‹ Les mines et usines en 1889Chapitre 21 sur 199 · SERVICE COMMERCIAL · texte numérisé non relu

SERVICE COMMERCIAL

comprenant la comjtabJité générala la cor.-espondance et la ca.ssa

MM. Elby, chef du service commercial Sauvel, chefdela

comptabilité.

Hannedouche , caissier

Le service médical, à la te te duquel est placé M. le docteur Haynaut, chevalier de la Légion d'honneur, est partagé on quatre circonscriptions, ayant chacune un médecin*. Ce sont MM. les docteurs Dourlcns, Durand, Croqalsoa et Car.*.

Nous crovons difticile de mener une affaire avec plus de prudence et ae résolution en même temps, en donnant à chacun son rôle, sa responsabilité et ses 4i*oits. Le docteur Harniottan est un organisateur et l'a prouvé avec Taide du vice-président, M. A- Dlncq et de Texcellent directeur, M. Leroy. Ces administrateurs intelligents aiment qu'on rende justice à leur personnel; aussi ce sont eux-mêmes, excellent exemple, qui ont recommandé au jury leur collaborateur M. Fourrerai. Tingénieur en chef dont nous voyons comme la signature dans les œuvres techniques de la Compagnie; que M. Auguste Ber^auil, ingénieur en chef du fond, auquel nous devons les principaux plans de l'Exposition et M. .1. Elby, chef de ce service commercial si important sans lequ»'l rien ne vit ni ne prospère prounent aussi leur part de nos éloges.

La concession de Fléchinelles est celle oui occupe rextrémité Est du bassin du Pas-de-Calais. (Test la tin du gîte dans cette (iirection, on sait qu'il se termine par une sorte de fourche dont un brin aurait été coupé vers Vendin et Béthune. Fléchinelles constitue, ce brin allongé sur trois pointes.

La coupe Nord-Sud de Fléchinelles passant par la fosse de ce nom, nous montre un bassin tout à lait redressé, des couches rolatiyement assez peu tourmentées, étant donné le peu de largeur du gite en ce point. Le calcaire carbonifère Nord y est presque vertical et a des allures presaue renversées ; aux affleurements, la roche encaissante au Sua*Est est ledévonien?

J'aurais une certaine propension à croire que le bassin se

Srolonge beaucoup sous le dévonien au Sud. La concession 'Auchy au bois, voisine de Fléchinelles et qui a un large périmètre sur le dévonien nous le dira. Elle parait avoir eu le pressentiment de cette hypothèse.

Klèchinelles nous offre deux modèles de bennes en bois t^ës élégantes et robustes, Tune contenant des fines, Tautre d«s quartiers de coke.

Los photographies représentent les fours à coke, le rivage et la fosse de Fléchinelles, tous sous divers aspects.

En résumé, bonne impression, on comprend qu'on a devant soi une Société qui, malgré les difficultés, sait vivre, prospérer et aller de Tavant.

Uq puits, n* i, est, en ôffet, en projet vers la base du trian* gle, qui forme le gite de Fléohinelles. Bonne chance aux mineurs.

il est bon de faire connaître par quelles épreuTes a passé la courageuse Société de Fléchinelle.

A la formation de la Société nouvelle succédant i la Compagnie de la Lys en déconfiture en juillet 1885, tous les bâtiments étaient dans un état de délabrement pitoyable* les machines mal entretenues; tous les ateliers en désordre, les travaux d'exploitation abandonnés; les travaux préparatoires n'étaient pas exécutés en raison directe de Texploitation.

Les produits ne Jouissaient d'aucune faveur auprès des industries et, par conséquent, les réalisations étaient difficiles et récoulement se faisait à des prix dérisoires.

Aigourd'hui, ainsi que Font constaté les ingénieurs des mines, Tordre existe partout, tout fonctionne jpaïf ai tement; les charbons pour toutes les industries, les forges lavées, produits spéciaux si appréciés, les cokes pour la métallurgie, la fonderie, la brasserie et la malterie ont reconquis totalement la faveur qu'ils méritent.

La Société qui n'a que quatre ans d'existence a déjà des relations commerciales suivies avec l'Est et le Centre de la France qui absorbent facilement toute sa production.

Les résultats de la nouvelle gestion devaient se ressentir de ces changements heureux. Ainsi qu'il résulte du tableau suivant :

k nfiA/iQ

Extraction.

Bénéfices.

ViillUCS

Tonnes.

Franes.

Ces chiffres sont suffisamment éloquents. Ils ne permettent aucun doute sur la marche progressive des Mines de Fléchinelles. et l'on voit que le bénéfice par tonne augmente sensiblement avec Textraction.

Et c'est seulement à la date du 4 janvier 1889| que la réu* nion de la concession d'Auchv-au-Bois à celle da Fléchinelle a été décrétée!

Le champ d*exploitation qui n'était que de 532 hectares, est actuellement de 3,463 hectares, soit 2,931 hectares en plus. C'est la plus importante Compagnie du Pas-de-Calais qui se soit constituée dans ces dernières années.

Elle peut prétendre avec raison à un rang supérieur à celui des Sociétés secondaires.

L'avenir des Mines de Fléchinelles obligeait du resté à

§ rendre sans retard toutes les disi)ositions pour tirer parti es richesses minérales nouvelles mises en sa possession. Aussi a-t-on fait procéder aux études pour le creusement d un nouveau puits à la Tirremande; les trîivaux seront commencés dans un très bref délai. Le puits de la Tirremande, dont les richesses sont reconnues, non seulement par plusieurs sondages, mais encore par les voies de fond, fera plus que doubler la production. Le prix de Textraction diminuera alors sensiblement et il en résultera que les bénéfices s'accroîtront dans une proportion notable, dépassant probablement bientôt 2 francs par tonne.

Saluons donc à ses débuts une vaillante Société dont Textraction dépassera cent mille tonnes Tannée prochaine et qui en possession de la moitié du quai d'Isbergues , ajant ses moyens de transport à elle marchera résolument sur la trace de ses grandes devancières du Pas-de-Calais sous Ténergique et habile direction du président du Conseil d administration M. EîMiJt» ttîd'Mix, >'cc. U'ié par un personnel minier dévoué.

