S'^'SÎ
a lu a a a « •-»
>QJ >^ -^ -^ .^ ,^
Û) sr.
• mm ^
encore à l'état de projets. Enfin, cela posé, nous avons cherché à calculer, à côté du capital nominal émis par une mine (différent luimême du capital autorisé), ce que nous appelons le capital produit, c'est-à-dire le résultat de toutes les ventes ou émissions d'actions faites par la Société minière elle-même, soit au pair, soit à prime, en essayant de suivre les variations de son capital (ainsi que nous l'avons montré précédemment sur cinq ou six exemples particuliers*) à travers les reconstitutions et modifications successives.
Nous attachons une certaine importance à ce capital produit; car ce qui intéresse le public, ce n'est pas le prix théorique des actions, inscrit sur les titres, mais le prix auquel il a pu se les procurer et c'est ce prix-là dont il cherche la rémunération. Or, s'il est évidemment impossible de calculer à quel cours de Bourse exact ont été mises réellement en circulation les actions d'une alTaire et, par exemple, à quel cours elles ont été placées en France, il n'en est pas moins vrai que, pour les sociétés ayant réussi, dans certaines occasions, à émettre officiellement de leurs propres actions à 8 ou 10 fois leur cours nominal, ce prix, 8 ou 10 fois majoré, que nous ferons seul intervenir dans le calcul du capital produit, représente un minimum, au-dessous duquel les actionnaires n'ont pu se procurer de titres à ce moment.
En outre, quand on examine un tableau des dividendes distribués et que Ton y voit figurer, par exemple, comme pour la Jubilee : 25 p. 100 en 1887, 4S p. 100 en 1888, etc., bref une série de nombres, dont le total représente, en neuf ans, 573 p. 100, on peut être d'abord tenté de croire que celte mine a déjà distribué 3,75 fois son capital actuel de 1230 000 francs. En réalité, le capital produit a été sensiblement plus fort que le capital nominal (2 400 000 francs) et, comme, d'autre part, la société, tout en ayant une histoire très simple, est partie d'un capital de 375000 francs pour passer, en 1889, à 730 000 et, en 1895, à 1230 000, les dividendes pour 1 00 ayant porté, dans les premières années, sur des sommes plus restreintes, la proportion totale des dividendes distribués au capital définitivement produit n'est, en réalité, que de 181 p. 100 : ce qui n'empêche pas que, chaque année, depuis
» Pages 98 à 142.
i892, les actionnaires ayant acquis leurs actions à lorigine reçoivent 120 p. iOO de l'argent qu'ils ont mis dans celte affaire.
De même encore, la Robînson na eu, pour 68 730 000 francs de capital nominal, que 4123 000 francs de capital produit, par suite des circonstances rapportées plus haut dans l'historique de cette compagnie *.
Sans insister davantage, il ressort, en résumé, de ces tableaux que, pour 64 mines ayant donné des résultats, le capital produit a été d'environ 450 millions et les dividendes distribués, depuis 1887 jusqu'en septembre 1893, de 141 millions (178 millions à la fin de 1893), c'est-à-dire qu'environ 41 p. 100 du capital, mis dans ces affaires par les premiers souscripteurs, a déjà été restitué.
11 faut, pour le Witwatersrand proprement dit, ajouter environ 260 millions de capital produit, correspondant à des mines n'ayant pas encore donné de résultiits; mais on doit bien remarquer que, dans ce total, sont comptées, pour un capital considérable, des affaires telles que les Rand Mines, East Rand, etc., ayant dû, avant de commencer leurs broyages, faire de grands et longs travaux d'installation première, à peine encore achevés.
Néanmoins, en additionnant brutalement toutes les mines sur lesquelles ont porté des travaux sérieux et laissant seulement de côté celles dont l'existence a été, jusqu'ici, uniquement financière, on n'arrive pas à plus de 840 millions de capital produit pour 178 millions de dividende, jusqu'en 1896 (soit une proportion de 21,88 p. 100 entre la somme des dividendes et le capital produit.
Au lieu de ce capital produit, on peut encore considérer le capital représenté par la cote des mines du Transvaal au cours de la Bourse.
Or, si l'on prend les 83 mines des districts du Witwatersrand, d'IIeidelberg et de Potchefstroom figurant sur les cotes de nos journaux financiers français, c'est-à-dire les valeurs connues en France et ayant un public dans notre pays, on voit que, leur capital émis étant d'un peu plus de 600 millions, leur capital, calculé d'après les cours de la Bourse du 31 décembre 1893, c'est-
• Pages 119 il 121.
à-dire du jour où la derni^rc baisse a atteint son paroxysme, représentait environ 1 900 millions, soit, en moyenne, un peu plus de trois fois le cours nominal.
En faisant le môme calcul sur les cours maxima atteints par chaque valeur en 1893, on arrive à 3 500 millions, soit 5 fois et demi le capital nominal : ce qui montre incidemment quelle a été la proportion de la baisse : en moyenne une réduction aux 4/7 ^ On peut, à ces chiffres, comparer les dividendes distribués en 1895.
Or, en 1895, 36 compagnies de mines d'or, ayant un capital nominal émis d'environ 200 millions, ont distribué 66 millions de dividendes (27 dans le premier trimestre, 39 dans le second) : ce qui, pour ces 3G compagnies, correspond à un dividende moyen de 33 p. 100 ^
Comparé au capital total de toutes les mines du Witwatersrand, tel qu'il était au cours de la Bourse du 31 décembre 1895, c'est-à-dire à 1 900 millions, cela fait encore un dividende moyen de 4,25 p. 100 ; mais un pareil calcul ne peut évidemment donner qu'une idée très fausse de la fortune du pays, puisque nous y faisons entrer, en ligne de compte, le capital de plus de 50 mines non productives, dont un très grand nombre n'ont pas encore pu produire, par ce simple fait qu'elles en sont encore à la période d'installation.
Dans cette même année, où l'on a distribué 66 millions de dividendes, la production totale de l'or est montée à 207 millions,
* En 1894, d'après Goldmaim, la valeur du capital des ô2 principales mines du lland représentait, au cours delà Hourse, 338 900 000 francs au début de Tannée et 794500 000 francs à la fin. Dans cette année, les 141 compagnies uiinières, eu activité au Transvaal, avaient un capital nominal émis de 573 millions et un capital d'exploitation (y c(»mpris l'argent remis aux vendeurs) de 196 millions. D'après le môme auteur, le capital de 105 compagnies représentait : en juillet 1894, «37 millions; en tictohre, 7G0 millions; en janvier 1895, 1 080 millions; en avril, 1 500 millions, à la lin de juillet, 2060 millions. Pour 130 compagnies (comprenant Uaud Mines, East lland, etc.) on arrive, à la même cpo(pie, à 2 600 millions.
• Dans un tableau ci-dessous, nous arrivons pour 43 compagnies à environ 100 millions de dividende, mais en y comprenant des compagnies, comme les Goldfieids, ou le Benoui Syndicale, qui ne sont pas à proprement parler des compagnies minières.
Si l'on retranche du total les trusts, comme le IJeuoni Syndicale, les Consolidated (ioldfields, les Consolidated Investment, les s(»ciété8 de traitement métallurgique comme TAfrican Goldrecoveryetlaltand Central OrelleductionCr, enfin les charbonnages (Cassel (À)lliery et Transvaal Coal Trust) on retrouve, conformément aux chitfres précédents, 36 entreprises minières proprement dites, ayant donné, eu 1895, 66 millions de dividendes.