépôt de lor, vingt-quatre heures; après quoi, la solution, appauvrie en or, passe par le tuyau n dans une autre cuve, où Ion ajoute de vieux fers pour précipiter les dernières traces d'or. Le changement de couleur de

* On dépense environ 220 kilograuiiues d acide sulfurique pour une cuve de chloruralion de 63 tonnes.

la liqueur, quand on y ajoute du sulfate de fer, permet, d'ailleurs, de juger s'il existe encore de l'or ea dissolution ou si l'opération est terminée.

Le précipité d'or est lavé, traité à l'acide sulfurique et au chlorure de sodium pour enlever rexc6s de sulfate ferreux et fondu dans un creuset de graphite.

Une usine, telle que celle que nous venons de déorire, traite, par an, 2 '700 tonnes de concentrés.

En 1894, sur 84 379 onces d'or extraites des concentrés dans le Itand, 62 79S l'ont été par la chloruration, 21 184 par la cyanura-

Quind l'OT s^pst d^p»!^, on ^oule le liquide Bt^rilisd par Je U liDB k liquide. OÛiDdlo luiiu ne tcrt pM, on le mcl dut li pou

tîon. Nous n'avons pas les chiffres précis pour 1893; mais ils doivent, assurément, témoigner d'un grand développement de la cyanuration (souvent, il est vrai, sans concentration préalable, ce qui peut fausser les chiffres des statistiques). 11 est certain, en outre, que l'on préfère, de plus en plus, les spitzlutcn aux frue vanners, à cause de la simplicité de l'appareil, de son économie et de la facilité avec laquelle il s'adapte à ta cyanuration directe.

Les frais de concentration ont été, en 1894, à la Langlaagte Ëstate, de 31 fr. 50 par once d'or produite, ou 48 fr. 75 par tonne de concentré. A la Robinson, ils ont été de 41 fr. 20 par tonne et seulement 7 fr. 50 par once : ce qui tient à la grande différence de richesse des minerais des deux mines et montre comment le procédé n'est recommandable que pour les minerais à forte teneur. En dehors de ces minerais riches, la chloruration

ne paraît devoir être conservée que pour certains minerais impurs, qui, par suite de la présence du cuivre ou d'autres métaux, ne peuvent bien se traiter par la cyanuration.

F. Cyanuration. — Les minerais une fois passés par Tamalgamation, il reste, comme nous Tavons dit plus haut, dans les résidus, environ 35 à 40 p. 100 de Tor total. C'est à ces résidus que nous venons de voir appliquer le procédé de la concentration par Frue vanners et de la chloruration. Nous décrirons également, plus loin, un système de concentration par Spitzluten.

Dans tous les cas, après séparation des concentrés, il s'écoule une sorte de boue, entraînée par un courant d'eau, qui, si on la fait arriver dans des bassins de dépôt, se divise en deux parties : d'une part, des sables plus ou moins fins, constituant les tailings proprement dits, qui se déposent; de l'autre, des parties fines restant longtemps en suspension et formant les slimes (Schlamms des Allemands).

C'estàces tailings, séparés des concentrés, que, depuis 1891, on a commencé à appliquer le procédé de la cyanuration, qui consiste à dissoudre l'or dans le cyanure de potassium et à le précipiter, soit par le zinc (procédé Mac-Arthur Forrest), soit par l'électricité (procédé Siemens et Halske). Actuellement, on commence à traiter, de la môme façon, les slimes.

Ce procédé au cyanure, qui n'a pas toujours donné de bons résultats en d'autres pays sur des minerais plus impurs et plus rebelles *, a merveilleusement réussi avec les minerais très purs du Witwatersrand, où l'or est à l'état de grains extrêmement fins, rapidement solubles et, ce semble, non combinés avec aucune autre substance et l'on peut dire qu'en permettant d'extraire 20 p. 100 de l'or des minerais, jusqu'alors considéré comme perdu, il a été le salut pour beaucoup de mines qui périclitaient et la fortune pour nombre d'autres. Son emploi, très simple, peu coûteux et probablement destiné, comme nous le verrons, à devenir encore plus

< Il parait, cependant, qu'on commence à Templo^-er en grand pour les tellurures complexes du nouveau district, déjà fameux, de Cripple Creek au Colorado. Il est déjà utilisé, en Australie, dans le Queensland, dans la Nouvelle-Zélande, aux États- Unis, etc.

économique dans Tavenir, s'est rapidement généralisé et tend aujourd'hui à détrôner, peu à peu, tous les autres modes de traitement.

Après lavoir, en effet, de 1891 à 1894», essayé timidement sur les résidus de la concentration, ou tailings, on a eu, plus récemment, ridée de supprimer la concentration même, et de soumettre à l'action du cyanure le minerai broyé, aussitôt après son amal* gamation ; plus tard, c'est l'amalgamation môme, qui va peut-être succomber à son tour ; car, depuis un an surtout, on s'évertue à chercher le moyen de faire passer le minerai, directement, du broyage aux cuves de cyanure, tantôt en conservant les pilons comme instrument de broyage, tantôt en leur substituant des cylindres ou d'autres appareils. Le procédé nouveau de cyanuration directe, outre un léger avantage d'économie* et une plus grande sécurité contre les vols, semble surtout permettre d'extraire une proportion plus forte de l'or contenu.

Nous ne pouvons songer à faire ici une étude complète de ce procédé si intéressant de la cyanuration, non plus que des autres modes de traitement des minerais d'or usités au Transvaal ; car nous n'écrivons pas, en ce moment, un traité de métallurgie • ; mais nous en rappellerons le principe et nous en indiquerons rapidement les plus récents progrès.