LES MINES DÛ NORD 9t

TExposition des mines d'Anzin est le véritable clou, au point de vue de Tattraction, de la classe 48.

Un admirable emplacement de 18"50 sur 5 mètres de profondeur a permis à fa Ck)mpagnie d'exposer une foule de modèles et de documents dont nous allons faire la description.

Dans un fer à cheval de grande dimension on observe à gauche toutes les installations se rapportant à Tépoque de n89.

A droite, toutes les installations se rapportant à la période actuelle. C'est clair et très net comme intentions.

En face, au fond, les documents statistiques, les plans, diagrammes, les outils en trophées élégants, les drapeaux, les photographies, les lampes oepuis la lampe à feu nu jusqu*à la lampe Davy Jusqu'à la lampe Manant, le dernier mot du progrès. Au-dessus la grande inscription qui se passe de commentaire, les vrais titres de noblesse industrielle : Gompagnib d'Anzin, fondée en 1757.

Enfin au centre du fer à cheval, un trophée avant comme base un morceau de veine de charbon naturel de 3 mètres sur 2 avec les schistes du toit qui portent un admirable pylône emblématique.

Tel est au premier coup d*œil Taspect imposant que présente TExposition des mines d'Anzin.

On peut dire sans exagération qu*à aucune époque, il n'y a eu d'exposition minière plus complète et plus remarquable.

On a voulu nous montrer les mines d'Anzin à cent ans de distance, pour mesurer le chemin parcouru. Toute l'Exposition d'Anzin est dans la comparaison de ces deux grandes dates 1789-1889.

L'année 1789 est représentée par un modèle grandeur au 1/10» exécuté d'après les plans authentiques de l'époque.

Il comprend un grand bâtiment couvert en chaume, murs en torchis, élevé sur soubassement de briques avec charpente en bois, le tout d'un aspect nu et presque misérable. Emblème du commencement de toutes les grandes choses.

A l'intérieur on remarque un grand manège appelé « engin » mu par plusieurs chevaux; un cable en chanvre d'environ cinq centimètres de diamètre s'enroule sur le tambour horizontal et va passer sur les molettes en bois du chevalement très pri-^

98 LES MINES D'ANZIIf

mitif placé un peu au-dessus de la fosse et formé par deux poutres horizontales.

Le trou du puits est entouré de simples barreaux en bois et les bennes de 4 hectolitres environ se balancent librement dans cette fosse carrée d'environ six pieds cuvelée jusqu'au tourtia avec des troncs de chêne.

Le charbon extrait par la benne est vidé au moyen de petites brouettes il est conduit et versé, sur le devant du bâtiment où iQs charrettes viennent le prendre sur le terrain même.

On le voit, rien de plus simple et de plus primitif. C'est l'extraction connue en France et pratiquée à cette époque même dans le bassin de Rive-de-Gier.

Ces méthodes ont été évidemment importées du bassin de Charleroi par M. le vicomte DeBandroaln^ l'inventeur du gîte houiller du Nord. On se fait donc une idée ici de l'extraction générale de la houille en Europe à ce moment et, à ce point de vue, cette partie de l'Exposition d'Ânzin est très remarquable.

A cette époque, il fallait un certain nombre de chevaux, l'extraction reposant uniquement sur la force animale ; aussi, à côté du puits remarque-t-on une vaste écurie toujours couverte en chaume et pouvant contenir un grand nombre de chevaux pour les différents postes.

Les bureaux et baraques d'ouvriers étaient nécessairement très rustiques étant donné la petite extraction qui ne dépassait pas 300 hectolitres par jour.

IHacliiiie mTeivcoiiicii-Périer

En 1802, la Compagnie d'Anzin, naturellement à la recherche de tous les perfectionnements à introduire dans l'art des mines installa en France la première machine d'extraction à vapeur. La Compagnie nous offre un modèle très exact de cette très curieuse et historique installation.

Elle se compose du tambour traditionnel de « l'engin » ; seu lement le manège est remplacé par un énorme engrenage à dents en bois placé au pourtour et sous le plan inférieur horizontal du tambour. Un petit engrenage à barreaux en fer commande les dents en bois et le tambour tourne ainsi lentement autour de son axe vertical.

Comment est faite alors la commande de l'arbre en bois qui porte Ten^enage moteur ?

C'est très original.

Une machine à cataracte, système Newcomen, qu'il est inutile de décrire, donne le mouvement à cet axe moteur avec un changement de marche primitif.

Le tambour horizontal est lui-même muni d'un fVein en bois qui était serré toutes les fois qu'il figillait pratiquer les travaux dans le puits ou la descente des ouvriers. La combinaison de cette machine à rotation est due à Jacques-Constantin Perler. Elle ftit montée le 30 pluviôse, an X (20 février 1803), à la fosse du Vivier, àFresnes.

La chaudière à champignon antique est représentée à côté et fournissait la vapeur à l'engin mécanique.

Ces machines ont duré jusqu*en 1845. Elles ont commencé à être remplacées par les machines verticales (1820), type de Watt d^importation anglaise. Enlln les premières maenines Gavé à cylindres oscillants ont fait leur apparition vers 1852 et 1853, puis vers 1860 le célèbre M. de Qulllaeq est arrivé avec ses machines horizontales qui fonctionnent aujourd'hui avec le plus grand succès. On a essayé depuis les machines verticales, mais la tendance actuelle esi pour le retour aux machines horizontales.

Kaérage avait lieu jadis par petits foyers intérieurs et puits spéciaux.

Telles sont rapidement le» réflexions que nous inspirent Texamen des installations primitives de la Compagnie d'Ânzin.

A côté du modèle 'on remarque un petit panier traîneau, grandeur naturelle pour transport du charbon dans la mine. Comme cela est enfantin.

Nous allons constater le chemin parcouru. Il est immense comme on va le voir.

La partie de l'Exposition d 'Anzin consacrée a 1889 a pour })ut de présenter au public le résumé des installations les plus perfectionnées qui existent actuellement dans le pays.

