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FABRIQUE DE FER DE MAUBEUGE

donc de date récente. Mais elles ont passé en plusieurs mains, reçu différents noms, elles ont éprouvé plusieurs suspensions de travail plus ou moins prolongées jusqu'en 1881, époque à laquelle elles ont été mises en vente.

C'est en janvier 1882 qu'elles ont été adjugées aux propriétaires actuels, qui les ont exploitées sous forme de Société en participation jusqu'au mois de juin 1884

Le 12 juin 1884, la Société anonyme de la Fabrique de fer do Maubeuge, fut créée.

11 a été fait dans ces usines des dépenses relativement considérables pour améliorer et compléter les installations et le matériel et pour leur assurer une marche régulière.

Elles peuvent actuellement être classées à un rang important parmi les établissements métallurgiques de notre pays. Elles sont reliées aux chemins de fer de la Compagnie du Nord par un ractordement à grande section, qui leur permet de recevoir les matières premières et d'expédier les produits dans les conditions les plus avantageuses. Elle sont éffalement bien placées pour recevoir et expédier des marchandises par la Sambre» rivière qui les met en communication avec la plupart des voies navigables de la France.

Les installations se composent de :

Vingt fours à puddler, deux marteaux pilons cingleurs, un train de laminoir à trois cages pour l'étirage des fers bruts, un atelier de cassage et de triage de ces fers, deux puissantes cisailles pour leur découpage, cinq fours à chauffer, quatre fours dormants à recuire, un grand four à réchauffer avec compartiments pour la recuisson en vases clos de tôles minces, un pilon de huit tonnes pour le martelage des paquets, un train de laminoir à trois cages pour les grosses tôles et les larges plats, un train de laminoir à quatre cages pour les tôles moyennes et les tôles minces, cinq cisailles pour le découpage de toutes les tôles et les larges plats, une forte machine à essaver les métaux, pompes diverses pour le service des eaux d alimentation et cfe refroidissement.

Moteur spécial avec dynamo pour réclaisage électrique, au moyen de lampes à arc et à incandescence.

On le voit, les propriétaires actuels ont eu raison de ne pas désespérer des essais infructueux de leurs prédécesseurs. Ils ont récolté et récolteront plus encore.

La puissance de production est portée à dix-huit mille tonnes de tôles de toutes espèces et de larges plats, en fer et en acier !

Deux hommes incarnent cette affaire jeune encore. C'est M.VictorGlllle«nx,radministrateur-déléguéetM.LaurentDiirer le directeur. Leur zèle ne s'est pas démenti depuis huit années. L'affaire grandit pour ainsi dire au milieu des concurrences. C'est le plus bel éloge qu'on puisse faire de leur gestion et de celle de MM. Charles Evrard, 6. Boél, Jules François, H. De Kœr et Victor GiUleanx, du Conseil d'administration

Un Idrand Prix eût été certainement la récompense de tant d'efforts, si M. Vietdr (aill«aax n'eût cru devoir se dévouer et acccépter la vice-présidence de la classe 41.

Orand Prix — IVfédailles d.'Or

SOCIÉTÉ ANONYME

DES

Le monde entier connait les établissements de la Providence, < la patrie des profilés géants, » a-t-on dit.

Son exposition, qui occupe un des panneaux du fond du pavillon des forges du Nora. est véritablement imposante de grandeur et de sobriété ornementale.

On pourrait dire que s'est l'exposition maîtresse du laminage dans le monde.

Qu'on se figure un immense portique avec deux montants de gigantesques poutrelles entretoisées de petits fer à T, comme une petite tour EiflTel et en haut un entablement constitué par deux grosses poutrelles surmontées d'autres plus petites.

Au fond, des profilés de fer à T, de cornières, de rondins, de rails, de 1er à U, etc., dessinent la marque de fabrique de la Société : un œil dans un triangle entouré de rayons, c'est-àdire l'emblème de la Providence. En haut, quatre grands disques tournés qui sont des roues pleines.