Quand le minerai, broyé et réduit à l'état d'une fine poussière délayée dans l'eau, s'écoule à l'extrémité des plaques d'amalgamation, cette pulpe, ou lavée, retient une certaine quantité d'or, qui

* Dés i8S9f quelques mineurs du district de Barberton formèrent le Gold Recovery Syndicale pour négocier avec la Cassel Gold extracting G', propriétaire du droit d'exploiter le brevet Mac Arthur Forrest en Afrique Australe. Leur société acquit, en effet, ce droit, et fit, auprès de la Salisbury, quelques expériences, qui durèrent jusqu'en novembre 1890. A ce moment, elle se décida à établir une première usine sur la Robinson. On obtint une extraction de 80 à 82 p. 100 et, en février 1892, la Gold Recovery fut flollée à Londres. Le succès du traitement pour les minerais pyriteux, dont Tapparition en profondeur commençait à inquiéter fort à ce moment, a fait, à la fois, sa fortune propre et celle du Witwatersrand.

' La dépense de mercure par tonne broyée n'entre guère que pour 0 fr. 07 sur un prix de revient total de 31 francs.

' Nous renvoj'ons, pour les principes, aux intéressants articles de M. delaBathie dans Le Génie Civil de février 1895, ou à l'ouvrage d'Eissler : The cyanide process of the extraction ot gold (1895).

Voir encore : G. Butters et E. Smart, Plant for the extraction of gold hy the Cyanide process, London, 1895. Le sujet a été traité par M. L. Gautier dans sa traduction française de la métallurgie de Schnabel (Baudry, 1896), p. 771 à 791.

a échappé, pour une cause quelconque, à Tamalgamation : or flot^ tant, rouillé ou grossier (floating, rusty, coarse gold), or combiné avec un métalloïde, or emprisonné dans la pyrite, etc.

La pulpe, soit après avoir été soumise à une concentration aux frue vanners, ou aux spitzluten, soit directement, se rend alors dans des cuves de dépôt (settling), où s*accumulent bientôt toutes les particules sableuses (tailings), tandis que les parties plus légères, argileuses, savonneuses (slimes) sont entraînées au loin. Le traitement, dont nous allons parler, s'applique, jusqu'ici, uniquement au tailings, qui représentent environ les 2/3 en poids du minerai broyé ; nous dirons, en terminant, avec quelles modifications on espère pouvoir bientôt l'adapter également aux slimes : ce qui constitue, pour l'avenir du Rand, une question de haute importance, puisque avec ces slimes se perd actuellement, en moyenne, un dixième de l'or total.

Quand un minerai d'or est mis au contact du cyanure de potassium en présence de l'air *, dans des cuves de dissolution (leaching vats) la réaction élémentaire qui, se produit et dont Faraday avait le premier reconnu l'existence est, d'après Eissler, la suivante :

2Au + 4KCy + G + H^O = 2AuKCy« + 2KH0.

Il se forme ainsi une dissolution de cyanure double d'or et de potassium, dont il est facile ensuite de précipiter l'or, soit par le zinc, soit par l'électricité, sur des couples plomb et fer.

En théorie, 2 parties de cyanure suffiraient pour dissoudre 3 parties d'or. En pratique, il en faut près de 40 pour 1 d'or, à cause de la facile décomposition du cyanure de potassium sous toute une série d'influences.

Quelques substances, désignées sous le nom de cyanicides, ont pour efi'et de détruire le cyanure de potassium et de gêner le traitement : ainsi les pyrites fines, à demi oxydées et transformées en sulfates acides, qui, si Ton ajoute à la liqueur un peu d'alcali ou de chaux, mettent en liberté une certaine proportion d'acide cyan-

' D'après Mac Arthur, Toxygène de Tair ne serait pas nécessaire ; mais la pratique de l'opération semble montrer le contraire ; il y a, en effet, une grande importance à remuer le minerai, de manière à renouveler ses contacts avec Tatmosphère.

hydrique gazeux et fonnent, avec l'or, un acide auricyanhydrique AuHCy', que le zinc ne précipite pas. La présence de métaux étrangers, tels que le cuivre, pourrait également avoir des inconvénients * ; mais, comme nous lavons dit déjà, dans les minerais du Witwatersrand, ces métaux font à peu près complètement défaut ; de telle sorte qu'avec Taide de la cyanuration on arrive; dès aujourd'hui, et bien que les slimes restent encore inutilisés, à retirer 80 à 88 p. 100 de Tor total des minerais. Il n'y a guère que quelques mines, comme TOrion, où la présence du cuivre réduit un peu le rendement. Le cyanure est également décomposé par lacide carbonique, Tacide sulfurique, les alcalis caustiques', etc.

Nous allons examiner successivement : 1° la dissolution de For dans le cyanure ; 2** la précipitation.

Au point de vue de la dissohilion de for dans le cyanure, les progrès récents ont consisté, avant tout, dans une classification préalable des tailings par grosseur et densité de grains, chaque classe exigeant un contact avec le cyanure d'une durée différente, et d'autant plus long que la substance est plus fine, en sorte qu'on peut, dans chaque cas, réduire le temps de l'opération au minimum, et faire, de ce chef, une économie dans les installations, la main-d'œuvre et même la dépense de cyanure; on a également diminué, de plus en plus, le titre des dissolutions cyanurées et dissolvantes et, dans cet ordre d'idées, l'emploi de l'électricité comme précipitant a permis d'arriver à des liqueurs extraordinairement diluées (jusqu'à un dix-millième), en rendant ainsi la perte de cyanure presque insignifiante ; en outre, on a, par toute une série d'artifices, multiplié les contacts du minerai avec l'air (la présence de l'oxygène étant, d'après la formule même, nécessaire pour la dissolution) et régularisé l'action des liqueurs cyanurées; enfin, accessoirement, on a perfectionné la confection des cuves où se fait la réaction , de manière à surveiller et éviter les fuites^ qui représentent une perte de cyanure

1 Ces métaux peuvent être partiellement dissous, notamment le sulfure de cuivre à Tétat de sous-sulfoc^'anure et cela parait être la cause de l'insuccès du procédé pour certains minerais de Californie et d'Australie.