A cet effet, un modèle au dixième, représente symétriquement avec 1789 un puits d'extraction et toutes ses dépendances. C'est le modèle de la fosse La Grmnife qui est mise précisément en exploitation cette même année 1889.

Le tout est orienté suivant un grand axe parallèle à la façade de cette Exposition.

En tête du puits P, en tête de la machined'extraction M vient le bâtiment contenant les ventilateurs et compresseurs V. C. (Croauis ci- contre.)

A droite, les générateui-s et machines alimentaires G. En queue, à gauche, le criblage C, à droite, les lavoirs L et dépendances.

De sorte qu'on peut se représenter toute l'installation du puits Lagrange comme orientée suivant un double T horizontal couché 1"^ dont : 1* la machine d'extraction M les ventilateurs et générateurs formeraient la tête ou le premier T; 2« le puits P le centre et 3" les manipulations des charbons la queue ou le dernier T.

La figure ci-contre rend bien compte de la disposition générale si merveilleuse de simplicité de ces installations.

Décrivons maintenant minutieusement chacune des parties de cette fosse.

Commençons par le premier T.

D'abord les générateurs G :

lis sont au nombre de cinq, composés chacun d*un corps principal de 1"60 de diamètre, 8"T2 de longueur; de deux nouiileurs de 0"80, 12'»08 de longueur ; d'un réchauffeur de 0'"80, 9"33 de longueur; la surface de chauffe d'un générateur est de 100 mètres carrés.

Une grille spéciale exposée grandeur naturelle dans le voisinage du petit bâtiment, indique les dispositions spéciales de cet appareil. Il ne laut pas oublier que c'est à Anziu qu'on doit en grande partie la vulgarisation du problème de la combustion des tines et des charbons quart gras et maigres sous les chaudières à vapeur.

L'emploi de ces charbons présentait certaines difficultés malgré leur avantage comme élévation de température, leur puissance de vaporisation et l'absence de fumée.

En effet, on ne peut brûler seuls ces charbons qu'à l'aide d'un tirage forcé par ventilateur ou par injecteur d'air, ce qui n'est pas sans danger pour les chaudières, car il suffit que la grille ne soit pas bien également couverte pour que la plus grande partie de l'air, passant en un seul point, y forme chalumeau ; de plus Télévation de la température de combustion amène la fusion des cendres et l'adhérence du laitier qu'elles forment sur les barreaux qui rougissent et se détériorent très rapidement; enfin, ce laitier en coulant bouche lesespaces libres, ce qui arrête la combustion et rend très pénible le travail du chauffeur.

Toutes ces difficultés disparaissent par l'application de la grille William exposée et appliquée aux générateurs de la fosse La Grande. On y brûle les poussiers produits par cette fosse sans addition de gras^ ce qui est très remarquable.

Cet appareil, très répandu en Angleterre, n'est autre chose qu'une grille ordinaire dont les barreaux sont creux, à section rectangulaire allongée, chacun est muni d'un petit iiyecteur de vapeur vive servant à appeler l'air nécessaire à la combustion. Le mélange d'air et de vapeur sort du barreau par des ouvertures latérales percées sur les parois de 0"I0 en 0™10, et disposées en quinconce d'un barreau aux barreaux juxtaposés. Le cendrier est formé. Les injecteurs de vapeur sont branchés sur un tiijau partant de la chaudière, muni d'un robinet régulateur et d'un purgeur. Les dimensions des divers éléments de cet appareil, section des barreaux à l'entrée <le l'air, ouverture de l'injecteur, écartement des barreaux, surface de la grille, sont calculés en raison de la nature du combustible, du poids à en brûler par heure et par mètre carré de surface de la grille, de la pression de la vapeur dans la chaudière.

Cette description suffit à démontrer : 1° que la combustion complète est assurée par un tirage forcé, facile à régler et, par suite, sans excès d'air diminuant l'effet utile du combustible ; 2" que la répartition de Tair sur toute la surface est une garantie absolue contre les coups de feu ; 3* que, grâce au refroi-

LES MINES DU NORD l"6l

(lissement continu des barreaux par le passade du mélange" d'air froid et de vapeur, l'adhérence des mâchefers aux barreaux est impossible et que la durée de ceux-ci, est, pour ainsi dire, indéfinie; 4* aue l'emploi des poussiers maigres est assuré, sans pertes notaoles, au travers de la grille de charbon incomplètement brûlé.

L'application pendant quatre ans de la grille William à une chaudière actionnant une machine qui refoule de Teau de TEscaut dans un réservoir distributeur alternativement avec une chaudière absolument pareille munie d'une grille à barreaux pleins, a confirmé les excellents résultats qu'on devait attendre de cet apçareil et a, de plus, accusé une économie de combustible de six pour cent. On y a brûlé en marche normale un mélange de 4/5 de poussier m'aigre et de 1/5 de poussier gras qu'on ne pourrait brûler avec une autre grille à combustion rapide.

Le brevet de la grille William est la propriété de la Compagnie des Mines d'Anzin à laquelle il faut s'adresser pour en faire l'application.

Jllacliiiie d'alimeiitAtioii eompresseiir Treuil à air eomprimé

Les machines d'alimentation, les compresseurs d'air sont groupés en C V. Ils ont été construits par MM. Hallllet et C**, dont nous avons déjà parlé.

Le ventilateur est extrêmement puissant, il est très bien placé par rapport aux puits et aux générateurs.

C'est un ventilateur Guibal de 9 mètres de diamètre actionné par une machine à détente et à condensation. La détente est variable par le régulateur à force centrifuge.

Puisque nous sommes auprès de l'air comprimé parlons, en passant, du treuil qui est exposé à côté du compresseur.

Il est destiné à faire marcher à l'intérieur les bennes sur voie simple et en vallée, à remonter les berlines chargées jusau'à 30'* d'inclinaison, les vides descendant par leur propre poias.

Le système mécanique est des plus simple. Sur un bâtis parallèlipipédique, en fer, monté sur roues, pouvant se mettre dans une cage, passer sur les voies comme une berline dont il a à peu près les dimensions, est fixé un treuil à deux cylindres Compound à distribution ordinaire.