A la base, des profilés monstrueux. Â droite et à gauche les divers objets dont nous allons parler. Telle est, d'un coup d'œiU l'Exposition de la Providence, imposante ai-je dit dans sa simplicité.

Objet» exp«sé« au Pavillon du Hord

Les objets exposés sont éminemment remarquables , examinons-les.

C'est d'abord, à part et hissée sur deux colonnes, en l'air, audessus de toutes les expositions, une stupéfiante poutrelle en fer de 508 X 209 x 25 de 20 mètres de longueur pesant 3,600 kil . ! C'est un de ces chefs-d'œuvre de rectitude et de pureté de ligne comme on sait en faire à Hautmont.

Le portique gigantesque est composé de deux colonnes en fers 1 de 508 — fers LJ de 250 et 175 — cornières de 100 — d'une poutre en tôle et en treillis, le dessus couronné par deux roues en fer laminé.

Le panneau du fond est composé de tous les profilés de la fabrication des usines d'Hautmont. Ce sont : (feux tôles, dont une en fer et une en acier de : 8,00 de longueur, 2,50 de largeur 15 m/m d'épaisseur, pesant 2,400 kil. l'une.

Puis vient une barre poutrelle I 515 X 200 X 25 m/m en acier Martin. Ce profil est employé par rartillerie française.

II peut se laminer jusqu'à 15 mètres de longueur. Une barre de 508 X 203 X 19. Ce profil peut se laminer jusqu'à 20 mètres de longueur. Une poutrelle de 457 X 178 x 15 en acier Martin. Ce profil se lamine jusqu'à 20 mètres. Poids minimum

III kil. par mètre. Une poutrelle de 406 m. X 152 x 13. Poids 87 kil. par mètre. Une poutrelle de 360 X 143 x 13. Poids 76 kil. par mètre. Des tôles striées, des tôles embouties, que sais-je?

On remarque beaucoup aussi un gros rondin de 200 m/m de diamètre, pesant 235 kil. par mètre. Ces ronds se fabriquent en fer et en acier jusqu'à 10 mètres de lonjjfueur.

Je passe une série d'échantillons divers en acier Martin, comprenant : des bouts de poutrelles de 515 et de 457, pliées à froid, forgés, percés.

Et divers ouvrages en tôles d'acier Martin : deux bouts de poutrelle de 180 X 100 en Martin, tordues à froid. Quatre ronds de 120 m/m en acier, supportant la grande poutrelle de 20 mètres, placée dans le milieu de la . salle. Deux vitrines contenant : les essais à la traction donnés par les aciers Martin, sur les tôles qualité marine ordinaire et qualité chaudière, ainsi que les essais de pliage simple et double, les essais de soudage, d'emboutissage et de trempe.

Bref, tout cela est très complet, bien agencé. Nos compliments aux metteurs en œuvre.

Ii'Expositioii dans la Seetion bel^e

Tout ce que nous venons de décrire existe dans le pavillon des Forges du Nord.

La Société anonyme des Forges de la Providence expose aussi dans la section Belee. Là, cette Société nous montre les produits de son usine de Marchiennes-au-Pont, en Belgique. Klle y fabrique presque exclusivement les fers pour construction.

Son exposition se compose d*un faisceau central fait de plusieurs colonnes groupées en trophée, la colonne du centre étant plus grosse et plus élevée que les autres qui l'entourent comme une ceinture.

Ces colonnes sont constituées tout simplement par des fers en barre de différentes grosseurs et de profils très variés. Ces barres placées suivant les génératrices du cjlindre, donnent à ce trophée un aspect de gerbe métallique d'un effet très original.

De chaque côté et contre la paroi se trouvent deux tableaux sur lesquels se détachent, groupés très artistiquement des objets variés. Dans celui de droite plusieurs séries de coupes de fers d'angle et à IJ, ainsi que des fers spéciaux. Dans celui de gauche, toute une gamme de fers à double X, le polissage qu'on a fait subir à ces sections fait ressortir la pureté des profils.