' L'action des alcalis libres, qui peuvent être contenus dans le cyanure du commerce ou que Ton aura ajoutés dans le traitement pour neutraliser les acides, se fait surtout sentir, d'après Butters et Clennel, au moment de la précipitation par le zinc.

aurifère, c'est-à-dire, à la fois, d'or et de cyanure et l'on a également réduit et simplifié la main-d'œuvre (dont le rôle a toujours été, dans cette opération , assez insignifiant) ainsi que la durée des opérations, qui entraine naturellement une augmentation du matériel. Sur tous ces points, on a réalisé, dans ces derniers temps, de tels perfectionnements, qu'il ne paraît plus en rester de bien importants à introduire et qu'une majoration des bénéfices de ce chef semble beaucoup moins à espérer que celle qui pourra résulter, peu à peu, du traitement des slimes, de l'emploi de la précipitation électrique, de la méthode de cyanuration directe, de la diminution du prix du cyanure et surtout d'améliorations — ou d'économies — dans le travail des mines *.

Nous pouvons prendre comme premier type le traitement très perfectionné, organisé dans les usines de la Rand Central Ore- Reduction Cy, en mentionnant, chemin faisant, les variantes adoptées dans telle ou telle autre installation.

Les figures 66 et 67 donnent, d'ailleurs, d'une façon schématique, en coupe et en plan, la disposition détaillée des usines plus simples pour traitement des tailings.

La Rand Central Orc Réduction Cy a construit une usine particulière pour traiter de mauvais tailings, mélangés de slimes salis par des matières organiques • ou des acides, qu'elle achète à diverses mines, celles-ci n'en ayant individuellement pas assez pour employer le traitement compliqué dont nous allons parler : nous nous trouvons donc dans le cas le plus difficile, qui, par de simples suppressions d'appareils ou d'opérations intermédiaires, peut se ramener aisément aux conditions habituelles.

Les tailings, élevés par un monte-charges', passent d'abord dans plusieurs trommels inclinés destinés, le premier à éliminer

' Nous ne parlerons pas des dissolvants de Tor autres que le cyanure de potassium (chlorure de soufre, etc.), préconisés à grands fracas par quelques personnes, avec des procédés de réclame et d'amplification qui, seraient, à eux seuls, une raison de défiance, et dont l'emploi en métallurgie n'est jusqu'à nouvel ordre, qu'une pure conception théorique.

* La présence de matières organiques ou de bois dans les cuves de cyanuration est très à éviter, puisque ces substances réductrices précipiteraient aussitôt un peu de l'or entré en dissolution, qui pourrait ainsi se trouver perdu.

• On emploie beaucoup, dans les installations du Witwatersrand, de grandes roues à aubes pour remonter les résidus à diverses phases de l'opération (voir fig. 55» p. 417).

TRAITEMENT , UÉTALLURGIQUE 4i3

les fragments trop volumineux, les autres à commencer un classement par grosseur. La pulpe, mélangi^c de chaux pour neutraliser

Fig, 00, — Ensemble d'une usine pour le traitement des tailings : plan au 1/600 (d'après M. Gautier.)

A. Clin* dfl cianurmlion d« T.tî de dinmttn. Ï-.M it proroudeiir el I3!l lonDn de capacité. " liquide déHuFJfic l'écoulc dïiu Lm buiins ii et ni renonl^, t l'wdc de pomiBj) à tiimir, dan* lu

les acides, arrive ensuite dans une série de spitzluten, où elle rencontre un courant d'eau ascendant, calculé de manière à éta-

blir, chaque fois, deux catégories, Tune plus lourde, tombant au fond malgré le courant, l'autre plus légère entraînée. On obtient ainsi une classification très complète et les diverses lavées sont conduites chacune à une cuve spéciale, où elles sont réparties (après filtrage destiné à arrêter les débris de bois), au moyen d'un distributeur tournant automatique à plusieurs bras inégaux ; cet appareil, combiné par MM. Butters et Mein (fig. 68) a pour but d'éviter ce qui, sans cela, se passe parfois dans les cuves de dépôt, c'est-à-dire une concentration des matières plus denses au fond ou sur les bords, des plus légères en haut et au centre et, par suite, des irrégularités dans le traitement.

Grâce à cette classification préalable qui facilite beaucoup les réactions *, on peut, dans celte usine, opérer la dissolution par

Fig. 67. — Ensemble d'une usine pour le traitement des tailings. Coupe verticale

suivant la ligue UB de la figure 66. Echelle 1/600.

le cyanure, en une seule fois, sans changer le minerai de cuve pour le répartir différemment et le remettre à l'air, ainsi qu'on le fait ailleurs dans la plupart des usines.

