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LA VIVE RIPOSTE

Voici, maintenant, mes amis.

Selon que je vous Tai promis, Une petite histoire encore Sur le comte de Lauraguais.

De Tun de ses mots les plus gais Elle s"illustre et se décore.

Et si je voulais à tout prix Exprimer de ce que j'écris Une morale, en Toccurrence, Je pourrais, sans batifoler, Dire que, fût-on roi de France, Parfois on trouve à qui parler.

Ce comte, que tu serais aise.

Lecteur, que je quittasse là, Un jour, à Londres, s'en alla, Sur l'ordre exprès de Louis seize.

LA VIVE RIPO.STE 3:'.l

Je ne veux pas me soucier

De chercher ce qu'en Angleterre

Il s"en courait négocier.

D'ailleurs, cela reste mystère.

Es-tu curieux de savoir

Si l'objet de son ambassade

Etait ou plaisant ou maussade ?

Eh bien ! cher lecteur, vas-y voir!

Pour moi, ce que j'en pourrais dire

Est que le comte, bien que fin,

N'en put mener la bonne fin,

Et donna texte à la satire.

Il avait de Ihabileté,

Pourtant, et méprisait l'obstacle;

Et. pour qu'il n'eût point fait miracle

Dedans cette complexité,

Il fallait, donc, en vérité,

Qu'elle fût de difficulté.

Mais, d'autre part, je me rappelle

Qu'il était, de tempérament.

Bien moins diplomate qu'amant.

Et que, pour les yeux d'une belle,

Il quittait tout dans le moment,

N'ayant plus de contentement

Qu'à triompher dune rebelle...

(Hélas ! grossiers ou délicats, Combien d'hommes sont dans ce cas î Aussi, pour nous, que de tracas !)

X'i-2 LES MINUTES LIBERTINES

Et je sais qu'en celle Angleterre, Dont on proclame la pudeur, Notre volage ambassadeur Eut de quoi se croire à Cylhère.

Et tenez que, s'il resta court Dans sa mission à la cour, Il sut montrer de la maîtrise, A la ville, en toule entreprise.

Regretta-t-il, même un tantet, Sophie Arnuuld et Beaumonlet, I-'endant tout ce temps quil était, Pieds et poings liés, sous l'empire D'Amour, au pays de Sliakspeare ?

Parbleu ! je ne le pense pas !

Rendez-vous galants, fins repas, Tripots, théâtres et tavernes Réglèrent presque tous ses pas.

Bref, rien, hormis les balivernes, A Londres pour lui neut dappas.

Et ce ne fui pas sans souffrance Qu'enfin rappelé par son roi, U dut repasser le détroit , Pour refaire figure en France...

La figure qu'il y refit.

Tout d'abord, si j'en crois l'Histoire, Ce fut celle d'un déconfit.

Son échec étant péremptoire.

Et, prêt à tout événement. Il attendait patiemment Du roi le mauvais compliment.

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