Au-dessous des tableaux et près le bord supérieur des cadres, on voit rangés en crescendo et en decrescendo des fers à double X et des fers à U.

Au-dessous de chacun des tableaux se trouve une étagère ; sur celle de droite, divers échantillons des fers de la maison ayant subi les différentes épreuves de traction et de torsion ; sur celle de gauche, sept échantillons des minerais que la Société emploie, un échantillon de coke et une vingtaine de lingots de fonte montrant les différentes qualités, depuis la fonte grise à gros grains, jusqu'à la fonte blanche à grains ans et serrés. A terre, et dans un méli-mélo étudié, nous voyons une grande profusion d'échantillons de petits fers variant par la longueur de leurs ailes et l'épaisseur de leurs âmes, depuis les petits fers pour volière et vitrage, jusqu'aux poutrelles pour plancher.

Vaines de Mareltieiiiies

Les usines de Marchiennes comportent 2 hauts fourneaux de grande dimension, 1 fonderie, des laminoirs imposants, et des ateliers pour la fabrication des poutres rivées.

Hauts fourneaux. — Pour alimenter les hauts fourneaux, 80 fours a coke ont été construits. Ces fours ont une largeur de 0"*45 et 0"»48; ils permettent de fabriquer un coke de bonne qualité avec les charbons du bassin de Charleroi.

La production des premiers hauts fourneaux était limitée à 10 tonnes environ par jour. On les alimentait alors avec les minerais du pays, provenant de Fraire, Ives, Morialmé, Ligny, et plus tard avec les oligistes des bords de la Meuse. On ne connaissait pas encore remploi de Tair chaud, ni Tutilisation des gaz perdus.

L'augmentation de production fut favorisée par la substitution des minettes du Luxembourg aux minerais indigènes : en 1865, on produisait 45 à 50 tonnes; en 1818, on était arrivé à 75 tonnes environ.

En 1882, on porta la hauteur des fourneaux de 15 à 18 mètres et leur capacité atteignit 220 mètres cubes. Depuis lors, on installa une nouvelle machine soufflante du dernier type Cockerill, et la production dépasse actuellement 6,000 tonnes par mois, soit chaaue jour 100 tonnes par fourneau.

Toutes les variétés de fonte de moulage sont fabriquées ainsi que celles d'afûnage, mais principalement les fontes destinées à l'alimentation des laminoirs, dont la consommation mensuelle est d'environ 4,500 tonnes, tandis que l'excédent est livré au commerce.

La consommation de minerai a été en 1884 de 130,000 tonnes, et la production de fonte de 70,000 tonnes.

Fonderie. — La fonderie produit toutes les pièces nécessaires au matériel des usines. On y fond les pièces de ponts, colonnes en fontes, tuyaux, etc., et plus spécialement les cylindres de laminoirs.

La production en pièces finies varie de 200 à 250 tonnes par mois.

Laminoirs. — Les laminoirs installés à la création de l'usine pour la fabrication des fers marchands, des fers fendus et des tôles, ont subi d'importantes transformations amenées par les progrès de l'industrie, et par les besoins de la cons-

truction. Il est bon, puisque c'est la caractéristique de la Société d*en parler un peu lonpruement.

Le développement des chemins de fer fit adopter par la Société, la fabrication des rails, qu'elle abandonna en 1868 pour s*adonner spécialement à la fabrication des poutrelles et des fers profilés. La Société a importé, la première en Belgique, la poutrelle, et a contribué puissamment à en développer l'emploi.

Le premier brevet pris à cet effet en Belgique par la Société date de 1849. Ce sont les usines de Marchiennes qui fournirent les premières poutrelles employées en Angleterre. En 1859, l'outillage permettait de laminer les poutrelles à 10 mètres, tandis qu aujourd'hui, môme avec un profil de 0"406 de hauteur, dont le mètre courant pèse 100 kilos, on peut livrer des poutrelles de 20 métrés de longueur !

