DEPENSES
Pension 61.110,50
Secours au malades
et blessés 110.565,13
Funérailles 1 . 184,50
Médecins 14.245,33
MédicamenU 22 . 665,92
Vins Viande 11.697,65
ùi?«rs 3 521,46
LES MINES DE NOÈUX ET VICOIONE 81
Aiftiitaces aecordés «ait ouvriers en supplément de leurs snlnires.
Caisêe de retraitas. — Depuis 1884, la Compagnie des mines de Vicoigne et Nœux yerse a la Caisse nationale des Retraites pour la vieillesse, au nom de chacun de ses ouvriers, une somme représentant 3 OiO du salaire de Touvrier.
Ces versements sont inscrits sur un livret individuel, propriété de Touvrier, et au moyen duquel, il obtient, à Tâge de 50 ans, la liquidation d*une pension viagère dans les conditions prévues par les règlements de la Caisse nationale de Retraite pour la vieillesse.
Les versements sont effectués à capital aliéné et au profit exclusif de Fou vrier, et de sa femme s'il est marié.
Le montant des versements faits par la Compagnie pendant Texercice 1887-1888, s'est élevé à 131,l:^2 fr. 54.
Loaementa à prix réduits. — La x>lus grande partie de la
SopuTation ouvrière des Mines de Vicoigne et Nœux est logée ans des cités construites par la Compagnie et comprenant actuellement 1,176 maisons.
Le prix de location de ces maisons, j compris un jardin j attenant de 2 ares environ, est de 5 francs par mois.
Le capital immobilisé dans ces constructions est de 3,144,073 fr. 72.
La dépense faite par la Compagnie pour procurer des logements à prix réduits à ses ouvriers, se décompose ainsi qu'il suit pour l'exercice 1887-88 :
1** Intérêt du capital immobilisé en construction, à 5 010 157,203 fr. 69
2« Dépenses d'entretien des maisons 52.270 02
3* Contributions, gardes, etc 25.873 26
Total 235.346 fr. 97
A déduire pour loyers perçus 59.410 94
Soit à la charge de Compagnie. . • . 175.936 fr. 03
Chauffage* — Le chauffagd est accordé gratuitement à tous les ouvriers de la Compagnie. »
La dépense supportée de ce chef par la Compagnie des Mines de Vicoignes et Nœux a été de 105.705 fr. 60, soit en moyenne 25.87 par ouvrier.
Instruction, — 3.000 enfants fréquentent les écoles, ouvroirs et asiles, construits par la Compagnie des mines et dirigés par 17 instituteurs laïques ou congréganistes, et 28 religieuses de Saint-Vincent-de-Paul.
Le capital immobilisé en construction d^écoles, etc.» est de 6)9.688 fr. 15.
Les dépenses faites par la Compagnie, pour l'instruction et
82 LES MINES DE NŒUX ET VIOOIQNE
le culte, se répartissent de la manière suivante pour Texercioe 18d7-188ê :
Intérêt du capital immobilisé en constructions à 5 OiO aO.QSSfr.il
Eclairage et chauffage. . . * ,1 » • . • . » • 4.746 78
Personnel des écoles et du culte * 88.158 »
Fournitures classiques et prix • • 8.061 41
Contributions et divers » 6.940 84
Soit^à la charge de la Compagnie « . 88.889 fir. 89
Les dépenses faites par la Compagnie des Mines de Vioolgne et Nœux, pendant Texerclce 1887-1888, pour procurer tous ces avantages à ses ouvriers peuvent se résumer de la façon suivante :
Dépense tottie. Moyenne ptr onvrier.