Le frein comme la commande de mouvement se manœuvre à la main pour la descente des bennes vides et la montée des pleines. La transmission s'opère d'une façon originale sans engrenage. Une grande roue lisse calée sur l'arbre de la bobine du treuil, peut à l'aide d'un excentrique et d'un levier à main, 86 mettre en contact avec un galet calé sur l'arbre moteur. Si ce galet tourne, c'est-à-dire si les cylindres marchent, la grande roue, par frictfon, est entraînée dans le mouvement, s'il reste immobile lors de la descente, la grande roue IVotte contre lui et freine.

ÏOe LES MINES D'ANZIN

, *.' Tel est ce treuil dont les organes sont réduits au maximum de simplicité.

IHacliiiie d'emtr»ctioii

La machine d'extraction est horizontale, construite chez MM. Quillacq à Anzin et du type classique inauguré et poursuivi avec tant de succès par ce constructeur.

Elle est à soupapes, système Sultzer, détente variable par le régulateur, deux cylindres de 0™75 de diamètre et 1"60 de course.

Cette machine était en magasin depuis trois ans. Aujourd'hui, on préférerait une machine. Weelhock comme celle flçurant à l'Exposition de la Compagnie d'Aniche et construite également par M. de Qalllaeq, seul propriétaire du brevet Weelhock.

11 est inutile d'en donner une description, chacun connaissant les deux cylindres horizontaux, les fortes bielles, les bobines et le frein à vapeur au centre.

Kxeeiitriiiae spliëriiiac

C'est à l'installation de ces machines à Bleuze-Borne et Saint-Louis que se rattache le perfectionnement introduit par un ingénieur distingué de la Compagnie, M. Tripier au changement de marche à détente varianle et à avance constante ou à fermeture rapide.

Un excentrique sphérique est exposé par la Compagnie, grandeur naturelle. 11 a servi pendant quatre années de marche quotidienne et ne porte aucune trace d'usure. C'est un appareil d'aspect robuste et sûr, ne présentant aucun organe susceptible, de se rompre et tout en dehors des boîtes de vapeur.

On sait que dans les machines à vapeur, les phases de la distribution sont réglées par le calage et par la course de l'excentrique qui actionne le tiroir.

L'excentrique sphérique a pour olyet de faire varier ces éléments dans les limites que l'on s'est fixé et de modifier ainsi les périodes de l'introduction, de la détente, etc.

11 constitue un système idéal de deux leviei-s d'équerre; l'axe du milieu le rend solidaire du mouvement de rotation de l'arbre moteur, une de ses extrémités est une portion de sphère et l'autre extrémité sur laquelle on agit par un intermédiaire, transmet au centre de la sphère le déplacement qu'elle reçoit ou le ûxe au point voulu sur la droite qui joint les positions extrêmes.

Pour la détente variable notamment, la fermeture des lumières se fait dans un temps très court; 1/29 de seconde quand l'admission est limitée à 10 0/0 et 1/21 de seconde à 20 O/o, en supposant que la machine fasse GO tours à la minute et que la hauteur des lumières soit le 1/4 de la course des tiroirs.

L'obturateur, de forme cylindrique est complètement équilibré; il suffit d'un faible erfort exercé à la main ou par un régulateur à force centrîAige pour faire varier la détente.

Puits d'eiitmetion, eltevalemeiit

Le modèle du puits présente plusieurs dispositions remarquables.

Depuis longtemps déjà, les sociétés minières construisent en fer les charpentes ou chevalets qui s'élèvent au-dessus des puits pour supporter les molettes. Comme chacun le sait, ces molettes servent de poulies de renvoi aux câbles qui, d'un côté, s'enroulent sur les bobines de la machine d'extraction, et de l'autre côté retiennent les cages qui circulent dans le puits. Dans la plupart des puits existants, on recouvre le chevalet d'une toiture. Mais depuis quelque temps, certains ingénieurs n'ont pas hésité à suivre l'exemple des Allemands et des Belges, en laissant le chevalet dans 1 air et n'abritant que la recette autour du puits.

C'est dans cet ordre d'idées que la Compagnie des mines d'Ânzin a installé sa nouvelle fosse La Grange.

Plus de forteresses, de murs épais autour du puits comme en Allemagne.

L'ensemble comprend donc, au niveau de la recette du puits, un bâtiment solide qui abrite la machine d'extraction, un chevalet élancé qui supporte les molettes et une charpente très simple qui recouvre la recette. Au rez-de-chaussée et au nremier étage, se trouvent aménagées les dépendances d'une rosse, c'est-à-dire les bureaux, les magasins, lampisterie, etc.

Ces constructions ont un caractère spécial et tout à fait industriel. Le fer y remplace partout le bois. L'ingénieur, s'inspirant des idées modernes des constructions en fer, a dû établir ses calculs de résistance de manière à répondre aux efforts multiples et considérables exercés par les machines sur chacune des pièces de sa construction. Autour du puits au contraire, des cloisons légères que les mouvements du sol n'afTectent pas et qu'on peut remplacer facilement en cas d'accident. Il en résulte un édifice solide et bien raisonné dans toutes ses parties, d'une construction économique tout en étant élégante.

Le chevalet de la fosse La Grange a été construit par l'excellente maison Veuve Tasa-VIllaln- U se compose de quatre parties distinctes :

!• Clichage inférieur;

2* Partie verticale formant le prolongement du puits et formée de quatre montants verticaux croisillonnés entre eux ;

3^ Contrefiche placée obliquement dans la bissectrice de Fangle formé par le câble et l'axe du puits ;

4"* Campanile, à la partie supérieure.

La résultante ou composante des forces qui agissent sur les molettes, d'un côté, — de la traction des câbles qui vont à la machine, d'un autre côté, — et enfin de la résistance des cages

qui montent et descendent dans le puits, — passe par la contre-fiche. C'est cette partie de la construction qui reçoit tous les efforts. Aussi a-t-on soin de former la contre-liche de gros fers de 400"/" sur 200"/"* solidement croisillonnés. Pour maintenir Técartement de la contre-fiche, les sabots dans lesquels sont encastrées les extrémités des fers à X sont solidement reliés par de gros boulons avec le plancher de la recette. Les quatre montants du cheyalet reposent sur les quatre colonnes du clichage qui sont reliées à cette partie par le plancher de la recette. Un escalier ménagé sur la contre-fiche permet Taccës du campanile.