En 1876, on y lamina toutes les longrines du système Hilff, nécessaires à la pose de 50 kilomètres de voie sur les chemins de fer de l'Etat belge .

Les laminoirs comportent actuellement sous la même halle : 34 fours à puddler desservis par ^ trains ébaucheurs et 5 marteaux-pilons, en outre, 1 6 fours à réchauffer, dont 1 à tirage naturel et 9 à vent forcé, alimentant 6 trains de lami • noirs pour la fabrication de fers finis, savoir :

Un train marchand et un petit train, commandés par le même moteur.

Un train pqur fers fendus, petites poutrelles et fers spéciaux.

Deux trams, dits trios^ pour les poutrelles de dimensions moyennes, activés par la même machine. Enfin, un train, dit duo, réversible de 0""650 de diamètre pour les grosses poutrelles.

Ce dernier frain a une machine horizontale à deux cylindres, dont les diamètres sont de 1 mètre, et la course de 1"20, et qui permet le mouvement renversé sans trop grande dépense de vapeur.

Tout cela est cyclopéen.

La production des laminoirs de Marchiennes qui, en 1866, était de 12,000 tonnes de fers finis, est actuellement d'environ 40,000 tonnes, dont 60 0/0 sont destinés à l'exportation.

Ateliers. — Aux laminoirs est adjointe une masaerie destinée à la préparation des paquets composés de mitrailles, de fers de toutes espèces, tels que vieux rails, que l'on remanie en grandes Quantités. L'installation des ateliers d'ajustage, de perçage, de forage, auxquels on a donné une grande extension, dans ces derniers temps, permet de fournir les poutres rivées et les charpentes les plus compliquées.

raines et rainerais

La Société ayant reconnu tout le parti que l'on pouvait tirer des gisements de minettes s'étendant du Luxembourg dans le département de l'Est, ^:e préoccupa d'obtenir des concessions en France. On décida, en 1863, la création de l'usine de Uohon, et en 1864 on commença la construction des deux hauts- fourneaux.

La Société avait obtenu la concession de la mine s'étendant sur une partie de la commune de Rehon. Pendant nombre d^années, cette minière servit à alimenter exclusivement les hauts fourneaux, et la qualité des fontes produites à Rehon fut extrêmement appréciée par les fonderies françaises.

En 1870, on érigea un troisième haut fourneau de grandes dimensions et munis d'appareils Cowper pour le chauffage du vent.

En 1878, la Société obtint en participation l'importante concession d'Hussigny. qui alimente en partie aujourd'hui les hauts-fourneaux .

Les trois hauts-fourneaux munis de quatre machines soufflantes, d'appareils Cowper, etc. , pourraient atteindre une production annuelle de 85 à 93,000 tonnes de fonte.

Spécialité* fabriquées aux usines cl*lIaumont

Voyons les spécialités fabriquées aux usines d'Haumont. On juge siirement de Timportance d'un établissement par l'examen de ses spécialités aéchantillons marchands. Ce sont les Slats, demi-ronds, ronds, gros ronds jusqu'à 200 millim. de iamètre et 10 mètres de longueur. — Carrés jusque 160 millim. de côté jusqu'à 15 mètres de longueur.

Pour les fers spéciaux : Cornières à branches égales et inégales jusque 0,150 de côté. — Fers en u de 25 millim. jusque 250 millim. — Fers à T simples, rails, traverses, etc. — Vitrages. Fers en croix. — Barreaux de grilles.

Pour les fers pour constructions navales : Fers à barrots avec ou sans patin.

Pour les poutrelles nous sommes là dans le domaine incontesté des usines d'Haumont. Ce sont tous ces échantillons fabriqués selon la demande, en fer ou en acier Martin.

Tous les échantillons du commerce depuis 80 millim. de hauteur jusqu'aux dimensions de 515 hauteur sur 210 millim. de largeur d'ailes et d'un poids de 250 kilog. le mètre courant.