Comme la précipitation de For s'opère, à la Rand Central, 4)ar l'électricité, on peut, en outre, employer, pour la dissolution, des liqueurs de cyanure de potassium extrêmement étendues, qui ne conviendraient pas pour la réduction par le zinc ; en moyenne, on fait d'abord arriver de l'eau à 0,08 p. 100 de cyanure pendant 1 jour i/2; puis à 0,03 p. 100 pendant 1 jour 1/2; enfin à 0,01 p. 100 pendant 1 jour 1/2, soit en tout 4 jours 1/2 ; on prolonge, pour les plus gros sables, qui filtrent plus rapidement et pourraient garder un peu d'or au centre, l'action des solutions

' La classification préalable par spitziuten tend à s'introduire dans beaucoup d'usines, Crown reef, Wolhuter, New-Iieriot, etc., et souvent avec suppression de la concentration préalable par les frue vanners. Les usines nouvelles de la Wolhuter, de la Modderfontein ou de la New-lleriot n'ont pas de frue vanners ; la Geldenhuis, qui en avait eu pour ses 40 premiers pilons, les supprime pour les 80 pilons nouveaux.

fortes, tandis que les sables fins sont plutôt traités par des solutions faibles et restent, plus longtemps, en présence du cyanure, qui les pénètre moins aisément.

Fig. 68. — Distributeur automatique Butters, et Mein.

C, tuyau de dis^ibution. — E, trémie conique, surmontée d'une grille pour filtrage, montée sur un pivot tournant. L*api>arcil tourne iiar la simple réaction du liquide s'échapiiant à Tcxtrémité des tuyaux.

Dans cette usine, on emploie des cuves circulaires en bois de 8 mètres de diamètre et 2"*,60 de profondeur (dont 0°*,30 à la base occupé par un filtre, à travers lequel s'écoule la dissolution aurifère) et contenant 120 tonnes de minerai.

Les cuves sont, à peu près partout, comme dans ce cas particu-

lier, en bois et circulaires, avec déchargement au fond, plus rarement en bois et rectangulaires ; cette dernière forme , plus économique, convenant moins bien à rétablissement de cuves de grande capacité; comme la tendance est d'en augmenter les dimensions de plus en plus, on fait actuellement quelques essais de cuves en tôle (City and Suburban, Modderfontein, Geldenhuis deep, etc.). On a également tenté de les construire en maçonnerie (Geldenhuis, Langlaagte Estate, Crown Reef) : ce qui aurait permis de les faire aussi grandes qu'on Taurait voulu ; et, en fait, on était arrivé à 360 tonnes métriques pour la Langlaagte Estate ; mais la maçonnerie, exposée à des alternatives d'humidité et de sécheresse, se crevasse et amène des pertes notables : en sorte que ridée paraît abandonnée.

Pour les dimensions, le diamètre de 8 mètres, adopté à Tusine centrale de la Central Ore Red. O, peut être considéré comme déjà assez grand ; souvent on n'a que 6 mètres, avec l'^ySO de profondeur* ; on a été, par contre, pour une autre usine de la même société, à 13 mètres, avec une capacité de plus de 500 tonnes; à la Simmer and Jack, on atteint également 340 tonnes ^

La figure 69 représente, par exemple, les cuves de cyanuration de la Wemmer, au-dessus desquelles une voie de chargement permet Taccès des wagonnets apportant les tailings recueillis dans leur bassin de dépôt ; au-dessous, entre les piliers de maçonnerie qui supportent la cuve en bois, une autre voie sert au déchargement après l'opération.

Dans le cas de la Rand Central que nous venons de citer, on fait arriver la liqueur cyanurée par en haut et elle filtre naturellement à travers le minerai pour s'écouler à la base ; certains ingénieurs (notamment au Champ d'Or) préconisent beaucoup le système inverse, dans lequel la liqueur arrive par le bas sous pression et se déverse à la surface ; on dit obtenir ainsi une dissolution plus complète de l'or; mais le réglage de la pression est assez délicat ; car, si elle est trop faible, le cyanure ne passe pas

^ La profondeur dépend essentiellement de la nature et du degré de compacité ou de finesse de la substance traitée, c'est-à-dire de la facilité avec laquelle elle se prête au filtrage. Pour les concentrés, les cuves sont toujours moins profondes.

* A la Wolhuter, les cuves, nouvellement installées, ont 12 mètres de diamètre et 2'*,40 de profondeur ; elles tiennent 315 tonnes.

TRAITEHEin' UÉTALLURGIQUB 4Ï7

et, si elle est trop forte, il se crée, dans le minerai, une sorte de cheminée où tout le liquide se précipite, le reste de la masse échappant à la réaction.

Le défaut principal, auquel on a cherché à remédier par tous les moyens possibles, c'est l'existence, dans celle accumulation de sables plus ou moins argileux, de parties où, pour une cause

Plg. 69.

Vue dos cuve» de cyniiiirotion Uc ta Wcimncr ovcr voies de chnrgenieDl nii-dessui.

quelconque, soit parce que la compacité y est plus grande, soit parce que la dissolution cyanurée s'est frayé un chemin ailleurs, la rt^aclion chimique n'a pas le temps de se poursuivre jusqu'au bout, en sorte qu'il reste, dans les résidus, un peu d'or définitivement perdu. Kn outre, généralement, la partie supérieure des cuves cède plus complètement son or que le fond : ce qui, lorsqu'on ne veut pas changer de cuve au milieu de la réaction, a parfois conduil à diminuer la profondeur.

Pour éviter ces inconvénients, l'un des procédés, que nous venons de nous trouver décrire incidemment, consiste : d'abord k bien classer les minerais par densité et ensuite, dans chaque

classe, à remédier aux inégalités subsistantes par l'action du distributeur automatique.