Caisses de secours 93,867 iOc. 95 22ft».98
Caisse de retraite 131.122 54 32 10
Logements à prix réduits. . 175.936 02 43 07
Chauffage . • 105.705 60 25 87
Instruction et culte 88.889 89 21 76
Ensemble. • • . 595.521 tt. 60 145 fr. 78
Société coopérative. — La Société coopérative, dite des Mineurs de Nœux-les-Mines, Société à capital variable, a pour but de fournir à ses actionnaires tous les ol:\iets de consommation usuelle aux meilleures conditions possibles en mettant en relation directe les producteurs et les consommateurs.
Fondée le !•' mars 1876, elle comptait au !•* Janvier 1888, 560 actionnaires et son capital était de 27.077 fr. 65.
La société coopérative possède actuellement quatre maisons de vente.
Son chiffre total d^affaires depuis la fondation s'élevait au 1" janvier à 4.578.498 tr. 55, il est actuellement de 1,050 Ir. environ par jour.
Les bénéfices réalij^és dans le 2* semestre de Tannée 1888 a été de 23.998 fr. 32, et le dividende accordé aux actionnaires a été de dix pour cent de leurs achats*
L'historique des Mines de Nosux et Vicoigne montre trois périodes de développement remarquables :
La première, de 1852 à 1855, correspond à la création des Mines de Nœux ; mais ensuite, à cause de Téloignement des canaux et du manque absolu de chemin de fer« la production reste pour ainsi dire stationnaire jusqu'en 1861.
La deuxième commence à la fin de 1861 « au moment de la mise en service du chemin de fer d'Hazebrouck à Arras^ dit « ligne des houillères », . mettant les charbonnages du Paê^de- Calais en communication avec le Nord, Amiens et Paris.
La troisième débute â la conclusion de là pait de 1871, pour
LES MINES DE NŒUX ET VICOIGNE 88
se terminer en 1873-74 ; elle donne en trois ans un accroissement de 65 p. OiO. Ce résultat est dû au développement considérable de lindustrie pendant cette période. En 1871, la Compagnie de Vicoisne occupe le troisième rang
Sour la production, dans Tensemole des Sociétés du Nord et u Pas-oe-Calais,
En 1878, elle extrait . • . • 606.305 tonnes En 1889, elle extrait . . • • 1.200.000 tonnes Elle a donc doublé sa production en dix ans { Ces chiflt*es se passent de commentaires.
AdiMiniatraiien de 1» B—iéié
Le Conseil d'administration se compose d'hommes éclairés et spéciaux :
MM. IVmUeraaa, Préaident du Conseit; De CoatatlBes de Marsllly, Vice- Préaident ; Bouiet, Secrétaire.
MM. Louis Dapeatt Ernest Dapeati 4e WareaglielBf Léon Renard i StamMit.
Direciieii
MM. S. A«al«^> agent général; Lelaekai^, secrétaire.
Chef 0 de eerviée
MM. Brlee, ingénieur en chef, service des travaux ; Edmond Petaax, chef du service du commerce ; Beralère, chef du service de la comptabilité; Taaraler, chef du service du domaine et du contentieux; déaieat, aoas-chef du service des approvisionnements.
Penonnel
M. mablseu ingénieur principal. .
Ingénieurs • 13
Employés 82
Cheft ouvriers et ouvriers du fond. . 3.175
Chef^ ouvriers et ouvriers du jour. . 109
La puissance de cette Société comme facteur important de la production du Nord et Pas-de-Calais^ tient évidemment à nne entente remarquable des questions commerciales jointe à une extrême discipline.
è4 LÉS MINES DE BRUAY
La concession des mines de Bruay est encore une dos plus considérables du Pas-de-Calais, elle a 49 kilomètres carpes de surface, ainsi que nous l'apprend le plan appendu le premier à droite en entrant dans le très bel emplacement que cette société a su se ménager à l'Exposition.
Elle nous offre d'abord à droite un très beau relief géologique de sa concession et à gauche un modèle de son basculeur tiydraulique breveté, système Foni^erat, pouvant décharger directement vingt-cinq wagons de dix tonnes à l'heure dans des bateaux ordinaires.
