VISITE APOSTOLIQUE
Les Ordinaires doivent visiter leurs diocèses, c'est ce que leur enjoignent les saints Canons ; et le Concile de Trente (<Sc5. 24, cap. SdeReformatione} dit ; Palriarchay Primates^ MelropolUam et Episeopipropriamdiœcesimper seipsos^ aut si légitimé impeditifuerint^per suum gêner alemf^cariumj aut Fi" sitatorem^ si qmtannis totam^ propter qus latUudi^ nem, visitare non potuerunty saltem majorem qtis partem; ita tamen ut tota biennioper se vel Ftsùa* tares suos compleatur, visitare non prœtermittant.
Le Saint-Père ne peut pas avoir moins de sollicitude pour son diocèse de Rome. Aussi voyonsnous grand nombre de Souverains Pontifes faire
par eux-mêmes cette visite, ou par leur Cardinaivicaire, ou par quelques autres personnes déléguées à cet efiet Hais absorbés par les affaires ecclésiastiques et par Tadministration dvile des Etats de l'Eglise, ils avaient un besoin urgent d'une administration permanente, pour les remplacer ordi« nairement sur ce point Clément VIII mit cette heureuse pensée à exécution , et institua , par la Constitution Speculatores^ du 8 juin 1592, la Congrégation de la f^àt^f ,queles Canonistesontappelée ApostoUque pour deux raisons : V parce qu'elle a été établie par le Pape, en tant qu'Evèque de Rome et successeur de Tapôtre saint Pierre ; et 2"* parce qu'elle doit, comme nous l'avons dit, le remplacer d'ordinaire en cette qualité.
Elle fut chargée de visiter les églises , les monastères et les lieux pies de la Ville, afin de constater l'acquittement des messes, d'examiner l'état de décence des ornements du culte , des églises, des sacristies , des chapelles , etc. , de corriger les abus qui pourraient s'y être glissés, et de faire refleurir partout la discipline ecclésiastique; mais sa juridiction était renfermée dans '«l'enceinte des murs de Rome, et elle se composait seulement de quelques cardinaux et d'un prélat faisant les fonctions de secrétaire.
Environ un siècle plus tard , Alexandre VU la réorganisa et lui donna de précieux développe-
ments , dans la Constitution Cxusn m pa8torab\ du Il janvier 1693. Ainsi il lui adjoignit d'autre^ cardinaux , d'autres prélats pour consulteurs , un chancelier fiscal et quelques employés , avec le droit de visiter non-seulement la Ville, mais encore son district qui s'étend en dehors des murs , jusqu'à la rencontre des diocèses voisins.
Innocent 2QI étendit pareillement et développa les attributions de la Congrégation de la Visite; car non - seulement il augmenta le nombre des cardinaux et des prélats qui en faisaient partie, mais il ordonna , de plus , d'exécuter ses prescriptions sans appel , de permettre à ses ministres ou employés l'entrée de toutes les églises, de tous les lieux de bienfaisance , de tous les oratoires du diocèse , etc. ^ de leur procurer les documents nécessaires à la viâte , etc. , malgré tous les privilèges, toutes les exemptions , tous les mo*tits, etc., qui pourraient être allégués en senscour traire. Sa Sainteté donna encore à la Congrégiation de la Visite la faculté de transférer les messes d'un autel à un autre, quand elles ne peuvent pas facilement toutes se dire au même autel ^ et soumit à sa juridiction les causes soit civiles , soit criminelles, soit mixtes, qui se présenteraient dans le cours de la visite. Elle lui accorda aussi le pouvoir d'examiner les livres et registres de chapellenies, de legs pies , d'obligations de messes , etc. , pour
voir il le tout est fidèleinent acqoitlé. Ce qui précède se trouve développé dans les cmq Omsâtutions du PonUfe, publiées l'an 1693 : VJfnm^ 1 1 janvier; 2* Cùm in pauorati; 3* OgkUnMiri; 4^ Uê in proêeguendo; 5^ QuamameâdemA^
Plusieurs auu*es Pontifes n'ont pas manqué de porter leur attention sur la Congrégation de la Vh site, et, enU'e auU*es , de notre temps , Pie Vil , d^heurcuse mémoire , dans son rescrit du 39 mars 1801, par lequel les constitutions et les bulles qui y ont rapport sont remises en pleine vigueur, etc.