Ailleurs, on se contente, après avoir fait agir une première liqueur de cyanure, de remuer le minerai à la pioche et à la pelle, de manière à Taérer et à le mieux répartir (Geldenhuis). Dans cet ordre d'idées, un progrès tout naturel a été de changer le minerai de cuve pour la seconde réaction ; ce qui, il est vrai, oblige à avoir une série de cuves supplémentaires, mais assure le changement désiré dans la répartition des sables. Ces secondes cuves, on a commencé par les mettre à une certaine distance (Wolhuter, Robinson) : le minerai était alors déchargé des premières cuves dans des wagonnets par un procédé quelconque (trappe au fond, trappe latérale, jet à la pelle par-dessus bord) et transporté à distance ; on a trouvé, dans ces derniers temps, qu'il serait plus simple de mettre les deux cuves Tune au-dessus de l'autre, de manière à rendre le déchargement presque automatique et c'est, en somme, le système que l'on tend à installer dans les usines les plus récemment construites : ainsi à la Geldenhuis deep (Rand Mines), où les cuves sont en tôle : la supérieure de 9"", 30 de diamètre et 3 mètres de profondeur, l'inférieure de 8™,40 sur S'^jGO, etc.

Dans le cas de l'usine de la New Comet (East Rand), représentée par la figure 70 ci-joinle, on a, pour une usine de 60 pilons, une série de spitzluten, puis 5 premières cuves de dépôt (settling) circulaires en bois, d'environ 6 mètres de diamètre sur 2"*,50 de profondeur, placées sur des bâtis en charpente à 6 ou 7 mètres au-dessous du sol et, à leur pied, sur la droite, cinq autres cuves de cyanuration (leaching). La particularité de cette installation, c'est l'existence (tout à fait à droite de la figure) de deux autres grandes cuves peu profondes, destinées au traitement cyanure des concentrés, cuves formées en réalité chacune de deux récipients concentriques et indépendants (l'extérieur annulaire), de manière à faire un premier traitement dans la cuve extérieure par la dissolution forte, et un second, après transbordement, par la dissolution faible dans la cuve centrale. C'est là encore une manière de résoudre le même problème.

Au point de vue de la force et de la durée d'action des liqueurs

TRAITEHIÎNT HËTALLURGlQUli: 440

cyaaurées, nous avons cité un cas où, la précipitation devant se faire à l'électricité, le titre était particulièrement faible ; quand on doit précipiter par le zinc, on ne peut, quoique la tendance soit d'employer des dissolutions de plus en plus diluées, arriver à des teneurs aussi extrêmes.

A la Wolhuter, la solution forte est à 0,35 p. 100; la faible à 0,08 p. 100.

Fig. 70. — Vue dei cuves de cyanuration de la New Carnet (East Rand).

Au Champ d'Or, où, contrairement k ce que nous venons de voir faire à la Central Ore Itcduction O, on préconise, pour utiliser une partie des slimes, l'idée de les mélanger avec les tailings, on emploie les solutions suivantes :

Pourconcenlr^-s, soluliou foile . . 0,3 à 0,6 p. tOO de cyanure

— lailipgs, solution forte 0,23 — —

— tailings, solution faible 0,08 — —

Là, le traitement dure, normalement, trois jours pour les tailings (jusqu'à ce qu'ils ne contiennent plus que l^',a à 2 grammes d'or) ; la solution forte pas;c pendant douze licures, et on amène ensuite

plusieurs solutions faibles successives. Quand on en a le temps, après ces réactions, on lave à l'eau pure pour enlever les dernières traces d'or et de cyanure et cette eau sert ultérieurement pour faire la solution. Avec les tailings, mélangés de 1/4 à 4/8 de slimes, on prolonge le traitement cinq jours.

Pour les concentrés, le traitement, beaucoup plus laborieux puisqu'il s'agit d'un minerai infiniment plus riche, se prolonge près d'un mois en changeant de cuve tous les huit jours pour aérer.

A la New-Heriot, le traitement des concentrés dure quatorze jours.

D'une façon générale, l'habitude est de faire agir, d'abord, les liqueurs les plus fortes et, ensuite, à mesure que le minerai s'appauvrit, les liqueurs de plus en plus faibles ; le but est d'enlever aussitôt et le plus rapidement possible la majeure partie de For contenu ; cependant, on peut se demander s'il ne serait pas plus logique, comme on le fait dans la plupart des industries chimiques fondées sur la dissolution, d'employer, d'abord, des liqueurs faibles avec le minerai fort et, à la fin, des liqueurs fortes avec le minerai déjà appauvri, par suite, ayant plus de peine à céder le peu d'or qu'il contient encore. Ce principe a été préconisé par M. de la Bathie.

Passons maintenant à la précipitation de For en dissolution. Cette précipitation s'est faite, jusqu'ici, presque exclusivement par le zinc ; mais, dans un petit nombre d'usines (qui se bornent encore à peu près à celles de la Rand-Central Orc Red. C^), on a installé le nouveau système électrique Siemens et Halske, qui, bien que très discuté encore, parait offrir quelques avantages sérieux*.

La précipitation par le zinc s'opère dans de petites caisses dites extracteurs, ou zinc-boxes (voir fig. 71 à 73), où l'on met du zinc en copeaux et où l'on recijeille, tous les quinze jours ou tous

' Dans le troisième trimestre de 1895, on a passé, au procédé par le zinc, 630 000 tonnes contre 65 000 au procédé par l'électricité; mais ce dernier chiffre, relatif à un système nouveau qui se développe, constitue une amélioration notable ; car, dans le deuxième trimestre, on n'en avait passé que 31 000. Cependant, on voit beaucoup d'usines nouvelles s'installer avec le procédé de précipitation par le zinc, qui garde de nombreux partisans.

les mois, l'or précipité par ce métal, en mûme temps qu'une partie du zinc chargé d'or. Ces caisses sont en bois et partagées en une série de compartiments, que la dissolution aurifère traverse successivement en passant par-dessus le bord de cloisons intcv-

il'

fp=f = ^f=^

médiaircs. L'or précipité tombe au fond en passant à travers un tamis en toile métallique, qui retient la tournure de zinc.