Examinons les plans :
€oupe tranaveraale par lea puits M^'A, M*' !,]¥<' •
Cette coupe nous montre que les puits n* 1 et n" 4 sont en plein dans la région des houilles grasses, région très peu tourmentée et très plateuse. Un faisceau d'une dizaine de veines y est très régulier.
Entre le n" 1 et le n° 2 au nord, la région des demi gras a été reconnue seulement par la fosse n* 2. Un puissant rejet que les ingénieurs de Bruay évaluent à l'énorme chiffre de 1200 mètres sépare complètement les deux régions.
Cevpe lonsitadinale
La coupe longitudinale énorme, sur 3 kil. 1/2 passant par les fosses n"' 3 et 4-5 nous montre encore une région parfaitement régulière dans les charbons gras avec léger plongement à l'ouest et çlus accentué à l'est. En dessous du très important stock laissé par prudence sous le tourtia, c'est-à-dire sous la partie aquifère du crétacé on observe d'abord la veine Aline qui affleure et qui est déhouillée jusqu'aux fosses jumelles n"** 3 et 5. Puis viennent Paul Flavie, Maurice- Palmvre, Virginie, les n°* 9, 10 et 11 formant ensemble un faisceau déveines très respectables.
Les richesses de cette concession ne paraissent guère exploitées au delà de 350 mètres environ. Il y a donc un très bel avenir pour les mines de Bruay.
Coupe heriaoïitole uu^desseas du niveau de te mer
Une coupe horizontale complète cet ensemble si remarquable. Avec le plan de surface, la coupe en travers, en long et
horizontale, que peut-on demander de plus ? J*aYoue que je suis toujours impressionné par les plans. On les regarde peu, dit-on. C'est une erreur. Dans tous les cas, eux seuls donnent aux hommes compétents une entière satisfaction au point de vue technique, et ceux de Bruay m'ont instruit et édiné.
Nous voyons toujours dans la coupe horizontale cette fameuse faille qui amène les charbons demi-gras et au delà de laquelle les recherches n'ont pas l'air très enthousiastes.
Le relèvement général de la mine au Sud permet de voir hypothétiquement le réseau complet depuis Paul-Flavie jusqu'au n° 11, indiquant une allure très régulière qui caractérise à mon avis la zone de Bruay.
Siège d'exploiiatiim de la fosse it° 9
Dans le second compartiment de l'emplacement, sont con« centrés les plans et modèles d'installation.
A droite, le siège d'exploitation n» 3 avec machine d*épuisement.
En face la cQupe longitudinale de la même installation et enfin le plan à gauche.
L'installation est du reste des plus puissantes. Cage à huit bennes, dix massifs de chaudières, un immense hangar d'approvisionnements, tout ce qui constitue en effet une grand outillage pour une nroduction intensive. Voilà une des choses qui m'ont le plus frappé :
Prodaetlon par f oaae et totale.
Ce qu'il y a d'intéressant dans les diagrammes de la production c'est que comme partout dans le Pas-de-Calais on se sent arrivé à un maximum qui n'a jamais été atteint et nour chaque puits et pour le total de l'extraction. Voici le tableau statistique pour Bruay :
Fosse n. 1.
Fosse n. i.
Fosse n. S. Fosse n. 4.
Totol.
FosM n. 1.
FosM n. t.
FosM II. 3.
Fosse B. 4.
Totel.
Ainsi ce diagramme que j'étudie toujours comme tous les diagrammes avec grand intérêt, prouve que depuis l'origine des mines de Bruay n'v a pas eu un temps d'arrêt. L'ascension devient rapiae, constante dans les deux dernières années ot aujourd'nui nous assistons à ce spectacle bien fait pour attirer l'attention, de trois puits seulement marchant d'une allure égale, su]^erbe, avec une extraction de 280,000 tonnes chacun, qui certainement va atteindre 800,000 tonnes en 1889.