La Société, ai-je dit, expose un de ces forts échantillons à 20 mètres de longueur, en fer, et pesant 3,600 kilog. et une barre de 10 mètres longueur du profil employé par l'artillerie française, 515 de hauteur en acier Martin ; ainsi qu'une barre du profil 457 de hauteur, également en même métal.

Tôles et Larges plats. — Les tôles sont fabriquées depuis 1 millim. d'épaisseur jusque 30 millim. à 35 millim. et jusque 2,50 de largeur.

Les larges plats jusque 0,700 de largeur et à toutes les épaisseurs à j)artir de 6 millim.

La Société livre aussi couramment les tôles striées^ les pan^ neaux emboutis et les tôles cintrées.

Ces échantillons sont produits à toute longueur^ en fer et en acier Martin-Siemans.

La Société expose, avons-nous dit, deux tôles — une en fer et une en acier, ayant :

2^500 de largeur, 8">000 de Ibngueur 15 millim. d'épaisseur* — ?o\^ : 2,400 kilog.

On trouve également dans les produits exposés des échan- i

tillons et essais de tôles et poutrelles en acier Martin satis- i

faisant à toutes les conditions de la marine et de rartillerie française.

L'Exposition comporte également une série d'essais divers faits sur les produits fabriqués. ;

Boues pleines en fer et en acier. — La Société fabrique tous les ^pes employés par les Administrations des chemins de fer français et étrangers. C'est un développement nouveau.

Aciérie Martijt- Siemens, — L'aciérie comporte deux fours Martin, produisant tous les aciers nécessaires à la '

fabrication des échantillons produits par les laminoirs des j

usines d'Hautmont.

La fonderie produit toutes les pièces nécessaires au matériel de l'usine. On y coule des pièces pesant jusqu'à 60 tonnes Tune.

Hauts- Fourneaux et Fours à coke. — L'usine d'Hautmont comprend une série de 50 fours à coke et deux hauts-fourneaux '

produisant chacun 110 tonnes de fonte par jour pour l'alimentation des laminoirs.

Institutions ouirrières

En même temps que les usines, la Société a créé une cité ouvrière et une école où les enfants du personnel et de la i

commune reçoivent gratuitement l'instruction.

Jusque dans ces dernières années, cette école était la seule qui existât dans la commune.

La Société de la Providence possède pour chacun de ses trois établissements un grand nombre de maisons pour son personnel et ses ouvriers. Les maisons sont louées au prix de revient. Elle a aussi établi des logements pour les ouvriers célibataires ou les ouvriers mariés, mais qui étant trop éloignés des chemins de fer ne peuvent retourner chaque jour dans leurs foyers.

Ces logements se composent d'un bâtiment carré 10™X10"* divisé en quatre compartiments égaux ayant chacun au rezde-chaussée une pièce de 5°X5 avec porte d'entrée, une fenêtre, une cave, une cheminée avec cuisinière, plus tables et chaises, à l'étage une chambre de 5">X5 avec trois lits armoires, tables, chaises, etc. Chacun de ces quatre compartiments peut être occupé par trois hommes qui ont l'usage absolument gratuit du local et du mobilier. Ils viennent des campagnes le j

lundi matin avec leurs provisions s'ils le désirent, ou ils s'en procurent à l'économat de la Société à prix coûtant et retournent chez eux le samedi.

Ils ont ainsi vécu très économiquement la semaine et sans avoir été astreints à aller loger à l'auberge. La Société entretient proprement le local et le meuble complètement, mais ne fournit pas le linge. Une maison semblable avec quatre compartiments loge douze hommes et coûte environ 2,000 francs sans le terrain. La Société a en outre un économat et elle fabrique le pain chaque jour pour les ouvriers et le personnel.

Elle avait autrefois des écoles à chaque usine et elle en faisait tous les frais. Depuis quelques années, grâce aux nouvelles lois scolaires, elle a pu se dispenser de ce soin, mais elle a versé un subside important aux communes pour les aider à faire leurs installations scolaires.