La formule est la suivante' :

2KAuCyi + Zii = K'ZiiCyi + 2Au.

Ces produits, mélangi5s avec un peu de nitrate de potasse, sont

Fig. 72. — Caisse 4

;. Coupe horizontale.

d'abord grillés pour oxyder le zinc et permettre ensuite sa scorification (fig. li et 75); puis on les fond avec du bicarbonate de soude, du borax, de la silice et parfois du spath fluor; on obtient ainsi des lingots d'or brut (bullion), qu'il ne reste plus qu'à soumettre à un raffinage.

Le procédé Siemens et Ilalske , introduit au Transvaal seulement depuis un an ou deux et encore assez combattu, consiste dans la précipitation de l'or par

Fig. 73. — Caisse traDaveraaIe.

' La consouiination de zinc, beaucoup plus furte que ne l'indique la Torniulc, monU à 14 de zinc pour 1 d'or, tondis qu'elle devrait Être de 1 de ziuc pour 6 d'or. Cela paraît tenir, en partie, il U forniatloii d'un couraut électrique qui dissout le ïinc en cyanure double de potassium et de zinc, ayant, d'aulre part, rinconvéïlent de ne pas dissoudre lor et d'occasionner une perte en cyanure de potassium.

l'élcctrotysc c-n solution très dilu<?c de cyanure de poli (fig. 16 « 18).

un)iaut«, |iiF tc4i]UFl] Icigu

■iIfmum ôc la |>]»|IK 11 et dv I .

nli» ilu liiK. — E. porle ili t ■ h clieniin^'C It.

L'électrode négative, sur laquelle se dépose l'or, est formée de feuilles de plomb extrt^niemcnt minces (un peu difficile à maaier).

Fig- 75- — Coupe horiiouUle du tour û révcrbirt! et à moufles (d'après M, Gnutier)-

que l'on retire environ tous les mois pour les fondre en lingots ; l'électrode positive est en fer, de telle sorte qu'il se produit du

TRAITEUtlNT MI^TALLURGIQUE 453

ferrocyanure do potassium, c'csl-à-dirc du bleu de Prusse, qu'on dissout dans la soude caustique et fond (apr^s i^vaporatioa] avec

f^ïrï

EW

Fig. 76. — Caisse pnur la préripilaljoii ilc l'or par l'éleclrnlyse (|irocétlé Sieuieni et Halske), Viie exiérieure et coupe longilU'Jïnale (d'après M. Gaulier).

FÎR. 77. — Caisse puur la précipitatio

de ri>r par l'éleclrolyse. Coupe horizontale. ' H J^coini>oïcr cal obtiiE^ de p«Mcr.

du carbonate de potasse, pour récup<?rer le cyanure de potassium i,

Los plaques de fer, de S^jlO sur 0,90, servant d'anodes, sont dis-

posi^es verticalement en chicane,

les unes touchant le fond , les

antres à 0,03 au-dessus. Les feuilles

de plomb sont encastrées dans des

cadres en bois léger.

La consommation du plomb est d'environ 560 grammes par tonne de tailings traités ; celle du cyanure de potassium descend ti 120 grammes (au lieu de 380 avec la méthode au zinc) par suite de la

78. — Caisse pour la précipi lion de l'or par Téleclrolj-se iiipe transversale.

Cii[ume d^lnils d'iiistallalion, les plaques de fer sonl enveloppées d'une loile. On met, pour uuc largeur de cuve, deux reuilles de piouib Iri

s, pesant 450 grammes

possibilité qu'on a d'employer des dissolutions de cyanure très faibles, et de les reconstituer en grande partie. En résumé, il parait y avoir économie de près de 2 francs par tonne sur le traitement, comme le montrent les chiffres moyens suivants * :

Traitement par le cjanure avec pr^cii>itation Trailenicnt avec prteipitation

au xinc I>ar rélectrohsc

Main-d'œuvre 2,50 2,50

Cyanure de potassium. ... 2 » 0,60

Chaux 0,10 0,10

Zinc i,10

Plomb . 0,15

Fer » 0,25

Soude causiiquo » 0,50

Charbon 0,30 >

 la Robinson, le prix du traitement au zinc est descendu à 5 fr. 90 ; celui par l'électricité n'a coûté à la Central Ore Réduction Cy, en 189 i, que 3 fr. 90, dont 1 fr. 10 pour frais de transport des minerais. L'or extrait représentant environ 16 à 17 francs par tonne, on voit quel bénéfice l'industrie de l'or retire chaque jour de la cyanuration.

Ces prix de revient, il est vrai, ne comprennent pas la redevance due aux détenteurs de l'un ou l'autre brevet. Or, avec le procédé Siemens, il faut payer, croyons-nous, 3 p. 100 de l'or extrait (environ 0 fr. SO par tonne). Avec le procédé Forrest, le prix demandé est, il est vrai, plus considérable, jusqu'à 7 et 9 p. 100 de l'or produit ; mais son exagération môme a amené les Sociétés minières du Rand à contester la validité du brevet, et les précédents créés dans la môme question par des jugements prononcés en d'autres pays leur donnent bon espoir d'obtenir gain de cause ;

la pièce, que ron renouvelle une fois par mois. La batterie comprend 4 bacs, renfermant 75 anodes en tôle, 7i cathodes en plomb, soit une surface de précipitation de 960 mètres carrés. La liqueur met huit heures pour traverser une cuve contenant 75 plaques. Arrivée au bout, elle est pompée et sert à reconstituer le cyanure. On emploie, à Tusine de la Rand Central, une force de 5 chevaux, avec un courant de 200 ampères et une différence de potentiel de 15 volts, pour traiter environ 3 000 tonnes par mois. M. de la Bathie parle de 0,5& ampère par mètre carré et de 7 volts, avec des cathodes distantes de 0™,0i.