300,000 tonnes par fosse! c'est une force de production <^ui n'est pas dépassée dans le Nord ni nulle part à macohnaissance.
lIEedèle de elwrsemeitt de BrvMiy
Le modèle que nous présente Bruaj est basé sur le principe du piston hydraulique faisant basculer un truc tout entier sur lequel repose le wagon.
11 y a également application de ce môme principe de déchargement par Talimentation d'une fosse dans laquelle puise une noria destinée à élever les charbons.
Nous en reparlons plus loin en détail :
Oenetliaiieii ^éoloBlMgmm de Im eeneeMlen. — Diepesitieii s^nénile des veiitee. — Cempeeitleii eliiiiii^Ho de la houille.
Complétons cette rapide esquisse par des renseignements plus détaillés :
Les puits n** 1, 3, 4 et 5 en exploitation, ainsi que les puits n** 6 et 7 en construction, sont situés dans une zone qui occupe i peu près le milieu de la concession dans la partie comprise entre la grande faille, au Nord et l'affleurement du terrain dévonien, au Sud.
Cette zone, d'une surface de 15 kilomètres carrés, renferme toute la série des charbons gras qui sont très estimés et ont fait la réputation du Gisement de Bruay.
Au delà de la grande faille du Nord, la concession contient
des obarboos, dont la nature est toute différente; ce sont des houilles maigres et friables.
C'est le phénomène général dans le Pas-de-Calais et que nous ayons décrit plusieurs fois. Le recouvrement dévonien y est aussi classique.
Le gisement des charbons gras, actuellement exploités à Bruaj, se trouve donc limité, au Nord et au Sud, par les deux grands accidents dont nous venons de parler; nous allons donner quelques détails sur ce gisement, et sur les veines, actuellement reconnues, qu*il renferme.
Au point de vue de leur position, dans le terrain houiller, ces vemes peuvent être groupées en trois faisceaux :
f *' Faisceau ou faisceau supérieur.
Ce faisceau, qu'on rencontre dès qu*on pénètre dans le terrain houiller, est constitué par une passée et quatre veines de faible puissance, il n*est pas exploité, à cause du peu d'importance des veines.
S* Faisceau ou faisceau de la veine Sainte-Aline.
Il est séparé du faisceau supérieur par un intervalle de 88 mètres, ne contenant aucune veine exploitable.
On n*a constaté, dans toute cette épaisseur, que sept à huit veinules sans importance.
A la suite viennent : la veine Saint-Louis, d'une épaisseur de 0»50 à 0*70 ; la veine Saint-Jules d'une épaisseur de 0"40 à O^IO; la veine Sainte- Aline, d'une épaisseur de o^'SO à 1»30.
La veine Sainte-Aline est la plus riche et la plus importante de oe foisoeau, à qui elle a donné son nom.
3* Faisceau ou faisceau des grandes veines.
Le 3* flBiisceau est séparé du faisceau de Sainte-Aline par un intervalle de eo à '70 mètres, oii on ne constate que sept passées charbonneuses, avec quelques veinules insignifiantes.
Au-dessous de cette portion stérile se rencontre la i>artie productive, qui contient, dans une épaisseur de terrain de 5oo mètres, toutes les grandes veines exploitées à Bruay, excepté la veine Sainte-Aline qui appartient au faisceau preoédent.
Ce sont : la 5* veine, ou Paul Flavie, d'une épaisseur de 1"»40 à I"*80; la 6« veine, ou Edgard-Henri, d'une épaisseur de 0*"60 à 1"I0; la V veine, ou Maurice Palmyre, d'une épaisseur de 1"W à 1"45; la 8' veine, ou Virginie, d'une épaisseur de 0»80 & 1*86; la 9* veine, d'une épaisseur de l"50; la 10* veine, d'une épaisseur de 0*60 à ©■•'TO; la 11' veine, d'une épaisseur de 1«S0 à lî"10; la 15' veine, d'une épaisseur de l mètre ; la 16' veine, d*une épaisseur de 1"25,
Les veines n*' 12, 13, et 14 ne sont pas exploitables dans les parties reconnues Jusau'à ce jour.
