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QUE LES TANARDS SONT DONC HEUREUX

Perdus dans leur coin de campagne,

L'instituteur et le curé

Bâtissaient, chacun à son gré.

De hardis châteaux en Espagne.

Car (c'est Thumaine affliction).

Bien que chacun d'eux eut d'étoffe

Assez pour faire un philosophe,

Ils avaient de Tambilion.

Il n'est pas de maître d'école

Qui ne désire, en vérité,

Que sur son sene»tre côté

Un ruban violet se colle.

Et ce désir sait émouvoir

Les pédagogues les plus calm.es.

Ah î terre et ciell avoir les palmes ! ! !

Dût-on mourir de les avoir !...

De même, il n'est pas un seul prêtre

— Obscur soit-il — qui n'ait cherché,

Au moins en rêve, un évèché

Où son mérite pût paraître.

QL'E LE.>5 CANARDS SONT DONC HEURELX :

C'est ainsi que nos deux héros.

Maniant avec assurance La truelle de respérance, Construisaient leurs trocadéros.

Et, comme Tàne Tàne frotte, Qu'il fit mauvais temps, qu'il fît beau. Ils allaiejit, arcades araho^ S'entretenant de leur marotte.

Le pédant parlait librement De Dieu, quelquefois, devant laulre ; Mais le curé, prudent apôtre.

Ménageait le gouvernement; Et, d'âme un tantinet oblique, Sachant qu'on a besoin, ma foi, Souvent, d'un plus petit que soi, Il encensait la République, Pour qu'au Comité tout-puissant.

L'instituteur, d'une voix tendre, Pût dire à qui voudrait l'entendre :

« iVh! c'est un curé bien pensant! »

De son côté, l'excellent cuistre Etait bien sûr que le curé.

Aussitôt qu'il serait sacré. Pour lui parlerait au ministre.

Donc, réunis par leurs penchants.

Ensemble, après méridienne, Ils faisaient leur quotidienne Promenade à travers les champs.

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Placidement, sans emballage,

Ils avançaient, causant tout bas,

Et, toujours, arrêtaient leurs pas

A trois cents mètres du village.

Là, des canards et leurs petits,

Sur Teau fangeuse d'une mare,

S'ébattaient dans un tintamarre

De coincoiiis et de clapotis.

Ah ! qu'il eût fallu de volumes

Pour décrire parfaitement

L'état de pur contentement

De ces mignons pourceaux à plumes!

Et. fixant leurs regards sur eux,

Notre pédant et notre prêtre

Se répétaient, de tout leur être :

« Que les canards sont donc heureux! »

En effet, — bêtes ignorantes,

G Science, de ton fardeau! —

Ils s'empiffraient de mouches d'eau

Et semblaient vivre de leurs rentes.

Or. jalousant ces emplumés,

Le pion disait à son compère :

« Voyez, ils sont ce que j'espère

Tant devenir : ils sont palmés ! »

Ce pendant, le prêtre, en extase.

Admirait les renversements

Qu'exécutaient, à tous moments.

Les canards plongeant dans la vase

Leur bec pour y piquer des vers.

Et. dans le temps que sur la mare,

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