Nous donnons ci-contre le type du chevalet d'Anzin :

Ce chevalet pèse cinquante tonnes, y compris le clichage.

A la fosse La Grange, les cages sont à huit berlines dis-

{)osées sur deux étages. Ces cages construites toujours par 'habile directeur de la maison Veuve Taza-Villain, M. Halls- ■ari, sont presque carrées : elles sont guidées sur le côté par des rails en acier. Des mains en acier forgé, fixées sur les châssis des cages, glissent dans ces rails. Ce guidage métallique est très avantageux. Il assure une descente régulière des cages et évite les secousses et trépidations.

Pour le fonctionnement du parachute, on a aménagé dans le puits deux longrines en bois qui servent de point d'appui aux ^iffes dans le cas où le câble viendrait à se rompre. Il j a bien des parachutes pouvant agir sur le fer; mais la Compagnie d'Anzin et la Société de Lens qui est dans le même cas, ont préféré l'emploi de parachutes sur bois, vu les grandes dimensions des cages et leur porte-à-faux par rapport au guidage. On peut dire que c'est le dernier mot de la construction des cages aménagées pour extraire huit berlines à la fois, présentant l'avantage du guidage métallique et offrant, en même temps, la sécurité complète du personnel par l'application du parachute sur guides en bois.

Nous donnerons le dessin de cette intéressante cage à huit berlines à la monographie des ateliers Taza-VIllaln;

Criblaffe et lavoim

Après la machine et la fosse vient le modèle de Tatelier de criblage.

C'est le dernier mot du progrès dans le Nord.

Cet atelier se compose de deux parties : l'une est destinée à la décomposition des charbons et au lavage des grains; l'autre, au traitement du tout-venant et des fines.

Décomposition et lavage, — Les charbons, au sortir de la mine, sont jetés sur un crible BrUrt de 2,400 de longueur par un verseur latéral mû mécaniquement et contenant deux berlines.

Le Briart retient le gros et la grosse gailleterie, et laisse passer tout ce qui est inférieur à 0,0«5 (barreaux). Une table à secousses de 2"300 de large complète la division en retenant

la petite gailleterie et en laissant les produits inférieurs 4 0,06 (trous ronds) tomber dans une vaste trémie.

La grosse gailleterie et la petite peuvent être chargées séparément, après avoir été nettoyées sur des toiles métalliques système de Lens, ou simultanément pour faire des criblés.

Les ânes de 0,06 (trous ronds) sont puisées par une noria dans une trémie dont il vient d'être parlé et remontées à la partie supérieure d'un atelier de lavage où elles sont décomposées comme suit : Anes de 0 à 8 (rond).

Ide 8 à 15 (1).

de 15 à 25 (2).

de 25 à 45 (3).

de 45 à 60.

Les fines né sont pas lavées contrairement aux n*" 1, 2 et 3, les braisettes 45-60 sont nettoyées à la main.

Tous ces produits peuvent se vendre séparément ou en mélange.

Cet atelier peut traiter de 7 à 800 Tonnes en 10 heures !

Tout' venants et fines. — Cette partie comprend 4 cribles à grilles fixes et à divers écartements, afin de pouvoir fournir au commerce des fines à 0,025 (barreaux), à 0,040 ou à 0,060.

Ils peuvent également livrer des tout-venants ordinaires ou des tout-venants à forte composition, c'est-à-dire cont«;nant de 40 à 45 0/0 de gailleterie.

A cet effet les gailleteries, provenant de cribles voisins faisant des fins, sont renvoyées par des couloirs disposés ad hoc dans la trémie de chargement des tout-venants, un bac de jaugeage permet d'apprécier la proportion exacte des gailleteries.

Ces cribles peuvent également faire des criblés. Ce produit est représenté par le refus des grilles faisant les fines à 0,025 ou 0,0'iO ou 0,060.

Dans cette partie de l'atelier, les gailleteries sont séparées immédiatement des fines afin de pouvoir être nettoyées à la main sur des tables fixes et peu inclinées. La production des 4 cribles à grille peut être de 7 à 800 Tonnes, c'est en résumé un modèle du genre.

Cet atelier peut donc traiter en tout de 12 à 1500 T par jour. Pour la rapidité et la facilité des opérations le mouvement des wagons se fait par la gravité.

C'est en résumé un modèle de genre.

Passons maintenant à l'examen des objets divers exposés sur la cloison du fond.

Historiqiie

Il est nécessaire puisque nous voulons être complet de faire rapidement l'historique d'Anzin.

C'est le 1" juillet 1716 que Jacques, Vicomte Désandronln,

Bailli de Charleroi, Seigneur de Lodelinsart, etc., Pierre Taffln, conseiller du roi au Parlement de Flandres, Seigneur de Vieux-Gondô, etc., associés à d'autres personnes de la localité, commencèrent les premiers travaux de recherches du charbon dans le Nord de la France, à Fresnes.

La houille ftit découverte le 3 février 1720; hélas! c'était de la houille maigre. Néanmoins les hardis pionniers ne se découragèrent point.

En 1734, le 24 juin, on découvrit la houille grasse à Anzin.

La Société Désandrouin devint prospère; elle avait triomphé de tous les obstacles que lui avait opposés la nature ; il en surgit un nouveau qui n*était pas moins sérieux, c'était la législation féodale qui réservait aux Seigneurs hauts justiciers le droit de disposer de l'avoir en terre non extrayez c'est-àdire de la richesse minérale qui pouvait exister dans leurs terres. Le prince de Croy et le marquis de Cernay, forts de ce droit, voulurent exploiter eux-mêmes le charbon; des procès eurent lieu; enfin, sous la haute influence de M. le prince de Crov-Solre, intervint un arrangement qui fusionna tous les intérêts, et, le 19 novembre 1757, fut signé le contrat qui créa la Compagnie des Mines d'Anzin.