Ce &isceau contient, en outre, quatre passées ou veinules inexploitées. Une de 0"05, entre Paul et Edgard, une de 0»20 A 0"46, entre Maurice et Virginie, et deux de 0«'20, au-dessous de la 11' veine.
Les recherches faites dans la concession de Bruay n'ont pas été au delà de la 16' veine, qui est la dernière veine reconnue; mais l'étude des terrains et la direction des couches sont des éléments sufllianti pour affirmer, qu'en approfondissant, on doit rencontrer tout le faisceau des veines exploitées A Maries
et probablement celui des veines de Ferfay et d'Auchy-au- Bois.
L'épaisseur totale de charbon reconnu est de 20"»80, réparti dans 413 mètres de terrain, soit 5 mètres de charbon par 100 mètres de terrain.
€#mp»sltieii de« ItoHilles
Les charbons de Bruay, qui ont beaucoup d'analogie avec les flénus de Mons, sont des charbons à gaz, par excellence, à cause de leur richesse en matières volatiles.
Leur structure brillante, la dureté des morceaux et la facilité qu'ils possèdent à Tallumage, en font un combustible très apj)recié au i)oint de vue du chauffage domestique. On remploie également avec succès, dans les chemins de fer, dans rindustrie et la métallurgie.
Voici la composition chimique des principales veines précédemment déentes :
1" faisceau ou faisceau supérieur
2* faisceau ou faisceau' moyen "
3* faisceau ou faisceauj inférieur
Noms dos veines
Veino n» 1
St.-Louis St.-Jules Ste-AUne Paul Flavie Edgard Henry M. Palmyre Virginie 9* veine 10* veine II* veine
Carbone
Cendres
ûxc 0/0
60 «îe
Matières
volatiles
Pour donner à nos études le caractère documentaire qu*elles doivent avoir aûn de rester dans nos bibliothèques, esquissons l'historique de Bruay et complétons nos premiers articles.
Une société de recherches pour la découverte de la houille, créée à la date du 1*' septemore 1851, à la tête de laquelle se trouvait M. Leeonte, député des Côtes-du-Nord, qui lui donna son nom, entreprit divers sondages dans la concession actuelle de Bruay.
Cette société, après avoir constaté l'existence de la houille, demanda au gouvernement une concession, et, en même temps, rédigea les 14, 17 et 21. mai 1852, les statuts qui régissent encore auiourd'hui la Société des Mines de Bruay.
Cette société fût constitué au capital de trois millions de fï*ancs, représenté par 8,000 actions de 1,000 francs chacune. 11 ne tat versé, sur chaque action qu'une somme de 400 francs.
TravaHx aecomplis pour la mise en Talevr de la eoneesalen, Sièffe d*extraetioii, MBjenm de transport, ete.
Depuis 18*78, date de la dernière Exposition universelle, la Compagnie de Bruay n'a pas cessé de poursuivre la réalisation du pi'ogramme qu'elle s était tracé, des Tannée 1873; c'est-àdire de transformer complètement Toutillage de ses puits, de manière à leur faire produire la plus grande extraction possible, car elle considère que, lorsque les richesses du gisement le permettent, c'est la meilleure condition pour obtenir un prix de revient avantageux.
Aujourd'hui, avec trois puits seulement en exploitation, la Compagnie de Bruay produit 900,000 tonnes ! et, Tan prochain. Quand le puits auxiliaire du puits n* 4, sera en état d'extraire (lu charbon, le million de tonnes sera atteint et même dépassé.