L'école Frœbel de Réhon seule est restée : on y reçoit gratuitement tous les enfants de la commune qui ne participe en quoi que ce soit dans les iY*ais.

La Société a, en outre, installé depuis un an dans ses locaux une Ecole ménagère destinée à apprendre aux jeunes flUes des ouvriers, la cuisine, la couture et Tentretien du linge et des vêtements et enfin la lessive et le repassage.

Cet enseignement forme trois cours différents. Elle a été aidée en cela par la générosité de son président M. Trémonrouz, ancien sénateur (beau-père de M. le comte de Termes, député de Maine-et-Loire, actuellement administrateur de la Société) avec le concours de plusieurs sociétés voisines et de la commune de Marchiennes.

Une telle entreprise ne pouvait réussir qu'entre les mains de personnes dévouées et a même de s'en occuper sérieusement et en connaissance de cause Les promoteurs se sont adressés aux dames des Industriels les plus Intéressés à sa réussite. Mesdames Hovine, Stœsser et Goffln ont bien voulu se charger de l'entreprise et grâce à ce bon dévouement et à leur zèle infatigable , les résultats obtenus ont dépassé les espérances. Après une première année de marche les locaux sont devenus trop restreints. Les résultats ont même étonné les inspecteurs de l'Etat, et les personnes compétentes qui ont honoré cette école de leur visite.

Personnel ouvrier

Quatre mille ouvriers, non compris le personnel des minières, sont constamment occupés dans les établissements de la Société.

Cinq millions de francs sont payés annuellement en salaires.

On le voit, on a affaire à un établissement spécialiste de premier ordre et rien ne peut donner une idée si ce n'est la visite (que nous avons faite) de la grandeur imposante de l'outillage de la Société de la Providence.

Organisation eommereiale, dépdUi) ai^nees récompenses

Cette société a des ramifications commerciales extrêmement considérables. Les dépôts sont à Paris, 58, quai Jemmappes ; à Bruxelles, 36, quai aux Charbonnages ; à Lille, rue Nicolas- Leblanc; à Alexandrie, Le Caire (Egypte).

Les Agences : à Angers, Bordeaux, Nancy, etc., etc.

Comment remémorer toutes les récompenses obtenues : médaille d'argent à Paris, au début, 1849 et 1865,

Aux expositions : Price Medal à Londres 1868; médaille d'or à Paris 1867; diplôme d'honneur à Amsterdam 186U; médaille de mérite, Philadelphie 1876; hors concours à Paris 1878; diplôme d'honneur à Amsterdam 1883; id. à Anvers 1885*

Dépôts. — Le dépôt de Paris fut créé dans le but d'écouler en France les produits des laminoirs d'Hautmont. Ce dépôt a acquis pour la vente une très grande importance et a beaucoup contribué à développer à Paris et en France remploi des poutrelles.

Les ventes opérées par le dépôt de Paris, en 1888, se sont élevées à î26,000 tonnes. Ce dépôt a fourni les fers pour la plupart des grands travaux de Paris et de la province, et notamment pour TOpéra. le Palais de Tindustrie, etc.

La Société possède également à Bruxelles un dépôt très important pour récoulement des produits des usines de Marchiennes. Les entrepreneurs y trouvent constamment un grand assortiment de fers.

Un dépôt de fer est établi à Lille pour alimenter les centres industriels de Lille, Roubaix, Tourcoing et du Pas-de-Calais •

Agences, — A Londres, il y a un bureau pour le marché anglais, qui est le plus grand consommateur de gros fers. A Constantinople, on a également établi un bureau pour le marché de l'Orient.

Enân la Société possède dans les principaux centres du globe 46 agences destinées à la vente de ses produits.

La multiplicité de ses relations amène ainsi aux usines un courant continu de travail, même dans les plus fortes crises .