Ce contrat a été fait et arrêté au château de THermitage, près de Condé ; il est signé ainsi : Le prince de Croy et de Solre, Mauroy, Cordier, de TafHn de Gœulzin, Laurent! Benazet, de Mathieu, Bosquet, Moreau, de Reboul, de Taffln, de Benazet, le vicomte Désandrouin.

Est ensuite écrit : Nous soussignés, agréons et ratifions le présent acte, ce 27 novembre 1757.

Signé : le marquis de Cernay, Ramsault de Raulcourt, Benoist, Renault.

L'article 9 de ce contrat stipule qu'il n'y aura que six associés qui assisteront aux Assemblées et qui auront seuls, à l'exclusion de tous autres, la nomination des employés généralement quelconques et la manutention de toute Tentreprise. — Quand il vient à manquer un des six Régisseurs, les cinq autres choisissent celui des intéressés le plus capable de le remplacer.

C'est sous ce régime que la Compagnie d' Anzin s'est développée et a vécu jusqu'à ce jour.

Le prince de Croy, outre son droit seigneurial, apporta dans la Société, en 1757, les concessions de Vieux-Conde et d'Hergnies, accordées à perpétuité le 14 octobre 1749 et le 17 avril 1751 et la concession de Fresnes, obtenue temporairement le 16 mars 1756; il avait découvert le charbon le 23 janvier 1751, à Vieux-Condé.

Le marquis de Cernay apporta à la Société, outre son droit seigneurial, la concession de Raismes, obtenue temporairement le 3 décembre 1754 ; il avait découvert le charbon le 1" septembre 1756.

Enân, MM. Désandrouin et Tafân apportèrent leur concession d' Anzin, obtenue le 29 juin 1735.

Toutes ces diverses concessions, sauf celles de Vieux-Condé et d'Hergnies, expiraient en 1760; elles étaient perpétuelles quant aux droits des Seigneurs, mais temporaires comme pri-

vilè^e royal. La Compagnie d'Anzin obtint une prorogation de 40 années au-delà de HÔO, c'est-à-dire jusqu'en 1800

Le 9 juillet 1782, la Compagnie obtint une nouvelle prolongation de 3U années, de î 800 a 1830.

La loi du 28 juillet 1791 qui intervint ensuite restreignit à 6 lieues carrées l'étendue des concessions qui dépassaient ce chiffre et prolongea leur durée de 50 ans, c'est-à-dire jusqu'en 1841. Ce lut l'arrêté du 29 ventôse, an VII (19 mars 1799) qui délimita définitivement les concessions d'Ânzin, de Raismes et de Fresnes.

Le 31 octobre 1807, la Compagnie fit l'acquisition de la concession de Saint-Saulve.

Le 21 avril 1810 l\it promulguée la loi sur les mines qui accorda la perpétuité à toutes les concessions existantes et rendit par suite déHnitives les concessions de la Compagnie d*Anzin.

Le 30 mars 1828, la Compagnie découvrit le charbon à Denain et obtint la concession qui porte ce nom le 30 juin 1831.

La concession d*Odomez f\it obtenue le 6 octobre 1832, après la découverte du charbon qui avait eu lieu dans cette concession en 1831.

Enfin, la Compagnie fit Tacquisition de la concession d'Hasnon le 19 mai 1843.

En résumé, la Compagnie d'Anzin possède aigourd'bui 8 concessions contiguës dont voici l'étendue superficielle :

Concession de Vieux-Condé 8 . 962 00 hectares

de Fresnes 2.073 00 —

de Raismes 4.819 70 —

d'Anzin 11.851 80 —

de Saint-Saulve. • 2.200 00 —

de Denain 1 .343 70 —

d'Odomez •. . . 816 00 —

d'Hasnon 1.488 30 —

Total hectares 28 . 054 50

C'est la plus grande concession de mines connue au monde. Carte de* eoneemiioiifl d*.

Il y a d'abord la carte des concessions d'Anzin que tout le monde connaît. Elle s'étend jusqu'à là frontière belge.

Elle embrasse presque tout le gîte depuis la Belgique jusqu'à Marchienne qui forme limite au Nord et les environs d'Aniche qui forment limite au Sud sur une longueur de près de 30 kilomètres et une largeur qui varie de 7 à 12 kilomètres.

A la fi»ontière il existe, enclavées, entre les limites d'Anzin et le territoire belge, les petites concessions de Thivencelles, Saint- Aybert et Escaupont appartenant à la Société de Fresnes Midi et au midi Crespin-les-Anzin. Puis en retournant vers Valenciennes, Marlv et Douchv.

A Touest, concession d*Aniche et enfin au Nord Marchiennes inexploité et Vicoigne dont nous avons parlé. L'ensemble de cet énorme gite forme plus de 28 000 hectares.

Voici le plan de ces concessions qu'il est bon de connaître. ANZIN ( Bassin Koufllerd')

Eckelle du a6o.ooo?

Coupes transversales

A droite de la carte des concessions que nous venons de décrire et à propos de laquelle nous avons fait un historique rapide, il y a trois coupes transversales, la première passant par la fosse Orléans et Renard 640 mètres de profondeur pour les charbons gras, partie supérieure du faisceau.

Nous retrouvons là la forme classique en zigzag du gîte du Nord.

Le grand accident de cette coupe est au Nord à la séparation des gras et 1/2 gras opérée par la faille fameuse appelée cran de retour qui représente ici la faille centrale du Pas-de- Calais.

La deuxième coupe passe par la fosse Thiers et la fosse La Grange ; on exploite là les charbons 2/3 gras, 1/2 gras, 1/4 gras et maigres.

La fosse Thiers exploite à 400 mètres de profondeur et sera bientôt à 500 mètres.

La troisième coupe passe au Sud par les anciens travaux de Fresnes, les fosses de Vieux-Condé et Marie Louise. Nous sommes là dans la région des charbons maigres.

Au centre on remarque une crevasse très puissante remplie de morts terrains venus de la partie supérieure. Il pourrait y avoir là d'intéressants animaux tertiaires comme à Bernissart. Avis à nos camarades lorsqu'ils traverseront cet accident.