Celte production moyenne de 300,000 tonnes, par puits, est la plus élevée qui ait été obtenue en France^ jusqu'à ce jour. La Compagnie de Bruay arrive à ce résultat, grâce a la richesse de son gisement et à la puissance de l'outillage dont sont armés, aujourd'hui, tous ses puits.
En outre d'un triage ordinaire, par trémies , le siège n" 3 possède un atelier de criblage mécanique, capable de travailler 300 tonnes par jour, et produisant toutes les catégories de charbon, exigées par le commerce. Ces diverses catégories figurent dans les vitrines de notre exposition.
Enfin, pour assurer la conservation du charbon mis en dépôt, il a été construit un magasin couvert, capable de contenir :J0,000 tonnes de charbon. Ce magasin offre cette particularité qu'il est desservi par deux ponts roulants, de 20 mètres de longueur chacun, portant les culbuteurs. Cette disposition qui simplifie l'installation, lorsqu'il s'agit d'un grand magasin, et permet de déposer le charbon avec le minimum de bris et de main-d'œuvre, est toute nouvelle ; elle est due également à l'initiative infatigable de M. Fouinerai, ingénieur en chef du matériel.
En même temps qu'elle améliorait Toutillage de ses divers puits, la Compagnie créait une usine à gaz pour l'éclairage de ses chantiers, un criblage central pour le travail des sousproduits, une fabrique de briquettes, des bureaux généraux, et, enfin, elle augmentait considérablement l'importance de son rivage et de son chemin de fer.
Nous allons dire quelques mots de ces diverses installation:
L'usine à gaz, créée en 1331, peut produire 1,000 mètres cubes de gaz par jour; elle est amplement suffisante pour les besoins de la Compagnie, et elle peut môme fournir du gaz à la ville et aux habitants.
Les bureaux généraux construits en 1884 ont une superficie couverte de 800 mètres carrés ; tous les services y sont réunis et le- téléphone les met en communication avec les puits, lesfiteUeps/le chemin de fer et le rivage.
Criblage central, — Cet atelier destiné à cribler les sousproduits des fosses, c*est-à-dire tout ce qui est inférieur à 4 oentimétrest a été orée en 1866. Il produit des tétas de moineau, du grain et du poussier.
Le poussier est transporté automatiquement à Tusine à agglomérer, voisine du criblage, pour être transformé en briquettes de 5 kilos, pour Tinaustrie ou de 1 kilo li2, pleines ou perforées, pour le cnauffage domestique.
Les presses employées à cette usine, sont du système D«p«]r ; elles produisent chacune 35 à 40 tonnes par Jour en briquettes de 5 Kilos ; leur fonctionnement est très satisfaisant.
L*atelier de criblage offre cette particularité qu*il est desservi par un culbuteur hydraulique, du système de M. Fea- Jarat, ingénieur en chef. Cet appareil permet de décharger, ans la fbsse de la noria 25 à 30 wagons par jour sans autre main-d*œuvre que celle des deux gamins charges des manœuvres (un plan de Texposition représente cette application nouvelle).
Les trais de criblage de cet atelier, dont la production est limitée à 350 tonnes par Jour, ne dépassent pas dix centimes par tonne, y compris le nettoyage du charbon criblé. Ce fait mérite tous les éloges.
Rivas»
Les expéditions par eau se sont développées considérablement; de 115,000 tonnes qu'elles étaient en 1878, elles sont de 180,000 tonnes en 1888. Ce dernier chiffre représente 43 0/0 de la production totale actuelle.
Le service du chargement des bateaux a été assuré, Jusqu*à présent, par deux culbuteurs hydrauliques, système Fovcevai installés depuis 1876 ; mais en prévision de 1 augmentation de production des puits, et pour assurer le service, la Compagnie vient de lb.ire aoubler la superficie de son bassin de chargement, et installer deux nouveaux culbuteurs.
Avec cette installation, qui a été complétée par Tédairage électrique, on peut aisément embarquer 500 tonnes par Jour.