Pie IX enfin, heureusement régnant, lui a fait subir de légères modifications par son bref du 31 décembre 1847, qui renferme quaUre chapitres. Le premier traite des personnes dont se compose la visite; le second, des Congrégations ei des Congrès de la Visite; le m>isième , des peraonnes qui doivent être présentées aux Congre* gâtions et aux Congrès ; et le quatrième , des matières dont on s'occupe, soit dans les Congrégations, soit dans les Congrès, et des attributions qui concernent les différents membres de la Congrégation de la Visite.
il est bon de faire observer, en passant, que depuis rétablissement de la Congrégation delà Visite Apostolique, le Pape et le Cardinal-Vicaire ont rarement convoqué de synode diocésain : c'est que
dans la ville de Rome et son district où résident Sap Sainteté , l'Eminentissinie Vicaire , un cerlaio' nombre de cardinaux et beaucoup de prélats , la Yifflte est là comme un synode perpétuel, pour les cas exceptionnels, où les abus ne seraient pas remarqués par Tune de ces augustes et respectables autorités.
Présentement y la Congrégation de la Visite Apostolique se compose du Samt-Pire qui s'en est réservé la préfecture, du cardinal vicaire qui en a la présidence , d'un certain nombre de cardinaux , de Mgr le secrétairey du sous-secréiaire, des eanstdteursy du chancelier qui est toujours le secrétaire du Vicariat, et de quelques employée.
Ses attributions sont de veiller à la décence des ornements du culte, des églises , oratoires , etc. , et de constater l'acquittement des messes des fondations pieuses, chapellenies , etc. ; et c'est pour cette raison que les notaires de Rome , quand ils font quelque acte, soitm^er vtvos, soit causa mortie^ renfermant des legs pies, célébration de messes, etc., doivent lui en remettre une copie authenUque, sous peine d'amende , dans l'espace de quinze jours. C'est pour la même raison que les curés , confesseurs , prêtres , etc. , qui reçoivent hrevi manu quelque somme destinée à de pieuses fondations, chapellenies, etc., doivent, dans le même espace de temps le lui faire connaUfo» Ainsi
Ton voit que pour le diocèse de Rome elle s'occupe eumulativeinent avec la Congrégation de la Fa^ brique de Saint- Pierre, des^egs pies, réductions de messes el autres matières de cette nature. Elle a reçu ces facultés d'une Congrégation particulière , spécialement députée par Pie VU, le 1*' septembre 1818, et elles ont acquis la force de res jt^ dicata. Très-souvent ausii , le Pape donna des pou^irs extraordinaires au secrétaire de cette Congrégation ; mais ils ne passent point à ses successeurs , s'ils n'ont été formellement oon-r firmes.
Ses bureaux se trouvent dans le palais de la Cbanccllcrie.
COftBECTION
PES LIVRES DE l'ÉGLISE 0R1EI^TALE«
Philippe IV, roi d'Espagne et des deux Siciles, représenta au Pape Urbain VIII, Tan 1681 , que les Grecs unis qui habitaient ses Etats , et surtout nie de Sicile , étaient trompés par les Schisma* tiques , qui avaient fait imprimer un Eucologe rempli d'erreurs.