' Les adversaires du procédé prétendent que l'extraction de l'or est moins complète ; mais toutes les questions commerciales, qui se môlent à la compétition entre les deux brevets, empêchent de savoir exactement la vérité.

en altendant, sauf pour les Sociétés qui avaient fait des contrats antérieurement au procès, les sommes à payer ne sortent pas de la caisse et ne figurent sur les comptes que pour mémoire, à titre de fonds de réserve créés pour parer à toute éventualité.

Par. tous les procédés que nous venons de passer en revue, on arrive à extraire des minerais 80 à 85 p. 100 de Tor contenu.

La proportion des divers produits a été, par exemple, à la Crown Reef, d'avril 1894 à avril 1895, la suivante (en tonnes métriques) :

Or i)erdu

■ Ok,11 = 0 67 p. Vo

Or retiré par tonne

Tonnes broyées 180700 t.

à 18^,35 d'or fin par tonne ^

ai

batterie. .. 180700 fr

concentrés . 5 700, soit 3 p. «/* résidus sableux (tai-

lings) . . . 119200 — 66 — résidus argileux (slimes) 55 800—31 —

Voici d'autres chiffres correspondant, d'après M. Hatche, à la moyenne de lor extrait de la série du Main-Reef depuis quelques années :

Amalgamation (batterie) Concentrés chlorurés. .

Concentrés cyanures. .

Tailings

Tailings en excès . . .

Or brut

Or fin

gr.

Le tableau relatif à la Crown Reef met bien en évidence la forte proportion d'or, qui se perd actuellement dans les slimes, environ 0,1 de l'or total. C'est dans la réduction possible de cette perte que réside une des plus grandes améliorations à espérer pour l'avenir du Transvaal ; aussi dirons-nous bientôt quelques mots des efforts tentés pour porter remède à ce défaut du traitement.

Broyage à sec. — Cyanuralion directe. — Traitement des slimes.

Parmi les changements et les pcrfeclionnemenis que l'on cherche ou que Ton a r(5ussi récemment à réaliser dans le traitement des minerais du Witwatersrand, les uns s'appliquent au mode de broyage, ou au traitement direct des minerais par la cyanuration (sans amalgamation), les autres à Tutilisation des slimes, jusqu'ici perdus; nous allons indiquer successivement les efforts qui sont tentés dans ces diverses voies.

d"* Modifications dans le mode de broyage. Broyage à sec et cyanuration directe, — Le système de broyage par pilons, que nous avons décrit et qui est presque universellement adopté au Transvaal, en sorte qu'on en connaît très bien le fort et le faible, a de très nombreux adversaires. On lui reproche d'augmenter, beaucoup trop, la proportion des boues fines rebelles au traitement ultérieur (slimes) et celle de lor en feuilles minces aplaties, entraîné par Teau (floating gold). Aussi étudie-t-on, de divers côtés, des procédés de broyage, soit par cylindres, soit par boules ou par excentriques, qui sont peut-être le procédé de l'avenir, mais attendent encore leur confirmation expérimentale. Les cylindres, par exemple, semblent avoir donné d'assez bons résultats avec les minerais oxydés, c'est-à-dire friables, sur lesquels on les a essayés*; mais il est probable qu'ils s'useront inégalement avec

* Notamment les minerais du Kimberley Reef, du Black Reef, etc.

des minerais durs et, au bout de peu de temps, cesseront de fonctionner aussi bien; en outre, il faut tenir compte des tourbillons de poussière, qui se dégageront, de Tusure des coussinets, etc. Les broyeurs à force centrifuge ont aussi leurs partisans. Enfin, les systèmes à excentriques, dont on emploie déjà un premier type (concasseurs Gates ou Comet) pour le premier fragmentage des minerais, pourraient également ôtre tentés.

Il y a, dans le choix de la méthode de broyage à adopter, un point essentiel à considérer : c'est que Tor est uniquement dans le ciment plus friable et jamais dans les galets plus résistants; en sorte qu'on s'ingénie, de toutes façons, pour arriver à broyer suffisamment le ciment, sans se donner la peine de pulvériser complètement les galets, qui peuvent, sans inconvénient, rester à Tétat de sable encore grossier » ; c'est sur ce principe qu'ont été basées les intéressantes expériences de broyage à sec, faites au Champ d'Or par M. de la Bathie ou, tout récemment, par M. Franklin White, à la Village Main-Recf.

Ces dernières expériences avaient pour but de chercher, d'une façon méthodique, le meilleur moyen d'empêcher l'or de se perdre dans les slimes : perte sensible; car les slimes représentent environ 30 p. 100 du nombre de tonnes broyées (chaque tonne de slimes retenant 6 grammes d'or, pour un minerai, dont la teneur moyenne aux essais est d'environ 20 grammes), ce qui fait, en somme, 9 à 10 p. 100 de l'or total.

M- White s'est demandé si, en broyant le minerai à sec et l'exposant directement à une solution de cyanure de potassium, celui-ci ne dissoudrait pas aussitôt tout l'or fin, de telle manière que, dans le traitement ultérieur auquel on pourrait soumettre les résidus pour les appauvrir, on ne risquerait plus de faire passer cet or fin dans les slimes.