Les culbuteurs hydrauliques, dont on a exposé un spécimen, fonctionnent toiyours à rentière satifaction de tous. Depuis 13 ans que les deux premiers sont installés, ils n'ont pas subi le moindre dérangement. Ces appareils qui représentent la première application faite en France du déchargement direct d*un wagon de 10 tonnes, constituent un excellent système de déchargement.
Cette œuvre seule suffirait à signaler TExposition de Bruay à Tattention des hommes compétents.
Les culbuteurs à gravité, appllaués par quelques compa-
fnies, sont également de Tinvention de M. FoMev^i, quffit revoter ce moyen en 18*74, mais l'abandonna bientôt, pour remplacer la pesanteur^ar la pression hydraulique, force éminemment plus docile et permettant de réaliser des installations beaucoup plus économiques.
Chemin de /er,— L*effectif du matériel roulant était en 1878 :
locomotives. • • • • 5 wagons. •••••• 100
Il est aajoard*htii :
locomotives. • • • • 18
wagons 800
La longueur des voies de tout le réseau de la Compagnie, v compris les voies de garage était, en 1878, de ... . 22 kff.
Elle est aiyourahui de 85 »
Pour faciliter les manœuvres et le tirage des wagons, la Compagnie a fait agrandir. Tan dernier, la gare centrale de formation des trains. Cette gare possède aujourd*hui 7 voies de 800 mètres de longueur et peut contenir 300 wagons.
Pour assurer Tentretien du matériel du chemin de fer, 11 a été construit, sur les plans de M. Fomurerat, de vastes ateliers de réparations complètement aménages et outillés pour faire, dans les meilleures conditions, toutes les réparations des locomotives et des wagons.
Cet atelier, qui est représenté par une photographie, y eompris une remise pour 10 locomotives, a une superficie couverte de 8,000 mètres carrés,
¥• - Iiisiitotii#ii0 Iramanitali-M.
Logementê et chauffage, ^ Comme les autres compagnies houillères du bassin du Pas-de-Calais, la Compagnie de Bruav a bâti, pour le logement de ses ouvriers, de nombreuses maisons ; elle en possède aujourd'hui 1.100,
Les ouvriers reçoivent gratuitement leur chauffage. Ils ont des salles d'asile, écoles et ouvroirs fMquentes par près de 2,000 enfants ou jeunes filles apprenant les premières notions du travail manuel.
Çaiêêee de secoure et cai'saee de retraites. — La caisse de secours pour les malades est exclusivement à la charge de la Compagnie, ainsi que la caisse des retraites. Ce fait est très digne de remarque, et je le signale volontiers.
Société coopérative de consommation, •* La Sooiété coopérative de consommation est placée sous le haut patronage du Conseil d'administration des mines dto Bruay.
Depuis sa fondation, cette Société n'a cessé de donner les meilleurs résultats, non-seulement elle a contribué à produire un abaissement sensible sur le prix de vente des oldets nécessaires à la consommation de ses ouvriers, mais encore elle a réparti à ses ouvriers associés des bénëâces Imjiortants. Au bilan, cette Société au capital de 14,000 fr, avait en réserve 154,000 fr., et avait à répartir 58,000 Ir. de dividende.
La Société coopérative a nu avec ses bénéfices, faire construire de vastes magasins ae vente, ainsi nu'une boulangerie mécanique, possédant un pétrin molUuid et deux fours à sole tournante. Cette boulangerie peut faire 2,000 kilog. de pain par jour.
A proximité de la boulangerie, et pour utiliser le moteur à vapeur, il a été établi un grilloir mécanique pour le café, et une ohareuterie possédant des machines A hacher la viande, également mues mécaniquement.
Toutes ces installations, parfaitement aménagées, ont été exécutées sous la direction de M. Foofperat in*?énieur en chef du matériel de la Compagnie et administrateur de la Société coopérative. Nos félicitations aux organisateurs de cette belle œuvre.