Le cardinal Barberini , neveu de Sa Sainteté , fit à ce sujet un rapport à l'assemblée générale des cardinaux composant la Congrégation de la Propagande, et la correction de l'Eucologe fut ré-
solue; rassemblée générale toutefois crut devoir députer, à cet effet, plusieurs cardinaux, et entre autres le cardinal Barberkii lui-même, avec quelques prélats et théologiens renommés par leur science. Urbain VIII ratifia leur choix et approliva ceue nouvelle Congrégation , dont Clément VHI nous avait laissé des traces. Il appela aussi à Rome, pour s'aider de leurs lumières, des hommes des autres pays profondément versés dans la science ecclésiastique , et en particulier le P. Denys Petau, qui ne put venir à cause de sa faible santé, et le P. Jean Morin de l'Oratoire de France, dont parle Benoit XIV en ces termes : Plvribus sessionUmsinterfuit, in quibus muUa scitu dignaprotulit , ad rem rectè instituendam opportuna»
On nomma d'abord cette Congrégation : Congregatioparticularù super correctioneEucologu Grctcorum] et plus tard : Congregatio super correctione lÀbrorum Ecclesiœ Orientaiis (Congrégation pour la correction des licres de C Eglise Orientale, Elle eut quatre-vingt-deux séances, de 1636 à 1646. Cependant, à cette époque , le travail n'était point assez parfait pour pouvoir être livré à Fimpression, et il fut même suspendu jusqu'au Pontificat de Clément XI. De plus, la Congrégation elle-même cessa d'exister par la mort de ceux qui en faisaient partie.
Clément XI savait très-bien le grec qu'il avait
étudié dans son bas âge; car à dix-sept ans il traduisit le Ménologe des Grecs , et fit, plus tard, plusieurs autres versions importantes. Il se mit, lui aussi, à l'œuvre pour terminer la correction commencée, et rétablit, à cette fin, la Congrégation dont nous venons d'indiquer l'origine et les travaux. Mais comme ce fut dans les dernières années de son Pontificat, il n'eut pas la consolation de voir ses vœux exaucés. La Congrégation cependant continua la correction de TEucologe , et soit qu'elle s'en occupât avec lenteur, soit qu'elle rencontrât de grandes difficultés, tous les membres qui la composaient moururent les uns après les autres sans avoir terminé leur travail.
Benoit XIV reprit l'œuvre interrompue de ses prédécesseurs , et, pour la seconde fois , fut rétablie cette Congrégation, qui se trouva composée de cinq cardinaux, dont l'un remplissait les fonctions de Préfet, de cinq consulteurs, et de Mgr le secrétaire, distinct de celui de la Congrégation de la Propagande.
La correction de l'Eucologe ne tarda pas à être terminée sous la haute direction du grand Pontife. Le livre fut imprimé à la Propagande , et Benoît XIV l'annonça au clergé du rit Grec-uni par TEncyclique qu'il lui adressa, le l®'mars 1766.
Cette Congrégation paraissait alors ne plus Dvoir d'objet; cependant elle a continué d'exister ,
et elle s^est occupée constamment , jusqu'à nos jours, de la correction d'un grand nombfe de livres de TEglise Oriental^. C'est elle aussi qui a examiné les actes du Synode des Grecs-Melchites, tenu près de Bairout, dans le couvent de Carafe, Tan 1806, et que condamna Grégoire XVI. Sa Sainteté publia même à ce sujet un Bref apostolique , 16 septembre 1835, qui commence Uelchiiarum CcUhoUcorum Synodm Jntiochena nimcupata, etc., et que l'on voit dans le BuUaire de la Propagande, tom. v, p. 125 et suiv. (Rome 1841). Y
Présentement, la Congrégation pour la correction des livres de l'Eglise Orientale se compose du cardinal préfet^ de quélqties cardinaux, de Mgr le secrétaire et de plusieurs consulteurs.
Elle est chargée particulièrement de la correction des livres de TEglise Orientale, comme l'indique assez le titre qu'elle prend. Elle n'a rien publié de ses archives qui cependant doivent être pien précieuses.
Ses bureaux sont dans le palais de la Propagande.
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