Ce qui frappe à première vue dans tous ces faisceaux, c'est la régularité du gîte, le petit nombre des grands accidents et la méthodicité dfe l'exploitation.

Du reste, donnons un aperçu de la géologie dece remarquable gîte.

Ciëoloffie d'ABBin

Le terrain houiller est recouvert par des terrains de formation postérieure, que les mineurs désignent sous le nom de morts-terrains. Leur épaisseur, à la frontière belge, dans le bois de Bonsecours, est de 4 à 5 mètres ; à Vieux-Condé et à Fresnes, elle est de 25 à 40 mètres ; à Anzin, Saint- Vaast, Denain et Abscon, de 70 à 100 mètres. Si Ton descend du nord vers le sud dans les concessions de Vieux-Condé, Fresnes, Raismes et Saint-Saulve, on trouve que les morts-terrains s'enfoncent rapidement; à la fosse Thiers, leur épaisseur est de 130 mètres; plus loin au sud elle atteint 200 mètres; on a constaté 240 mètres dans un sondage exécuté vers l'écluse de la Folie. C'est la plus grande profondeur reconnue dans toute l'étendue des concessions.

Au-dessous de la terre végétale on trouve, dans les vallées, le terrain d'alluvion représenté par des sables, de la tourbe et du gravier. Ces alluvions contiennent parfois de fortes venues d'eau et des sables ébouleux qui sont la source de grandes difficultés dans le forage des puits.

Lors du creusement des fosses Chabaud-la-Tour, à Condé, on a rencontré dans ces terrains des haches en silex et divers objets des temps préhistoriques.

Au-dessous des alluvions, dont l'épaisseur atteint quelquefois 13 mètres, vient l'étage inférieur du terrain tertiaire; il comprend des sables argileux compacts dans lesquels se trouvent des bancs de grès, des sables verts et des bancs d'argile. Son épaisseur ne dépasse pas 15 mètres, il manque sur divers points .

Après les argiles tertiaires vient l'étage de la craie composé de roches calcaires au-dessus et de roches argileuses et arénacées au-dessous. Les premières sont traversées par les eaux de pluies qui en traversent les nombreuses assures ; c'est ce

qai constitae les nappes d*eaa désignées sous le nom de nireaux. On ne peut les traverser, lors du creusement des puits, qu'à Taide de fortes machines d'épuisement ou de procédés spéciaux ; les parois des puits doivent être, dans les terrains aquifères, revêtus d'un cuvelage étanche dont la base est établie dans les couches inférieures du terrain crétacé, roches très argileuses, compactes et absolument imperméables que les mineurs ont appelées dièves.

L'épaisseur d^s dièves est généralement de 15 à 20 mètres ; elle atteint rarement 50 à 60 mètres; à Vieux-Condé elle n'a que 4 à 5 mètres.

Au-dessous des dièves se trouve le tourtia; conglomérat à pâte calcaire plus ou moins argileux, de couleur grisâtre et verdàtre, chargé de grains verts ou noir de silicate ae fer, avec galets de silex. Son épaisseur est presque partout de 2 à 3 mètres. Dans les vallées profondes, à Thiers, par exemple, il est accompagné de grès verts; l'épaisseur de l'étage s élève alors jusqu'à cent mètres.

Au Nord, vers la frontière Belge où le terrain houiller se rencontre à 5 ou 6 mètres de profondeur, tous les terrains crétacés disparaissent en affleurant à la surface.

Outre les terrains que nous venons d'indiquer, il existe entre Anzin et Denain, une dernière formation paraissant appartenir à l'étage crétacé inférieur et composée cfe sables grisâtres, à grains oijaques plus ou moins gros ; on lui a donné le nom de Torrent à cause de la grande quantité d'eau qu'elle renferme. Elle s'étend de Test à Touest sur une longueur d'environ 8.000 mètres et du nord au sud sur une largeur d'environ 4.000 mètres; l'eau en est fortement salée. Le torrent est donc une espèce de lac salé reposant sur le terrain houiller. Il ne paraît point alimenté par les eaux supérieures, car on est arrivé a l'épuiser sur plusieurs points.

Le terrain houiller est constitué de deux roches principales bien distinctes, le schiste argileux ou roc, et le grès ou querelle. C'est entre ces roches que se trouvent encaissées les couches de houille dont la direction est généralement sudouest nord-est et l'inclinaison nord-sud. La roche sur laquelle s'est formée ou déposée la houille s'appelle le mur de la couclie ; celle qui l'a recouverte après sa formation s'appelle le toit.

Les couches de houille présentent de nombreux plissements dans lesquels la couche est souvent retournée sens dessus dessous, c'est à dire mur au-dessus et toit au-dessous. On désigne sous le nom de plats les parties présentant les conditions normales, toit au-dessus, mur au-dessous; ce sont généralement les moins inclinées ; les autres ont reçu la dénomination de droits : elles sont le plus souvent fort inclinées.

Les concessions de la Compagnie des Mines d' Anzin renferment les meilleures qualités de charbon de toute nature, depuis le charbon maigre anthraciteux jusqu'au charbon bitumineux propre à la fabrication du gaz. Les couches de charbon maigre sont inférieures à toutes les autres et reposent au Nord sur le calcaire carbonifère, puis viennent par ordre de superposition les charbons quart-gras et gras pour forge et pour coke; enâa les charbons à gaz.

Le prisement houiller est divisé en deux parties bien distinctes par une grande faille passant au sud des fosses Casimir- Périer, Saint-Mark, d'Audiffret-Pasquier, Haveluy, Saint-Louis, Bleuse-Borne et Thiers; cette faille est approximativement diriffée est-ouest, à peu près comme les veines de houille; elle a été dénommée par les mineurs ainsi que nous le disons plus haut cran de retour. Les couches de houille demi-grasse exploitées à Casimir-Périer, Saint-Mark, Dutemple, Saint- Louis et Bleuse-Borne viennent buter contre cet accidenta une plus ou moins grande profondeur.

On n'a encore trouvé au midi du cran de retour que des charbons gras.