La production de Texercice dernier a été de : 16*7,000 tonnes métriques de fonte.

95,000 tonnes métriques de fers finis.

2,737 tonnes métriques de pièces moulées et d*acier brut. Huit locomotives, ayant chacune une force de 50 chevaux, font le service des manœuvres intérieures des usines.

La Société exploite par an 6 à 700,000 tonnes de minerais, dont environ 5oO,000 tonnes sont consommés par elle-même et le reste livré au commerce.

Historique et Direction

Un dernier mot d'historique sur la Société anonyme des laminoirs, hauts-fourneaux, forges, ateliers, fonderies et aciéries de la Providence est nécessaire.

Cette Société a été fondée en 1832. Son siège social est à Marchienne-au-Pont (Belgique). Le capital do 6,650,000 francs. Le fonds de réserve de 3,862,898 francs.

Les établissements, avons-nous dit, sont à Marchienne-au- Pont (Belgique) ; Hautmont (Nord-France); Réhon (Meurthe-et- Moselle, France).

Les minières existent dans le grand- Duché de Luxembourg et le département de Meurthe-et-Moselle en France.

L'importance des usines est considérable.

Les installations comprennent : 7 hauts-fourneaux; 96 fours à puddler; 48 fours à réchauffer; 23 trains de laminoirs (depuis 0,25 jusqu'à 1 mètre de diamètre); 2 grandes fonderies; 2 chaudronneries; 2 ateliers de construction et réparation, etc.. etc., une aciérie Martin-Siemens.

On avouera que voilà un outillage monumental.

La Société possède, en outre, un grand nombre de maisons ouvrières. Les trois établissements sont installés sur des terrains d'une surface de 8,670 hectares.

L'administration sage et prudente qui a toujours présidé aux destinées de la Société oe la Providence, a permis à cette dernière d'acquérir Timportance qu'elle atteint aujourd'hui. Elle a toujours suivi pas à pas les perfectionnements industriels et a toujours su les appliauer en temps voulu. Chaque année une part Importante des bénéfices réalisés est consacréo à l'amortisse ment des nouvelles installations, et c'est ainsi qu'aujourd'hui la Société de la Providence, avec un capital relativement faible, se trouve à la tête d'Usines d'une très grande importance, munies d'un outillage des plus parfaits et représentant une valeur considérable.

Je ne puis mieux terminer cette étude que par la liste des hommes , qui par leur haute compétence, ont contribué à la gloire et à la prospérité de la Société.

Conseil d'adminiflinitioii

MM. H. Trémonroas, ancien sénateur, au Château d'Odenge, près Perwez (Brabantl, président.

X. nnmont, propriétaire au Château de Lescaille, à Saint- Amand.

V. Te««li, Ministre d'Etat, membre de la Chambre des représentants, Gouverneur de la Société Générale de Bruxelles.

B. iiciwandre, sénateur, membre du Comptoir d'Escompte de la Banque Nationale à Charleroi.

De Uareére, sénateur, ancien Ministre de l'Intérieur, administrateur du Crédit Foncier à Paris.

L. Bionri^e, avocat, membre du Comptoir d'Escompte de la Banque Nationale à Charleroi.

Em Paissant d'Afflmont, ingénieur, au Château d*Agimont, près d'Hastières.

Conseil de «urveillonee

MM. J. PJret, propriétaire, à Guignes.

Alph. Lleot d« Kismes, au Château de Nismes, près Mariembourg.

P. Btearil, avocat, à Charleroi.

L. Wautelet, administrateur délégué de la Banque Centrale à Charleroi.

A. Bauohaii, avocat, â Charleroi.

Direeteur-Gérant

M. D. Hovlne, ingénieur, â Marchienne, dont les états de services techniques sont connus du monde entier.

Le Comité des récompenses a ratifié le jugement de l'opinion publique en décernant â cette Société la plus haute récompense, un (Srand Pri!k.

OrancL Prix

SOCIÉTÉ ANONYME

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