La question de savoir si ce minerai broyé à sec se prêtera aussi bien au traitement cyanure que le minerai broyé dans l'eau ne se pose pas, puisque, aussitôt en contact avec la liqueur de cya-

* C'est pour la même raison que Ton tend, de plus en plus, comme nous Tavons dit, à réduire le degré de finesse obtenu par le broyage aux bocards en augmentant le*diamètre des mailles de la toile métallique, par laquelle s'échappe la lavée (voir page 429).

nure, le minerai se retrouve humide comme s'il avait passé dans l*eau. Les résultats en petit ont, comme nous allons le dire, para prouver (d'après l'auteur, dont nous nous contentons de reproduire les chiffres) qu*avec le broyage à sec et le traitement direct au cyanure sans amalgamation, on pouvait arriver à retirer 95 p. 100* de l'or contenu. Entre autres avantages de ce système, on a fait remarquer que, l'or n'étant plus isolé ici que dans la toute dernière phase de l'opération, au moment de la fusion du zinc, sur lequel on a précipité l'or de la dissolution cyanurée, on évitait ainsi les vols d'amalgame aurifère, qui, actuellement, représentent, parait-il, un chiffre assez important.

L'idée d'opérer le broyage à sec se rattache dircclement à un problème, qui préoccupe, à juste titre, les sociétés minières du Transvaal ; c'est l'approvisionnement en eau de toutes ces énormes batteries, dans un pays où il n'existe ni sources, ni eaux courantes. Nous avons parlé de. cette question précédemment* et montré comment on se procurait l'eau nécessaire en formant, au moyen de grandes digues en travers des vallées, des étangs artificiels, remplis par les pluies de l'été. Néanmoins, il est certain que l'alimentation en eau des batteries constitue une gêne et une dépense et que, si l'on pouvait arriver à broyer le minerai, non tout à fait à sec, mais simplement à l'état humide, l'avantage serait notable.

Ceci posé, voici en quoi ont consisté les expériences de M. White :

Dans un premier essai en petit, on broya à sec, dans un broyeur à boules, 1350 kilogrammes de minerai pyrileux, tenant 40 grammes d'or à la tonne, jusqu'à ce qu'il put passer dans un tamis présentiuit 60 mailles au centimètre carré; ce minerai broyé, soumis 139 heures au cyanure, lui céda 69,2 p. 100 de son or; le résidu, tenant 12 grammes, fut encore traité 174 heures, et l'on arriva à extraire 91,24 de l'or, laissant des tailings à 3«'',40 d'or.

Un second essai, fait sur la même «{uantité, tenant 36j,r,50 d'or à la tonne, fut poussé jus(ju'à une finesse telle que le produit put passer dans un tamis à 100 mailles par centimètre carré. Après un traitement au cyanure de 228 heures, Texlraclion de l'or ne fut (jue de 72,27 p. 100, les tailings retenant 8 grammes d'or. Dans ce dernier cas, il éUiit évident que la finesse était trop grande et la fillration trop lente. En examinant ces tailings, on s'assura qu'ils contenaient 6^,50 d'or en grains à la tonne, or assez facile à extraire

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ce qui amena le rendement total à 95,2 p. iOO. Peut-être cet or en grains avait-il été formé par le roulement des boules, pendant le temps supplémentaire destiné à passer du tamis de 60 au tamis de 100. L'or contenu dans les pyrites est plutôt en cristaux plats, tendance que l'action des pilons ou des cylindres exagî're encore, tandis que le broyeur à boules paraît transformer ces éléments en petits grains.

En faisant des analyses aux diverses phases du traitement cyanure, on constata que la proportion d'or libre dans les résidus tombait, au bout de 81 heures, à 20,6i p. 100, soit T^^S et qu'après une nouvelle action de 147 heures, elle se réduisait seulementà 18,i9p. 100, soit ds^ô : ce qui montre rinutilité pratiijue de prolonger indéfiniment la réaction.

Enfin, un troisième essai fut fait, plus en grand, sur 45 tonnes tenant dSc^jô à la tonne (soit, en tout, 1930 gr.), qui furent broyées à sec par iO pilons jusquïi passer au tamis de 60.

L'action des pilons ayant forcé la proportion des particules fixes ou slimes, la filtration directe ne fut pas possible ; il fallut séparer mécaniquement 5S9 de slimes, qu'on traita à part et le reste (39*, I) fut amené dans les cuves à cyanuration habituelles.

Au bout de 139 heures, on obtint :

TcQcur en or. Or lolal.

Résidus (tailings) 39,1 tonnes 2p-,6 10U%60

— (slimes) o,9 — 2^,6 15Jn-,34

c'est-à-dire qu'on avait extrait 1813 grammes sur 1930, ou 93,20 p. 100.

Des échantillons du minerai original broyé et des résidus de la cyanuration furent séparés par tamisage en 5 catégories : A = 1245 mailles au centimètre carré; B = 553 ; C = 138; D = 76; E ne passant pas sur le tamis de 76. Le tableau ci-après, page 460, montre qu'avant la cyanuration le minerai était d'autant plus riche qu'il était en grains plus gros; pour les résidus du traitement, c'était presque exactement l'inverse.

Ces résidus (tailings) furent alors soumis à une concentration ultérieure. On recueillit 4 tonnes de concentrés, tenant 12?'',60, soit, au total, 50p',40.

Finalement, la perte fut :

39,1 tonnes au pied des concentreurs à. . IR^S = 58'f'*,50 5,9 — résidus des slimes à . . . 2i'"-,6 = 1oK'-,34

45 tonnes 73s',84

de sorte que le résultat définitif fut le suivant :

Extraction par le premier traitement au cyanure, i 81 3^""

Or dans les concentrés 50p',4

Or restant dans les tailings et les slimes .... 73'^%84

et que l'extraction totale fut 95,19 p. 100 de l'or contenu. La question du prix de revient n'a pu encore être suffisamment déterminée

par ces expériences en petit; mais on ne voit pas de raison pour qu'il soit plus élevé qu'avec le traitement actuel.

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