Au sud de la fosse Thiers, au niveau de 800 mètres, le cran de retour passe à 2.000 mètres environ de la fosse; les charbons gras y succèdent régulièrement aux demi-gras au nord du cran de retour.

Au sud des fosses de Bleuse-Borne, Saint-Louis et Dutemple, on rencontre, après avoir traversé le cran de retour, le premier faisceau de houilles grasses, dites maréchales, pour forge et pour coke exploitées à Réussite et à Hérin. Elles s'enfoncent vers Denain. Au-dessus de cette formation se trouvent des couches de houille plus flambantes : c'est le faisceau de houille grasse maréchale à longue flamme bonne pour les fours à réverbère; enfin, au-dessus de celle-ci, on a le faisceau des houilles à très longue flamme spécialement propres à la fabrication du gaz. Ce dernier faisceau est exploité à la fosse Renard et à la fosse de Rœulx.

Telle est l'allure générale du gîte d'Anzin.

IHaeliiiiefl d'épuisement

Toujours au fond de l'exposition. A gauche de la carte des concessions on remarque un dessin représentant les moyens d'épuisement des eaux en 1789 et 1889 (Vieux-Condé).

Inutile de décrire le mécanisme de l'épuisement ancien qui est parvenu avec divers perfectionnements jusqu'à nos jours. C'est la traditionnelle machine à balancier avec cataracte contrepoids d'équilibre, la maîtresse tige et les divisions du puits en jets ou jeux successifs de 40 à 60 mètres de distance les uns des autres

Le système de 1889 est représenté par une machine intérieure installée dans une galerie près de la colonne du puits dans une salle de 6 mètres sur 15. L'eau est refoulée d'un seul jet à 41*7 mètres de hauteur.

Les tuyaux d'ascension de l'eau et de descente de la vapeur n'occupent dans le puits qu'un très faible espace derrière la cloison de guidage. Rien de plus simple que cett« solution aussi élégante que pratique, mais pouvait-on même l'entrevoir en 1789? Monter de l'eau d'un seul jet à quatre à cinq cents mètres, cela paraissait impossible. La disposition en jets successifs prouve à l'évidence que nos pères étaient réfractaires d'instinct à la solution du problème actuel. Le progrès a donc été rapide et radical.

Qn arrivera certainement au système que je préconise,

LES MINES DU NORD lia

c'est à dire Tenlèvement de Teau à l'aide de la vapeur agissant directement sur le puisard fermé en dessus et remontant toute Teau emmagasinée d'un seul jet.

lies cliapboiis d'Anxiii

Anzin nous offre une série remarquable d'échantillons.

Les gras poussier de 0,010"»/"*, grenus de 0,010 à 0,015°»/™ pour forges', fines de 0,025 "/"», fines ae 0,04 c, braisettes, criblé à 0,04, petite gailleterie, grosse gailleterie et morceaux de gro^ énormes.

Les \\% gras sont rangés suivant les mêmes catégories sauf* en plus, des fines à 0,06.

En outre» le petit coke et les blocs de coke lavé apparaissent.

Les 1/4 gras ou charbons maigres flambant débutent par des fines à 0,025 à 0,04 à 0,06, des braisettes, etc., comme cidessus.

En briquettes nous avons les briquettes unies et les petites briquettes à un trou et à cinq trous.

Voici, du reste, sur la nature et la composition du charbon des renseignements complets.

Le tableau qu'on trouvera un peu plus loin contient la désignation des diverses qualités de houille par ordre de superposition et leur analyse complète, avec l'indication de leur pouvoir calorique déduit des éléments qui les composent.

Les charbons maigres sont caractérisés par leur faible proportion de matières volatiles, 7 à 9 0/0; le résidu de la calcinationest de la poussière ; ils brûlent sans fumée; les produits de quelques veines décrépitent un peu au feu.

Les charbons dits quart-gras renferment de 9 à 12 0/0 de matières volatiles; le résidu de leur calcination présente à peine quelaues traces de parties agglutinées.

Les charbons demi-gras donnent 15 à 20 0/0 de matières volatiles; le coke est formé, mais non boursouflé; ils déga* gent une légère fumée noire lorsqu'on les jette sur le feu, ils ne décrépitent point.

Les charbons gras pour forge et pour coke donnent de 20 à 25 0/0 de matières volatiles ; le coke est parfaitement formé : ils brûlent avec une fumée noire et épaisse,

Les charbons gras à longue flamme, spécialement pour fours à réverbère et pour usine à fer et fours de verreries, donnent de 25 à 28 0/0 de matières volatiles; le coke est très bien formé, mais un peu léger.

Enfin, les charbons gras à longue flamme, spécialement pro{>res à la fabrication du gaz, renferment 28 a 34 0/0 de matières volatiles et donnent, comme résidu de la calcination en vase clos, un coke bien formé mais léger.

Fabrique d^mggiowKkérém et fours A coke

La Compagnie d' Anzin a construit à Saint- Vaast, à Anzin et à la fosse d'Audiffret-Pasquier des usines d'agglomération corn-» posées de presses RévolUert Btélrlx et ■Iddleton. Ces

usines peuvent produire 1050tonnesdebriquettes par 24 heures, soit 315.000 tonnes par année de 300 jours de travail.

Quelques échantillons de ces produits figurent dans l'exposition de la Compagnie. Ils sont remarquables par leur texture à gros grains très favorable pour la facilité de la combustion, par leur dureté et leur conservation pour ainsi dire indéfinie, même au grand air. Ces importantes qualités sont très appréciées par la marine de TEtat et par les chemins de fer; elles sont obtenues par remploi de matières premières de choix.

TABLEAU de la Composition des divers Charbons exploités par la Compagnie d^Anxin

Hl^ULTATS MOKENS RAPPORTÉS A LA HOUILLE 1»URE. DÉDUCTION FAITE nES CENDRES ET DE L HUMIDITÉ

DÉSIGNATION

des diverses

Tariélés de houillo

Fixe

^RBONl

Volatil

î Total

Charbons mtif res mthracitoux, faisceau deVienx-€oDdé(l).

8aoo

Charbons maignts flambants, faisceau de Pr.îsnes-Midi (i)

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